Le nucléaire, une énergie verte ? Les tensions que cela peut créer en Europe

, par Abdou-Roihmane Zoubert

Le nucléaire, une énergie verte ? Les tensions que cela peut créer en Europe
La Commission Kozemen et le CRAJEP, à la Réunion (source : Abdou-Roihmane Zoubert)

RÉCIT. Le 26 février 2022, les membres de la Commission Kozemen (âgés de 13 à 30 ans), portée par le Comité régional des associations jeunesse et d’éducation populaire de La Réunion, se sont réunis à l’auberge Mon Îlet de Trésor-Peï à la Possession pour un week-end de cohésion. Treize participants ont pris part au débat sur le nucléaire après que la Commission européenne lui a accordé un label vert, le 2 février dernier.

Selon la définition de la commission Kozemen : "L’écologie est la capacité d’agir dans la société tout en respectant l’ensemble des êtres vivants, agir de manière responsable avec la notion de préserver et limiter notre impact sur l’environnement. En utilisant notamment des énergies renouvelables.

Le débat portait sur deux grandes questions : Le nucléaire est-il écologique ? Quel est l’avenir du nucléaire ? Pour ce faire, le groupe était divisé en deux. Yann (Ancien Délégué Territorial Provox à la Réunion) et Lou (Déléguée Territorial Provox à La Réunion) étaient les modérateurs.

Le nucléaire est-il écologique ?

Le premier groupe voit le nucléaire comme étant une énergie polluante qui entraîne du gaspillage. Selon eux, « elle n’est pas recyclable, utilise des ressources fossiles et une erreur peut entraîner la destruction de l’ensemble d’un territoire. L’un des principaux soucis est la gestion des déchets qui restent enfouis sans avoir la capacité d’être renouvelés dans d’autres secteurs. L’eau utilisée afin de refroidir la centrale n’est pas suffisamment utilisée et donc perdue ».

Le groupe fait aussi la remarque que le nucléaire est passé en énergie verte car par choix politique. « Prenons l’exemple de la voiture électrique promue par l’ensemble de nos décideurs mais qui a des répercussions dangereuses sur des territoires comme La Réunion ». Un autre souci est la notion de bagage écologique, soit le réel impact d’un produit sur l’environnement, en prenant en compte l’ensemble des émissions de CO2 depuis le début de sa création jusqu’à son lieu de vente. Cette notion est souvent mise de côté. L’ensemble des participants étaient d’accord pour se positionner contre la décision de la Commission européenne de faire du nucléaire une énergie verte.

Le deuxième groupe avait une vision différente du nucléaire. Selon eux, « Le nucléaire est partiellement écologique, c’est une source d’énergie "verte", mais l’utilisation de l’être humain ne la rend pas écologique ». Tout en reconnaissant qu’Il y a « des risques qui sont minimisés grâce aux protocoles créés ». De leur point de vue, « C’est une énergie davantage considérée comme économique car son utilisation rend service à la France ». Vaut-il mieux des énergies 100% renouvelables (comme l’éolien, ou le photovoltaïque) ou une centrale nucléaire ? Le groupe reste mitigé. D’un côté « il serait préférable d’utiliser des énergies pleinement renouvelables et responsables », admettent-ils.

Cependant la proportion de matériaux purs, des minerais rares et lourds, à extraire, l’espace à concevoir, et d’autres soucis de l’ordre de la technique rendent cette volonté compliquée. Le second groupe a fait le constat du manque de connaissance sur le sujet du nucléaire. Ils ne se prononce pas pour ou contre la décision de la Commission européenne « car il y a un manque de connaissance sur le sujet, pas de chiffres ou de statistiques lesquels on peut se reposer et comprendre l’ensemble des enjeux ». A court terme le nucléaire peut être considéré comme « énergie verte », cependant à long terme, elle n’est pas écologique et nous devons nous pencher vers d’autres moyens de produire de l’énergie de façon durable.

Quel avenir pour le nucléaire ?

Le groupe était d’accord pour dire qu’on ne peut pas se permettre d’arrêter le nucléaire pour l’instant, car il n’y aurait plus assez d’électricité, d’énergie. Cependant, ils proposaient de chercher un substitut pour faire une transition petit à petit. Conscients que nous sommes « assez limités dans le temps, le nucléaire doit être remplacé mais pour l’instant c’est l’une des seules solutions que l’on a ». Les jeunes participants ont aussi souligné un manque d’information les empêchant de réellement répondre.

Pour certains le nucléaire va « rester, tout simplement à cause des bombes nucléaires. Elles représentent une force de dissuasion, une pression trop importante pour être abandonnée, le pays s’en trouverait affaibli. De plus, il y aurait de l’avenir dans le nucléaire car il rapporte de l’argent. Certains pensaient à un progrès technologique grâce à l’homme, qu’il trouverait un moyen de transformer les déchets générés par les usines nucléaires ».

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