Où se cache-t-elle, la diplomatie EUROPÉENNE ? La une des médias est actuellement accaparée par l’Ukraine et par le conflit israélo-palestinien. Ces deux événements ont des implications majeures sur l’équilibre européen et, sans doute, mondial.

L’Union européenne

  • vient de signer un accord avec l’Ukraine (« L’Union européenne se tient à vos côtés, aujourd’hui plus que jamais », a déclaré Herman Van Rompuy le 27 juin 2014…) ;
  • et, d’autre part, demeure le principal donateur pour la Palestine (soit sur son budget propre, soit grâce aux apports de ses États membres).

Face au défi que constituent ces deux conflits violents aux portes de l’Europe, la diplomatie européenne est aujourd’hui, une fois encore, interdite de négociation avec les parties en présence.

Où est-elle la « Haute représentante pour les Affaires étrangères et la sécurité », euphémisme prudent choisi par les commanditaires du Traité de Lisbonne pour éviter à tout prix de l’appeler « Ministre des affaires étrangères » (ou extérieures) ?

Une fois de plus, les États membres la court-circuitent. Certains d’entre eux préfèrent s’entendre entre amis pour coordonner leurs diplomaties nationales et préserver leurs intérêts bien compris : il leur faut surtout empêcher l’émergence d’une diplomatie au service du bien commun européen, du bien commun DES Européens ! Cela leur permet ainsi de poursuivre leurs petits jeux d’antan et de prolonger les succès brillants des traités passés (Versailles, Trianon, Dayton, etc.) Ah ! La douce musique du concert des Nations !

Un exemple ? Tout bien pesé est-ce vraiment pour servir l’intérêt supérieur des Européens, donc aussi des Français, que la France, marchand d’armes talentueux s’il en est, rechigne à sanctionner la Russie et s’acharne à vouloir lui livrer coûte que coûte, et en dépit des pressions, entre autres, de l’Allemagne, de la Pologne et du Royaume-Uni, les porte-hélicoptères Mistral qu’elle lui a commandés ? Un Think Tank allemand (SWP) a proposé que l’Europe rachète ces navires : chiche ! Et commençons donc plutôt, grâce à eux, à créer une force navale EUROPÉENNE. Une fois que le pli sera pris, le reste viendra par surcroît… Le SEAE, qui s’occupe aussi de défense, devrait activement pousser cette idée.

Car attention ! Le mandat du Service européen d’action extérieure n’est pas de « coordonner » les politiques étrangères nationales, mais d’inventer en permanence et de mettre en œuvre une diplomatie pour garantir la paix, la sécurité et la prospérité aux Européens, tous les Européens, d’aujourd’hui et de demain, bref une diplomatie SUPRANATIONALE. Les traités ne confient pas aux chefs d’États et de gouvernements, coordonnés, eux, par le docile président du Conseil européen, la mission d’établir cette politique. C’est à la Commission qu’il revient de faire usage de son droit d’initiative et de soumettre ses propositions tant au Conseil que, surtout, au Parlement européens. Il est vrai que nous venons de subir dix ans d’une Commission tellement servile...

En l’état, l’Union des Fédéralistes Européens ne peut qu’insister pour que :

  1. la Commission européenne fasse pression sur les acteurs de ces deux drames pour arriver à des négociations et à des solutions rapides et durables ;
  2. le choix de la future « Haute représentante pour les Affaires étrangères et la sécurité » (puisqu’il semble que la candidate la mieux placée soit de nouveau une dame) se fasse avec le plus grand soin, dans l’intérêt des citoyens Européens, et en écartant toute tentation de savants petits calculs destinés à satisfaire de sombres enjeux de politique intérieure dans chacun des États membres ;
  3. la politique étrangère de l’UE cesse d’être un simple habillage masquant des intérêts nationaux dominants, et qu’elle prenne sa pleine autonomie.