Pas d’admission à l’université ? L’occasion de partir en Europe !

Le Courrier d’Europe

, par Le Courrier d’Europe, Mariia Bilokur

Pas d'admission à l'université ? L'occasion de partir en Europe !
30 ans d’Erasmus en 2017 © European Union 2017 - European Parliament

Chaque été, des milliers de jeunes découvrent qu’ils ne sont pas admis dans la formation qu’ils espéraient. Refus sur Parcoursup, listes d’attente sans fin, désillusion post-bac… Ce scénario est fréquent, et souvent vécu comme un échec pour la plupart. Pourtant, cette situation peut devenir une opportunité. Une occasion de prendre du recul, de découvrir le monde, de s’engager, de gagner en confiance sans pour autant quitter le cadre de l’éducation non formelle.

L’Union européenne propose aujourd’hui plusieurs dispositifs accessibles aux jeunes de 18 à 30 ans, qui leur permettent de vivre une expérience internationale, solidaire et structurante, tout en valorisant son parcours. Et si l’on transformait l’absence de place à l’université en point de départ d’une année européenne ?

Prendre une pause utile : une tradition déjà bien ancrée ailleurs

Contrairement à la France, où les parcours post-bac sont souvent linéaires et peu flexibles, de nombreux pays européens, comme l’Allemagne, le Danemark ou les Pays-Bas, valorisent ce qu’on appelle le gap year : une année de césure pour voyager, travailler, faire du bénévolat ou simplement réfléchir à son avenir. L’Union européenne, de son côté, a mis en place plusieurs dispositifs permettant de rendre ces périodes accessibles au plus grand nombre, indépendamment des moyens financiers ou même du niveau scolaire.

Le Corps Européen de Solidarité : s’engager tout en découvrant l’Europe

Créé en 2018, le Corps Européen de Solidarité (CES) permet à des jeunes de participer à des projets à fort impact social dans un autre pays européen et même parfois dans leur propre pays. Les missions peuvent durer de deux semaines à un an, dans des domaines plutôt variés : protection de l’environnement, inclusion sociale, culture, aide à la jeunesse, soutien aux personnes en difficulté, etc.

L’intérêt du programme est double : il est ouvert à tous , puisqu’aucun diplôme n’est requis, et il est surtout entièrement financé. Transport, hébergement, nourriture, assurance ainsi que l’argent de poche sont pris en charge. Les volontaires bénéficient également d’un accompagnement, d’une formation linguistique et d’un certificat final, appelé le Youthpass, le tout valorisable dans un CV.

Erasmus+ : au-delà de l’université

Il existe également le programme Erasmus+ qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne se limite pas aux étudiants et étudiantes, il couvre en réalité bien plus de possibilités : échanges de jeunes autour de thématiques citoyennes, environnementales ou culturelles, formations et séminaires pour les travailleurs et travailleuses de jeunesse, stages dans des structures associatives ou éducatives, et même le financement de projets initiés par des jeunes eux-mêmes.

Le budget alloué à Erasmus+ pour la période 2021–2027 s’élève à plus de 26 milliards d’euros, avec un accent particulier mis sur l’inclusion, l’égalité des chances et la transition écologique. De fait, ce sont des projets européens pour une jeunesse européenne.

Une expérience valorisée, et de nombreuses autres possibilités

Qu’il s’agisse d’un projet du Corps Européen de Solidarité ou d’un échange Erasmus+, l’expérience acquise est loin d’être marginale : elle permet non seulement de développer des compétences personnelles, de mûrir son projet professionnel, mais aussi souvent de se réorienter avec plus de clarté.

Mais ces deux programmes ne sont pas les seuls. D’autres opportunités existent, elles restent moins connues, mais elles sont tout aussi formatrices :

  • L’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) soutient de nombreux échanges, formations linguistiques, stages et volontariats entre la France et l’Allemagne. Certaines missions durent plusieurs mois et permettent d’apprendre la langue sur place.
  • Le Volontariat Franco-Allemand, coordonné par des structures comme l’AFS Vivre Sans Frontière ou le SVI, propose des missions de 10 à 12 mois dans des associations culturelles, sociales ou éducatives.
  • Les masters Erasmus Mundus, quant à eux, offrent la possibilité d’effectuer un parcours universitaire international en deux ou trois pays, avec une bourse complète pour les étudiantes sélectionnées.
  • Enfin, plusieurs réseaux européens comme les Maisons de l’Europe peuvent accompagner les jeunes dans la recherche de projets sur mesure.

Ces expériences, au-delà de leur dimension humaine et citoyenne, sont de plus en plus reconnues par les établissements d’enseignement supérieur et les employeurs, en particulier dans les secteurs du social, de l’environnement, de la coopération internationale ou de la communication interculturelle. Elles ne constituent pas un détour, mais bien une autre façon de construire son avenir.

C’est pourquoi ne pas être admis à l’université n’est pas une impasse. Grâce aux programmes européens, cette « pause » imposée peut devenir une année d’exploration, d’apprentissage et d’engagement. Une parenthèse active, formatrice, et profondément européenne. Prendre le large ne signifie pas fuir : cela peut être la manière la plus riche de se découvrir et de retrouver sa place dans une Europe solidaire.

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