La révolution tunisienne a eu lieu, et avec elle, son lot d’espoirs et de projets d’avenir.

Dans un article du 23 avril dernier [1], nous posions la question de l’intégration des pays du Maghreb dans l’Union européenne. Dans notre article, nous disions que l’argument géographique ou l’argument culturel étaient irrecevables pour balayer d’un revers de la main la candidature de certains pays du Maghreb.

Dans ce même article, il nous apparaissait qu’en réalité, les deux raisons qui rendaient en l’état actuel difficile l’intégration d’un pays comme la Tunisie, étaient un argument économique : l’Union européenne dans un contexte de crise économique ne pouvait sans doute pas supporter l’intégration d’un nouveau pays au PIB comparable à celui de la Roumanie, et un argument politique : la démocratie étant inexistante dans ce pays.

Cependant, la question de l’alliance entre l’UE et l’Afrique du Nord afin de peser d’avantage dans les négociations économiques gagne actuellement un peu d’exposition, avec le livre Pour une Europe juste d’Elisabeth Guigou.

Aujourd’hui, la fenêtre de la démocratie s’ouvre en Tunisie. Même si le risque qu’une dictature émerge est au moins aussi grand, et que de nombreux obstacles seront à gérer (comme une réforme nécessaire de la constitution), on peut espérer que la Tunisie devienne, à terme, une République pluraliste.

Il restera bien évidemment beaucoup de questions à régler, et il est probable qu’avant d’accueillir tout nouveau pays, l’Union européenne sera dans l’obligation de se réformer. Toujours est-il que si l’avancée démocratique se confirme en Tunisie, pourquoi ne pas encourager cette évolution grâce à notre tout jeune diplomatie européenne ?

Renforcer nos liens avec ce pays, proposer une coopération encore plus renforcée et ainsi instituer une prime à la démocratie pour envoyer un signal fort à tous nos voisins ? Et montrer ainsi que nos idéaux ne se défendent pas seulement dans nos discours.

La question est délicate mais nous appelons une telle action de nos voeux. Si le passage d’une dictature à une démocratie se confirme à terme en Tunisie, la distance entre l’Europe et la rive sud de la Méditerranée se sera considérablement réduite.