A la recherche de l’Europe de 2030

Concours d’Excellence Univeritaire « Quelle Europe souhaites-tu en 2030 ? »

, par Laurent Nicolas

A la recherche de l'Europe de 2030

A l’initiative du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Solucrisis organise le concours Excellence Universitaire 2009. Le sujet « Quelle Europe souhaites-tu en 2030 ? ». Les organisateurs du concours nous en disent un peu plus. Interview.

Taurillon : Le thème proposé pour ce premier concours « Excellence Universitaire » est "Quelle Europe souhaites tu en 2030 ?". La formulation du sujet pousse à proposer un résultat véritablement personnel. Pourquoi avoir choisi l’Europe souhaitée plutôt que l’Europe prévisible, ou l’Europe idéale ?

Solucrisis : La société Solucrisis, l’organisateur de ce concours, veut connaître le point de vue des étudiants. Grâce à cette enquête qualitative, ils pourront ainsi exprimer leurs espérances, attentes ou craintes concernant l’Europe qu’ils transmettront à leurs enfants. La plupart des étudiants n’ont jamais voté pour les élections européennes. Ils ont hérité d’une Europe que leurs parents ont choisie. C’est maintenant à leur tour de façonner l’Europe de demain.

Taurillon : Quelles sont les qualités indispensables pour espérer remporter la compétition ?

Solucrisis : Les critères d’évaluation sont par ordre d’importance l’analyse, la recherche et le style rédactionnel. Savoir présenter ses arguments et les défendre est essentiel. De plus, un exercice un peu particulier attend le vainqueur du concours puisqu’il devra non seulement être à l’aise à l’écrit mais également à l’oral pour défendre ses idées à l’antenne de RMC.

Taurillon : Le concours est ouvert "aux étudiants de France", et non pas aux étudiants français : avez vous beaucoup de participants étrangers, étudiants en France via les programme d’échange comme Erasmus ?

Solucrisis : Comme vous l’avez justement remarqué, nous avons volontairement formulé étudiants de France afin de permettre aux étudiants en programme d’échange de participer au concours. Nous avons effectivement reçu des demandes d’information d’étudiants français en échange à l’étranger et d’étudiants étrangers en France pour un semestre ou une année. Nous attendons donc des contributions de ces étudiants. Il existe toutefois un frein à la participation des étudiants étrangers en France. Nous demandons de rédiger une analyse de plusieurs pages en français. Cela peut freiner certains étudiants en échange en France justement pour apprendre le français et donc pas assez à l’aise pour participer.

Taurillon : Vous avez réussi à vous associer à la radio RMC à ce projet pourtant peu grand public. Comment s’y prend-on pour vendre un projet qui parle d’Europe à un grand média comme RMC ? Quels ont été vos arguments ?

Solucrisis : Les « Grandes Gueules » de RMC débattent tous les jours de l’actualité politique, sociale ou encore économique. L’Europe n’est donc pas absente de cette émission. Les élections européennes étant l’actualité de ce premier semestre, cela a fait pencher la balance en notre faveur pour ce partenariat.

Taurillon : Le premier prix du concours est un " séjour linguistique " de deux semaines dans une grand école de Londres. Pourquoi ne pas avoir fait découvrir la Slovénie ou la Lituanie aux vainqueurs ? Ne trouvez-vous pas que le choix de ce premier prix est symptomatique d’une domination de la langue anglaise dans le domaine de l’université et de la recherche ?

Solucrisis : Je ne comprends pas votre peur de la langue anglaise s’exprimant à travers un voyage à Londres. Si le vainqueur part en Lituanie ou en Slovénie, dans quelle langue va-t-il communiquer une fois là-bas ? La domination de la langue anglaise est un fait, en particulier dans le monde universitaire. Nous voulons récompenser les vainqueurs par un séjour et des week-ends en Europe. Cela est possible grâce à ESL Séjours Linguistiques et Golden Voyages.com que nous remercions.

Illustration : Affiche du concours Excellence Universitaire

Source : Site du concours

Vos commentaires

  • Le 30 avril 2009 à 07:22, par Martina Latina En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Eh oui, EUROPE reste synonyme de RECHERCHE et de quête : elle n’est conçue, elle n’est apparue, que pour nous emmener plus loin dans l’ANALYSE et dans la synthèse ; car l’élargissement des perspectives, notamment universitaires, implique l’approfondissement des fondements, donc la détection et la protection des sources historiques ou culturelles capables d’irriguer les terrains d’activité présents comme à venir. Oui à la solution des crises si elle passe par l’EXCELLENCE UNIVERSITAIRE, c’est-à-dire par une invitation à l’imagination, à la réflexion et à la communication, pour éviter qu’EUROPE soit encore synonyme d’ENLEVEMENT ; et souhaitons bon vent, belle inspiration, excellente course, aux concurrents !

  • Le 30 avril 2009 à 09:09, par Maxime Rodrigues En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Très belle initiative. Cela permettra aux étudiants citoyens de réfléchir à l’Europe avant de voter. Dans cette campagne sans élan, sans envie, c’est une chance formidable ce concours.

  • Le 30 avril 2009 à 09:35, par C. R. En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Il est regrettable que les institutions européennes ne fassent guère plus qu’un « service minimum » concernant les élections européennes estimant que c’est aux partis politiques de créer une vague d’adhésion populaire qui incitera au vote. Il est tout aussi regrettable que les élections européennes ne soient qu’une vague copie des élections nationales dans lesquelles s’affrontent les « poids-lourds » du paysage politique national et dont les postes ministériels viennent bientôt à date de péremption. Si l’Union Européenne veut convaincre, elle doit ouvrir ses élections non pas aux « périmés » ou « retraités » de la politique nationale mais à tous, hors considération de partis politiques dont la main-mise féodale sur l’activité « démocratique » sont à la source du désamour profond et inquiétant de la population pour la « politique » en général. Ce qui est louable et notable, c’est que Solucrisis ait pris l’heureuse initiative avec ses partenaires d’impliquer les jeunes dans la réflexion, l’idée et l’avenir de l’Europe. Une initiative dont devraient s’inspirer ces quinquagénaires à la « conquête » d’une retraite politique forcée à Bruxelles et Strasbourg bien trop souvent au mépris des intérêts réels de l’Europe. Les Jeunes ont les clefs de l’Europe, Solucrisis leur ouvre une porte.

  • Le 30 avril 2009 à 16:11, par Martina Latina En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Qu’il me soit permis de revenir sur un détail, car il est de taille : serait-il possible de rétablir, sous le titre de cet entretien prometteur, le terme EUROPE dans la question mise au concours, même si c’est un jeu et s’il est de bonne guerre - comme d’excellente paix - que l’enjeu se cache ? A tous les niveaux de nos activités eurocitoyennes, empêchons l’inversion, et au contraire favorisons la diffusion, des heureux effets qu’entraîna l’enlèvement, par certain TAURILLON, de la première EUROPE...

  • Le 30 avril 2009 à 17:16, par Magali En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Bonjour à tous,

    Je suis étudiante et ce concours a l’air intéressant...Pour une fois qu’il ne s’agit pas d’une soirée étudiante ou autre concours « superflu »... je suis ravie qu’on nous prenne au sérieux et qu’on nous demande notre avis sur un sujet d’actualité et particulierement sur L’Europe ...! En plus, les cadeaux sont vraiment sympas ! :0) Moi qui voulait apprendre l’anglais dans le pays, c parfait ! Bravo pour ce concours... en espérant que les candidats soient nombreux...!

  • Le 30 avril 2009 à 17:26, par nico En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    L’absence de réel débat (public ou académique) de fond et long terme sur l’identité européenne, sur la façon dont nous percevons et evaluons les institutions européennes, et sur la manière dont nous voulons participer au débat politique au niveau européen, est navrante. Dans ce contexte, cette initiative prise par Solucrisis est donc particulièrement intéressante.

  • Le 1er mai 2009 à 19:22, par judabricot En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    et ben on voit que Solucrisis a bien organisé ses troupes ! quelle éloge soudaine dans les commentaires !

  • Le 4 mai 2009 à 07:23, par Sophie En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Vous dites que la domination de la langue anglaise est un fait ! Et alors ? Devant une domination, pour vous, il n’y a qu’une solution ? Se soumettre et en rajouter ? Nos ainés en 1941-1943, étaient envahis par l’Allemagne nazie ! Alors, il leur fallait se soumettre et avec le sourire ? Et l’histoire compte bien d’autres envahissements, d’autres humiliations ! Que serions-nous devenus si tous nos ancêtres avaient subi ces situations avec fatalisme ? Remarquez que certains avaient ce comportement ! La résistance n’est pas un réflexe inné pour tous ! Une est possible en ce moment : l’anglais domine ? Montrons-lui que les autres langues existent ! Déjà des langues à grande diffusion, internationales officiellement, elles aussi : la nôtre déjà, puis l’espagnol. je m’arrête à lUE, les autres sont hors UE. Puis des langues à diffusion internationale : le portugais, l’allemand, l’italien. Enfin les autres qui ont toutes leur intérêt même si elles n’ont pas une réputation internationale : faire découvrir la culture du pays dont elles sont langue nationale, une des cultures qui forment notre UE. Car que voulons-nous pour demain ? Une union européenne clône des Etats-Unis, une succursalle de celle-ci à son service, ou une union européenne forte et indépendante ? La diversité de nos langues n’est pas un handicap, mais une force, une chance ! Apprendre plusieurs langues, c’est dur ? Oui ! Mais il y a des solutions dont une langue neutre comme l’espéranto. Après tout, n’ avons-nous pas choisi une monnaie neutre ?

  • Le 4 mai 2009 à 23:55, par Jean Pierre François En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Quelle fine analyse Sophie ! Arretons les nazis qui nous proposent d’apprendre l’anglais, les méchants fascistes qui veulent faire gagner des séjours à Londres et non pas en Slovénie. Sophie, si un français part en Slovénie, en Suède, en Pologne... dans quelle langue va t’il se faire comprendre ? l’Esperanto ? non, bien sur, il va apprendre la langue de tous les pays membres...non ? Oh my God !

  • Le 5 mai 2009 à 08:57, par C. R. En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Chère Sophie,

    Comparer l’influence de la langue anglaise à l’invasion de l’Europe par l’Allemagne nazie ne me semble guère judicieux ni pertinent. Il fut un temps où le français était parlé dans tous les lieux de pouvoir du monde. Tel le latin, le français était la langue du raffinement et de l’intelligible. Aujourd’hui, certes est-il indispensable de défendre le français, sa culture et son histoire. Cette dernière est d’ailleurs la suite ininterrompue de cycles divers de « domination ». Avant l’anglais, ce fut le français. La prochaine langue « dominante » pourrait venir d’Asie. Il n’empêche que dans l’objectif de défense des particularités nationales dont je suis un fervent partisan, il est indispensable de savoir nous défendre dans notre langue mais aussi dans la langue la plus universelle actuellement : l’anglais. Allez donc défendre les couleurs de la France à travers le monde sans une maîtrise réelle de la langue anglaise, vous n’irez guère plus loin qu’un « vive la France » qui sonne désormais un peu creux au vu des politiques poursuivies par nos gouvernements successifs ; malheureusement. Sans compter que la défense des intérêts dépend également de la réalité politique et stratégique ainsi que des choix politiques. Défendre la France par la culture, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. La France a des atouts immenses mais la réalité démographique semble devoir prendre peu à peu le pas sur le « poids stratégique ». La France exerce une influence immense en comparaison de sa population et de sa superficie. Ses atouts technologiques, sa maîtrise inégalée du nucléaire, de la recherche médicale ou biologique en font un acteur d’avenir. Tout dépendra de ses choix. La France rayonnera par des choix porteurs d’une ambition universelle et non par une simple politique de gestion des « acquis ». La France n’est pas seulement une nation, c’est un destin. Et c’est à chacun de nous de le porter. Parler anglais, ce n’est pas nier les intérêts français, c’est s’adapter pour convaincre.

    Charles

  • Le 5 mai 2009 à 10:15, par Melody En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Je croyais que le Taurillon était une publication sérieuse. Le commentaire de Sophie est une insulte à l’Europe.

  • Le 8 mai 2009 à 17:18, par skirlet En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    L’insulte, c’est plutôt l’UE qui s’est fait promoteur de l’anglais langue unique, sous couvert du multilinguisme. Qui communique avec les autres pays en dehors de l’Union exclusivement en anglais, comme ci celui-ci était officiellement admis comme LA langue de l’Europe. L’insulte, c’est l’absence du choix de la langue étrangère, le fait que l’anglais est imposé au primaire sans même poser une question aux parents, sans proposer d’autres options, que c’est presque toujours la LV1 dans les collèges, que la Pécresse désire faire des cours EN anglais dans les universités.

    « La France n’est pas seulement une nation, c’est un destin. Et c’est à chacun de nous de le porter. Parler anglais, ce n’est pas nier les intérêts français, c’est s’adapter pour convaincre. »

    Ah que c’est beau !.. Cependant défendre sa culture dans la langue d’une autre ne fait que déprécier cette culture. Je le dis en tant que ressortissante d’un autre pays. Les films français, tournés en français, avaient un grand succès dans les salles ; les chansons françaises (en français) charmaient l’oreille... Singer la culture anglo-saxonne n’est rien d’autre qu’accepter le sort d’une pâle copie ; calques la recherche française sur celle des anglosaxons (en particulier des Étatsuniens), noter les chercheurs français non selon leurs travaux mais selon le nombre des publications dans les journaux anglophones, c’est l’affaiblir de plus en plus.

  • Le 9 mai 2009 à 11:52, par krokodilo En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    Melody, c’est vrai que Le Taurillon laisse les opinions divergentes s’exprimer, y compris dans le style virulent de Sophie, shocking ! Je vous invite à lire les commentaires après les autres articles signalés dans l’encadré à droite « Multilinguisme »...Ce n’est pas la Commission européenne qui tolèrerait une telle liberté d’expression, de toute façon, les blogs des membres de la Commission sont quasiment tous monolingues anglophones, et sauf pour deux d’entre eux, ils ont même abandonné leur propre langue natale ! The future is in marche. Votez EDE (espéranto), ou écolo (les seuls à parler sérieusement des paradis fiscaux grâce à la présence d’Eva Joly).

  • Le 9 mai 2009 à 21:21, par krokodilo En réponse à : A la recherche de l’Europe de 2030

    L’Europe de 2030, on la voit sur cette page « française » de présentation d’Erasmus mundus pour la France sur le site « Study in Europe » : http://eacea.ec.europa.eu/extcoop/call/index.htm

    Que dire d’autre ? L’UE actuelle, c’est la mort lente de la francophonie, et le « jackpot » pour nos amis de GB. Il y a une blague soviétique (ex), où un Russe discute avec un paysan d’un des pays satellites :
    - Alors, on partage en frères, comme l’an dernier ?
    - Ah non ! cette fois, on fait 50-50.

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