Nouveau débat entre les candidats à la présidence de la commission, les positions se précisent :

, par Aurélien Brouillet

Nouveau débat entre les candidats à la présidence de la commission, les positions se précisent :

Nous avons assisté le 15 mai à un nouveau débat entre les candidats à la présidence de la commission. Le premier avait ouvert une nouvelle ère pour la démocratie européenne en rassemblant pour la première fois les 500 millions d’européens devant un même débat sur le futur de l’Union. Il avait cependant été fait en l’absence du Grec Tsipras et, comme tout essai n’avait pas été probant dans tous ces aspects. La traduction avait été critiquée ainsi que le manque de temps laissé à chaque candidat pour développer ses opinions.

Si la critique était facile, nous avions cependant salué la volonté de créer un exercice d’un nouveau genre en Europe. Avec ces débats présidentiels entre candidats à la présidence de la commission, il s’agit non seulement de faire un nouveau pas dans la direction d’un espace public européen mais aussi, plus prosaïquement sans doute, d’exercer une plus forte pression sur les chefs d’états et de gouvernement pour le jour où ils devront choisir. C’était donc avec impatience que nous attendions ce débat qui, s’il était toujours loin d’être parfait, est un pavé de plus sur le chemin de la démocratisation de l’UE.

Une diffusion élargie :

Alors que le premier débat avait été diffusé uniquement sur Euronews, nous avons cette fois eut à faire avec un programme diffusé dans tous les pays sur des chaines publiques. Cela change complétement la dimension de l’évènement en permettant à un plus large public de suivre. De même, un site spécial, plutôt bien fait a été monté pour l’occasion. On ne peut que saluer cet effort. Cependant, notamment en France, le plus dur reste à faire. Certes, il s’agissait de chaines gratuite (LCP et Itélé pour la France, toutes deux disponibles dans le bouquet TNT) mais il ne s’agit pas de chaines à grandes audiences. La télévision publique a failli à son devoir de service public en ne proposant pas ce débat sur sa chaine à plus forte audience. Cela a été critiqué avant le débat et cela doit toujours être dénoncé.

Une traduction mieux gérée :

La traduction simultanée est un des enjeux de taille de ce débat. Elle nuit indubitablement à la fluidité des échanges. Cependant, il est très positif de constater qu’il a été donné la possibilité aux candidats de parler une langue autre que l’anglais (langue maternelle d’aucun d’entre eux). M. Tsipras a ainsi pu s’adresser en Grec (ce qui lui avait été refusé lors du premier débat) et M. Juncker en français. De plus, le plus grand nombre de traducteur mobilisés a permis une meilleure compréhension que lors du premier débat et les cabines de traduction étaient visiblement mieux isolées. S’il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine force est de constater que l’augmentation des moyens financiers a permis une expérience bien plus agréable au citoyen que lors du premier essai.

Un format un peu moins cloisonné

Le format de ce débat est parfaitement inhabituel pour un français. Habitué à voir deux hommes se battre autour d’une table à grand renfort de chiffre, il s’agissait ici d’une série de questions réponses rapide, très rapide, peut-être un peu trop parfois. On a cependant moins l’impression de rester sur sa faim que lors du premier débat. Les candidats se sont visiblement habitués à ce type d’exercice et tant dans leur débit de parole que dans leurs idées, arrivent à caser plus de principes dans un minimum de temps. L’instauration du droit de réponse a peut-être aussi facilité cela.

Finalement, les clivages se sont plus fait sentir (peut être aussi grâce à la présence de l’extrême gauche). Les thèmes choisis ont peut-être aussi aidé à cela. En insistant sur des questions pratiques et intéressants directement le citoyen, les présentateurs ont fait de bons choix. Enfin, le point régulier sur les réseaux sociaux, s’il n’était pas forcément bien amené, rapprochait les milliers de téléspectateurs et d’internautes de la scène, ce qui, bien qu’inhabituel dans nos format, n’est pas plus mal.

Un essai de démocratisation à transformer le 25 mai :

S’il reste des choses à améliorer, cette volonté de lancer un débat européen afin d’accompagner une démocratisation de l’Europe est bien venu. Maintenant, pour continuer sur cette voie, il faut donner la plus grande légitimité possible au Parlement Européen en allant voter le 25 mai !

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