Rousseau, les Lumières et l'Europe : entre réalité et utopie - commentaires Rousseau, les Lumières et l'Europe : entre réalité et utopie 2012-11-21T22:21:05Z https://www.taurillon.org/Rousseau-les-Lumieres-et-l-Europe-entre-realite-et-utopie,05313#comment15520 2012-11-21T22:21:05Z <p>Très bel article, clair et complet, qui illustre parfaitement la théorie de Rousseau sur l'utopie d'une construction de l'Europe. Et qui plus est extrêmement bien écrit ! Bravo !</p> <p>Rousseau y est dépeint comme un personnage visionnaire qui avait très bien compris, bien en amont des troubles politiques qui attendait son pays et avant même la naissance de la notion de citoyen qui explose à la révolution, les enjeux d'une union des peuples européens. Quel grand monsieur que Jean-Jaques ! Malheureusement, il me semble qu'aujourd'hui il est un peu oublié en tant que philosophe, et même boudé dans les programmes de philo du lycée (d'après mes souvenirs). On l'associe (trop) souvent au fait qu'il ait abandonné ses enfants. Quelle perte !</p> <p>Pourquoi cette idée d'Europe l'a-t-il traversé, à un moment où tous les éléments de contexte l'entourant alors étaient tous aux antipodes de toute idée d'Europe telle qu'il l'a conçevait ? Avant même l'essor de notion de citoyen et même de nation, il a compris que l'Europe pouvait être une solution, même s'il garde une certaine réserve quant à la probabilité d'une application réelle. Tu expliques très bien ce paradoxe entre la prise de conscience très lente voire invisible des personnes de cette époque de l'évolution progressive de leur statut dans la société et la pensée rousseauiste pour une Europe unie.</p> <p>Ces concepts ne sont vraiment pas évidents à saisir mais à travers ta plume, on en saisit tout le sens.</p> <p>En attente du prochain article =)</p> Rousseau, les Lumières et l'Europe : entre réalité et utopie 2012-11-15T16:13:04Z https://www.taurillon.org/Rousseau-les-Lumieres-et-l-Europe-entre-realite-et-utopie,05313#comment15146 2012-11-15T16:13:04Z <p>Bien qu'il donne aussi la recette, quelque soit l'échelle, pour forger une identité et un état :</p> <p>Voulez-vous que la volonté générale soit accomplie ? Faites que toutes les volontés particulières s'y rapportent ; et comme la vertu n'est que cette conformité de la volonté particulière à la générale, pour dire la même chose en un mot, faites régner la vertu. [...] Il est certain que les plus grands prodiges de vertu ont été produit par l'amour de la patrie : ce sentiment doux et vif qui joint la force de l'amour-propre à toute la beauté de la vertu, lui donne une énergie qui sans la défigurer, en fait la plus héroïque de toutes les passions. [...] Un homme qui n'aurait point de passions serait certainement un fort mauvais citoyen : mais il faut convenir aussi que si l'on n'apprend point aux hommes à n'aimer rien, il n'est pas impossible de leur apprendre à aimer un objet plutôt qu'un autre, et ce qui est véritablement beau, plutôt que ce qui est difforme. Si, par exemple, on les exerce assez tôt à ne jamais regarder leur individu que par ses relation avec le corps de l'Etat, et à n'apercevoir, pour ainsi dire, leur propre existence que comme une patrie de la sienne, ils pourront parvenir enfin à s'identifier en quelque sorte avec ce plus grand tout, à se sentir membres de la patrie, à l'aimer de ce sentiment exquis que tout homme isolé n'a que pour soi même, à élever perpétuellement leur âme à ce grand objet, et à transformer ainsi en une vertu sublime, cette disposition dangereuse d'où naissent tous nos vices.</p> <p>Rousseau, Discours sur l'économie politique.</p>