Alain Cadec : « L’Europe est notre héritage ; elle sera notre avenir »

, par Alain Cadec

Alain Cadec : « L'Europe est notre héritage ; elle sera notre avenir »

Le Taurillon ouvre aujourd’hui ses colonnes à Alain Cadec. Député européen depuis 2009, il est aussi candidat tête de liste UMP/PPE pour la circonscription Ouest pour les élections européennes du 25 mai prochain.

L’Europe est désormais une union politique indéfectible entre des pays qui rassemblent plus de 500 millions de citoyens qui partagent une histoire, une culture, des valeurs. La construction européenne nous a apporté le luxe inédit d’une paix durable et a permis le redressement de notre civilisation. Le couple franco-allemand en est l’incarnation.

L’euro et le marché unique sont très critiqués depuis plusieurs années. Pourtant, il ne faut pas oublier qu’il y a encore trente ans, les pays européens se livraient une concurrence monétaire dévastatrice à coups de dévaluations payées au prix fort par les contribuables. Aujourd’hui, grâce à la solidarité et la stabilité qu’il implique, l’euro est notre meilleur bouclier dans la mondialisation.

En soixante ans, l’Europe a rempli la mission confiée par ses pères fondateurs. Nous devons maintenant nous réapproprier cet héritage.

Je crois aux valeurs du gaullisme, en particulier à la défense de notre souveraineté. Mais aujourd’hui, c’est la souveraineté de la civilisation européenne qui est menacée. Seule l’Union européenne peut nous permettre d’exister dans la mondialisation.

Nous devons cependant reconnaître que l’Europe suscite de plus en plus la méfiance, voire la défiance des citoyens, comme si les bénéfices de soixante ans de construction européenne s’étaient dissous dans la crise. La crise d’un continent qui a incarné un leadership intellectuel, culturel, économique et même moral pendant des siècles et qui voit des grandes puissances s’affirmer en dehors de lui, et devenir des géants économiques et politiques.

Cette crise est aussi le résultat d’un manque de réformes. Alors que l’euro aurait dû accélérer la convergence des économies européennes et les réformes structurelles pour améliorer notre compétitivité, il a été perçu par de nombreux États, dont la France, comme un accomplissement, une fin en soi et non comme le début de la construction de notre puissance commune.

Cette crise est enfin liée aux incertitudes sur l’identité de l’Europe et sur ses frontières. À force d’élargissement sans réflexion véritable sur le nouveau projet politique que nous pouvions mener à 28, nous avons créé les conditions d’une Europe sans saveur, sans limites et sans culture.

L’Europe a pris depuis plusieurs années la mauvaise habitude de s’occuper de tout, y compris de sujets qui seraient bien mieux gérés par les États. Dans le même temps, elle est impuissante sur beaucoup de sujets stratégiques où elle est attendue : politique étrangère, réciprocité dans les échanges commerciaux, lutte contre le dumping social, gestion des flux migratoires, indépendance énergétique...

Que proposent les listes de l’UMP pour relancer le projet européen après les élections du 25 mai ?

D’abord de retrouver le chemin de la compétitivité et de la croissance. Nous devons faire de l’Europe une terre de producteurs, et non pas seulement un grand marché de consommateurs. Nous devons unir nos forces pour lancer de grands projets européens utiles à la croissance et à l’emploi, comme une politique industrielle commune qui nous permettra de faire émerger des champions industriels capables de rivaliser avec leurs concurrents américains, indiens ou chinois.

Ensuite, l’Europe doit être capable de protéger efficacement ses intérêts dans la compétition économique mondiale. Dans les négociations de l’OMC, comme dans le cadre des accords de libre-échange, nous devons ensemble défendre une approche réaliste, fondée sur le principe de réciprocité. Le commerce est une source de croissance et d’emplois pour l’Europe mais il faut en faire respecter les règles du jeu à nos partenaires.

Enfin, il est indispensable de consolider l’euro. Une monnaie unique et un marché unique ne peuvent pas cohabiter avec 28 politiques budgétaires et fiscales nationales non coordonnées. Les différences qui existent entre les États de l’Union européenne en matière de fiscalité et de coût du travail entretiennent le dumping. L’euro doit s’accompagner d’une véritable politique économique européenne qui se fixera comme objectif à l’horizon 2020 d’éliminer la concurrence sociale et fiscale entre États membres.

C’est un grand défi. Si l’Europe ne le relève pas, elle n’a pas de raison d’exister au XXIème siècle.

Ces élections européennes sont l’occasion de faire vraiment changer les choses en donnant du poids au Parlement européen. Pour la première fois, le résultat des élections déterminera la composition de la future Commission et le cap politique qu’elle suivra, comme dans n’importe quelle démocratie parlementaire.

Le projet européen n’est pas devenu anachronique et n’est pas dépassé par les bouleversements du monde. Au contraire, il garde tout son sens, à condition d’être modernisé, amélioré, d’être mis au service des Européens. L’Europe est notre héritage. Elle sera notre avenir.

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