Fillon III : Alain Juppé Ministre de la Défense sera-t-il un atout pour la construction européenne ? - commentaires Fillon III : Alain Juppé Ministre de la Défense et le pouvoir exécutif commandant la défense européenne. 2010-11-22T19:15:20Z https://www.taurillon.org/Fillon-III-Alain-Juppe-Ministre-de-la-Defense-sera-t-il-un-atout-pour,03786#comment8784 2010-11-22T19:15:20Z <p>Dans n'importe quel Etat du monde, même si cet Etat en est encore à l'état de nation et n'a pas encore accédé à l'Etat de droit, la principale prérogative du pouvoir exécutif est le commandement de la Défense. Ou de l'attaque armée, bien entendu. Par exemple, s'agissant des prémices de l'Etat de droit à l'époque où naissait "le rêve américain", la Convention de Philadelphie décidait dans l'article II de la Constitution Américaine, inchangée depuis sur ce plan là, que le pouvoir exécutif suprême, le Président, était le "Commandant-en-Chef" des forces armées.</p> <p>Il est intéressant de commenter à la lumière de ce principe la déclaration d'Alain Juppé qui conclut l'article.</p> <p>Alain Juppé est une nationaliste. On ne peut pas le soupçonner d'avoir fait un "coming-out" sur ce plan là, tant il semble être tombé dans cette marmite quand il est né.</p> <p>Il va se retrouver dans la position intéressante de piloter la réintégration de la France dans le "commandement" de l'OTAN, puisqu'on le sait, la France n'a en réalité jamais quitté réellement l'OTAN. Il aura donc l'occasion d'y méditer sur la question de savoir quelle est la véritable armée opérationnelle en Europe, par exemple en se remémorant les souvenirs de la dernière guerre européenne, la guerre des Balkans.</p> <p>Alain Juppé va donc être dans la position du nationaliste d'obédience française placé à un poste d'observation privilégié sur la question de savoir qui est aujourd'hui le "Commandant-en-Chef" des forces armées véritablement opérationnelles de l'Union Européenne.</p> <p>Sa réflexion passera forcément par la question de savoir si, par hasard, les "éléments qui n'étaient pas des nations" constitutifs de l'Etat fédéral américain n'étaient pas, finalement... les citoyens américains. Ceux là-même qui élisent leur "Commandant-en-Chef" selon des principes quasiment inchangés depuis la Convention de Philadelphie de l'article II de la Constitution Américaine. On peut remarquer à ce propos qu'Alain Juppé-nation se voit obligé de définir les USA par une négative, « un État fédéral constitué à partir d'éléments qui n'étaient pas des nations » qui est très révélatrice. En effet, ça l'aurait fiché mal qu'il définisse les USA de manière positive en affirmant que « L'Amérique est un État fédéral constitué à partir des citoyens des Etats-Unis. L'Europe s'est constituée à partir des identités nationales. »… Alain Juppé-nation méditera-t-il ensuite sur la différence que cela a produit au cours des deux siècles suivant en Europe "constituée à partir des identités nationales " ?</p> <p>On ne peut que l'espérer si on se considère comme un citoyen de l'Union Européenne. Parce qu'il pourrait ainsi remettre en cause les deux dernières phrases de sa conclusion : " Nous avons démontré que l'on pouvait concilier l'existence de l'Europe et de l'État-nation. Il nous faut continuer sur cette voie."</p> <p>En effet, la question n'a absolument jamais été de démontrer que, par exemple depuis la Convention de Philadelphie, on pouvait "concilier l'existence de l'Europe et de l'État-nation". Tant l'histoire de l'existence de l'Europe EST celle de l'Etat-nation sur la période.</p> <p>Ce qui reste à démontrer, si on accepte de se remémorer la récente guerre nationaliste en Europe des Etat-nations des Balkans, c'est que " nous" devons encore " concilier l'existence de l'Europe et de l'État" de droit et, en plus, l'existence du maintien de la paix.</p> <p>Ce posera alors la question de savoir sur quelles forces armées elle reposera, qui en sera le Commandant-en-Chef, et, bien entendu, s'il sera, enfin, élu par les citoyens de l'Union Européenne. Bref, s'il faut continuer sur la même voie où en changer sensiblement.</p> <p>Alain Juppé-nation profitera-t-il de ce passage à « la défense » pour concevoir l'Union Européenne des citoyens et devenir réellement l'Alain Juppé citoyen de l'Union Européenne qu'il est sur le papier depuis que l'Union Européenne existe ?</p> <p>On peut en douter. Pourquoi ? On peut y répondre indirectement en disant ceci : dès que possible, à propos d'être « droit dans ses bottes », il faudrait corriger une partie de l'article en français de Wikipedia sur Philippe Leclerc de Hauteclocque. (1)</p> <p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Leclerc_de_Hauteclocque" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Leclerc_de_Hauteclocque</a></p> <p>1943-1945 : Libération de la France [modifier] …. Ultimes faits d'armes, ce sont les soldats français de Leclerc qui s'emparent du Kehlsteinhaus, le « nid d'aigle » d'Adolf Hitler à Berchtesgaden en Bavière, quelques jours seulement avant l'armistice du 8 mai 1945….</p> <p>En réalité, même s'il est vrai que la prise du « nid d'Aigle » avait été exigée par le « Commandant-en-Chef » de la France de l'époque, désigné selon des principes qui ont encore varié depuis, les Américains n'ont pu résister à la tentation d'une telle prise de guerre. Avec la complaisance bienveillante du commandement américain, la « Easy company » (2) du 506ème régiment de la 101ème division aéroportée de l'Armée américaine a doublé la division Leclerc et s'est emparé de l'objectif qu'ils ont d'ailleurs consciencieusement pillé. C'est ainsi que le commandant Winters, un officier sorti du rang, a toujours la possibilité de dîner avec l'argenterie du Fuhrer…</p> <p>La division Leclerc pu enfin libérer son objectif quelques jours plus tard après que le 506ème régiment l'ait évacué…</p> <p>Histoire, c'est le cas de le dire, de rappeler quelle est « la Défense » qui a été et reste le véritable « atout pour la construction européenne ».</p> <p>(1) Je compte le faire prochainement. Par contre le changement de l'article en anglais n'est pas vraiment nécessaire. (2) Cet épisode est raconté avec une délectation visible dans le dernier volet de la célèbre série produite par Stephen Spielberg et Tom Hanks : « Band of Brothers » qui raconte l'histoire de la Easy Company. Le livre éponyme de Stephen E. Ambrose dont la série est l'adaptation raconte aussi avec tous les détails le même épisode. Le livre n'a jamais été traduit en français.</p>