Durant cette année 2025, l’atmosphère s’est réchauffée, à cause du réchauffement climatique, mais aussi en raison des nombreux incendies qui ont touché l’Union européenne. Sur les 27 pays membres de l’UE, seulement cinq n’ont pas été touchés : la République tchèque, l’Estonie, la Lituanie, le Luxembourg et Malte. Parmi les plus concernés, on retrouve l’Espagne avec 400 000 hectares partis en fumée, et le Portugal avec 260 000 hectares.
L’Union européenne était présente pour soutenir les États membres touchés par les incendies. Le mécanisme de protection civile de l’UE a été activé, ce qui a permis de mobiliser des avions, des hélicoptères et des équipes spécialisées comprenant pilotes, mécaniciens et pompiers venus des quatre coins de l’Europe. Une cellule d’experts surveillait également les risques d’incendies pendant la saison estivale.
Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’égalité, à l’état de préparation et la gestion des crises, a ouvert le débat en parlant des solutions mises sur la table par l’exécutif européen : « La Commission a adopté la stratégie de l’Union de préparation, un plan tourné vers l’avenir pour mieux préparer l’Europe aux crises de demain. Elle adopte une approche « tous risques » et renforce la coopération à tous les niveaux. »
Malgré tout, plus d’un million d’hectares ont brûlé, un record depuis 2006. Pour faire face à cette situation, les eurodéputés se sont emparés du sujet.
Le maître mot : prévention
Pour lutter contre les incendies, le même mot est revenu dans la bouche des eurodéputés de tout bord de l’hémicycle : « prévention ».
À gauche, Nikólaos Farantoúris (GUE/NGL, Groupe de la Gauche au Parlement européen) lançait : « La sécurité ne se limite pas aux armes. La sécurité, c’est aussi la résilience des réseaux et des infrastructures, la prévention, la capacité à indemniser et à rétablir rapidement. »
À droite, Raúl de la Hoz Quintano (PPE, Parti populaire européen) déclarait : « Utilisons ce débat comme un point d’inflexion pour faire en sorte que, à l’avenir, lorsque de nouveaux incendies se déclareront - et ils se déclareront - l’Union européenne et les États membres soient capables d’y répondre [...]. Cela ne s’obtient pas par des discours démagogiques. Cela s’obtient en impliquant les États dans les plans de prévention et dans les stratégies forestières. »
Encore plus à droite, Diego Solier (CRE, Conservateurs et réformistes européens) ajoutait : « Investir dans la prévention tout au long de l’année équivaut à gérer moins de crises en été. À l’ère des données, nous disposons d’informations suffisantes pour agir en conséquence et éviter des pertes humaines, agricoles, environnementales et patrimoniales. Agissons dès maintenant, sinon l’année prochaine nous serons dans la même situation. »
Des causes différentes
Là où les députés ont divergé, c’est sur la cause de ces incendies. Les eurodéputés de gauche mettaient en avant le changement climatique, comme Leire Pajín (S&D, Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen) : « Nous vivons une urgence climatique qui multiplie par quarante les risques et les probabilités que ces incendies se reproduisent. »
Du côté le plus à droite de l’hémicycle, ce sont les « pyromanes », le vrai problème. Jorge Buxadé Villalba (PfE, Patriotes pour l’Europe) dénonçait : « Les politiques au pouvoir disent que la faute revient au changement climatique, mais tout le monde sait que la responsabilité incombe aux pyromanes. » Grégory Allione (Renew) l’a interpellé : « Vous dites que ce n’est pas le changement climatique. Vous dites que ce sont des pyromanes qui allument les feux. Moi, je voudrais connaître la part des feux liés aux pyromanes. Et comment expliquez-vous qu’en 20 ans la vitesse de propagation des feux ait doublé, voire triplé ? »
M. Buxadé Villalba avait anticipé la question : « Et bien, je vais vous donner deux données concernant l’Espagne : 220 incendies, 150 pyromanes arrêtés ou faisant l’objet d’une enquête par la police [...]. Quant à la propagation du feu… c’est parce que la forêt n’est pas entretenue. Cette année, il a plu comme jamais en Espagne, toute la végétation a poussé, personne n’effectue de travaux de nettoyage, le pâturage extensif est interdit aux éleveurs et, en plus, il est exigé de tout le monde - même pour ramasser un pin - d’avoir une foutue autorisation administrative. »
Du côté du Conseil de l’UE, la réponse est venue de Marie Bjerre, ministre danoise représentant le Danemark pendant la présidence tournante du Conseil de l’UE : « J’ai noté que plusieurs collègues ont évoqué la lutte contre le changement climatique et la nécessité d’une politique climatique ambitieuse. C’est exactement ce sur quoi travaille la présidence danoise [...]. En matière de préparation, nous saluons la Stratégie de l’Union pour la préparation, qui implique tous les secteurs de la société dans une approche tous risques. Cela est très important pour prévenir, se préparer et répondre aux incendies. »
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