Six semaines plus tard, les négociations pour former un gouvernement en Suède continuent

, par Louise Olander, Traduit par Lorène Weber

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Six semaines plus tard, les négociations pour former un gouvernement en Suède continuent
Après que le leader du centre-droit Ulf Kristersson (à gauche sur la photo) ait échoué à former un gouvernement, le chef des sociaux-démocrates Stefan Löfven (à droite sur la photo) conduit actuellement les négociations pour former un gouvernement de coalition en Suède. © News Øresund - Johan Wessman (CC BY 3.0)

Six semaines après les élections, la Suède n’a toujours pas de nouveau gouvernement. Après que les négociations pour former un gouvernement de centre-droit aient échoué la semaine dernière, c’est à présent aux Sociaux-Démocrates de tenter de réunir les soutiens nécessaires pour former un nouveau gouvernement, dirigé par intérim par le Premier ministre Stefan Löfven. Cependant, il ne semble pas qu’une solution soit sur le point d’être trouvée, et le temps presse.

La bataille s’éternise pour savoir quel parti dirigera le prochain gouvernement suédois. Le soutien pour les Démocrates de Suède (parti d’extrême-droite) a considérablement augmenté lors des élections du 9 septembre dernier (c’est à présent le troisième parti, avec 17,5% des voix et 62 sièges au Parlement), alors que les partis traditionnels, aussi bien à gauche qu’à droite, ont décliné. En conséquence, un siège parlementaire seulement sépare les blocs du centre-gauche (144 sièges) et du centre-droit (143). Tous deux luttent pour atteindre la majorité requise pour former un gouvernement viable, sans être forcés de compter sur le soutien des Démocrates de Suède.

La fin de l’alliance de centre-droit

Il y a trois semaines, Ulf Kristersson, chef des Modérés, deuxième parti du pays à la ligne libérale-conservatrice, était invité par le Président du Parlement suédois pour essayer de former un gouvernement. Mais le premier tour des discussions entre partis a pris fin le 14 octobre, Ulf Kristersson ayant échoué à convaincre deux de ses alliés de centre-droit (le Parti du centre et les Libéraux) de le rejoindre au sein d’un gouvernement soutenu par les Démocrates de Suède. Le Parti du centre comme les Libéraux se sont toujours opposés avec véhémence à toute coopération avec les Démocrates de Suède. En rejetant la proposition de Ulf Kristersson, ils ont définitivement brisé l’alliance de centre-droit, qui a pourtant fait partie du paysage politique suédois depuis plus de dix ans.

Les Sociaux-Démocrates en négociation avec les partis libéraux de l’opposition

Le 15 octobre, à la suite de l’échec de Ulf Kristersson, Stefan Löfven a repris les négociations pour former un gouvernement mené par les Sociaux-Démocrates, qui demeure le parti le plus important. Cependant, il est peu probable que Stefan Löfven rencontre davantage de succès. Sa meilleure option est de rallier le Parti du centre et les Libéraux de son côté. S’il parvient à obtenir le soutien du Parti du centre (ou du moins, à éviter leur opposition active), en plus de celui des Verts et du Parti de gauche, il aura alors les mandats requis pour rester Premier ministre.

Cependant, toute coopération entre les Sociaux-Démocrates et les partis libéraux apparaît problématique. Si les trois partis s’accordent sur le fait qu’il ne faut donner aucune influence aux Démocrates de Suède au sein d’un futur gouvernement, ils sont en désaccord sur plusieurs questions politiques d’importance, en particulier les impôts et le droit du travail. Stefan Löfven a démenti que les négociations avec le Parti du centre amèneraient nécessairement à un affaiblissement des droits des travailleurs, ce qui demeure une préoccupation majeure pour le mouvement travailliste en Suède. Néanmoins, certains commentateurs suggèrent que les Sociaux-Démocrates seraient prêts à faire des compromis sur plusieurs questions pour gagner le soutien des partis libéraux, qui restent pour l’instant sceptiques devant les avances de Stefan Löfven.

Le Parti du Centre comme les Libéraux préfèrent voir un gouvernement multipartite au Parlement, sur le modèle de celui qui a dirigé la Suède pendant la Seconde Guerre mondiale, et qui inclut aussi bien les Modérés que les Sociaux-Démocrates. Cela est cependant considéré comme une option irréaliste, dans la mesure où ni les Modérés ni les Sociaux-Démocrates ne veulent aliéner les bases de leur parti en coopérant avec l’autre. Au bout du compte, le Parti du centre et les Libéraux devront choisir lequel des deux plus gros partis soutenir, mais ont jusqu’à présent refusé de se décider.

Le temps presse

Stefan Löfven doit presenter une option de gouvernement viable d’ici lundi prochain, ou le pouvoir de négociation reviendra à un autre parti, selon toute probabilité aux Modérés ou au Parti du centre. Stefan Löfven s’est récemment adressé à la presse, mais n’a donné aucune indication claire sur les progrès ayant été faits. La situation est sans précédent, et les cycles de discussions pourraient, en théorie, continuer jusqu’aux prochaines élections dans quatre ans. De nouvelles élections d’ici-là sont peu probables, dans la mesure où la majorité des partis ne souhaitent pas lancer de nouvelles campagnes, et de récents sondages suggèrent que les résultats seraient de toute façon largement identiques. Si l’impasse continue, les Sociaux-Démocrates et les Verts continueront à diriger un gouvernement minoritaire en intérim dans un avenir proche.

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