Climat : chronique d'une catastrophe annoncée - commentaires Climat : chronique d'une catastrophe annoncée 2007-02-04T16:27:53Z https://www.taurillon.org/Climat-chronique-d-une-catastrophe-annoncee#comment1950 2007-02-04T16:27:53Z <p><strong>Compléments d'informations :</strong></p> <p>Le 30 octobre dernier, à Londres, a été rendu public un rapport officiel commandé par le gouvernement britannique et signé par sir Nicholas Stern (actuel chef du service économique du gouvernement britannique et ancien responsable de la Banque mondiale) sur le coût financier de l'actuel réchauffement climatique, soit <i>''la plus grande menace pour l'économie de marché que le monde ait jamais connue''</i>. Ce rapport d'environ 700 pages est le fruit d'une étude commandée en juillet 2005 par le PM Tony Blair et le ministre des finances Gordon Brown afin d'évaluer les conséquences économiques du réchauffement climatique pour le Royaume-uni et le monde d'ici à 2100.</p> <p>Soit une nôte très salée d'environ 3700 milliards de livres sterling (5500 milliards d'euros) si rien n'est mis en oeuvre d'ici à dix ans. Et la conclusion de ce rapport est limpide : si rien n'est mis en oeuvre pour lutter contre le changement climatique ou pour en atténuer les effets, le monde pourrait être entraîné dans une crise économique de l'ampleur de celle de 1929 ou d'un coût similaire à celui des deux guerres mondiales. Une récession économique d'une « ampleur catastrophique » (sic) qui verrait le PIB mondial subir, d'ici à la fin du XXIe siècle, une baisse « très grave » comprise entre 5 et 20%.</p> <p>Ainsi, pour combattre l'émission croissante des gaz à effet de serre (et pour espérer contenir la hausse des températures sur terre...), il faudrait aujourd'hui y consacrer environ 1% du PIB mondial par an (soit près de 275 milliards d'euros). Sinon, la somme à payer risque d'être cinq à vingt fois plus élevé : entre 5 et 20 fois supérieure jusqu'à atteindre 850 euros pour chacun des 6.5 milliards d'individus qui peuplent la planète.</p> <p>Bref, s'il n'est pas endigué, le réchauffement climatique risque d'entraîner un ralentissement très grave de l'économie mondiale similaire à celui consécutif de la crise de 1929 (et causé par les deux guerres mondiales). De plus, à cause des inondations et des sécheresses, à cause des pénuries de récoltes et en eau potable (et des migrations de populations liées de dizaines - voires de centaines - de ''réfugiés climatiques''), c'est près de 200 millions de personnes qui pourraient ainsi être déplacées et/ou dans l'incapacité de remplir quelque rôle économique que ce soit. Soit : c'est finalement près d'un sixième de l'humanité qui serait - au total - menacé.</p> <p>Une menace décrite en des termes très alarmistes mais pour laquelle sir Nicholas Stern se dit encore optimiste <i>''car nous avons le temps et de l'argent pour agir''</i>, saluant les efforts de l'UE, de la Californie et de l'ONU (via sa ''Convention cadre sur le changement climatique'') en la matière et appelant la Chine, l'Inde et les Etats-Unis à se mobiliser également pour endiguer le réchauffement climatique.</p> <p>En tout cas, d'après lui : <i>« Aucun pays, aussi grand soit-il, ne peut résoudre à lui seul le problème »</i>. Ce pourquoi : <i>« Il est impératif de dégager un consensus à long terme sur les objectifs communs (afin) de bâtir le cadre international qui permettra à chacun de donner sa pleine mesure »</i> et de rendre possible la lutte contre le réchauffement climatique. Puisque <i>« Retarder l'action, même d'une décennie ou deux, nous entraînerait alors sur un territoire dangereux »</i>...</p> <p>(Sources : Nombreux articles publiés dans <strong>« Libération »</strong>, <strong>« le Monde »</strong> et <strong>« le Figaro »</strong> des 31 octobre et 1er novembre 2006).</p>