
Le 25 mai 1998, les quatre ministres chargés de l’enseignement supérieur d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne et d’Italie se retrouvent lors d’un colloque à la Sorbonne, à l’occasion de la célébration du 800e anniversaire de l’Université de Paris, pour lancer un appel à la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur. C’était le début du processus de Bologne.
Ce processus de Bologne est l’une des plus vastes et plus importantes réformes de l’enseignement supérieur en Europe. L’objectif est d’instaurer d’ici 2010 un espace européen de l’enseignement supérieur dans lequel les enseignants, les étudiants et les diplômés pourront se déplacer facilement et bénéficier d’une juste reconnaissance de leurs qualifications. Tous les deux ans, les ministres européens de l’éducation se réunissent pour faire le point. La Confédération étudiante en a profité pour leur rappeler ses trois priorités.
Une stratégie d’excellence européenne
Cet objectif politique ambitieux nécessite que l’Europe se dote de pôles d’excellence mondiaux avec pour cela 2 exigences :
- Une augmentation substantielle du financement public et privé européen de l’enseignement supérieur et de la recherche.
- Une stratégie européanisée pour définir et construire ces pôles d’excellence européens.
A 3 ans de l’échéance de 2010 en France des réticences fortes existent encore sur les débats politiques majeurs pour l’avenir de l’université : l’évolution des missions de l’Université, l’autonomie des établissement et leur gouvernance, l’évaluation.
Nouvelle mission pour l’université : entrer dans une logique de compétences
Ainsi, de nouvelles questions se posent avec la massification de l’enseignement supérieur européen recherchée dans la perspective des objectifs de Lisbonne de construire une société de la connaissance.
L’émergence d’une mission pour l’université : « l’Insertion des Jeunes » au niveau européen est aujourd’hui une nécessité. Ce n’est pas uniquement rentrer dans une logique adéquationniste avec les besoins du marché de l’emploi mais aussi :
- identifier les compétences nécessaires pour s’adapter dans le monde du travail de demain (la mobilité, l’aptitude à la vie en réseau, la connaissance de son profil…)
- acquérir des compétences transversales des formations initiales
- traduire les diplômes en compétences à l’échelle de l’Europe. Cette logique de compétences est aussi nécessaire pour développer la mobilité des étudiants, des chercheurs, des professeurs en Europe.
La mobilité pour construire l’Europe
L’Europe politique se construit aussi par la connaissance mutuelle, meilleur rempart à la peur de l’autre et à la xénophobie. C’est le sens que nous donnons au nécessaire développement de la mobilité étudiante qui doit être renforcée et accompagnée, et notamment d’un point de vue des moyens financiers.
« Unis dans la diversité » pour être plus fort
La prise en compte de la diversité des systèmes permet la construction d’un espace européen d’enseignement supérieur fort pour affronter la concurrence mondiale. Cette construction ne peut consister à plaquer un système national sur l’ensemble des autres, c’est aussi la diversité de l’Europe qui fait sa force.
Un projet politiquer pour l’Europe de l’Education c’est poursuivre le chemin vers un espace de vie en commun dans la paix, la liberté, la démocratie et la prospérité.



