Les classes préparatoires : la voie de l’excellence à la française, mais à quel prix ?

Article paru originellement dans le Taurillon Auvergnat

, par Giacomo Bucero Lanzi

Les classes préparatoires : la voie de l'excellence à la française, mais à quel prix ?
Le Campus de l’ESSEC, prestigieuse école de commerce, à Cergy-Pontoise. Crédits : Renaud d’Avout d’Auerstaedt

Les classes préparatoires aux grandes écoles. Plus couramment appelées par leur acronyme CPGE ou bien « prépas », ce nom ne vous est pas inconnu, n’est-ce pas ? Elles sont les voies royales qu’empruntent des milliers d’étudiants chaque année pour atteindre le but ultime de la grande école.

Introduites à partir du XVIIIème siècle en France, elles étaient dans un premier temps, uniquement spécialisées dans l’enseignement scientifique. Aujourd’hui, celles-ci se décomposent en trois spécialisations : économique et commerciale, littéraire, et scientifique. En 2018, c’étaient 86 478 étudiants inscrits dans ces filières élitistes destinées aux grandes écoles, entendez par ce nom, HEC, Centrale, ou bien des écoles vétérinaires parmi les plus prestigieuses.

Un système franco-français

Parcours 100% made in France, il déroge néanmoins au processus de Bologne, qui aboutit en 2010 à la création de l’Espace européen de l’enseignement supérieur (EEES) constitué de quarante-huit États, dont les vingt-sept de l’Union européenne. Celui-ci permet le rapprochement des systèmes d’études supérieures européens, assure la reconnaissance mutuelle des qualifications, plus de vingt ans après la création des ECTS (European Credits Transfer System). Ces derniers s’acquièrent au cours d’une licence, d’un master et d’un doctorat. Ainsi, dans ce cadre rigoureux, les classes préparatoires elles, n’en délivrent que très peu.

Une échappatoire européenne

Cependant, les prépas tiennent encore bien leur réputation, puisqu’elles ont toujours leurs lettres de noblesse. Mais derrière cette image d’excellence des classes préparatoires, que se cache-t-il réellement ? Le rythme des cours, la compétition, le stress, le manque de sommeil, le sacrifice de toutes activités et la remise en question de l’estime de soi, sont des caractéristiques typiques de la réalité des prépas. Par conséquent, c’est chaque année de nombreux étudiants qui peuvent craquer sous la pression du travail et de la compétition. Pour rappel, ces classes prépas dirigent leurs élèves vers un but final : les grandes écoles. Pour y accéder il y a donc un concours d’entrée, finalité de deux ans de travail. Ces concours sont aussi durs que d’avoir le privilège de pouvoir entrer dans une école. C’est ainsi que nos voisins européens vont entrer en jeu.

Aujourd’hui, nombreux sont les étudiants qui, faute de ne pas avoir eu leur grande école française, partent à l’étranger. C’est le cas, par exemple, des écoles vétérinaires. De nos jours, près d’un nouveau vétérinaire sur deux a suivi ses études dans un autre pays de l’Union européenne.

Ainsi, la Roumanie est le troisième pays, après la Belgique et l’Espagne, à accueillir le plus d’étudiants vétérinaires français. Moins exigeante à l’entrée et avec la reconnaissance du diplôme derrière, cela rend les écoles roumaines très attractives et reste une très bonne alternative lorsqu’un étudiant n’a pas sa place dans une école française. Par exemple, l’université de Cluj-Napoca, dans le nord-est de la Roumanie, accueillait 399 étudiants dans sa section anglaise en 2019. En définitive, cette vision des classes préparatoires n’est qu’une facette parmi tant d’autres. Elles ont encore plein de subtilités à dévoiler.

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