La cybersécurité des administrations européennes est en danger

, par EurActiv mit AFP, Traduit par Elodie Arrighi, Traduit par Sonja Lorenz

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La cybersécurité des administrations européennes est en danger
Les sytèmes informatiques des administrations européennes sont facilement piratables. CC Flickr / CC BY 2.0-Lizenz / Marie Casas

En Europe, les administrations publiques utilisent presque exclusivement les logiciels de la multinationale américaine Microsoft sur leurs ordinateurs. Cette dépendance présente de gros risques et compromet la souveraineté européenne, selon l’avis des experts internationaux, comme l’ont rapporté dimanche l’équipe des journalistes d’Investigate Europe et le “Tagesspiegel” berlinois.

Selon Martin Schallbruch, l’ancien chef de département chargé du numérique et de la cybersécurité au ministère fédéral de l’intérieur, beaucoup d’administrations publiques sont tellement dépendantes de Microsoft “qu’elles n’ont même plus le choix des logiciels qu’elles veulent utiliser”. D’après Schallbruch, les États européens courent le “risque de perdre le contrôle sur leur propre infrastructure informatique.” Michael Waidner, Directeur de l’Institut Fraunhofer pour la sûreté du numérique et l’un des principaux experts européens en matière de cybersécurité, a déploré la perte de la “souveraineté digitale” de l’Europe dans un discours avec l’équipe de recherche. Les États et l’union européenne doivent “être en mesure de tester si le matériel et les logiciels de leur appareils de traitement de l’information peuvent effectuer seulement ce que l’on attend d’eux et rien d’autre”. Tous les États devraient insister sur le fait que “leurs experts disposent de toutes les informations nécessaires pour tester les logiciels dans les secteurs sensibles en matière de sécurité”.

Ce discours indique également que cela n’est pas possible jusqu’à présent avec les produits de Microsoft. L’un des principes de base de l’entreprise américaine est de maintenir le code source de ses programmes secret. Or ce n’est qu’avec le code source que les spécialistes peuvent comprendre comment les programmes sont construits et trouver les éventuelles failles de sécurité. C’est pourquoi Waidner revendique que “l’accès au code source [est] essentiel”. Sans lui il n’y a “aucune souveraineté digitale”.

Le Parlement européen avait déjà revendiqué en 2015 que l’UE et ses États membres demandent à leurs fournisseurs la divulgation du code source pour les logiciels destinés à l’administration publique. Toutefois, tant la Commission européenne que la direction se refusent à mettre en application la décision du Parlement. Les recherches d’Investigate Europe ont révélé que Microsoft dispose de contacts hauts placés dans l’appareil de direction dans de nombreux États membres de l’UE.

Cet article est d’abord paru chez notre partenaire Euractiv.de

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