L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

, par Maxime Retailleau

L'espéranto et l'Union européenne : une relation conflictuelle
L’espéranto, inventé en 1887, a été pensé comme une langue universelle, notamment pour empêcher l’ « impérialiste » d’une langue nationale sur les autres langues au niveau mondial. - Martin Schmitt

L’espéranto a été inventé en 1887 par le médecin polonais Ludwik Lejzer Zamenhof, dans le but de devenir une seconde langue maîtrisée partout dans le monde, permettant à tous les individus de communiquer entre eux. Les associations espérantistes, et certains partis politiques tel qu’Europe Démocratie Espéranto, sont d’ailleurs convaincus que les institutions européennes gagneraient à l’employer en leur sein. Pourquoi ne sont-ils pas pris au sérieux ?

L’Europe parait être la région la plus propice à la diffusion de l’espéranto. La plupart des lettres de son alphabet proviennent en effet du latin, et son vocabulaire est largement inspiré des langues indo-européennes : il nous est ainsi plus facile de l’apprendre que les Chinois ou les Indiens. Aussi, la grande diversité des langues dans l’Union européenne (24 officielles) pose souvent des problèmes auxquels la langue artificielle pourrait constituer une solution.

Cependant L’Union européenne n’a montré que très peu d’intérêt pour l’espéranto. Étant artificielle, la langue n’est employée officiellement dans aucun des pays membres, ce qui pose un premier problème juridique. Cela explique aussi qu’elle n’ait aucun soutien étatique, contrairement aux autres langues. Ensuite, on lui reproche souvent de ne pas avoir la richesse culturelle et historique d’une langue nationale ou régionale, et son apprentissage n’est donc pas favorisé.

Pourtant, le rapport Grin, rédigé par un économiste français à la demande du Haut conseil à l’évaluation de l’école, met en avant l’intérêt qu’aurait l’Union européenne à recourir à l’espéranto.

Il rappelle tout d’abord que c’est une langue très simple à apprendre. Elle ne comporte ni verbes irréguliers, ni exceptions grammaticales. Et elle est facile à comprendre : « Je discutais l’autre jour en espéranto avec des Québécois : on se comprenait mieux qu’en français ! » a ainsi confié Didier Loison, vice-président d’Espéranto France.

Ensuite, n’étant la langue maternelle de personne, elle permettrait de rétablir une forme d’équité linguistique au sein des institutions européennes. En effet, l’anglais y est largement privilégié, ce qui favorise les individus d’origine anglophone. C’est d’ailleurs pourquoi la langue anglaise, étant perçue comme « impérialiste », constitue la « grande ennemie » des espérantistes.

Enfin, l’espéranto permettrait de faire de grandes économies liées aux coûts de traduction. Mais il ne s’agit pas de le substituer aux autres langues. En fait, les espérantistes souhaitent que durant les réunions des différentes institutions européennes, chacun puisse s’exprimer en sa langue maternelle. En revanche, il n’y aurait ensuite qu’une seule traduction proposée, en espéranto.

Pour que cela puisse se mettre en place, il faudrait que tout le monde le parle. Ainsi, comme le rapport Grin le reconnait, l’espéranto ne peut : « être recommandé (que) dans le cadre d’une stratégie de long terme à mettre en place sur une génération. »

Les espérantistes manquent de soutiens et d’individus impliqués pour leur cause. Ils peinent donc à faire entendre leur voix et ainsi à mener à bien ce projet de long terme.

Enfin, il y a un problème d’information. Une large majorité de la population connait mal leurs objectifs. Nombreux sont aussi ceux qui ont des réticences fondées sur des idées fausses, comme le déplore Michèle Abada-Simon, vice-présidente du parti Europe Démocratie Esperanto : « Beaucoup de gens pensent encore que l’espéranto vise à remplacer toutes les autres langues. Notre but est pourtant tout autre : c’est une langue complémentaire, qui pourrait permettre à tous les individus de communiquer ensemble. Mais chacun continuerait en parallèle d’employer sa ou ses langue(s) maternelle(s). »

Ainsi, seules quelques rares démarches en faveur des espérantistes ont été entreprises à ce jour. La Hongrie permet par exemple de choisir l’espéranto comme épreuve de langue à la fin du lycée. Il est aussi possible de passer des examens pour faire état de son niveau selon la classification du CECRL (Cadre Européen Commun de Référence des Langues) [1].

Notes

[1Le mode de classification européen des niveaux en langue, mais pour l’espéranto en Hongrie, seuls les niveaux B1, B2 et C1 sont proposés en épreuve (alors qu’il y a habituellement six niveaux).

Vos commentaires
  • Le 18 février 2015 à 09:19, par Alexandre Marin En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    « l’espéranto permettrait de faire de grandes économies liées aux coûts de traduction. »

    Les coûts de traduction sont de deux euros par an et par citoyen. Ce n’est pas ça qui vide les caisses.

    « l’anglais y est largement privilégié, ce qui favorise les individus d’origine anglophone »

    Je n’ai pas constaté que les personnes issues des pays anglo-saxons étaient sur-représentés dans les institutions européennes. Certes, ils ont un avantage lié à la langue, et encore, ils doivent, eux aussi, apprendre au moins une autre langue étrangère. Evidemment, ils ont un choix plus « libre » que les autres, dans la mesure où ceux qui n’ont pas l’Anglais comme langue maternelle doivent l’apprendre obligatoirement.

    De là à parler de « favoritisme », c’est quelque peu exagéré.

  • Le 18 février 2015 à 20:51, par Demokratus En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    L’article de Maxime Retailleau a le mérite de poser le sujet, trop souvent ignoré, de la question linguistique au sein de l’Union européenne. D’ailleurs, les relations entre l’espéranto et l’UE ne sont pas si conflictuelles que cela. Elles sont surtout inexistantes et c’est bien là le problème.

    Comme le fait remarquer Alexandre Marin, sur le sujet des économies attendues de l’introduction de l’espéranto, on peut effectivement douter. D’une part le budget qui y consacré est limité, d’autre part l’espéranto ne supprimera pas le besoin de traduction et d’apprentissage des langues en général.

    Le problème est beaucoup plus profond qu’une simple question budgétaire. La question linguistique au sein de l’Union européenne est d’abord une question d’efficacité et d’équité.

    Aujourd’hui, hormis les grandes réunions plénières, l’ensemble des institutions européennes, agences et organismes rattachés travaillent exclusivement en anglais, langue beaucoup plus difficile qu’on ne le pense et qui n’est maitrisé que par les anglophones natifs et une petite minorité de non natifs. Le résultat est que le premier critère de recrutement des institutions européennes repose sur un bon niveau d’anglais au détriment des qualités intrinsèques nécessaires pour exercer l’emploi. Ainsi l’UE se prive d’une grande partie des compétences disponibles en Europe et notamment de compétences acquises ailleurs que dans des instituts de formations anglophones ce qui pose aussi un problème de diversité des cultures et courants de pensée.

    L’autre conséquence encore plus grave est un problème d’équité. Exclure de l’Union européenne, dans les recrutements, dans les informations mises à disposition en anglais uniquement par les organes de communication de l’UE ceux dont l’anglais n’est pas la langue pose un sérieux problème démocratique. Penser comme le disent certains que l’on pourrait résoudre le problème en renforçant l’apprentissage de l’anglais aux non anglophones est aussi une grave erreur. D’une part, cette méthode a déjà fait preuve de son inefficacité, d’autre part est-il équitable d’imposer à une partie de population un apprentissage fastidieux d’une langue difficile avec laquelle les gens ne seront jamais aussi à l’aise qu’un natif, natif qui lui peut consacrer ce temps d’apprentissage à tout autre langue ou sujet de son choix ?

    .../...

  • Le 18 février 2015 à 20:52, par Demokratus En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    .../...

    Le résultat de cette politique linguistique, officiellement multilingue, dans les fait « l’anglais d’abord » est que l’on a une Europe à deux vitesses avec les anglophones, citoyens privilégiés, et les non anglophones, citoyens de 2ème zone. Cette discrimination linguistique qui contribue à la création d’une élite qui dirige et des citoyens qui sont infantilisés par le système n’est certainement pas étrangère entre le rejet de cette forme d’Europe par les Européens qui s’en sentent exclus. Ne pouvant se reconnaître dans cette l’Europe, le résultat est un repli des Européens vers leur propre culture nationale, sur leurs valeurs propres, et la formation d’une ligne de fracture entre les élites qui dirigent et les citoyens.

    L’histoire enseigne, que de nombreux systèmes politiques, y compris les plus prestigieux ou les plus forts (en apparence) se sont écroulés pour ces raisons. Pensons à la chute de l’URSS dont les peuples non russophones dominés depuis des décennies ont repris leur liberté dès l’occasion s’est présentée. Regardons tous ces conflits parfois meurtriers où des peuples défendent leurs droits linguistiques qu’ils sentent, à tort ou à raison, menacés. Au rythme où vont les choses, l’UE se construit sur un mélange explosif qui ne résistera pas à une crise un peu plus grave que les autres.

    Se trouvera t-il des gens un peu plus sensés que la moyenne pour faire profiter l’Europe, de cet outil qu’est l’espéranto, langue qui par ses qualités intrinsèques a tout pour devenir un ciment entre Européens et porter une culture et une identité européenne qui fait cruellement défaut aujourd’hui ?

     

  • Le 18 février 2015 à 22:12, par Elisabeth LAMBERT En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    RE à Alexandre Marin. Je vous informe qu’il y a bien un favoritisme de l’anglais : anglais imposé en 1951 dans l’aviation dont plusieurs ingénieurs aéronautiques se plaignent que cela leur cause des problèmes, entre autre étant une des causes principales d’accidents, rapport fait par un ingénieur américain : les inconvénients de l’anglais dans l’aviation. Favoritisme de la part des politiciens qui veulent imposer cette langue dès la crèche, maternelle, etc, ils ne savent déjà pas parler français, ils mettent de l’anglais partout à la place de la langue nationale. Parler de favoritisme n’est pas exagéré : c’est la vérité. Vu le bourrage de crâne que vous font la télévision, la radio et j’en passe, les parents disent à leurs enfants : il faut apprendre l’anglais, ils imposent et aussi tous les ministres de l’éducation nationale qui n’écoutent pas ce qu’on dit malgré une opposition dans ce pays. L’espéranto que je parle comme le français m’a permis de communiquer facilement avec des Chinois et bien ailleurs également, il est aussi prouvé que l’espéranto serait sécuritaire dans l’aviation et dans de nombreux domaines, ce dont les instances sont autistes. L’anglais n’est pas une langue facile mais très difficile pour ceux qui ne sont pas anglais ; si vous le voulez je vous invite à signer une pétition sur le site "www.petitions24.net" Non à l’anglais à la place du français pour ceux qui ne veulent pas perdre leur langue. On m’a imposé l’anglais, je n’ai jamais pu parler et comprendre cette langue, ma corvée a duré 6 ans et ai travaillé 39 ans dans l’aviation, c’est pour dire que je connais bien le problème. En même pas un an, je parlais très bien l’espéranto.

  • Le 19 février 2015 à 08:42, par Henri Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Une rectification et quelques précisions semblent utiles pour ce qui est du professeur François Grin. C’est un économiste suisse de l’Université de Genève, et il a enseigné les sciences économiques dans divers pays. Pour plus de détails, voir dans Wikipédia ou faire une recherche avec « françois grin cv ».

    Son rapport de 105 pages, publié en 2005 sous le titre « L’enseignement des langues étrangères comme politique publique », peut être téléchargé sur le site de La Documentation française : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000678/

    En ce qui concerne l’anglais, il existe un ouvrage publié en 1992 sous le titre « Linguistic Imperialism » suivi en 2010 par un autre intitulé « Linguistic Imperialism Continued ». Son auteur a occupé diverses fonctions au sein du British Council : faire une recherche avec « robert phillipson cv ». Il est bien placé pour savoir que l’expansion de l’anglais n’a pas été aussi naturelle et spontanée que certains voudraient le faire croire. Il y a derrière cette langue une puissance qui n’existe pas derrière l’espéranto, mais une puissance qui n’est pas neutre, qui impose ses choix aussi bien que ses dérives économiques et politiques, son aventurisme belliciste.

    Une conférence secrète eut lieu en 1961 à Cambridge entre les États-Unis et la Grande-Bretagne. Il s’agissait pour ces deux pays de devenir les principaux centres d’influence et de décision du monde au moyen de l’anglais, de formater les cerveaux des étudiants et des citoyens des autres pays pour qu’ils entrent dans ce jeu truqué. Et ça a marché. Dans ce rapport, les États-Unis et la Grande-Bretagne étaient nommés « Le Centre » et le reste du monde « La Périphérie ». Peut-on être plus clair ? C’est un fait méconnu, et les médias français et européens n’ont rien remarqué.

    Un autre fait méconnu, bien plus ancien, devrait être étudié : à l’époque où le colonialisme français était à son apogée, où le gouvernement français avait tout fait pour humilier l’Allemagne (Traité de Versailles, Occupation de la Ruhr, etc.), où l’anglais commençait à grignoter la place privilégiée du français comme langue diplomatique (« Le recul s’amorce en 1919, quand Georges Clemenceau accepte que le traité de Versailles soit bilingue français-anglais. » — Dossier : la langue française dans le monde, Larousse), c’est le gouvernement français qui fut le plus farouchement opposé à une proposition d’enseigner l’espéranto dans toutes les écoles du monde. Cette proposition émanait de 14 pays dont 9 hors d’Europe, en particulier, la Chine,l’Afrique du Sud l’Inde, le Brésil, c’est-à-dire des pays aujourd’hui émergents. En 2015, la Chine et le Brésil sont les deux pays où il existe un effort réel de promotion de la langue. Radio Chine Internationale et le Centre Internet d’Information de Chine l’utilisent régulièrement.

  • Le 19 février 2015 à 08:57, par Henri Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Lors d’une intervention au Parlement Européen, où il avait été invité à l’occasion de la Journée de l’Europe, le 9 mai 2007, le professeur Reinhard Selten, Prix Nobel de sciences économiques 1996, avait dit : « Une langue facile à apprendre comme l’espéranto permet une solution neutre du problème linguistique. On apprend plus facilement une seconde langue étrangère que la première. L’effet d’une seconde langue est si fort, et l’espéranto est si facile, qu’il est plus favorable d’apprendre l’espéranto en premier, et ensuite une langue nationale, plutôt que cette langue étrangère seule. C’est scientifiquement prouvé par des tests scolaires. Quelques pays pourraient d’abord faire un traité sur l’enseignement scolaire de l’espéranto. On pourrait ensuite étendre ce traité aux autres pays. »

    Il avait en outre ajouté « Il est nécessaire de stimuler l’apparition d’une identité européenne plus forte. Les Européens doivent apprendre à se sentir en premier lieu comme Européens. Un obstacle important sur la voie d’une identité européenne plus forte est la barrière des langues au sein de l’Europe. Ce problème linguistique exige une solution. La domination d’une seule langue nationale ne peut pas être la solution. A longue échéance, seule une solution neutre est acceptable. Nous n’avons le droit de désavantager aucune nation. » (texte original en allemand : http://www.liberafolio.org/2007/seltendeutsch )

    En conclusion, j’encourage Maxime Retailleau à poursuivre et à approfondir ses recherches sur un sujet bien plus vaste qu’on ne le suppose, trop souvent tabou, autour duquel les médias entretiennent une culture de l’ignorance.

  • Le 19 février 2015 à 11:25, par Lucien Bresler En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Je voudrais juste reprendre un point évoqué dans l’article, le manque de soutien des Etats. Au commencement de la SDN, l’ONU de l’entre-deux guerres mondiales, plusieurs Etats, dont notamment le Japon et la Chine avaient proposé la langue espéranto comme l’une des langues de travail de cette nouvelle organisation internationale. A l’époque la France, et son représentant, futur ambassadeur vichyste refusa. Et ce sont les Etats totalitaires, celui d’Hitler en premier lieu, qui interdirent cette langue là où ils le pouvaient. La question de la langue utilisée est bien entendu politique. Dans les empires coloniaux, c’était bien la langue du colonisateur qui était imposée. Aujourd’hui, il n’est pas anodin que ce soit l’anglais. La langue espéranto reste une solution politique tout à fait d’actualité, au sein de l’Union européenne. Il existe même un parti politique européen, c’est même historiquement le premier parti politique européen, Europe Démocratie Espéranto (Europo Demokratio Esperanto, en espéranto) pour défendre et soutenir cette proposition.

  • Le 20 février 2015 à 00:07, par Bernard Maurice En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Les Européens les plus conscients se posent le problème d’une langue commune facile à apprendre. Un sondage d’Eurostat nous apprend qu’environ 74 % des Européens parlent mal ou pas du tout l’anglais. Cette langue instaure des rapports accrus de dépendance dits néo-coloniaux pour cette grande majorité des non « fluently ».

    Les qualités principales de l’espéranto peuvent être symbolisées par les branches de son symbole l’étoile verte. Elles se cumulent et expliquent sa progression ultra-rapide depuis un peu plus d’un siècle.

    Le déclin relatif de l’empire américain, la place croissante des pays émergents et du multilinguisme, la nécessité d’une meilleure compréhension internationale vont rendre cette langue de plus en plus importante.

  • Le 20 février 2015 à 00:10, par Bernard Maurice En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Quelles sont les six qualités principales de l’espéranto qui expliquent sa rapide progression ?

    1- C’est une langue internationale.

    2- C’est une langue auxiliaire, neutre et équitable.

    3- C’est une langue facile qui allie simplicité du vocabulaire, régularité de la grammaire, clarté de l’expression et de la phonétique (prononciation, orthographe), stabilité relative particulièrement de la structure de la langue appelée fondamento.

    4- C’est une langue pont qui par sa construction logique est la mieux placée pour servir de langue pivot dans la traduction semi-automatique entre différentes langues. Son adoption en Europe ou à l’ONU à côté des grandes langues permettrait une amélioration du système.

    5- C’est une langue tremplin qui en déconstruisant les blocages accélère l’apprentissage des autres langues.

    6- C’est enfin une langue démocratique qui pourrait être apprise par tous, en moyenne sept fois plus vite que l’anglais.

  • Le 20 février 2015 à 07:11, par Henri Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Correction : Le professeur Reinhard Selten a reçu le prix Nobel d’économie en 1994. Veuillez m’excuser.

  • Le 20 février 2015 à 07:17, par Henri Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Il est paradoxal que l’Union européenne prête si peu d’attention à l’espéranto alors que le Dr Zamenhof avait lui-même évoqué l’idée d’États-Unis de l’Europe dès janvier 1915, voici donc un siècle, dans son "Appel aux diplomates".

    D’après une recherche de PROMEURO, une association des citoyens européens pour la promotion de la monnaie européenne, les premières traces montraient d’abord que l’idée de monnaie européenne unique émanait de milieux espérantophones. C’est ce qu’attestait une carte-postale éditée en Roumanie par USE-EHO*, un groupe de Timișoara à vocation européenne, adressée à un Français espérantophone — René de Lafarte à Fontenay-sous-Bois — et envoyée d’Espagne avec le cachet postal du 13 septembre 1934.

    Le 15 décembre 2009, la revue National Geographic** a publié un entretien avec Jonathan Pool, un politologue étasunien spécialiste des conséquences politiques et économiques des circonstances linguistiques et de la politique linguistique. Ses propos montrent que la question de l’espéranto n’a rien perdu de son actualité : “La chose la plus proche d’un langage universel humain est aujourd’hui l’anglais, mais, à de nombreux égards, l’anglais ne parvient pas à la hauteur du rêve de Zamenhof qui a été d’aider à la création d’un monde plus équitable.“

    * Abréviation de Unuiĝintaj Statoj de Eŭropo = États-Unis d’Europe. EĤO = écho. ** L.L. Zamenhof : Who He Was, Why He’s on Google — http://news.nationalgeographic.com/news/2009/12/091215-ll-zamenhof-google-doodle-esperanto-150th-birthday/

    Voir : L’Europe à la recherche d’une langue commune — http://www.esperanto-sat.info/article245.html

  • Le 20 février 2015 à 18:35, par Didier Loison En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    L’union européenne d’espéranto propose d’adopter l’hymne européen en espéranto afin que tous les Européens puissent le chanter ensemble grâce à une langue commune non discriminatoire (http://www.europo.eu/fr/hymne-europeen) et ainsi développer l’identité européenne.

  • Le 4 octobre 2016 à 02:41, par Marie Cecile Andre En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Après le Brexit, le seul pays de langue Anglaise, excepté l’Irlande, à décidé de quitter l’U.E. En conséquence, il me semble que ce serait le bon moment pour mettre l’anglais au second plan et introduire l’espéranto en tant que langue « nationale » de l’U.E.

  • Le 5 octobre 2016 à 10:01, par Bernard Cornevin En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Le Brexit pose le problème des langues de travail de l’U.E. L’anglais est par exemple la seule langue de travail de la Banque Centrale européenne.

    C’est non pas l’anglais mais le tout anglais que refusent les espérantistes au côté des défenseurs des langues nationales et régionales.

    Les Européens ont intérêt à la promotion de la langue internationale par construction et destination, 10 fois plus facile et rapide à apprendre que l’anglais. Une bonne maîtrise de l’anglais et de l’espéranto demande respectivement 11 000 h et 1000 h d’étude. La différence, 10 000h d’étude ou six ans de travail par personne correspond à l’équivalent d’une année de PIB de l’Union Européenne.

    L’U.E. gagnerait à reconnaître l’espéranto comme langue pont et comme langue de travail auxiliaire au côté des grandes langues nationales et de l’anglais qui devient uniquement langue de travail après le Brexit.

  • Le 5 octobre 2016 à 10:58, par robert leleu En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Effectivement le rejet de l’Europe par le Royaume-Uni ouvre une opportunité pour relancer la question de l’intercommunication entre les pays membres. Le Taurillon ne pourrait-il ajouter l’Espéranto à ses langues de publication ? Ce serait plus simple que d’ajouter les 17 actuellement absentes.....

    Fakte la disigo el Eŭropo de la Unuiĝita-Reĝujo malfermas novan eblecon repeti solvon de la interkompreno inter la membraj landoj. Ĉu ne la Virbovido aldonu Esperanton ene de siaj disdonitaj lingvoj ? Tio pli facilus ol aldoni la 17 nune ne uzitaj.

  • Le 6 octobre 2016 à 01:24, par Giuseppe Marrosu En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Le Brexit aura par consequence que l’anglais deviendra une langue neutre -ou presque- au sein de la UE. Je sais, c’est dur pour la France d’accepter que l’anglais ait plus d’importance que le français. Mais jamais l’Esperanto ne deviendra langue officielle, ni de l’UE ni d’autres territoires. D’ailleurs après un siècle cette langue a eu un succès très limité. Quelle langue commune adopter dans l’UE, c’est le peuple qui daurait decider. Je vote pour l’Anglais. Je vote aussi pour adopter la Marseilleuse comme hymne éuropéenne e Paris comme capitale. Choisissons le mieux que nous avons.

  • Le 6 octobre 2016 à 23:41, par Alexandre Marin En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    @robert leleu

    Esperanto ou pas Esperanto, le Taurillon a vocation à s’ouvrir le plus possible. Il est donc destiné à recevoir toutes les langues européennes, et au-delà toutes les langues parlées dans les pays ou les Jeunes Européens sont présents.

    Le Taurillon est là aussi pour rendre compte de la diversité européenne et de la diversité des fédéralistes en particulier.

  • Le 13 octobre 2016 à 09:26, par Bernard Cornevin En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Malgré plusieurs milliers d’heures de travail en moyenne, l’anglais n’est pas parlé du tout par 64% des Européens de l’U.E post Brexit et très très mal par 12%, soit un total de 76% selon un sondage Eurostat fondé sur les dires des intéressés .

    L’anglais est aujourd’hui la première lingua franca mais , compte tenu de ses innombrables irrégularités (plusieurs centaines de milliers en comptant la phonétique), elle restera la langue la plus mal parlée au monde.

    L’Europe a besoin de sa diversité linguistique et ne peut pas avoir une langue unique. A côté des langues officielles nationales, l’Europe peut accepter comme langues de travail : les grandes langues de l’U.E., l’anglais (c’est déjà le cas pour la BCE) et l’espéranto pour ses qualités de facilité, c’est à dire simplicité, régularité et clarté.

    Le tout-anglais que certains préconisent c’est la montée des inégalités, des tensions sociales, politiques et l’éclatement de l’Europe assuré dans un monde qui a besoin de paix.

  • Le 15 octobre 2016 à 10:44, par INTERLINGUA En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    La propre langue européenne c’est le (Greco-) Latin. Mais Latin est dépassée et trop compliqué. Un latin moderne et pratique existe déjà : Interlingua !

    Interlingua es un lingua complete perfecte pro communication international a causa de su vocabulario international e un grammatica totalmente regular – sin exceptiones. Centos de milliones comprende Interlingua a prime vista. Interlingua functiona in casa, in scholas, in officios - in omne locos, ubi on necessita communication sin frontieras. Il ha multe materiales – sur papiro e electronic : litteratura original o traducite, belletristic o professional, magazines o brochures, e-libros, sitos in Internet. Le avantages es numerose.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Interlingua_(IALA)

  • Le 17 octobre 2016 à 21:24, par Henri Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Interlingua est une mystification à laquelle Alexandre Gode lui-même, son auteur, ne croyait pas du tout comme langue internationale. La propagande des partisans de l’Interlingua a longtemps attribué ce projet à l’International Auxiliary Language Association (IALA) alors que c’est Gode qui a imposé sa version. La plupart des linguistes, dont André Martinet, qui avaient participé à l’IALA, claquèrent la porte. Il fut utilisé au début pour des résumés scientifiques. Il faut savoir que ce projet fut financé par la milliardaire Alice Vanderbilt Morris (1874-1950) qui était espérantiste. Curieusement, c’est après sa mort, en 1951, que commença la propagande pour Interlingua. Il y a comme une odeur d’entourloupe. En effet, à la même époque, la campagne « Red Scare » (Peur rouge) de McCarthy, de 1950 à 1954, eut des effets désastreux pour l’espéranto aussi aux États-Unis. C’était la bonne occasion pour tordre le cou à une idée généreuse.

  • Le 18 octobre 2016 à 17:09, par Mirejo En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Selon le linguiste Detlev Blanke, il existe 28 étapes à franchir pour une langue planifiée, de la conception vers la communauté de locuteurs, en passant par la structuration de la grammaire, de la diffusion de la langue, de l’apparition d’une littérature originale et finalement de l’existence de locuteurs natifs. Seul l’Espéranto a franchi toutes les étapes.

  • Le 12 avril 2018 à 21:40, par Gros Georges En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    L’espéranto, on s’en fout...

  • Le 13 avril 2018 à 06:42, par Henri Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Et les États-Unis comme la Grande-Bretagne se foutent tout autant — et même bien plus encore du fait qu’ils sont les vrais gagnants —, du sort de ceux qu’ils ont contraints de consacrer une part énorme de leur efforts, de leur temps et de leur argent à l’étude de leur langue sans pour autant parvenir à un niveau d’élocution au moins égal en qualité à celui des locuteurs natifs anglophones.

    D’ailleurs c’était bien le plan qu’ils ont établi lors de la conférence qui s’est tenue en cachette à Cambridge du 26 au 30 juin 1961. Un ouvrage a été consacré à ce sujet en 1992 : “Linguistic Imperialism“ du profeseur Robert Phillipson qui a occupé diverses fonctions au sein du British Council. La suite est parue en 2009 : “Linguistic Imperialism Continued“.

    Évidemment, les ânes (pardon aux équidés : je parle des autres, ceux à deux pattes !), disons ceux qui ignorent leur ignorace, se foutent du rapport de l’économiste François Grin, de l’Université de Genève, publié en 2005 sous le titre “ L’enseignement des langues étrangères comme politique publique“ : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000678.pdf

    Nombreux sont les documents qui démontrent le profit considérable que les États-Unis et la Grande-Bretagne tirent de cette situation au détriment de l’écrasante majorité de l’humanité non anglophone.

    L’anglais dans la communication linguistique internationale, c’est le choix de l’infériorité par rapport à la minorité anglophone (moins de 5% de l’humanité selon des statistiques de la CIA).

    L’espéranto, c’est le choix de l’équité et de l’égalité.

  • Le 31 août 2018 à 22:55, par loïc landais En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    La langue internationale Ido pourrait également prétendre au rôle de langue commune de l’Union Européenne puisque elle est issue d’ une réforme de l’Espéranto décidée par un Comité de linguistes et de scientifiques réunis en octobre 1907 au Collège de France en vue d’adopter une langue internationale. Les travaux de ce Comité se sont poursuivis jusqu’en 1910 pour achever l’essentiel de l’Ido qui améliore l’Espéranto en s’affranchissant par exemple de ses inutiles complications suivantes :

     L’Ido utilise les 26 lettres de l’alphabet latin non accentué alors que l’Espéranto utilise 22 lettres de l’alphabet latin (q, w, x et y ne sont pas utilisées) et 6 lettres accentuées spécifiques (ĉ, ĝ, ĥ, ĵ, ŝ, ŭ).
     Avec seulement 2 diphtongues, l’Ido a une prononciation plus facile que l’Espéranto qui a 6 diftongues.
     L’Ido n’accorde pas l’adjectif, ni au pluriel ni à l’accusatif, contrairement à l’Espéranto
     L’Ido n’utilise pas systématiquement l’accusatif, comme l’Espéranto, mais seulement si l’ordre sujet-verbe-complément n’est pas respecté.
     Contrairement à l’Espéranto, l’Ido utilise le principe de réversibilité des dérivations, ce qui lui donne une plus grande régularité.
     L’Ido a davantage d’affixes (-iv, -oz, -al, des-, ...), ce qui facilite les dérivations.

    Pour en savoir plus : http://www.ido-france.ovh

  • Le 3 septembre 2018 à 10:13, par Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Ce qui apparaît clairement, c’est que les idistes (partisans de l’Ido, dont Bertrand Russell avait demandé à Couturat pourquoi ne les appelait-on pas les “Idiots” ) restent sur le terrain théorique pendant que l’espéranto est entré dans la pratique. Ils jouent sur la méconnaissance quasi générale du dossier des langues inventées, des problèmes de communication linguistique mondiale, et par ailleurs sur le flou et l’amalgame. Ils impliquent dans le même fourre-tout des scientifiques qui ont pris leurs distances de l’Ido ou qui ont cherché d’autres voies (Ostwald avec le Weltdeutsch, Jespersen avec le Novial, le professeur Giuseppe Peano qui s’était détourné de la Délégation pour devenir président de l’Académie de l’Interlingua…) ou qui n’ont jamais manifesté d’intérêt pour l’Ido et ne l’ont jamais défendu. Ainsi, l’Ido ne peut se perpétuer que par ce par quoi il est né : le mensonge, l’absence de scrupules et de loyauté.

    * En 1943, Bertrand Russell, qui s’était intéressé à la question, avait lui-même proposé un projet nommé Suma.

  • Le 4 septembre 2018 à 12:31, par Bernard Cornevin En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    L’UE est une union fragile de 28 pays avec 24 langues officielles et de travail. Sa devise est « Unité dans la diversité ».

    Le Brexit, prévu début 2019, est une crise sérieuse. Certains ex-dirigeants de l’UE, comme Mario Monti, proposent, semble t’il à l’instar de la BCE, rendue autonome (des gouvernements et des citoyens) par le traité de Maastricht, d’utiliser le tout-à l’anglais comme langue unique des institutions de l’UE.

    Cette décision éloignerait définitivement la majorité des peuples de l’UE et déboucherait sur l’éclatement de l’UE. De plus , à l’ère de la « révolution de la connaissance », elle diminuerait l’efficacité et la compétitivité des travailleurs de l’UE.

    Les « coûts de traduction » de l’UE sont en même temps un investissement prioritaire pour la démocratie linguistique et l’adhésion des peuples à l’UE. et il devrait y avoir une traduction maximale des documents de l’UE dans les différentes langues.

    De plus, l’anglais deviendra probablement, si le Brexit a lieu, seulement une des (trois) langues procédurales et non plus une langue nationale.

    L’UE, dans un souci d’équité (la langue est dix fois plus rapide à apprendre) et d’efficacité (la langue est claire et rigoureuse) pourrait utiliser la langue internationale neutre auxiliaire facile et claire, comme langue pivot auxiliaire au côté des langues procédurales, en prévoyant une période de transition de dix ans vu les ajustements nécessaires.

  • Le 7 septembre 2018 à 00:45, par loïc landais En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    M. Masson, votre réponse méprisante à l’égard des Idistes ne convaincra personne et montre seulement votre agacement à l’idée que l’Ido puisse se perpétuer encore et prétendre au rôle de langue auxiliaire commune de l’UE si un jour une volonté politique envisageait une alternative à l’anglais.

    Les créateurs de l’Ido avaient contrairement à vos dires une excellente connaissance générale du dossier des langues inventées y compris de l’Espéranto, preuve en est donnée par les deux ouvrages « l’Histoire de la Langue universelle (1903) » et « Les nouvelles langues internationales (1907) » du logicien Louis Couturat et du mathématicien Léopold Léau . Concernant Wilhelm Ostwald, prix Nobel de Chimie 1909, et l’éminent linguiste Otto Jespersen , leur collaboration à la création de l’Ido démontre le vif intérêt qu’ils ont accordé à cette réforme de l’Espéranto même si beaucoup plus tard ils ont voulu allez encore plus loin dans la recherche de plus de naturalité mais au dépend de la simplicité avec le Weltdeutsch et le Novial. En tout cas ils ne sont jamais revenus à l’Espéranto tout comme Louis de Beaufront adepte de la première heure de l’Espéranto en France et devenu un des pères de l’Ido.

  • Le 10 septembre 2018 à 20:29, par Elisabeth LAMBERT En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Réponse à Loïc Landais. Moi-même ayant beaucoup voyagé dans le monde, j’ai toujours utilisé l’Espéranto que cela soit en Chine ou ailleurs tout en logeant chez l’habitant où j’ai été très bien reçue. Vous parlez de l’Ido que personne ne parle et ne connait, je n’ai jamais rencontré un idiste parmi mes voyages, plus d’espérantistes que d’idistes donc je crois que vous rêvez beaucoup de l’ido pour rien du tout, comme ceux qui s’étaient mis au volapuk qui n’a pas réussi quand l’espéranto est sorti étant trop difficile. C’est comme ceux qui croient que tout le monde parle anglais dans le monde alors que c’est faux puisque moi-même j’ai été dans l’aviation 39 ans et que cet anglais est une des principales causes d’accidents d’avions et incidents, il y a eu déjà de nombreuses victimes dus à l’anglais, et 267 risques d’accidents en Angleterre en 18 mois dus à l’anglais alors que les gens ne croient pas les bêtises des médias qui leur font croire que tout le monde parle anglais puisque dans l’aviation, ils n’arrivent pas à se comprendre la plupart du temps car l’anglais étant trop difficile pour les non anglais, pas précis, que beaucoup ne peuvent pas prononcer. J’ai dit cela récemment à une dame m’ayant confirmé qu’elle travaille à l’aéroport et qu’elle est très au courant de cela. Ce sont les gens comme vous qui ne comprenez rien du tout. Justement, il a été prouvé par un ingénieur américain pilote que l’espéranto serait plus sécuritaire que l’anglais dans l’aviation et ailleurs, alors pourquoi vous parlez de l’ido, ceci est dans votre tête. Que les français se disent bien que tout le monde ne parle pas anglais été que tous les européens non plus ne parlent pas anglais.

  • Le 11 septembre 2018 à 08:57, par Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    En 1993, le professeur Umberto Eco présenta au Collège de France un cours sur le thème de "La recherche de la langue parfaite dans la culture européenne". Dans son livre publié en 1994 sous le même titre au Seuil, il a consacré un chapitre aux Langues Internationales Auxiliaires (LIA) et en particulier à l’espéranto. Lors de la sortie de cet ouvrage, il avait dit à “L’Événement du Jeudi“ : “C’est une langue construite avec intelligence et qui a une histoire très belle“ et “c’est une langue très, très bien faite ; du point de vue linguistique, elle suit vraiment des critères d’économie et d’efficacité qui sont admirables“.

    Plus récemment, le professeur russe de linguistique Alexandre Doulitchenko, de l’Université de Tartu, en Estonie, auteur de pas moins de 500 ouvrages en 20 langues et en espéranto, est aujourd’hui le plus éminent spécialiste en la matière. Il en a exploré pas moins d’un millier et c’est l’espéranto, qu’il a appris à 18 ans, qu’il conseille d’apprendre :

    "Le devoir moral — et peut-être la mission historique — des espérantistes est d’attirer l’attention sur le problème linguistique dans le monde.“

  • Le 11 septembre 2018 à 08:58, par Masson En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    L’ido a souffert de la maladie de la réformite. Ce n’est qu’un mauvais plagiat de l’espéranto. Apparu en 1908, l’Ido a connu ses propres maniaques de la réforme. Son cheminement a été jalonné par une abondante floraison de projets de langues prétendument toutes plus “parfaites“ les unes que les autres… si parfaites qu’aucune n’a survécu. Du Dutalingue (dès 1908 !) au Kosmolinguo (1956) en passant par le Romanizat (1909, du prof. R.F. Brandt, qui revint ensuite à l’espéranto…), 1’Italico (1909), 1’Etem (1917), le Medial (1923-25), l’Ido Avancit (1925), l’Ido Novializat (1928),1’Aliq (1930), le Sintesal (1931), le Mondal (1949), etc., on trouve ainsi pas moins d’une vingtaine d’avortons de ce pastiche de l’espéranto. Il y a un moment où ce que l’on gagne d’un côté se perd d’un autre.

  • Le 22 septembre 2018 à 11:38, par loïc landais En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    La maladie de la réformite n’est pas propre à l’Ido. L’Espéranto a lui aussi connu de nombreuses tentatives de réforme comme le montre cette liste suivante non exhaustive :
     Esperanto Reformed L. L. Zamenhof 1894
     Esperanto sen Chapeloj Louis Couturat 1906
     Ido Délégation pour l’adoption d’une langue auxiliaire Internationale 1908
     Esperantido / Lingvo Esperantida René de Saussure 1913, 1919
     Antido, I & II René de Saussure 1924
     Esperido H. E. Raymond 1927
     Nov Esperanto / Nuv-Esperanto / Mondialo René De Saussure 1925, 1928, 1932
     Esperanto II René de Saussure Berna (Suïssa), 1937
     Esperantuisho Jaro Zelezny 1951
     Esperando Jay Bowks 2000
     Mondlango He Yafu 2002 https://fr.wikipedia.org/wiki/Mondlango

  • Le 24 septembre 2018 à 17:59, par leleu En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Effectivement les langues « artificielles » sont exposées au risque du perfectionnisme.

    Peut-être pourrait-on organiser une conférence de consensus ?

  • Le 25 septembre 2018 à 17:08, par Bernard Cornevin En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Il faut distinguer les centaines de projets de « langue internationale construite » , et la réalité de la langue internationale auxiliaire par destination et création qui a réussi, essentiellement du fait des efforts de ceux qui l’ont essayé et adopté, sans soutien étatique ou régionaliste, ce qui est un phénomène nouveau et unique.

    L’espéranto est appris et parlé dans plus de 100 pays par plus de deux millions de personnes et leur nombre s’étend rapidement avec Internet et le téléphone portable. Les chefs d’oeuvre de la littérature internationale, sont traduits et lus souvent dans cette langue, qui a une tradition plus que séculaire. C’est une des trente premières langues sur Wikipedia, recommandée par des dizaines de très hautes personnalités des mondes littéraire, scientifique, culturel, politique etc. , dont Tolstoï, Jules Verne, Ghandi, Einstein, le prix Nobel d’Economie Reinhardt Selten... Son importance est au moins cent fois supérieure à celle de la langue auxiliaire construite suivante.

    Le rôle des Etats, écoles et médias est essentiel dans la diffusion des langues, ce qui permet de mieux apprécier la performance de l’espéranto qui connait la diffusion la plus rapide au monde depuis plus d’un siècle et ceci sans soutien étatique.

    Les projets de réforme qui se contredisent ont souvent pour but de rapprocher la langue construite d’une langue nationale donnée, ce qui souvent l’éloigne des critères d’internationalité. Les différences entre l’espéranto et certains de ces projets sont linguistiquement faibles.

    L’intérêt de ceux qui souhaitent une langue internationale auxiliaire équitable et en moyenne dix fois plus facile (potentiellement 94% des citoyens de l’UE sans la Grande Bretagne et du monde) est de se regrouper autour de la langue internationale qui fonctionne le mieux.

  • Le 20 octobre 2018 à 13:12, par Matthias Sauvergeat En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Il faudrait que tous les pays membres de l’union européenne mettent en place dans les collèges dès la 6 ème l’apprentissage de l’Esperanto.

    Avec une seule langue on pourrait se comprendre dans tous les pays de l ’union au lieu d apprendre plusieurs langues qu on oublie dans le temps.

    Il faudrait aussi faire de l’Esperanto une langue officielle de l’UE.

  • Le 30 janvier 2020 à 17:12, par Patrick Grimont En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Je découvre l’intérêt de l’Esperanto depuis le Brexit. Je suis un ancien chercheur en microbiologie qui a publié plus de 300 articles ... en anglais. L’anglais scientifique est un anglais dégradé utilisant de nombreux mots nouveaux que l’Anglo-Saxon non biologiste ne comprendrait pas. L’utilisation de l’Esperanto en communication scientifique serait très intéressante mais pour éviter une dérive à la Babel, il faudrait une sorte d’académie qui crée ou valide les nouveaux mots techniques. Pour une utilisation en sciences ou en politique (Union Européènne), il faudrait démontrer que la traduction automatique ou semi-automatique vers l’anglais, le français, et l’allemand permettrait de réduire les coûts actuellement élevés de ces traductions. Alors les lois européennes pourraient être en Esperanto (langue de référence) avec traduction automatique en d’autres langues. Une typographie spéciale pour les noms propres (à ne pas traduire) pourrait être utilisée, mais ces noms devraient être natifs. On parlerait de London, Roma ou Moskwa, Deutschland, Polska, etc. Merci d’avoir attiré mon attention sur l’esperanto.

  • Le 31 janvier 2020 à 11:47, par Pingveno En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    INTERLINGUA, c’est juste une tentative de décrédibiliser la question d’une langue neutre planifiée. Elle tente tellement de ressembler aux langues auxquelles elle emprunte des mots qu’elle n’a même pas une prononciation unique pour un mot donné ! Heureusement que les gens sérieux qui ont participé sont partis à temps, comme André Martinet.

    @loïc landais D’un point de vue strictement théorique, l’ido m’apparaît comme une variante de l’espéranto allant dans le sens de plus de vocabulaire français (langue dominante de l’époque) et surtout allant dans un sens naturaliste, un peu comme interlingua mais en moins poussé ; c’est bien d’avoir plein de suffixes, mais dommage qu’on ne les utilise pas systématiquement comme en espéranto (pourquoi damo plutôt que virino par exemple ?). Résultat, la langue peut paraître plus simple pour ceux qui parlent une langue européenne, mais plus difficile que l’espéranto pour un japonais ou un chinois, pour qui damo n’évoque rien de plus que viro alors que virino a au moins le mérite d’être décomposable d’une manière qui rappelle un peu le chinois. Si vos ambitions se limitent à l’Europe, alors je dirais que si ces choix pouvaient lever les blocages psychologiques que l’espéranto suscite parfois sur son seul nom, si ça devait aboutir à une utilisation dans les instances internationales, alors même si je préfère l’espéranto, je dirais que ce serait un moindre mal par rapport à l’usage de l’anglais. Mais encore faudrait-il que les idistes actuels fassent vraiment des actions en ce sens, plutôt que de n’apparaître sur les forums qu’en réaction à des messages sur l’espéranto. Tout de même, vos remarques concernant les tentatives de réforme sont une admirable démonstration mathématique de la transitivité : puisque l’ido dérive de l’espéranto, toute réforme de l’ido est de fait une réforme de l’espéranto alors comment s’étonner qu’il y ait plus de réformes de l’espéranto que de l’ido ? N’empêche que 99% d’entre elles n’ont aujourd’hui plus aucun locuteur, l’ido étant en quelque sorte l’exception. Autre différence, avec l’espéranto les tentatives de réforme sont souvent des tentatives individuelles qui tombent rapidement dans l’oubli, les gens préférant l’original, alors qu’en Ido, j’ai l’impression que votre académie a tendance (ou l’a eu dans le passé) à valider beaucoup de réformes rendant l’ancienne version obsolète, ce qui oblige à ré-apprendre une partie de la langue du jour au lendemain. Mais ce n’est qu’une impression, sans doute exagérée.

  • Le 31 janvier 2020 à 14:28, par Espéranto-France En réponse à : L’espéranto et l’Union européenne : une relation conflictuelle

    Bonjour M. Patrick Grimont ,

    Je me permets d’apporter à votre connaissance qu’il existe l’Académie d’espéranto (AdE). Visitez notre site pour en savoir plus, via l’article « L’Académie d’Espéranto, vue par les Académiciens » : https://esperanto-france.org/esperanto-aktiv-49-decouverte

    Cordialement, Didier Loison Président d’Espéranto-France

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