L’Autriche, un passé qui ne passe pas ? - commentaires L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-11T23:32:05Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5949 2008-12-11T23:32:05Z <p>Il y a un malentendu, mais ce n'est peut être pas le lieu de poursuivre sur ce sujet, qui donnera lieu à un article prochainement.</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-10T11:58:11Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5932 2008-12-10T11:58:11Z <p>Non, non, je persiste à dire qu'il ya maldonne : en Serbie le sentiment populaire n'est pas avec Tito, mais très largement contre Tito. Il suffit d'aller là bas ou d'en parler avec les gens du cru pour le voir très clairement de ses yeux vus.</p> <p>Dans le sentiment populaire serbe, Tito, c'est - par exemple - le « salopard » et autre « fils de p. (croate, bien entendu...) » qui a écrasé la nation serbe et - entre autres choses - donné l'autonomie au Kosovo (crime suprême alors commis contre la nation serbe...).</p> <p>C'est bien le sentiment « fédéral » yougoslave qui était alors élitaire, conformiste et institutionnel. Et le sentiment national serbe qui était très largement « populaire ». Pas l'inverse.</p> <p>C'est autour des « valeurs » nationalistes « pan-serbes » qu'on a réuni 1 million de manifestants à Kosovo Polje en 1989, pas autour d'une célébration de la (déjà) défunte fédération (et d'un Tito depuis belle lurette jeté aux horties par l'ensemble des nationalistes locaux...).</p> <p>Il ya a très probablement - à ce jour, en ex-Yougoslavie - des nostalgiques de la fédération - notamment dans une jeunesse qui ne l'a, en fait, que très peu connu - mais voilà bien une population très, très, très minoritaire. A l'heure actuelle - dans l'ancien espace yougoslavve - le nationalisme « national » est encore le fait idéologique majeur. Hélas.</p> <p>Le journalisme véritable, c'est se confronter à la réalité et décrire le réel tel qu'il est et non pas tel qu'on aimerait tant qu'il soit : pas se raconter des histoires (ici, « fédérales ») sous prétexte qu'elles sont jolies.</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-10T06:53:57Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5913 2008-12-10T06:53:57Z <p>D 'une part Tito garde une ora très forte en Serbie et presque partout en ex-yougoslavie ; d'autre part, le sentiment national serbe diffus, celui d'appartenir à une nation forte au passé glorieux, a largement cohabité et cohabite toujours avec la nostalgie de la période yougoslave, que ce soit la Yougoslavie d'avant ou d'après deuxième guerre mondiale, périodes où la Serbie avait un rôle central. Le nationalisme serbe institutionnalisé s'est en effet opposé aux fédéraux, souhaitant davantage une grande Serbie qu'une union des slaves du sud ; nous faisons référence à deux nuances ici, tu parles du nationalisme serbe institutionnel tandis que je parle du sentiment national populaire.</p> <p>mais tout ça nous éloigne bien du sujet ; je faisais la comparaison seulement sur la question de la nostalgie d'une époque glorieuse, qui nourrit en effet un sentiment national fondé sur une représentation du passé : pour l'Autriche la période faste de l'Empire austro-hongrois, pour les serbes la période de la Yougoslavie titiste dans les années 60/70.</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-09T19:15:01Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5910 2008-12-09T19:15:01Z <p>Visiblement il y a maldonne : le sentiment national serbe, c'est surtout l'exaltation d'Etienne Duchan, de Kosovo Polje, des Tchetniks de Draza Mihajlovic ou de Vuk Karadzic, certainement pas la nostalgie de la Yougoslavie titiste...</p> <p>D'ailleurs Tito n'est que bien peu célébré dans la Serbie d'aujourd'hui. Là, on lui a toujours préféré Rankovic : le ministre serbe qui fut « viré » par Tito du gouvernement fédéral pour avoir tenté d'y défendre les seuls intérêts serbes (au temps où la « fédération » « opprimait » le nationalisme serbe...).</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-09T10:44:01Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5906 2008-12-09T10:44:01Z <p>Ma comparaison n'avait pas de rapport avec ce problème : je faisais juste référence au sentiment national des serbes et des autrichiens qui ont en commun d'avoir fait partie, à un moment de leur histoire, d'une puissance au rayonnement régional et international, avant d'avoir vécu le déclin de ce rayonnement, et d'en tirer une nostalgie collective. Je ne faisais aucune assimilation entre nationalisme serbe et idéal fédéral yougoslave, lesquels ont par ailleurs largement cohabité.</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-09T08:00:51Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5904 2008-12-09T08:00:51Z <p>On ne peut certes pas mettre tout le monde dans le même sac mais est-il bien raisonnable d'assimiler - par une digression - le sentiment nationaliste serbe à l'idée fédérale yougoslave ?!</p> <p>Les nationalistes serbes sont pourtant absolument très clairs à ce sujet : l'idée yougoslave (en grande partie portée par le croate Tito, de mère slovène...) fut à leurs yeux une grave erreur d'aiguillage et une tragique impasse qui a brimé l'éclosion et l'épanouissement du seul projet national pan-serbe.</p> <p>A ce titre, parmi les deux millions de morts (déplacés et déportés...) des guerres de sécession yougoslaves des années 1990, il serait tout de même plus juste de constater que la seule catégorie de population qui ait été quasiment totalement éradiquée (et qui a alors payé le plus lourd tribut humain...), c'est celle qui se disait alors prioritairement « fédérale » et « yougoslave » (et non « nationale » serbe, croate ou autre) lors des recensements...</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-06T14:52:11Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5882 2008-12-06T14:52:11Z <p>C'est indéniable, le travail sur le passé nazi en Autriche n'est en rien comparable avec la psycanalise collective allemande qui dure depuis près de 50 ans. C'est vrai, certains propos empruntant au registre raciste en xénophobe ne sont pas encore totalement proscrits du débat public. Il me semble toutefois que ce ne sont pas là des marques de nostalgie mais l'expression d'un embarras profond de ces autrichiens qui souhaiteraient se débarrasser de cette dizaine d'années mais qui n'y arrivent pas car cela revient à jeter dix ans de la vie de leur père, de leur oncle ou de leur grand-mère.</p> <p>La véritable nostalgie, je crois, des autrichiens et des viennois surtout, c'est d'avoir été le centre de l'Europe et du monde, de Metternich jusqu'à la première guerre mondiale, et de n'être plus aujourd'hui qu'un Etat de moyenne taille sans rayonnement international. C'est un sentiment courant que l'on retrouve chez les serbes de Belgrade : habitants d'un des pays à la mode dans les années 60, la Yougoslavie de Tito, pays non-aligné, en opposition à l'URSS, une puissance régionale importante emmenée par un leader charismatique (oui, un dictateur), et aujourd'hui les parias de l'Europe centrale, coupable de génocide, honnis par leurs voisins des Balkans, (je ne souscris pas à ces propos, j'essaye juste de décrire le schéma de pensée !), qui voient leur pays dépecé par la communauté internationale etc.</p> <p>Mais à chaque fois il y a deux poids deux mesures, on ne peut jamais mettre tous les autrichiens ou tous les serbes dans le même sac !</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-06T13:21:38Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5881 2008-12-06T13:21:38Z <p>Les « franges d'extrême droite », ça fait quand même - en gros - un bon gros tiers de l'électorat. Et la droite autrichienne se fait plutôt discrète dans la critique de ces éventuels partenaires politiques (la Guahce aussi, d'ailleurs...).</p> <p>Non, c'est clair que le titre de l'article est vraiment bien trouvé. L'Autriche est un pays qui vit dans le déni et refuse de se confronter clairement à son passé, entretient certaines nostalgies qui ne sentent décidément pas bon et cohabite « avec » sans jamais en faire une bien grande autocritique. La « nostalgie » brune y fait un peu partie de la normalité ambiante : isolationiste, autocentrée sur ses étroites vallées, franchement populiste et frontalement national-xénophobe.</p> <p>C'est là le seul pays d'Europe (avec l'Italie berlusconienne et certains coins de Flandre ?!) où un homme politique peut tenir des propos franchement laudatifs sur le IIIe reich en s'attirant plus de rires gras (de sourires entendus et de bonnes grosses tapes sur les cuisses...) que de critiques politiques.</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-06T12:53:06Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5880 2008-12-06T12:53:06Z <p>tu ne peux pas écrire que « le pays » est coutumier de sympathie avec le nazisme, c'est simplement faux, c'est une grave exagération. En revanche, dénoncer fermement que dans ce pays les franges d'extrême droite revendiquant clairement leur filiation avec le IIIème Reich sont toujours aussi importantes, ça c'est pertinent. D'ailleurs si ça t'intéresse je te propose de m'écrire un article à ce sujet.</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-06T10:23:49Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5878 2008-12-06T10:23:49Z <p><strong>Au sujet de Kurt Waldheim, le scandale de sa participation au régime nazi a éclaté après son élection à la présidence de la république : les autrichiens n'ont donc pas élu un ex-nazi en connaissance de cause.</strong></p> <p>Le scandale n'a éclaté effectivement que dans les années 1980, mais certains faits le concernant étaient alors déjà - en Autriche, en tout cas - de notoriété publique (même si on ne faisait alors pas nécessairement - et pour cause... - beaucoup de publicité sur ces « histoires honteuses »...).</p> <p>Alors, on peut effectivement affirmer que « <i>les autrichiens n'ont donc pas élu un ex-nazi en connaissance de cause »</i> (et il est vrai que l'examen attentif du passé « secret » du candidat à la présidence de la république n'était alors sans doute pas la priorité des citoyens autrichiens...).</p> <p>Oui, on peut toujours l'affirmer. Mais en est-on vraiment bien sûr ? Ce pays est si coutumier des cliens d'oeil appuyés de sympathie à l'égard de ce passé là et à l'égard de ces idées là qu'on pourrait presque en douter.</p> <p>En tout cas, à ce jour, on ne voit pas des choses comme ça en Allemagne.</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-04T13:41:31Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5866 2008-12-04T13:41:31Z <p>au sujet de Kurt Waldheim, le scandale de sa participation au régime nazi a éclaté après son élection à la présidence de la république : les autrichiens n'ont donc pas élu un ex-nazi en connaissance de cause. A noter que Kurt Waldheim fut secrétaire général des Nations Unies et qu'il semblerait que son passé fut utilisé par les deux grands comme un moyen de pression afin qu'il n'empiète pas trop sur les prérogatives du Conseil de Sécurité, mais c'est un autre sujet...</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-12-04T09:47:38Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5864 2008-12-04T09:47:38Z <p>En même temps, faut-il encore se mettre d'accord de quelle Autriche on parle :</p> <p>Est-ce l'Autriche déclarée par les Alliés première victime de la guerre et « première victime du nazisme » : celle de Freud (en exil), d'Otto de Habsbourg (que les nazis voulaient effectivement assassiner) ou du génial footballeur d'origine juive (et opposant politique, antinazi militant) Mathias Sindélar (décédé dans des circonstances pour le moins « étranges » : peut-être un assassinat politique - commis par les SA ?! - maquillé en suicide passionnel).</p> <p>Une Autriche alors « violée » par un référendum d'annexion (Anschluss) qui s'était alors déroulé hors de l'état de droit et hors de toute pratique démocratique authentiquement pluraliste, avec pressions diverses sur le corps électoral, moyens inéquitables pour les thèses en concurrence, violences policières et poursuites (détention voire déportation) à l'égard des opposants, persécution politique (systématique) envers les minoritaires « mal pensants ».</p> <p>Ou parle-t-on de cette Autriche qui - malgré tout ce qu'on vient de dire - rêve d'Anschluss depuis au moins déjà 1919 et se précipite tout de même alors massivement (en 1938...) vers les urnes pour valider l'annexion avec (apparemment) grand enthousiasme... Cette même Autriche qui fournira même des forces d'élite et des cadres de premier rang au régime national-socialiste.</p> <p>Cette même Autriche qui, dans les années 1980, élira même jusqu'à l'un d'entre eux (à peine repenti...) à la présidence de la république (Kurt Waldheim). Cette même Autriche où l'on trouve - tout de même, aujourd'hui - l'une des plus fortes extrême-droites du continent : une ext-droite d'ailleurs complètement « décomplexée » qui ne cache guère ses « principes », filiations et références...</p> <p>Bref, une Autriche qui fut à la fois victime et bourreau mais qui - aujourd'hui encore (près d'un demi-siècle plus tard...) - a décidément bien du mal à regarder son passé en face (et à assumer les deux faces de son passé...).</p> L'Autriche, un {passé qui ne passe pas} ? 2008-11-25T10:14:20Z https://www.taurillon.org/L-Autriche-un-passe-qui-ne-passe-pas#comment5820 2008-11-25T10:14:20Z <p>Il est vrai que les rapports des populations à ce qui s'est passé durant la seconde guerre mondiale partout en Europe est ambigüe. Souvenons-nous qu'en France, il a fallu que ce soit Chirac qui reconnaisse la responsabilité de l'Etat français avec Vichy...</p> <p>Un peu comme en Italie où j'ai vu des cartes postales avec le Duce en médaillon ou Droopy avec le casque Waffen SS, la croix celtique et la matraque...</p> <p>Finalement, je préfère me tourner vers l'avenir : l'Union européenne. Mais j'essaye de ne pas oublier pour autant !</p>