Le passé militaire du Kosovo dans le viseur des législatives

, par Djellza Trolli, Laurant Osmani

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Le passé militaire du Kosovo dans le viseur des législatives

Après de nombreux scandales politiques, la tenue d’élections anticipées porte un nouvel espoir dans le pays. La diaspora réserve d’ores et déjà les billets d’avion, les habitants du Kosovo jouissent d’une volonté de renouveau suite à l’organisation des nouvelles élections prévues le 14 février 2021.

Renversement du gouvernement en pleine crise sanitaire mondiale

En décembre 2019, les élections législatives prématurées donnent l’avantage à Lëvizja Vetëvendosje (LVV), fondé 15 ans auparavant par son leader actuel, Albin Kurti. Ce dernier devient alors Premier ministre et forme un gouvernement de coalition avec Lidhja Demokratike e Kosoves (LDK), qui occupe 25% des sièges au parlement, 1 point derrière LVV. L’heure d’une nouvelle ère sonnait avec la promesse de mettre fin au règne d’élites accusées de corruption.

Le gouvernement n’aura cependant pas fait long feu puisqu’une motion de censure est

votée par la LDK

qui gouverne la région depuis 20 ans. Le changement envoie donc un signal important aux partis au niveau central. Pour Arbenita Nreçaj, institutrice de 24 ans, « la victoire de Vetëvendosje à Podujevë est un pas en avant pour gagner la confiance des électeurs de tout le Kosovo ». « Cela confirme la volonté de changement » intervient Edona Bajrami, jeune diplômée en psychologie. Les résultats des élections sonnaient comme une répétition générale pour les principaux partis politiques, les trois candidats à la mairie de Podujevë / Podujevë étant issus des trois plus grands partis du pays, le LDK, Vetëvendosje, et le Parti démocratique du Kosovo (PDK).

La destitution du gouvernement provisoire Une nouvelle crise politique s’abat sur le Kosovo en novembre 2020. Le président Hashim Thaqi, ainsi que son bras droit Kadri Veseli, sont accusés de « crimes de guerre et crimes contre l’humanité, y compris le meurtre, la disparition forcée, la persécution et la torture » par le Tribunal spécial de La Haye. Thaqi décide de démissionner, Vjosa Osmani devient alors présidente par intérim. Le peuple exige alors de nouvelles élections législatives, en vue d’élire un nouveau président, mais surtout pour évincer le gouvernement en place qu’il juge comme « illégitime ». C’était déjà une inculpation pour crime de guerre contre le Premier ministre d’alors en 2017 qui avait entrainée une démission du gouvernement et la convocation de nouvelles législatives.

Le gouvernement Hoti a été adopté à 61 voix sur 120, soit le minimum requis pour accéder au pouvoir. Le mouvement Vetëvendosje a donc fait appel à la Cour constitutionnelle afin de juger la légitimité du gouvernement, puisqu’a participé au vote le député Etem Arifi. Ce dernier, membre de la LDK a été condamné à quinze mois de prison pour « fraude avec subventions ». Or, la Constitution du Kosovo dispose “Le mandat d’un député s’arrête ou n’a pas de valeur s’il est condamné pour un acte pénal à un an, ou plus, de prison”. Sans le vote d’Arifi, le gouvernement n’aurait pas accédé au pouvoir puisqu’il faut un minimum de 51% de votes favorables.

Les nouvelles élections Suite à la décision de la Cour constitutionnelle considérant que le gouvernement Hoti n’a pas été élu (...) conformément à la Constitution, la présidente du Kosovo par intérim Vjosa Osmani a convoqué des élections anticipées pour le 14 février prochain. Les amoureux seront alors appelés à offrir un bulletin aux urnes du Kosovo ! Depuis lors, Albin Kurti (VV) n’a laissé aucun doute sur le fait qu’il s’attendait à retourner bientôt au travail. "Bien que j’aie perdu le soutien de la moitié des députés", a-t-il déclaré dans une interview accordée à SZ en septembre, "la popularité pour nous a doublé". Ce ne serait pas un hasard si les « forces de l’ancien régime » ont uni leurs forces contre lui et son parti Autodétermination ; "Ils savent exactement quels seraient les résultats s’il y avait de nouvelles élections." En fait, l’optimisme pour la réélection de Kurti repose sur certaines conditions favorables pour lui. Selon les sondages, la popularité de son parti ne cesse de croître. Avec de nouvelles élections, Vetëvendosje pourrait atteindre la majorité au parlement même sans partenaire de coalition. En outre, « l’ancien régime » des vétérans de l’UCK dans le pays est désormais clairement affaibli. L’ancien principal rival de Kurti, l’ancien président Hashim Thaçi, rappelons-le, doit répondre devant le Tribunal spécial du Kosovo à La Haye. Le gouvernement de Mr. Trump penchait->https://www.lepoint.fr/monde/trump-annonce-un-accord-serbie-kosovo-sur-une-normalisation-economique-04-09-2020-2390402_24.php] plutôt du côté de la LDK qui lui assurait visiblement une résolution plus rapide du conflit. Néanmoins, Donald Trump a perdu. Le président élu Joe Biden est un expert reconnu dans la région. En tant que sénateur dans les années 1990, il a fait campagne pour une intervention internationale contre l’agression serbe. Avant l’élection présidentielle américaine de cette année, Albin Kurti a exhorté tous les électeurs kosovars à voter pour Joe Biden.

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Vos commentaires

  • Le 25 janvier à 20:37, par RAMIZ BASHA En réponse à : Le passé militaire du Kosovo dans le viseur des législatives

    UN PEU DE CAFOUILLAGE !

  • Le 14 février à 13:03, par Ilir En réponse à : Le passé militaire du Kosovo dans le viseur des législatives

    1. Thaçi et non pas "Thaqi"

    2. Les Chambres spécialisées de la République du Kosovo et non pas "le Tribunal spécial de La Haye"

    3. Ce paragraphe laisse entendre que le gouvernement est "illégitime" à cause des accusations des crimes de guerre, or ce n’est pas vrai du tout car l’illégitimité est basé sur le vote de Arifi comme tu le précise plus bas dans l’article : "le peuple exige alors de nouvelles élections législatives, en vue d’élire un nouveau président, mais surtout pour évincer le gouvernement en place qu’il juge comme « illégitime ». C’était déjà une inculpation pour crime de guerre contre le Premier ministre d’alors en 2017 qui avait entrainée une démission du gouvernement et la convocation de nouvelles législatives."

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