La montée de l’extrême-droite en Europe

, par Lycée Chateaubriand (Rennes)

La montée de l'extrême-droite en Europe
Les étudiants de 1ère du Lycée Chateaubriand mènent cette année un projet sur l’Union européenne. Source : Wokandapix de Pixabay

Article rédigé par des élèves de première du Lycée Chateaubriand de Rennes.

L’extrême-droite… Mais qu’est-ce que c’est ? D’après le Larousse, l’extrême-droite est l’ « ensemble des mouvements qui se rattachent à l’idéologie contre-révolutionnaire et qui récusent aussi bien le libéralisme que le marxisme. Considérant comme légitime l’emploi de la violence, ils réclament un régime fort. L’antiparlementarisme et l’anticommunisme sont les deux thèmes essentiels de l’extrême droite. » Rien de bien sympathique donc. D’autant plus si on se rappelle nos leçons d’histoire : le nazisme était une idéologie d’extrême-droite, et c’est ce qui a conduit à la Seconde Guerre mondiale. Mais aujourd’hui, la montée des extrêmes droites est forte en Europe. Pourquoi, et quelles en sont les conséquences ?

De manière statistique, on constate de façon tout à fait factuelle une augmentation importante des voix pour les partis qualifiés d’extrême-droite dans la plupart des pays européens dans les dernières décennies. En France par exemple, le FN parvient au second tour des présidentielles en 2002 et en 2017. Pourtant, la Seconde Guerre mondiale semblait avoir suffisamment marqué les esprits puisque les extrêmes étaient regardés avec la plus grande horreur jusqu’il y a quelques années. L’Allemagne même, malgré son passé pesant qui devrait la mettre à l’abri des tentation de la droite radicale, se retrouve victime de cette montée de l’extrême-droite, à travers par exemple l’émergence de l’AfD ou du NPD.

Ces montées ont une raison : elles s’enracinent dans le populisme, qu’il soit protestataire (contre les élites, idéalisation du peuple dans la réclamation d’une « hyperdémocratie ») ou identitaire (nationaliste, anti-immigration, xénophobe : centré sur la nation). Dans les deux cas, les temps de crise sont le terreau permettant aux extrêmes de s’affirmer : une crise, qu’elle soit économique, migratoire ou sociale, permet de blâmer le gouvernement, les étrangers ou les élites. Ce principe du bouc émissaire est des plus efficaces, et il séduit les populations car les partis utilisant ces arguments se placent ainsi de leur côté ; c’est le principe du populisme, très largement utilisé par les extrêmes droites (ou gauches). À cela s’ajoutent des solutions apparaissant « faciles » pour sortir de la crise, et un leader personnifié fort qui semble capable de tout et de tous nous sauver.

L’instinct grégaire de l’être humain n’en attend pas plus, il le fait voter… bien sur les côtés. Ces solutions faciles revendiquées sont bien souvent anti-européennes (mais oui ! Après tout, l’Union Européenne nous impose des lois injustes, nous oblige à payer pour les pauvres… ! Quelle bonne idée ils ont eu de l’autre côté de la Manche, de s’en aller !), anti-migratoires (c’est vrai qu’ils nous piquent nos boulots et nous envahissent !), ou même anti-Islam. Il est d’autant plus facile de s’y laisser piéger que l’on n’a pas les connaissances nécessaires pour se rendre compte du problème ; c’est bien là la force du populisme qui persuade plutôt qu’il ne convainc, en jouant sur les sentiments, la peur de l’autre et le mécontentement latent de l’individu moyen. C’est pour cela que l’éducation doit être une priorité ; c’est elle qui permet de réfléchir et d’ainsi résister à cette « voie de la facilité » que proposent les extrêmes.

En outre, si on regarde les programmes actuels du RN ou de l’AfD, on remarque plusieurs choses. Déjà la revendication de la fermeture des frontières ; ce qui veut dire renvoyer chez eux un nombre immense de personnes terrifiées, traumatisées, quittant leur pays en guerre dans l’espoir de trouver de la compassion chez les Européens. De plus, les migrants sont aujourd’hui l’une des bases de l’économie, prenant les métiers essentiels dont personne ne veut et rajeunissant une population vieillissante. Enfin, une désolidarisation de l’Europe aurait des conséquences dramatiques, tant concrètes que symboliques.

Dans le cas de la France et de l’Allemagne, les deux piliers originels autour desquels s’est construite l’UE, une sortie de la Communauté serait lourde de conséquences pour les autres pays membres. Quand on voit tous les soucis déjà causés par le Brexit à tous les niveaux, malgré une Grande-Bretagne jamais très intégrée en Europe, cela fait peur d’imaginer les conséquences de la sortie de l’Union européenne de la France ou de l’Allemagne. Sur le plan symbolique, les idées anti-européennes semblent oublier l’essentiel : pourquoi a-t-on construit l’Europe ? Comme plus haut, la réponse se trouve dans nos cours d’Histoire : pour préserver la paix. L’Europe est d’abord et avant toute autre chose une déclaration de paix qui lie les pays du Vieux Continent.

N’oublions pas notre Histoire, n’oublions pas nos erreurs. C’est en faisant des erreurs que l’on s’améliore, disent les sages. Pourtant, aujourd’hui, l’Europe ne tire pas profit de ses erreurs, elle les reproduit. Populisme et extrémisme en sont des personnifications ô combien menaçantes.

Orane Belhomme

Vos commentaires

  • Le 27 avril à 15:47, par Stephen Sposato En réponse à : La montée de l’extrême-droite en Europe

    Merci, aux eleves du Lycee Chateaubriand d’essayer de comprendre ces phenomenes populaires nefastes. J’aimerais leur indiquer un serie des articles sur le meme sujet, y compris un devouee a la France, a mycountryeurope.com. Ne en 1947 j’ai vu le phenomene des haines nationales et raciales en Europe evoluer dans les deux sens. Souvent ce n’etait pas que des immigres vises mais italiens, roumanes, polonais ou autre. Il y a au fait peu de difference, la phenomene est toujours une de la haine que ce soit un musulmane ou polonais ou meme polonais-musulmane. Aujourd’hui je suis inquiet pour l’europe car partout je vois des europeens justifient l’exclusion de l’autre. Je remercie aux jeunes de la France de rejoindre notre longue lutte contre le racisme et pour une Europe d’une grande vision humaniste.

  • Le 1er mai à 22:04, par Auguste En réponse à : La montée de l’extrême-droite en Europe

    Utilisation abusive du terme « extrême droite », généralisation grotesque de la situation des immigrés en France, vision biaisée et plus pertinente en 2020 du Brexit... Ironique de se plaindre de ceux qui proposent une « solution simpliste » lorsque l’on profère de telles absurdités... simplistes, et manichéennes.

    Enfin bref, pas de reproche contre ces pauvres lycéens qui sont plus victimes d’une pensée unique conformiste que perpétrateurs, mais cet « article » m’a rappelé pourquoi le droit de vote est à 18 ans... et pas avant.

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