Le Royaume-Uni au sein du marché unique de l’UE : quelle est la prochaine étape ? Possibilités et défis

, par Berenice Darnault, Traduit par Jean-Nicolas Citti

Le Royaume-Uni au sein du marché unique de l'UE : quelle est la prochaine étape ? Possibilités et défis

Michel Barnier, le commissaire européen en charge du marché intérieur et des services a prononcé, jeudi 17 octobre 2013, un discours à la London School of Economics (LSE), dans lequel il a insisté sur la forte interdépendance entre le Royaume-Uni et l’UE.

« Le Royaume-Uni est de la plus haute importance pour le marché unique européen et ce marché unique européen est essentiel dans la perspective d’un redressement de l’économie britannique ». Les premiers mots du commissaire européen au marché intérieur et aux services, Michel Barnier, en direction de son jeune public à la LSE étaient optimistes. Le marché unique de l’UE est un des sujets les plus complexes, sensibles et parfois explosifs de la politique européenne. Depuis sa création en 1992, les traités ont créé un espace commun européen, et ont progressivement stimulé la concurrence et les échanges à travers le continent. Bruxelles est désormais concentrée sur le redressement des services financiers européens et sur le retour d’une croissance durable. Tout au long de son discours, Barnier a déploré l’absence d’une forte union bancaire.

Barnier a d’abord rappelé les liens commerciaux complexes entre les industries du Royaume-Uni et du reste de l’Europe. Environ 3,5 millions d’emplois britanniques dépendent du marché unique, ce qui représente 10 % des emplois au Royaume-Unis. Par ailleurs, l’UE fournit la moitié des provisions importées au Royaume-Uni et 50 % des exportations britanniques sont à destination de l’UE. Les chiffres concernant les PME sont encore plus éloquents. Selon la Confédération des Industries britanniques, 8 entreprises anglaises sur 10 souhaitent que le Royaume-Uni reste dans l’UE.

Barnier a prévenu à la fin de son discours : « Le Royaume-Uni ne se distingue pas en cherchant à protéger les caractéristiques fondamentales de son marché, chaque pays a ses priorités, mais aussi distinctes soient-elles, nous devons travailler ensemble », ajoutant qu’il « continuera à prendre les mesures afin d’assurer que les règles du marché unique soient appliquées équitablement au sein de l’UE, et afin qu’une union bancaire soit créée et renforcée ». Le commissaire a insisté sur le rôle clé que le Royaume-Uni joue actuellement dans « le développement du numérique au sein du marché unique ». Les recherches menées prédisent, en effet, que le e-commerce va représenter 20 % de l’emploi et de la croissance dans les 5 prochaines années.

Phase de questions-réponses :

À propos du marché unique et des membres qui ne sont pas dans la zone euro : Interrogé sur l’impact potentiel du marché unique sur les pays non membres de la zone euro, Barnier a affirmé que Bruxelles n’avait jamais eu « l’intention de les marginaliser, ou de les mettre en retrait ». Le commissaire croit plutôt en une « coopération améliorée ». En d’autres termes, Barnier rectifie le concept des « cercles concentriques » et soutient à la place que les membres de l’UE devraient s’investir « en travaillant à des vitesses différentes, mais sur la même route ».

À propos du marché unique et du chômage chez les jeunes : Des cartes professionnelles, accordées à certaines professions en particulier (infirmier(e)s, ingénieurs) sont sur le point d’être créées afin d’accroitre la mobilité des travailleurs européens au sein de l’Union. Les critères et les conditions pour l’obtention de ces cartes seront précisés dans les mois à venir. Barnier a ajouté que le taux de chômage des jeunes n’est pas tant lié à une déficience de l’euro comme devise qu’aux défaillances persistantes au niveau national. Selon lui, les montants consacrés au remboursement des dettes empêchent tout investissement d’envergure dans l’éducation et la formation des jeunes. Barnier a, en outre, expliqué que l’UE n’était pas en mesure d’investir, en ces temps de récession, dans l’avenir des jeunes européens.

Est-ce que plus de respect des règles fondamentales du marché unique impliquerait une réforme profonde des traités ?

À la question : est-il possible d’atteindre un redressement économique sans une profonde refonte des institutions, Michel Barnier a fait allusion au besoin d’une flexibilité sur le court-terme dans la mesure où il y a « différentes approches nationales de la concurrence ». Toutefois, sur le long terme, le commissaire a mis en lumière la nécessité de simplifier l’acquis et la législation communautaire, et même de « renvoyer à la maison » certaines compétences. Cette dernière étape impliquerait finalement un retour vers davantage de souveraineté nationale.

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