
Afin de marquer son soutien aux droits fondamentaux, le Parlement européen a adopté la Charte avec une majorité écrasante le 28 novembre dernier. La Charte devait initialement être proclamée solennellement par les présidents du Parlement européen, de la Commission et du Conseil le 12 décembre. Cette cérémonie n’aura pas marqué l’histoire de l’Union par sa solennité et son esprit européen mais par la manifestation d’un fort euroscepticisme….
Les eurodéputés extrémistes gâchent la signature de la Charte des Droits Fondamentaux
En effet, la signature de la Charte des droits fondamentaux a été gâchée par les huées de l’extrême droite, une partie de la droite (Britannique, Polonaise, Tchèque) et une partie de l’extrême gauche. Quelques 70 - 80 eurodéputés d’extrême droite comme de gauche portaient les mêmes t-shirts noirs portant l’inscription « référendum » et brandissaient des pancartes appelant à une consultation populaire. La demande de référendum a été utilisée pour protester contre le Traité de Lisbonne mais également contre la Charte. Ces eurodéputés eurosceptiques ont utilisé comme prétexte la demande d’un référendum pour saper la cérémonie. Ce sont ainsi les extrémistes et les eurosceptiques européens qui ont mobilisé toute l’attention des médias et non le contenu de la Charte , qui représente pourtant le fondement de notre intégration.
Il faut souligner le côté artificiel de leur revendication : plus que la démocratie, ils réclament surtout des votes nationaux qu’ils estiment favorables à leur rejet de l’Europe. En effet, pratiquement aucun de ces eurodéputés ne réclament de référendum européen. Il est intéressant ainsi de noter que les organisations fédéralistes (Jeunes Européens Fédéralistes, UEF) et pro-européennes demandaient quant à elle ce référendum pan-européen. On le voit donc : l’argument du référendum national est ici utilisé comme une arme contre l’Europe.
Une vive émotion après cette fête gâchée
Au-delà de cette cérémonie lamentable, où l’hymne européen, l’Ode à la joie était moins audible que les huées des eurosceptiques, on ne peut hélas que constater que les idées fédéralistes sont mises au placard. L’impression générale laissée par la proclamation officielle de la Charte a été un choc de tous ses participants.
Cette action est une preuve supplémentaire de la minorité grandissante des eurosceptiques qui se battent non seulement contre des réformes institutionnelles telles que proposées par le Traité de Lisbonne mais également des droits fondamentaux - quelle honte ! Il est temps de sonner la sonnette d’alarme.
Nous devons en tirer la conclusion que notre présence, celle des fédéralistes au sens large, est plus que nécessaire au cœur de la vie politique de l’UE. Nous fédéralistes avons brillé par notre absence lors de la signature de la Charte Réveillons-nous, un boulevard est ouvert !! Pour le moment seuls les eurosceptiques l’empruntent…





