L’Union européenne s’est depuis quelques années déjà, saisie du thème de l’agriculture biologique. Le premier règlement sur le sujet a été produit en 1991. Il s’agissait alors d’introduire des normes minimales quant aux produits biologiques européens, afin que le commerce intra-européen garantisse aux consommateurs une égale qualité. Les Etats membres étaient libres d’instaurer des normes plus contraignantes. De nombreuses législations ont vu le jour par la suite. La politique générale de l’Union européenne s’adapte également aux changements induits par la croissance du bio.

L’évolution de la PAC

Le premier volet qu’elle a dû adapter aux réalités agricoles, est très certainement la Politique Agricole Commune. La PAC, créée à l’origine pour moderniser le secteur agricole et assurer l’autosuffisance de l’Europe, est composée de deux piliers, le premier se réfère à une organisation commune de marché unique, le second aux politiques de développement rural. C’est dans le cadre de ce dernier pilier que se situe l’agriculture biologique, puisque le règlement produit en 2013 établit : « Durant la nouvelle période de programmation, les États membres devront dépenser au moins 30 % des fonds de développement rural qu’ils reçoivent du budget de l’Union à certaines mesures relatives à l’agriculture biologique » (règlement UE NO 1305/2013). La PAC 2014-2020 instaure le retour des aides à la conversion au bio au sein de la PAC, ce qui encourage par conséquent les agriculteurs à sauter le pas et à se lancer dans la production biologique.

Europe 2020 : une politique affichée ambitieuse

L’agriculture biologique représente donc bel et bien un axe majeur et stratégique de l’Union européenne. La Commission européenne dans une communication au Conseil et au Parlement de mars 2014 au sujet de l’avenir de la production biologique dispose que « le présent plan d’action [1] propose également une contribution à la réalisation des objectifs fixés par la stratégie Europe 2020 et la nouvelle politique agricole commune. La protection de l’environnement étant un objectif fondamental de la production biologique, le plan d’action contribue également à la réalisation des objectifs du 7e programme d’action pour l’environnement à l’horizon 2020 ».

Le marché bio ne cesse d’augmenter, ne montrant même aucun signe de ralentissement, malgré les difficultés économiques de ces dernières années. C’est un marché certainement porteur pour l’avenir, auquel il convient donc de s’y intéresser. Le programme Europe 2020 souhaite donner la priorité à une croissance équitable, et au développement durable. Cela passe notamment par une agriculture respectueuse de l’environnement, et la préservation des écosystèmes. L’Union européenne impulse clairement une politique en faveur de l’agriculture biologique. Au-delà de son engagement par les politiques communautaires, elle défend plus globalement encore cette conception.

COP21 : des engagements dans la continuité de la politique communautaire

La COP21, qui aura lieu en décembre prochain est l’occasion rêvée pour l’Union européenne de défendre sa vision d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Ce sommet international de négociations sur le climat, qui se déroulera à Paris, est l’occasion de promouvoir l’agriculture biologique. En effet, les objectifs de réduction de gaz à effets de serre brandis par l’Union européenne nécessitent des efforts, aussi bien au niveau de la production industrielle, que de la production agricole. L’agriculture biologique peut bien être envisagée comme un moyen de répondre aux défis climatiques futurs, tout en inventant les modes d’alimentation de demain, moins gourmand en carbone et en produits néfastes pour la santé et la biodiversité.