L’Europe politique ne peut pas attendre - commentaires L'Europe politique ne peut pas attendre 2008-06-20T15:49:31Z https://www.taurillon.org/L-Europe-politique-ne-peut-pas-attendre#comment4743 2008-06-20T15:49:31Z <p>Beaucoup d'ambiguités, de maladresses et de bizarreries dans ce texte :</p> <p><strong>A l'avenir le Mouvement européen - France souhaite que les méthodes de ratification placent les États membres hésitants devant leurs responsabilités. La solidarité impose non seulement des droits mais aussi des devoirs.</strong></p> <p>Qu'est-ce à dire ?! Qu'en déduire ?! Qu'en conclure ?! (Et comment terminer nous-mêmes cette phrase sans chute explicite ?!) Qu'un Etat membre à le devoir de s'incliner devant la majorité déjà exprimée ?! (puisque, à lire ce document, on pourrait encore le croire...).</p> <p>Pourquoi ne pas plutôt demander que les Traités entrent en application à la majorité qualifiée ?! Pourquoi ne pas dire plus clairement qu'un pays qui dit NON s'offre ainsi son billet de sortie ?! (alors : au revoir, et sans regret).</p> <p><strong>Le Mouvement européen - France souhaite une démocratisation en profondeur de l'Union, qui ne passe pas forcement par le recours à la démocratie directe.</strong></p> <p>Aïe, aïe, aïe : je n'ose pas imaginer comment une fin de phrase comme celle-là peut également être interprêtée dans certains milieux populaires (sinon comme une volonté délibérée de confisquer la décision et d'utiliser toutes les procédures possibles et imaginables pour mieux contourner l'expression populaire).</p> <p><strong>Il appartient au Parlement européen et aux Parlements nationaux d'être plus impliqués dans un certain nombre de questions fondamentales qui, malheureusement, à ce jour sont trop souvent traitées dans le huis clos du Conseil européen : la désignation des responsables européens, les orientations budgétaires pluriannuelles, les frontières de l'Union européenne...</strong></p> <p>A un problème politique (déficit démocratique, manque de transparence), on répond là par des arguties techniques sur l'implication juridique des Parlements nationaux, les obscures orientations budgétaires ou en ressortant du chapeau la thématique névrotique des "frontières"... La réponse maladroite ainsi proposée (ainsi formulée) est-elle vraiment à la hauteur des enjeux ?!</p> <p>Cela dit : Oui à des débats publics et télévisés du Conseil européen (et Oui à la fin du huis clos, Oui à la fin des négociations intergouvernementales secrètes et autres tractations de couloirs), Oui à un Président de la Commission vraiment représentatif du Parlement européen nouvellement élu. Oui à plus de pouvoirs pour le Parlement européen.</p> <p>Pour le reste, je suis d'accord : la nécessité d'une solution à trouver avec les irlandais (solution bancale et tristement peu satisfaisante : on va renégocier avec eux un codicile additionnel, leur redonner encore un peu de fric puis les faire revoter en les menaçant d'une exclusion...), la question d'une éventuelle refondation (une avant-garde ?! une Constituante ?!), le constat de leaders nationaux décidément incapables (imbéciles !) de convaincre leur opinion et le constat de l'actuelle impasse.</p> <p><strong>Comme la France qui a voté non en 2005, l'Irlande a largement profité de son appartenance à l'Union européenne, à la fois en termes financier et politique.</strong></p> <p>Et oui, l'UE actuelle c'est un peu "pique l'oseille et tire-toi". "On a tout dit là-dessus. L'Europe leur a fait des routes, des hôpitaux, des écoles, et maintenant qu'ils ont des quatre-quatre et des écrans plats ils se cassent en faisant un doigt d'honneur" (Cf. Philippe Val in « Charlie Hebdo », ce 18 juin ; page 3).</p> <p>En même temps, était-ce vraiment besoin de le rappeler ?! (sinon à vouloir absolument donner l'impression qu'on veut absolument laisser entendre que ce sont des ingrats...). Et même temps, malgré tout ça, les Irlandais n'étaient pas non plus « obligés » de voter « Oui » pour autant.</p> <p>Et si l'actuelle procédure de ratification des traités nous envoie dans le mur (et l'UE dans l'impasse), ne surtout pas oublier qu'elle a été choisie « telle » non pas par les seuls Irlandais mais plus surement encore par nos actuels dirigeants européens (ah : les cons !)...</p>