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Conflit meurtrier entre le Hezbollah libanais et Israël

Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

A l’heure où, une nouvelle fois, le Liban souffre

, par Benjamin Anoufa

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A l’heure où se réunissait le G8 à Saint-Pétersbourg, une nouvelle crise internationale extrêmement violente éclatait au Proche Orient, obligeant alors les grandes puissances à revoir l’ordre de leurs priorités.

Auteurs

Une nouvelle crise internationale dans laquelle, aujourd’hui, l’Europe brille singulièrement par son absence et son manque d’ambitions.

Alors que l’action diplomatique nationale se révèle en l’occurrence singulièrement inefficace.

Et alors que les proche et moyen orients auraient pourtant, précisément, besoin d’une Europe médiatrice, puissance pacifique capable de faire enfin entendre sa voix.

Rappel des faits

Voilà 16 ans que le Liban est sorti de la guerre civile, 6 ans que l’armée israélienne a quitté le Sud Liban, 6 ans que la paix entre les deux pays est une réalité. Le 26 avril 2005 l’armée syrienne se retire du pays après des années d’occupation et d’ingérence dans les affaires libanaises.

Mais la situation reste et demeure explosive : A peine relevé des blessures du passé, le Liban souffre une fois de plus des conséquences de la situation régionale et de la passivité de la communauté internationale.

Rappel des faits : Le mercredi 11 juillet, en pleine crise entre le Hamas et l’Etat israélien, le Hezbollah libanais mène un raid sur le territoire israélien, tuant 8 soldats et en capturant 2 autres.

Suite à cette intervention, Tsahal entre au sud Liban. Le Premier Ministre de l’Etat hébreu, Ehud Olmert déclare le gouvernement libanais responsable de la crise en cours. Le 13 juillet, l’aéroport de Beyrouth et divers points stratégiques sont bombardés par l’armée israélienne. Depuis, la situation ne cesse de se dégrader.

Les causes du conflit

Ne soyons pas dupe, les causes de ce conflit dépassent largement celui d’un affrontement entre le Hezbollah libanais et l’armée israélienne. Le conflit trouve ses sources dans la situation géopolitique de la région. Le Hezbollah libanais n’est pas un acteur isolé, commandé par des intérêts propres et indépendants. Ne voyons pas non plus dans l’incursion du Hezbollah sur le territoire israélien, une passivité, voire une volonté du gouvernement libanais.

Le Liban n’a jamais reçu le soutien économique, politique et militaire des pays occidentaux comme il aurait dû en bénéficier. Ainsi, en lieu et place de l’armée libanaise, la milice chiite contrôle la frontière israélo-libanaise depuis 6 ans sous le regard impuissant de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban). Un Etat dans l’Etat voilà ce qu’est devenu le sud Liban après le retrait de Tsahal.

L’Iran et la Syrie tiennent une grande part de responsabilité dans la situation actuelle. Armé, soutenu et financé par ces deux pays, le groupe islamiste radical a embrasé la région. Le Liban se trouve pris en otage par les tensions qui existent entre ces pays et Israël. Et aujourd’hui encore le pays est victime des intérêts étrangers. Car il ne faut pas en douter, Israël fait payer à un gouvernement qui peine à panser ses blessures, le prix d’une faute qu’il n’a pas commis. L’Etat hébreu a lancé une offensive de grande envergure sur un pays politiquement instable et militairement innocent.

Rappelons nous les images historiques de Beyrouth à feux et à sang, d’un déchirement entre les différentes communautés durant la fin des années 1980. Il est sûr que personne n’a envie de revoir ces images.

La communauté internationale doit prendre des responsabilités

Alors que faire ? Que fait la communauté internationale ? Que fait l’Europe, l’ONU ou l’OTAN ? Car il ne fait aucun doute que cette frontière doit être sécurisée. Il ne fait aucun doute qu’Israël ne s’arrêtera pas tant que cela ne sera pas fait. Cette volonté d’Israël est légitime mais elle ne doit pas aboutir à une nouvelle occupation du sud Liban par Tsahal. Non, cela ne ferait qu’attiser les tensions et fournir de nouveaux prétextes à la guerre.

C’est ici que la communauté internationale doit intervenir. Le choix de l’action reste à définir mais la réaction doit se faire entendre et avec force. L’Iran et la Syrie, ne peuvent plus déstabiliser cette frontière, Israël ne peut plus attaquer le Liban sans aucune forme de sanction de la part des instances internationales. La communauté internationale se doit de pacifier la région. L’Europe doit défendre cette pacification d’une voix forte et commune.

Pourquoi l’Union Européenne ? Car elle représente aujourd’hui le modèle de règlement pacifique des conflits, parce que l’Europe propose à ces pays la transformation de la violence guerrière en violence politique et elle se doit d’exporter ces valeurs. L’Union Européenne est aujourd’hui responsable au Sud Liban de ne pas être une puissance diplomatique forte.

L’action diplomatique nationale se révèle inefficace

Le dossier du nucléaire Iranien, à ce titre, vaut de part son caractère exemplaire. Des actions diplomatiques nationales - mêmes si elles sont coordonnées - restent insuffisantes pour peser sur la balance mondiale. Preuve en est, l’action diplomatique de l’Allemagne, de la Grande Bretagne et de la France qui a clairement échoué. Cette triade n’a eu d’autres choix que de se tourner vers le Conseil de sécurité de l’ONU pour retrouver le rôle leader des Etats-Unis.

Aujourd’hui il est possible d’affirmer qu’une situation apaisée avec l’Iran aurait permis de gérer la crise libanaise avec plus d’efficacité, voire même de l’éviter. Les actions nationales doivent laisser place à celles de l’Union Européenne qui a seule, la puissance d’agir sur les dossiers du monde. Mais encore faut-il qu’on lui donne le mandat pour user de cette puissance.

Est-il normal que selon les sujets, cela soit alternativement la Présidence du Conseil, le Haut Représentant pour la PESC, ou les Commissaires qui soient les interlocuteurs de l’Union Européenne ? Est il possible de mener une action pertinente quand l’Union européenne et les Etats membres agissent en ordre dispersé ?

Le projet de Constitution nous offrait un Ministre Européen des affaires étrangères qui agrégeait l’ensemble de ces prérogatives et devenait ainsi, l’unique interlocuteur de l’Union Européenne avec les pays tiers. A l’heure de la crise, ce ministre manque.

La situation au Liban est donc un révélateur de plus, du besoin de coordination de la politique étrangère européenne et de ses capacités sous-employées pour apaiser les conflits. Nous avons les ressources nécessaires et la volonté évidente d’agir.

Il ne nous reste donc plus qu’à obtenir les outils institutionnels à la réalisation d’une politique étrangère pertinente, influente et ambitieuse.

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« Lebanon’s burning », document tiré du site flickr.

Vos commentaires

  • Le 22 juillet 2006 à 10:20, par Valéry En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Je ne suis pas totalement persuadé que l’Union européenne ait particulièrement intérêt à se mêler de cette affaire.

    Pour l’instant elle se contente ad’aller dans le sens de l’ONU qui demande siomplment un cessez-le-feu sans se poser la question de comment assurer la sécurité d’Israël contre les attaques des terroristes soutenus par l’Iran qui forment un Etat dans l’Etat au Liban.

    Pour l’instant la position la plus censée entendue sur le sujet est celle de Condolezza Rice qui explique qu’un cessez-le-feu sans accord politique na pas de sens. Si on demande à Israël de renoncer à se défendre il faut alors qu’une force internationale - ou l’armée libanaise - accepte de combattre le Hezbollah. La crise actuelle est en effet le résultat de l’inaction de la « communauté » internationale sur ce point.

    Alors peut être on pourra envisager une intervention pertinente de l’Union européenne.

    Au sujet du Hezbollah je vous recommande cet article sur Telos.

  • Le 22 juillet 2006 à 12:41, par David Soldini En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Sauf que le Hezbollah n’est pas un Etat et que l’on ne trouve pas d’accords politiques avec des groupes paramilitaires. Je ne vois pas avec qui il faudrait alors faire l’accord politique. Avec l’Iran et la Syrie ? ouais, ouais... Faudrait d’abord qu’ils reconnaissent Israël ! Les seuls qui avaient la capacité de faire la guerre à Hezbollah étaient effectivement les américains qui ont préféré faire n’importe quoi en Irak et Israël qui préfère bombarder Beyrouth plutôt que de s’attaquer aux véritables sources du problème. Ce que tu appelles l’inaction internationale je préfère l’appeler la politique schizophrène des US version Bush fils. Quand à l’armée libanaise... bah... en ce moment je crois qu’elle est plus occupée à se planquer des bombes israëliennes qu’à combattre Hezbollah, et que même sans bombe, elle n’a pas vraiment les moyens... Effectivement. La seule voie pour Israël c’est un accord avec les gouvernements légitimes, démocratiquement élus et surtout modérés de la région, au premier rang duquel il y avait le Liban. Comme toujours la voie difficile de la négociation avec ces ennemis d’hier a été abandonnée pour mettre tout le monde dans le même sac... c’est toujours plus facile d’entretenir ces ennemis plutôt que d’essayer de les transformer en alliers... pas sur que ce soit plus efficace à terme pour garantir la sécurité d’Israël.

  • Le 22 juillet 2006 à 13:16, par Ronan Blaise En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Quant à l’Europe dans tout ça : qu’elle se mette donc au service d’une ONU plus responsable, plus incisive et plus consciente de ses responsabilités :

    Qu’elle monte une force d’interposition pour ’’faire tampon’’ entre Israéliens et Libanais (et une force d’action contre les combattants terroristes du Hezbollah), qu’elle forme et encadre une armée libanaise régulière enfin dégagée de la féodalité des milices confessionnelles, et qu’elle soit à l’initiative d’une grande Conférence de la paix internationale pour régler les trop nombreux conflits israélo-arabes. Et qu’elle conditionne l’octroi de ses (nombreuses) aides internationales à la tenue de celle-ci.

    Et que l’Europe fasse en Orient la promotion de ses méthodes de réconciliation par des plans du même type que ceux qui furent mis en place, dans les années 1950, par des gens comme Monnet, Schuman, Spaak et De Gaspéri.

    Par exemple : en prônant la réconciliation israélo-arabe par le biais de la mise en commun des ressources et des potentiels. Par exemple, il y aurait tant à faire autour des actuels et futurs problèmes liés aux ressources en eau de la nappe phréatique palestinienne (sans parler des eaux du Jourdain et de l’Oronte). Sans parler du contrôle ’’stratégique’’ de leurs sources, dans le Golan et dans les Monts du Liban, ’’châteaux d’eau’’ de la région...

    Et imaginons le Golan devenu siège d’une ’’Haute Autorité’’ d’une future ’’Communauté israélo-arabe des ressources aquifères’’ et imaginons la cité de Jérusalem - la ’’ville de la Paix’’ - à terme devenue futur ’’District fédéral’’ et siège du futur Parlement supranational (mais ’’abrahamique’’...) d’un Proche-orient pacifié et enfin réunifié. Et rêvons un peu...

  • Le 22 juillet 2006 à 21:40, par Valéry En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Il bne s’agit pas de trouver un accord politique avec le Hezbolah : on ne peut pas négocier avec des terroristes, mais au sein la communauté internationale pour qu’elle prenne enfin le relais d’Israël dans la lutte contre ces derniers. Il est vrai que l’intervention d’Israël est susceptible d’attiser la situation mais vu l’irresponsabilité du machin Onusien qui a laissé le Liban se faire vassaliser par les Etats-voyous voisins, on n peut pas espérer que les Israéliens se laissent bombarder sans réagir.

    Quant au gouverneent du Liban il compte en son sein des membres du Hezbollah ce qui laisse sérieusement douter de sa capacité à le combattre. Le Liban a eu sa chance. Devant l’incapacité à détruire les groupes terroristes qui y agissent il n’y avaait pas d’atre solution pour Israël que de se défendre.

    Les démocraties occidentales ont tout intérêt à soutenir activement cette entreprise car il ne s’agit en fin de compte que d’un nouvel épisode dans la guerre contre le terrorisme islamiste dont nous avons pris tardivement conscience le 11 septembre 2001. Laisser ces derniers prospérer impunément c’est déjà une défaite. Israël défend donc là bas nos intérêts. Nous devrions l’aider aux côtés de nos alliés américains plutôt que de gesticuler vainement pour un ceser-le-feu qui ne fera que maintenir le statu-quo.

  • Le 22 juillet 2006 à 21:41, par Valéry En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Sauf qu’une « ONU plus responsable, plus incisive et plus consciente de ses responsabilités » c’est une vue de l’esprit.

  • Le 23 juillet 2006 à 11:51, par Ronan Blaise En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Le rôle de l’Europe, de ses Etats, de l’Union européenne (et de ses militants fédéralistes) pour une amélioration conséquente du fonctionnement de l’ONU (et pour une réforme drastique du ’’machin’’), nous aurons très prochainement l’occasion d’en parler dans les colonnes du « Taurillon ».

    Car, fort heureusement, les fédéralistes Européens (et du reste du monde...) ont aujourd’hui des idées très précises sur ce qu’il faudrait faire pour que l’ONU devienne vraiment un organe à même de garantir la sécurité collective pour faire naître et protéger la paix mondiale. Plutôt que d’être, comme aujourd’hui, l’arène où s’expriment les souverainetés sans frein, l’égoïsme national et les rivalités entre les nations.

  • Le 23 juillet 2006 à 13:23, par David Soldini En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Non valery, je ne pense pas que nous devrions soutenir un état qui viole le droit international. Entre lutter contre le Hezbollah et détruire un pays il y a une différence qu’Israël feint d’ignorer. En ce qui concerne Hezbollah, je pense qu’il ne faut pas confondre les différentes formes du fondamentalisme islamiste (ce qui ne signifie pas relativiser ou accepter quoi que ce soit). Al Qaeda n’est pas Hezbollah, qui n’est pas le Hamas qui ne sont pas les frères musulmans. Une première étape dans la solution de la crise serait de distinguer entre ces différentes réalités. On ne peut pas assimiler un groupe de millionaires planqués dans les montagnes et un mouvement qui a de fortes assises régionales, une présence massive dans la société civile, qui a une branche politique... bref, aussi gênant que cela puisse être les occidentaux, il faut bien admettre cette réalité plutôt que de faire la guerre sur le fondement de vue de l’esprit. En ce sens, oui, je trouvais que les efforts fait par les démocrates libanais méritaient d’être soutenu plutôt que de détruire en quelques jours des mois et des années de reconstruction qui portait en germe un espoir sérieux de progrés. La, Israel détruit très momentanémnet les moyens militaires, l’accalmie durera quelques mois et ça repartira de plus belle, les islamistes étant plus soutenus que jamais par les populaitions arabes... Je ne vois pas ce qu’il y a de réaliste ou de censé dans ce type de geestion de crise. David

  • Le 23 juillet 2006 à 16:06, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    C’est le Liban qui viole le droit international en permettant qu’un mouvement terroriste sur son sol bombarde un pays voisin. Un pays attaqué peut toujours légitimement se défendre et c’est justement ce que fait Israël. Tout le reste n’est que littérature.

  • Le 25 juillet 2006 à 10:41, par David Soldini En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    disons que les bombardements massifs de population civile peuvent difficilement être qualifié de « litterature ». Le Liban ne viole pas le droit international, aucune règle de droit internationale objective ne lui est opposable. C’est triste, ça démontre une insuffisance du droit international, peut être, mais c’est comme ça. Ce serait comme dire que la France viole le droit international parce qu’il y a ETA ou le FLNC en France, ça n’a pas de sens (laz comparaison avec l’ETA qui a ces bases opérationnel en France et fait des attentats en Espagne est particulièrement pertinente). Ensuite le Liban n’a pas les moyens pour refouler Hezbollah. Israël le sait parfaitement. Et son attaque était prévue, qu’il y ait une attaque du Hezbollah ou non. Je me demande comment un Etat qui se dit moderne peut à ce point foirer son intervention et mettre presque un million de personnes dans la rue. ça ressemble à la Russie de Poutine en Tchechenie. La conséquence c’est qu’Israël viole le droit international en bombardant des populations civiles. Même en sitaution de guerre il y a des règles, qu’Israël refuse sciemment de respecter. ça c’est un fait, le reste n’est qu’une interprétation très subjective d’un conflit douloureux pour tout le monde. Et je n’ai pas l’impression que s’enfermer dans une logique : Israel a raison, Israël a raison, le Liban a tord, le Liban a tord, soit le meilleur moyen pour résoudre la crise.

  • Le 25 juillet 2006 à 13:54, par Valéry En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Les dommages collatéraux d’une opération militaire sont les conséquences tragiques de tout conflit armé. Le fait est que sles terroristes du Hezbollah utilisent la population libanaise comme bouclier humain. Le vrai responsable est le gouvernement libanais qui a a laissé la situation perdurer : il est vrai qu’il était lui même pendant longtemps le satelitte d’un autre Etat-voyou.

    Un pays, Israël, a subit des attaques militaires depuis le territoire d’un pays voisin : il est donc légitime pour agir et assurer sa sécurité par tous les moyens à sa disposition.

    La comparaison avec l’ETA est parfaitement injustifiée au sens ou le Hezbollah agit ouvertement là où l’ETA est clandestin et que le gouvernement français participe à la lutte contre l’ETA.

    Que le Liban soit impuissant pour agir contre le Hezbollah est une justification supplémentaire d’une intervention extérieure : s’ils ne peuvent pas détruire les groupes terroristes aux même c’est donc à la communauté international où à défaut à la victime de l’agression de prendre les mesures nécessaires.

    Bien établir les responsabilités est nécessaire pour revenir à la paix car il va bien falloir que le cesser-le-feu prévoit une solution politique au conflit : c’est à dire un engagement de l’Etat libanais à agir contre les terroristes et une force internationale pour assurer la protection d’Israël et la destruction des milices terroristes.

    Pour en revenir au sujet de l’article : si l’Europe souhaite à ce stade là participer activement au maintien de la paix il mpe semble que celà ne peut être que bénéfique pour tous les acteurs du conflits.

  • Le 25 juillet 2006 à 18:16, par Ali Baba En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    « Que le Liban soit impuissant pour agir contre le Hezbollah est une justification supplémentaire d’une intervention extérieure. »

    Ça me choque, ça. Quand un père maltraite ses enfants, on ne tabasse pas la mère, on met simplement le père en prison. Si Israël voulait vraiment agir contre le Hezbollah, ils auraient agi en concertation avec le Liban et la communauté internationale (quitte à jouer cartes sur table avec tout le monde et à faire ouvertement pression pour que le Liban accepte toute l’aide israëlienne nécessaire) et n’auraient pas attendu les bras croisés une inévitable provocation pour envahir et détruire le pays.

    Si avoir des bases ouvertement déclarées dans un pays est une raison pour l’attaquer, on se demande bien pourquoi les USA n’ont pas bombardé l’Arabie Saoudite, dont tout le monde sait qu’elle est le bastion des djihadistes. Oh mais, j’oubliais : ils sont les spécialistes des deux poids, deux mesures.

  • Le 26 juillet 2006 à 10:02, par Valéry En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Pour reprendre ton analogie, quand le père bat les enfants et que la mère ne le dénonce pas - elle est considérée comme complice. Quand à l’Arabie Sahoudite les groupes terroristes y sont aussi clandestin alors que le Hezbollah a pignon sur rue au Liban - une télévision - connue pour diffuser des programmes antisémites - le CSA s’en était ému - et même des ministres au gouvernements selon la presse. La situation est donc très différente. On est plus dans le cas de figure de l’Afghanistan où le gouvernement taliban accueillait les bases d’Al Quaeda ouvertement - ce qui a légitimé l’intervention de 2001.

    Si ce qui choque c’est que ce soit Israël et pas la communauté internationale qui fasse le boulot, je suis bien d’accord, mais on s’oriente semble-t-il vers une solution de ce type. En revanche il faut qu’il s’agisse bien de lutter contre le Hezbollah et pas seulement de séparer les combattants ce qui reviendrait à protéger les terroristes.

  • Le 26 juillet 2006 à 10:06, par Valéry En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    On est bien d’accord sur l’indispensable réforme de l’ONU qui entre la présence de dictatures au Conseil de sécurité et sa commission des droits de l’homme bidon n’a guère de crédibilité.

    Je soulignais juste que les tentatives de réformes de ces dernières années n’ont rien données et que dans un système de traités internationaux rigide elle ne risque guère d’évoluer. Je pencherais plus vers un équivalent - au niveau mondial - du Conseil de l’Europe (pour l’aspect droits de l’homme / justice / coopération) avec les pays qui s’y prêtent - sans les régimes autoritaires. La démarche est différente. L’ONU a pour vocation première d’être universelle (avec tout le monde) il est par conséquent vain d’attendre d’elle des mesures sur les questions de droits de l’homme ou de justice sociale par exemple. On ne peut avancer qu’avec ceux qui le sohaitent. C’est déjà le cas sur les conventiosn internationales dans le cadre de l’ONU mais l’insertion dans le système onusien bloque les ambitions de ces dernières.

  • Le 26 juillet 2006 à 12:47, par Ronan Blaise En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Ah, mais pardon - je proteste ; - )) - mais l’ONU n’a pas seulement pour vocation initiale d’être universelle et de représenter absolument tout le monde. Elle se fixe aussi -très officiellement- pour objectifs de promouvoir -entre autres choses- le réglement pacifique des conflits par l’arbitrage international, la promotion des Droits de l’homme et d’essayer aussi de résoudre les questions de développement, humanitaires et sociales (etc).

    Quant au droit d’être membre de l’organisation des nations unies, cela n’est pas un dû : il faut y faire acte de candidature et y être admis (voire ne pas y faire l’objet d’une procédure d’exclusion...). (Et si certains pays devraient aujourd’hui être exclus de l’ONU ? Oui, bien entendu : mais cela fait du monde...). Mais d’autre part il est difficile d’espérer un jour inclure les ’’dictatures’’ dans l’ordre mondial ’’vertueux’’ qu’est censé organiser l’ONU si on les exclus d’emblée de son système organisationnel...

    Bref, il y a là - d’une part - les principes (auxquels je souscris...) et il y a - d’autre part - la (trop ?) pragmatique basse diplomatie ’’traditionnelle’’ dont les considérations et dont les pratiques effectives contredisent effectivement les principes affichés par l’organisation même censée les promouvoirs...

    Mais, malgré tous ses (trop) nombreux défauts, l’ONU reste aujourd’hui la seule instance de la gouvernance mondiale et de sécurité collective à laquelle (faute d’une alternative crédible...) les fédéralistes puissent encore se raccrocher (dans l’espoir secret de pouvoir la réformer de l’intérieur...). Donc, une fois de plus : ne surtout pas jeter le bébé avec l’eau du bain...

  • Le 26 juillet 2006 à 14:53, par Ronan Blaise En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Dans l’espoir qu’on ne me rétorque pas que ce document est anti-israélien, voici peut-être de possibles solutions à la crise actuelle.

    Donc, pour avoir une petite idée de ce qu’il faudrait faire : à lire.

  • Le 26 juillet 2006 à 16:04, par ? En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Ce document n’a rien d’anti-israélien et son analyse de la situation est très bonne.

    Néanmoins les conclusions de ce document me semblent un peu légères. Spécialement concernant le rôle de la force d’interposition et le non désarmement du Hezbollah.

    Comment la situation pourrait elle se stabiliser si le Hezbollah conserve ses capacités balistiques et reste la seule force militaire et de police du sud Liban ?

    - La situation entre le Liban et Israël resterait en sursis (n’oublions pas que le fond de commerce du Hezbollah est la destruction d’Israël)

    - La situation interne au Liban souffrirait encore de la puissance militaire du Hezbollah. Avec de telles recommandations le Hezbollah ne sera jamais intégré et surtout responsabilisé dans le système politique libanais (une des principales causes de tensions entre les différentes communautés).

    Benjamin

  • Le 26 juillet 2006 à 22:30, par Ali Baba En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Lu dans l’Orient-Le Jour

    « Autant sur les questions de politique intérieure, nous avons nos divergences qui sont saines pour la démocratie, autant sur les événements de cette gravité il est normal que nous soyons tous unis sur des positions qui doivent être justes et qui doivent appeler de la part de la France une intervention forte », a expliqué (François Hollande). La même idée a été exprimée par le président de l’Assemblée, Jean-Louis Debré, et par le président de l’UDF, François Bayrou, qui a cependant affirmé que « la seule réserve qui peut être marquée est la triste absence d’une voix européenne qui s’exprime avec force ». Quelques heures avant l’ouverture de la réunion de Matignon, le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Mattéi, a résumé au cours de son point de presse quotidien la position française sur la guerre au Liban. « Il y a une séquence qu’il faut avoir en tête, a dit M. Mattéi. Il faut qu’il y ait en priorité un cessez-le-feu. Il faut qu’il y ait un accord politique entre les parties. C’est ensuite que la force internationale pourrait se déployer. Et puis, pour nous, tout cela doit se faire très largement dans le cadre des Nations unies. »

  • Le 27 juillet 2006 à 11:18, par David Soldini En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    comparer le Liban de Hariri avec l’Afghanistan des Talibans est la pire bêtise que j’ai pu lire sur ce forum. C’est avec ce type d’assimilation grossière et qui néglige complètement la réalité que l’on va droit dans le mur.

  • Le 27 juillet 2006 à 22:00, par Valéry En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    Ce n’est pas une comparaison c’est une analogie comme je ne sais plus qui a fait une analogie infondée entre le Liban qui a des terroristes dans son gouvrenements et la France où quelques crimnels clandestins posent des bombes en Espagne.

    Il s’agiot tout simplement de constater qu’un Etat qui a sur ouvertement sur son territoire des bases terroristes et ne les combats pas doit être tenu pour responsable de leurs agissements. C’est pourquoi les actions menées au Liban par Israël sont de la légtime défense.

  • Le 27 juillet 2006 à 22:19, par Ronan Blaise En réponse à : Crise israélo-libanaise : que fait l’Europe ?

    C’est pourtant exactement le même discours de ’’légitimation de la violence armée’’ que tiennent actuellement certains milieux politiques turcs pour demander une intervention militaire de leur gouvernement dans le nord de l’Irak contre les bases du PKK kurde (ou de ce qu’il en reste).

    Attention : danger d’embrasement général. Avec ce discours du ’’chacun pour soi’’ (et l’ONU impuissante pour tous) et à ce rythme là, la question n’est plus de savoir si on va tous ensemble dans le mur, c’est de savoir à quelle vitesse...

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