Tout a commencé en 2005…
Pour les 15 ans du journal en 2020, la rédaction du Taurillon avait mobilisé ses anciens rédacteurs et rédactrices en chef pour raconter la folle épopée du webmagazine. Sans refaire toute l’histoire, il vaut la peine de rappeler les souvenirs de Ronan Blaise, premier rédacteur en chef du journal. C’est à l’époque, dans le sillage de la campagne et l’échec du référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe en 2005, qu’une poignée de Jeunes Européens a eu l’idée novatrice de créer un média participatif pour parler davantage, et mieux, d’Europe.
Le choix du nom « Taurillon » raconte presque à lui seul une petite mythologie du journal. Comme le raconte Fabien Cazenave, rédacteur en chef de 2006 à 2008, dans un précédent article, le titre « Taurillon » ne s’est pas imposé d’emblée. Après avoir exploré les possibilités de noms disponibles en ligne, le choix s’est porté sur ce symbole : Zeus métamorphosé en taureau pour enlever la princesse Europe. Cette appellation s’est imposée comme une manière de signifier une jeunesse issue de prédécesseurs présentés comme des taureaux ayant déjà contribué à faire avancer l’Europe et dont les “Taurillons” reprennent aujourd’hui le flambeau. Plus vieux que l’Iphone, que Twitter ou encore que l’ouverture publique de Facebook, le Taurillon et ses contributeurs successifs ont pourtant bien évolué tout en gardant la même mission depuis 20 ans : renforcer le débat d’information et d’opinion sur l’intégration européenne.
L’innovation du journal, c’est aussi d’avoir pensé très tôt à être “européen” au-delà de parler d’Europe. Né en français, Le Taurillon a très vite fait du multilinguisme l’un des marqueurs forts de son identité. Et aujourd’hui, ce sont 7 éditions linguistiques qui co-existent (français, anglais, allemand, italien, espagnol, roumain et polonais). Pour les éditions les plus actives dont l’édition française, c’est un rythme de publication quotidien. Et signe que les Européens veulent s’informer sur leur continent et exercer pleinement leur citoyenneté européenne, le site internet taurillon.org a déjà accueilli plus de 33 millions de visiteurs depuis sa création !
Les 20 ans du Taurillon fêtés en grande pompe à l’Université d’été des Jeunes Européens
Le 21 août 2025, Le Taurillon a célébré ses vingt ans à l’occasion de l’Université d’été des Jeunes Européens à Clermont-Ferrand. À la Chapelle des Cordeliers, bénévoles, anciens membres de la rédaction et représentants du Mouvement européen ainsi que de l’Union des fédéralistes européens (UEF) se sont réunis pour un événement retraçant l’histoire et les engagements du journal. Animée par la rédactrice en cheffe Suzie Holt, la soirée a retracé deux décennies d’engagement européen à travers les témoignages d’anciens responsables de la rédaction, parmi lesquels Fabien Cazenave (2006-2008), aujourd’hui journaliste à Ouest-France, Hervé Moritz (2014-2016) et Théo Boucart (2019-2021). Une table ronde consacrée à « l’accès à l’information sur l’Europe » a également réuni Fabien Cazenave et le créateur de contenu Victor Destang, offrant un échange stimulant entre médias traditionnels et nouveaux formats numériques.
En 2025, persévérer dans ce qui fait l’essence et l’originalité du Taurillon : donner la plume aux citoyens pour raconter l’Europe
La couverture médiatique sur l’Union européenne est encore loin d’être optimale et la confusion entre le Conseil de l’Europe et le Conseil de l’UE subsiste encore chez les journalistes. Pourtant, jamais on n’a autant parlé d’Europe dans les médias et dans notre quotidien qu’aujourd’hui, particulièrement depuis l’invasion russe de l’Ukraine ou le retour des impérialismes américains et chinois. Les baromètres de l’attachement des citoyens européens à l’Union européenne n’ont jamais été aussi hauts, tandis que l’idée d’une Europe fédérale a le vent en poupe, portée ardemment par des figures majeures de la politique comme Mario Draghi, ancien Premier ministre italien et ex-président de la Banque centrale européenne.
Mais en même temps, le Vieux continent fait face à d’autres vents contraires : la montée de l’extrême droite, des aspirations au repli identitaire et les appels tant sur son sol que par les leaders politiques d’autres continents à une dislocation de l’UE. Plus que jamais, la mission que se sont donnés Le Taurillon et ses rédacteurs est essentielle. Alors que la couverture médiatique européenne augmente dans les médias, l’originalité de l’existence de notre journal réside dans son modèle : un journalisme européen par et pour le citoyen. L’accessibilité gratuite de nos articles, une écriture rigoureuse, et la conviction que chacun peut raconter l’intégration européenne à sa manière.
Comme le résumait Paul Brachet, rédacteur en chef de 2022 à 2024 : « La force du Taurillon, c’est d’offrir chaque jour un article différent, sans savoir d’avance quel sera le sujet, mais avec la certitude qu’on y trouvera quelque chose de passionnant sur l’Europe, écrit avec rigueur et de la part d’un citoyen intéressé. » C’est la force d’un média participatif ouvrant ses colonnes aux experts comme aux simples citoyens.
C’est dans ce même esprit que la rédaction du Taurillon continuera à couvrir les différentes campagnes et scrutins européens, à décrypter les politiques européennes et à raconter la profusion d’histoires sur la richesse culturelle de notre continent.
Joyeux anniversaire Le Taurillon et rendez-vous dans 5 ans !



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