L’Europe ne veut garder que l’heure d’été. Est-ce le bon choix ?

, par Iwona Olejniczak, Traduit Isabelle Reuter, traduit par Soline Verheyen

L'Europe ne veut garder que l'heure d'été. Est-ce le bon choix ?
[Source : Parlement européen, 2019]

Le 26 mars 2019, le Parlement européen a voté l’abandon du changement d’heure. Cette coutume était jusqu’alors réglementée par une directive de l’Union européenne (2000/84/EC) obligeant tous les pays de l’UE à avancer les montres d’une heure le dernier dimanche de mars, pour l’heure d’été, et à les reculer d’une heure le dernier dimanche d’octobre. Les États membres qui auront opté pour l’heure d’été devront changer d’heure pour la dernière fois en mars 2021, contre octobre 2021 pour ceux qui auront choisi l’heure d’hiver. Reste à voir comment cela sera mis en place, puisque les États membres doivent encore peser les « pour » et les « contre ».

L’invention de l’heure d’été (daylight saving time) sous sa forme moderne est souvent attribuée à l’étymologiste néo-zélandais George Hudson, qui présenta en 1895, devant la Wellington Philosophical Society, un article proposant un changement saisonnier de l’heure. Mais même avant, des idées similaires avaient déjà été proposées, notamment par Benjamin Franklin, un des pères fondateurs des États-Unis, dans une lettre satirique à l’éditeur du Journal de Paris, dans laquelle il expliquait avoir découvert que le soleil se levait à 6 heures. Il estima à 96 075 000 livres tournois l’économie générée si l’on persuadait les Parisiens de se lever suffisamment tôt pour bénéficier plus longtemps de cette source de lumière gratuite qu’est la lumière du soleil. Il s’inquiétait néanmoins, à juste titre, du fait que les gens étaient « enclins à rester attachés aux vieilles coutumes ». « Il est difficile de les persuader de se lever avant midi », écrivait-il. Il estimait, par conséquent, sa découverte peu utile (1). Il fallut encore attendre 130 ans avant l’instauration de l’heure d’été à l’échelle nationale. Dès 1916, l’Allemagne et l’Autriche l’appliquèrent pour réduire leur consommation de charbon durant la guerre. Plusieurs pays européens firent pareil, mais abandonnèrent plus tard cet effort de guerre, pour le réinstaurer finalement dans les années 1970, pendant la crise énergétique.

Pour l’instant, environ 70 pays font ce changement d’heure, mais ce nombre diminuera bientôt de 28.

Par le passé, l’économie d’énergie était la raison pour laquelle la lumière du soleil était privilégiée à la lumière artificielle ; ce qui était logique à l’époque. Mais, depuis la Première Guerre mondiale, et même au cours des années 1970, nos besoins d’énergie ont considérablement changé. Même si de nombreux rapports prouvent encore son avantage économique, l’ampleur de ce dernier est minime. En 2010, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie estimait le bénéfice effectué à 0,1 % de la consommation annuelle d’énergie (440GWh). Selon la BDEW (l’Association allemande des industries de l’énergie et de l’eau), l’économie réalisée grâce à l’heure d’été devient insignifiante quand on compare la faible quantité d’énergie requise pour l’éclairage par rapport à l’énergie dépensée pour les loisirs. Puisque de plus en plus de moyens d’éclairage écoresponsables se développent, la situation ne risque pas de changer. En effet, une tendance opposée est même apparue dans l’Indiana (États-Unis) en 2006. L’instauration de l’heure d’été dans l’ensemble de l’État a abouti à une hausse de 1 % de la consommation d’énergie des ménages à cause d’une utilisation plus intense des systèmes de chauffage et de refroidissement (2).

Même si la question énergétique est pertinente, ce n’est pas le seul domaine concerné par le changement d’heure. En effet, les « pour » et les « contre » vont de raisons médicales à des raisons économiques, en passant par le simple désagrément. Par exemple, pour les transports publics, surtout dans le cas de réseaux complexes, avancer ou reculer d’une heure signifie élaborer, souvent manuellement, des horaires spécifiques. Cela entraîne des taxes plus élevées pour le contribuable, qui ne remarque ou n’apprécie pourtant de telles mesures que très rarement. D’un autre côté, de plus longues journées d’été permettent aux gens de consacrer plus de temps aux loisirs. Davantage de personnes iront faire un jogging en début de soirée ou faire du shopping dans le centre-ville, ce qui contribue au tourisme et au commerce. Différentes études justifient aussi les « pour » et les « contre » par le nombre d’accidents de la route, mais toutes ont des résultats contradictoires. Ce sont cependant les conséquences sur la santé qui ont attiré l’attention du public.

Au cours de l’été 2018, l’Union européenne a mené une enquête publique et a recueilli 4,6 millions d’avis sur les avantages du changement d’heure : 43 % étaient en faveur de la suppression du changement d’heure et donnaient la santé comme raison principale. Ceux qui préféraient le système actuel semblaient intéressés par de plus longues soirées d’été ; 42 % d’entre eux justifiaient leur choix par leurs loisirs. Quoi qu’il en soit, les Européens semblent, en général, impatients d‘abandonner le changement d’heure. 84 % de la population se disent favorables à l’idée de garder la même heure toute l’année. Même si la population allemande est surreprésentée dans l’étude (70 % des sondés sont allemands), la majorité des citoyens de l’Union européenne, à l’exception des Grecs et des Chypriotes, approuve le projet du Parlement européen (3).

Enquête de l’UE (SWD/2018/406 final). Réponse à la question numéro 2 portant sur le maintien ou l’abandon du changement d’heure. En rouge : citoyens en faveur de l’abandon du changement d’heure. En bleu : citoyens en faveur du maintien du changement d’heure

L’heure d’été, le changement d’heure et notre santé

Si l’UE abandonne le changement d’heure, quels seront les impacts sur notre santé ? Pour mieux comprendre le rapport, il nous faut faire un tour du côté de la chronobiologie. Ce domaine de la biologie s’intéresse à notre horloge biologique, à sa manière de réagir aux changements dans notre environnement et aux processus biologiques qu’elle régule. Son rythme est autonome et dure en moyenne 24 heures, mais cette durée varie selon les personnes. En principe, si votre rythme naturel est de plus de 24 heures, vous êtes un oiseau de nuit, un chronotype vespéral ; s’il est de moins de 24 heures, vous êtes un lève-tôt, un chronotype matinal. Quelqu’un qui ne suit que son rythme naturel, disons de 23,5 heures, se réveillerait chaque jour un peu plus tôt, ce qui donnerait, au bout d’une semaine, un réveil prématuré de 3,5 heures. Pourtant, grâce aux signaux externes, comme la lumière du soleil, qui permettent de rester synchronisés avec les journées astronomiques, cela n’arrive jamais.

La lumière est donc un élément très important pour notre physiologie. Même de nos jours, malgré l’omniprésence de la pollution lumineuse, les horaires de travail fixes et le fait que l’on se couche avec le téléphone en main, on peut voir l’impact du lever du soleil sur notre rythme de vie. C’est ce qu’a prouvé une étude approfondie sur 21 600 personnes en Allemagne. Toutes vivaient dans le même fuseau horaire et avaient donc le même « horaire social », c’est-à-dire des mêmes heures moyennes pour commencer le travail ou d’autres activités. L’étude a prouvé que leur réveil volontaire dépendait de la longitude de leur position géographique, autrement dit de « l’heure solaire locale ». Les personnes vivant à l’est de l’Allemagne, où le soleil se lève 36 minutes plus tôt, choisissaient de se lever avant les personnes vivant à l’ouest (4). Des études similaires ont démontré le même phénomène dans d’autres pays (5).

On compare souvent le passage de l’heure d’été à celle d’hiver (et vice-versa) à un jet lag, mais ce n’est pas tout à fait correct. Lorsque notre corps s’adapte à un décalage horaire, la position du soleil, également différente, peut l’aider à adopter le nouveau rythme, car elle influence notre horloge interne. Or, lorsque l’on change d’heure, nos activités sont simplement décalées par rapport à la position du soleil, qui, elle, n’a pas changé. Dès lors, lorsqu’il est question de passer définitivement à « l’heure d’été », deux éléments devraient être pris en compte : les désagréments engendrés par une nouvelle routine à court terme et les effets à plus long terme d’un décalage entre notre vie sociale et la position du soleil.

Les effets à court terme sont, entre autres, une augmentation du nombre d’accidents du travail après un changement d’heure.(6) De même, les urgences pourraient devoir faire face à plus de travail (7). Cependant, c’est en ce point que les avis divergent : si certaines études prouvent que le passage d’une heure à l’autre s’accompagne d’un nombre plus élevé d’accidents (8), d’autres arrivent à des conclusions inverses (9). Il n’est, au final, pas possible de trancher sur la question et le nombre d’accidents ne devrait donc pas entrer en ligne de compte lors de la prise de décision. En revanche, il est mieux établi que davantage de luminosité en soirée à la suite d’un changement d’heure améliore la visibilité des conducteurs, et donc la sécurité routière (10). L’heure d’été serait donc positive sur ce point.

Il est également prouvé qu’après le changement d’heure effectué chaque printemps, le nombre de crises cardiaques connaît une légère hausse (11). Il en va de même pour les AVC (12). De nouvelles études démontrent, en effet, que la transition de l’heure d’hiver à celle d’été peut provoquer des désagréments qui perdurent pendant une semaine environ.

Et, si les données scientifiques ne vous ont pas encore assez perturbé, attaquons-nous maintenant à la méconnaissance entourant la perte ou le gain d’une heure de sommeil la nuit lors de laquelle l’horloge fait du surplace. Si le sommeil est sans aucun doute perturbé par le changement d’heure, ce dernier influence surtout la qualité des quelques nuits qui suivent le passage à une heure différente. Il en résulte un manque de sommeil. Peut-être s’agit-il cependant d’une considération purement technique, puisque le résultat final est le même. En effet, si un réveil ne sonne pas à l’heure prévue, son propriétaire ne sera pas bien reposé. C’est pour cette raison que les spécialistes du sommeil se prononcent en faveur d’un abandon du changement d’heure (13).

Le passage à l’heure d’été a également des effets à long terme. Par exemple, comme mentionné ci-dessus, il peut avoir un effet positif sur le nombre d’accidents de la route, induire davantage de temps libre, mais aussi avoir un impact négatif sur notre santé : c’est ce que l’on appelle le « jet lag social ».

Une étude menée sur 23 000 enfants issus de 9 pays différents a prouvé que, lorsque les soirées sont plus longues, l’activité physique est aussi plus élevée. Il est intéressant de noter que les résultats sont différents d’un pays à l’autre. En effet, cette conséquence du changement d’heure a été observée en Europe et en Australie, mais pas aux États-Unis ni au Brésil. L’augmentation de l’activité physique était par ailleurs minime, avec à peine 1,7 minute supplémentaire par jour. Cependant, les conséquences positives pour la santé de ces minutes accumulées ne devraient pas être complètement négligées (14).

Le problème le plus important est, de loin, le « jet lag social » : un décalage entre le cycle du soleil, sur lequel notre horloge biologique interne s’aligne, et nos habitudes sociales. Un exemple extrême de « jet lag social » est le travail de nuit, qui entraîne un décalage extrême entre la période où l’individu est actif (la nuit) et le cycle biologique (l’être humain est normalement actif pendant la journée). Lorsque l’on passe à l’heure d’été, notre horloge interne fait face à un recul de 60 minutes, mais le soleil, lui, se lève et se couche toujours à la même heure. Cette différence peut sembler insignifiante si l’on considère les nombreux autres facteurs qui influencent notre comportement quotidien, mais il s’agit pour notre corps d’un désagrément qui perdure durant tout l’été. Or, il a déjà été démontré que d’autres décalages, pourtant de moindre importance, ont une influence sur notre santé. Même la situation géographique occupée au sein d’un fuseau horaire peut avoir des effets perceptibles : les habitants vivant dans la partie ouest de leur fuseau, et qui ont donc une « horloge sociale » qui avance de 30 minutes par rapport à leur localisation, perdent en moyenne 20 minutes de sommeil (15). Les mêmes habitants souffrent plus souvent de dépression en hiver et sont plus souvent touchés par le cancer (16).

L’heure d’été avance normalement notre « horloge sociale » d’une heure par rapport à la position du soleil, mais, dans certains pays, le dérèglement est encore plus extrême. Au vu de sa position géographique, la France devrait vivre à l’heure moyenne de Greenwich (UTC), mais elle est alignée sur l’Allemagne et la Pologne. L’ouest de l’Espagne est, quant à lui, situé dans le fuseau horaire UTC-1, mais, durant l’été, il adopte l’heure du fuseau UTC+2, soit l’heure d’Istanbul et de Saint-Pétersbourg.

Fuseaux horaires durant l’hiver (A) et l’été (B) en Europe, comparés à la position du soleil (C)

Ce dérèglement n’est pas sans conséquence. Il a été prouvé que le « jet lag social » a de nombreux effets néfastes sur notre santé, dont une augmentation des troubles de l’humeur (comme la dépression), une hausse de la consommation d’alcool et de tabac ainsi que des troubles du métabolisme tels que l’obésité, le diabète ou les problèmes cardiovasculaires… la liste est longue (17).

Dès lors, il n’est pas surprenant que les chronobiologistes soient non seulement pour l’abandon du changement d’heure, mais aussi pour l’adoption définitive de l’heure « standard », à savoir l’heure d’hiver en Europe. Pour certains pays, cette décision signifierait même l’adoption d’un fuseau horaire plus à l’ouest.

Sur ce point, la communauté scientifique et l’opinion publique ont des avis divergents. Selon le sondage mentionné ci-dessus, 56 % des Européens se prononceraient en faveur de l’heure d’été s’ils devaient choisir. À peine 36 % des sondés préfèrent l’heure d’hiver. Cette option n’a remporté de majorité que dans 4 pays sur 28. Il est néanmoins prévu que chaque pays, après avoir abandonné le changement d’heure, choisisse le fuseau horaire qu’il préfère adopter. Si les gouvernements donnent suite au souhait de leur population, le « jet lag social » pourrait empirer.

Le débat est complexe, car nombre d’éléments de notre vie quotidienne sont influencés par l’heure, et donc par le changement d’heure. Notre préférence pour les longues soirées d’été entre en contradiction avec les recommandations quant à notre santé. Par ailleurs, si des pays voisins venaient à s’aligner sur des fuseaux horaires différents, les entreprises et les transports pourraient être plongés dans un certain chaos. Cependant, les pays membres n’apprécieraient pas pour autant que Bruxelles leur impose une heure. Comment réaliser une analyse coût-avantages quand les éléments à prendre en compte sont si variés et vont de l’industrie du tourisme au taux de cancer ?

Au moins, tout le monde peut s’accorder sur un point : changer l’heure du micro-ondes deux fois par an, on s’en passerait bien.

(1) Benjamin Franklin’s Essay on Daylight Saving, Letter to the Editor of the Journal of Paris, 1784 (2) Does Daylight Saving Time Save Energy ? Evidence from a Natural Experiment in Indiana, Matthew J. Kotchen, Laura E. Grant, October 2008, NBER Program(s):Environment and Energy Economics, Public Economics (3) COMMISSION STAFF WORKING DOCUMENT PUBLIC CONSULTATION ON EU SUMMERTIME ARRANGEMENTS REPORT OF RESULTS Accompanying the document Proposal for a Directive of the European Parliament and of the Council discontinuing seasonal changes of time and repealing Directive 2000/84/EC, SWD/2018/406 final (4) The human circadian clock entrains to sun time, Till Roenneberg, C. Jairaj Kumar and Martha Merrow, Current Biology, January 2007 (5) Effects of longitude, latitude and social factors on chronotype in Turkish students, Ercan Masal, Christoph Randler, Şenol Beşoluk, İsmail Önder, Mehmet Barış Horzum, Christian Vollmer, November 2015 (6) Changing to daylight saving time cuts into sleep and increases workplace injuries. Barnes CM, Wagner DT. J Appl Psychol. September 2009 (7) Changes in Accident & Emergency Visits and Return Visits in Relation to the Enforcement of Daylight Saving Time and Photoperiod. Ferrazzi E, Romualdi C, Ocello, Frighetto G, Turco M, Vigolo S, Fabris F, Angeli P, Vettore G, Costa R, Montagnese S. J Biol Rhythms. October 2018 (8) Accident rates and the impact of daylight saving time transitions. David Robb, Thomas Barnes, November 2017 (9) Daylight Saving Time Transitions and Road Traffic Accidents, Tuuli Lahti, Esa Nysten, Jari Haukka, Pekka Sulander, and Timo Partonen, Journal of Environmental and Public Health, une 2010 (10) Impact of daylight saving time on road traffic collision risk : a systematic review. Carey RN, Sarma KM. July 2017 BMJ open (11) Daylight saving time and myocardial infarction : should we be worried ? A review of the evidence R. Manfredini, F. Fabbian, A. De Giorgi, B. Zucchi, R. Cappadona, F. Signani, N. Katsiki, D.P. Mikhailidis, Eur Rev Med Pharmacol Sci 2018 (12) Changes in ischemic stroke occurrence following daylight saving time transitions. Sipilä JO, Ruuskanen JO, Rautava P, Kytö V. Sleep Med. November – December 2016 (13) The impact of daylight saving time on sleep and related behaviours. Harrison Y. Sleep Med Rev. August 2013 (14) Daylight saving time as a potential public health intervention : an observational study of evening daylight and objectively-measured physical activity among 23,000 children from 9 countries. Anna Goodman, Angie S Page, Ashley R Cooper, Int J Behav Nutr Phys Act. October 2014 (15) Sunset time and the economic effects of social jetlag : evidence from US time zone borders. Giuntella O, Mazzonna F. J Health Econ. May 2019 (16) Longitude position in a time zone and cancer risk in the United States. Gu F., Xu S., Devesa S. S., Zhang F., Klerman E. B., Graubard B. I. Cancer Epidemiol. Prev. Biomark. August 2017 (17) Daylight Saving Time and Artificial Time Zones – A Battle Between Biological and Social Times. Till Roenneberg, Eva C. Winnebeck, and Elizabeth B. Klerman, Front Physiol. August 2019

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