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L’enseignement des langues vivantes en France

, par Peter Fletcher

Dans le cadre d’une semaine spéciale « Éducation Nationale et Europe », le Taurillon donne la parole à Peter Fletcher, professeur agrégé des langues, enseignant à l’Université Joseph Fourier Grenoble 1 sur le problème de l’enseignement des langues.

Auteurs

  • Professeur agrégé des langues, enseignant à l’Université Joseph Fourier Grenoble 1

Mots-clés

L’enseignement des langues vivantes en France souffre de plusieurs pressions contradictoires

La conscience du besoin de parler des langues étrangères est contrecarrée par un ressentiment à l’encontre de la langue anglaise, perçue comme hégémonique. Ce rejet est omniprésent dans les médias. Il est à souligner que la grande majorité des films étrangers, qui ce soit au cinéma ou à la télévision, même sur des chaînes comme Arte, sont doublés. A part la musique, les jeunes français sont peu exposés à l’anglais authentique. Ce rejet général influe certainement sur les attitudes des élèves.

La volonté d’employer des méthodes communicatives et orales est freinée par l’importance donnée aux notes dans le système éducatif français.

L’importance donnée à la grammaire, et la complexité des analyses, n’aident pas à l’expression spontanée, pourtant recherchée selon les textes officiels du Ministère de l’Education nationale. Les manuels d’anglais utilisés dans les écoles reflètent ces contradictions.

Le recrutement des enseignants par concours était longtemps réservé aux Français, avec pour effet une conception très intellectualisée de l’enseignement des langues étrangères, et un rétrécissement des milieux parmi lesquels les professeurs étaient recrutés. Pour schématiser : les profs recrutés par concours enseignent des programmes conçus pour les élèves qui vont passer les concours.

La combinaison de tous ces facteurs se ressent lorsque les élèves arrivent à l’université, après, pour la plupart, sept ans d’anglais à l’école à raison de deux ou trois heures par semaine. Le niveau est assez disparate, allant de très bon à très faible, mais la grande masse souffre de quelques problèmes récurrents.

Le niveau est assez disparate, allant de très bon à très faible

Certains (ce n’est pas la majorité) ne voient pas l’utilité d’apprendre l’anglais.

Beaucoup se sentent découragés. On ne leur a pas appris à s’exprimer, mais à avoir peur de faire une faute. En conséquence, ils ont très peu de confiance en eux, et n’osent pas prendre la parole.

Leur vocabulaire est souvent très limité.

Beaucoup confondent connaissance de règles de grammaire et capacité à parler (ou de comprendre) une langue. Leur connaissance de la langue quotidienne utilisée par les anglophones dans des contextes sociaux est quasiment nulle. Les formules inappropriées employées par les Français en anglais, ajoutées aux intonations perçues par les anglophones comme « froides » (car trop monotones) ont pour résultat de faire apparaître les Français comme mal polis et peu amicaux.

Du fait de leur peu d’exposition à la langue parlée, ils éprouvent beaucoup de difficultés de compréhension.

En rédaction, ils sont souvent difficiles à comprendre, car des gallicismes appris à l’école n’ont que trop rarement été corrigés, et sont devenus des habitudes.

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P.-S.

Illustration :
- Diversité linguistique ; source : europa.eu.
- Apprentissage des langues ; source : europa.eu

Vos commentaires

  • Le 16 juillet 2008 à 13:23, par Kevin En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    j’ai commenté cet article sur mon blog : http://linterdependance.over-blog.com/article-21275038.html

  • Le 16 juillet 2008 à 14:57, par Sébastien En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Eh oui, c’est tellement vrai pour les autres langues aussi. Mais au lieu de se battre on se dit : « bon, on est nul pour les langues en France, c’était toujours comme ça ».

  • Le 17 juillet 2008 à 09:23, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    J’avais remarqué votre annonce de cet article sur un sujet qui m’intéresse, comme vous le savez, et je l’attendais avec curiosité ; quelle déception ! Je dirai simplement que c’est davantage un plan d’article qu’un article, qui en outre néglige de nombreux aspects essentiels de la question des langues à l’école.

    En fait, je trouve tout l’article tellement à côté des vraies questions que je ne sais comment le critiquer. Remarquons tout d’abord que les difficultés de l’enseignement des langues se résument pour l’auteur à celles de l’anglais !

    L’article commence par un axiome tout à fait contestable : « La conscience du besoin de parler des langues étrangères est contrecarrée par un ressentiment à l’encontre de la langue anglaise, perçue comme hégémonique. Ce rejet est omniprésent dans les médias. »

    Un rejet dans les médias ! Nous n’habitons pas dans la même France, car dans la mienne, les médias nationaux soutiennent à fond l’anglais comme lingua franca de l’UE, bourrent leurs articles et leurs commentaires d’anglicismes, justes ou approximatifs, les titres de films ne sont plus traduits depuis longtemps, un haut responsable de la télé a envoyé une chanson anglophone au concours de l’Eurovision, les dernières Francofolies de La Rochelle avaient 20 à 30% de « chansons françaises » en anglais, le récent rapport d’Hervé Bourges sur la francophonie a été soigneusement boycotté, ainsi que le rapport Grin sur la question des langues dans l’UE, de nombreuses universités et écoles supérieures organisent des cursus en anglais en toute illégalité (c’est anticonstitutionnel), Erasmus Mundus finance des cursus anglophones (80% environ), Pecresse et d’autres personnalités veulent ouvertement angliciser l’enseignement supérieur européen en vue d’une harmonisation (processus de Bologne), et surtout, surtout, aucun média n’ose écrire clairement cette simple vérité : avec la réforme de l’école primaire improprement appelée « initiation aux langues », la notion de choix des langues est moribonde, car l’anglais est imposé à la majorité des enfants. Certes, de nombreux parents l’auraient choisi s’il y avait eu un choix, mais la vérité crue, c’est qu’il n’y a pas de choix, sauf dans de rares cas (Alsace, parfois la langue régionale).

    Là où l’auteur voir un rejet omniprésent par les médias, je vois un soutien massif à l’anglais et un abandon de la francophonie, la défense du français étant devenue aux yeux de certains ringarde, voire anti-européenne, et ceux qui contestent le dogme officiel sont des Français arrogants, adjectif qu’on voit souvent repris (ailleurs). Défendre sa langue au sein de l’UE serait de l’arrogance !

    A mon sens, le premier point à discuter, c’est la question du choix : doit-on laisser les enfants ou leurs parents choisir la ou les langues étudiées à l’école ? Si oui, le facteur limitant, ce seront les possibilités structurelles des écoles, vaste sujet.

    Deuxième point crucial : faut-il emprisonner ou priver d’allocations les familles qui refuseraient l’anglais au primaire ? (je blague) Deuxième point : débuter une langue étrangère au primaire n’est pas la seule solution possible : l’excellent projet Evlang (finalisé, expérimenté dans divers pays européens) proposait une initiation linguistique non spécialisée dans une langue, apprentissage de divers alphabets, familiarisation avec diverses langues européennes, la spécialisation dans une ou deux langues commençant alors en 6e. L’anglais imposé à presque tous lui a été préféré lors de cette réforme...

    Ce qui nous montre bien que le sujet des langues à l’école n’est absolument pas une question pédagogique mais politique.

    L’article ne traite que de point secondaires : on est toujours à la recherche de la méthode miracle pour apprendre les langues. Hier, les cabines de langue, demain ce les tableaux électroniques interactifs, le dialogue avec les natifs (anglophones), aujourd’hui le dogme à la mode, c’est qu’il n’y aurait pas assez d’oral et trop de grammaire. Le fait que les petits Etasuniens fassent très peu de grammaire y est-il pour quelque chose ? Pourtant, dans toutes les langues, en débutant, il faut un peu de tout, explications, oral, grammaire.

    Autre vérité trop souvent cachée ou refusée : apprendre une langue étrangère à un niveau utile (B2 sur le Cadre commun) est un énorme travail, et l’école, avec 1500 à 3000 heures en LV1, ne peut être qu’une initiation, sans que l’on puisse reprocher quoi que ce soit ni aux enseignants ni aux méthodes. C’est comme ça. Si on cherche à se comparer à des pays comme la Suède qui ont quasiment remplacé leur langue par l’anglais à l’université, laissant mourrir la leur à petit feu (absence de tout vocabulaire scientifique récent), et qui donc font le « forcing » dessus très jeunes, on aura forcément de moins bons résultats. Il faut comparer ce qui est comparable.

    Une nouvelle fois, on voit que le facteur clé, c’est : diversité linguistique ou tout-anglais ? Peut-être tous ces points pourraient-ils être abordés par l’auteur dans une suite ?

  • Le 17 juillet 2008 à 11:27, par Fabien Cazenave En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Ahhhhhh ! J’ai eu peur que vous nous ayez oublié cher Krokodilo, je n’ai pas vu de commentaire de votre part dans les 5 minutes après publications de cet article !  :-p

    Je crois que vous avez tort sur un point. Pas sur le mythe du tout anglais qui va tuer le français... non ça, on est pas d’accord, c’est clair.

    C’est plus sur l’aspect du problème de l’apprentissage des langues où vous dîtes que c’est avant tout un problème politique et non pédagogique. En France, nous avons une manière d’enseigner les langues qui est moins bonne que dans beaucoup de pays européens. Et il faut en parler !

    D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que l’auteur ait cherché à donner des solutions dans cet article mais pointe simplement plusieurs des gros problèmes que nous avons dans l’enseignement des langues étrangères.

  • Le 17 juillet 2008 à 13:22, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Eh oui, j’étais planqué au tournant ! Pour dire qu’on est moins bon dans l’enseignement des langues que tel ou tel pays, sur quoi se base-t-on ?

    Où sont les preuves, les tests, les études sérieuses ? C’est un domaine où il est bien difficile de prouver quelque chose, surtout quand on ne dispose que de sondages bidons d’Eurobaromètre à qui on fait dire ce qu’on veut, et quand on ne compare les résultats français qu’en angais et qu’avec des pays qui ont adopté l’anglais quasiment officiellement (Suède,Norvège, Finlande, Hollande) ou qui l’ont rendu obligatoire à l’école primaire (Italie, Espagne et Portugal je crois).

    On discute donc sur la base d’impressions, d’avis dans lesquels rentre une bonne part de subjectivité, de convictions, d’idéologie.

  • Le 17 juillet 2008 à 15:31, par Dumitru Drumea En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Ah oui, quand on vit en France assez longtemps on n’a pas vraiment besoin de sondages sérieux pour dire que les Français(la plupart) sont nuls en langues étrangères. Mais ce n’est pas seulement le cas de la France : l’Italie et l’Espagne, malgré leurs efforts, sont moins bons que les Français en la matière.

  • Le 17 juillet 2008 à 17:13, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Références de ces enquêtes sur le niveau en langues étrangères dans ces différents pays ? Si on discute des impressions personnelles, à ma connaissance, les Anglais sont de loin les plus faibles en langues étrangères de toute l’UE.

  • Le 18 juillet 2008 à 00:54, par ? En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Mais oui, certes, mais ce n’est pas pour autant que les Français doivent suivre le mauvais exemple. Mais il faut dire que en général les français (sauf Sciences Po et autres HECs ; et encore...) sont moins ouverts vers l’étranger. Moi, qui suis un grand francophile, je déplore cela, car nombreux sont les jeunes Français qui se retrouvent au chômage faute de pouvoir parler des langues étrangères/ et comme le dit Mr.Fletcher, ils ne sentent pas la nécessité d’apprendre l’anglais. On se demande où est le problème ? le voilà

  • Le 18 juillet 2008 à 09:40, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    « (...) faute de pouvoir parler des langues étrangères/ et comme le dit Mr.Fletcher, ils ne sentent pas la nécessité d’apprendre l’anglais. »

    Vous parlez DES langues étrangères, pour conclure sur la nécessité d’apprendre l’anglais, confirmant ce que je disais : la question n’est pas pédagogique, mais politique. Faut-il obliger les gens à apprendre l’anglais ? L’espagnol est devenu la 3e langue sur Internet, par exemple. Peut-on d’ailleurs obliger à apprendre une langue , j’en doute puisque la motivation est essentielle.

    Quand on est locuteur d’une langue de grande diffusion, comme le français ou l’anglais, on est effectivement moins poussés à en travailler d’autres.

  • Le 18 juillet 2008 à 09:56, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    J’ajoute que l’été je rencontre régulièrement des touristes, et si certains Suédois sont effectivement très « fluent english » (surtout ingénieurs, etc), d’autres ont le même « kitchen english » que moi et que tous ceux qui n’ont pas pratiqué en immersion ou ne le parlent pas régulièrement. Tout le monde n’est pas député à Bruxelles ou commercial anglophone.

    A mon avis, cette histoire de Français nuls en langue, c’est un cliché et du masochisme à la française.

  • Le 18 juillet 2008 à 10:20, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Fabien, "Je crois que vous avez tort sur un point. Pas sur le mythe du tout anglais qui va tuer le français… non ça, on est pas d’accord, c’est clair." Puisque le sujet du site c’est la construction européenne, savez-vous que l’UE, dans ses relations avec les pays tiers, n’utilise à ma connaissance que l’anglais ? Par exemple dans les programmes Erasmus Window, Tempus ? récemment, avec Israël :

    http://www.delisr.ec.europa.eu/English/default.asp

    (site en hébreu, arabe, russe, mais la seule langue de l’UE est l’anglais).

    idem dans le partenariat avec la Chine :

    http://ec.europa.eu/avservices...

    (cliquer sur « preview »)

    Les pays membres de l’UE devraient demander à ce que l’équilibre des langues soit respecté, que le partenariat soit diversifié sur le plan linguistique...

    Quelle est la légitimité de ce choix exclusif de l’anglais comme langue de l’UE dans ses relations extérieures ? Il existe 3 langues de travail, et ce favoritisme est totalement illégal.

    Alors, si aucun pays ne proteste, oui, la construction européenne va tuer la francophonie.

  • Le 18 juillet 2008 à 13:35, par Valéry En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    « A mon avis, cette histoire de Français nuls en langue, c’est un cliché et du masochisme à la française. »

    Ce n’est pas parce que on trouve dans d’autres pays des nuls en langues que ça fait de la situation française un cliché.

    En toute hypothèse voilà un domaine où les Français ne revendiquent pas être meilleurs que le reste du monde ce qui est quand même particulièrement symptomatique de nos insuffisances dans ce domaine.

    En réalité le problème est que pour être bon en langues en France il faut suivre des cours particuliers ou avoir une famille qui vous finance des séjours linguistiques. Les moyens de l’école comme la politique d’enseignement suivie, trop académique, sont insuffisants.

    On ne peut pas ignorer ce problème et il est impérieux de le résoudre.

  • Le 18 juillet 2008 à 14:22, par Ronan En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    « La construction européenne va tuer la Francophonie ». Rien que ça.

    Restons sérieux deux minutes : la Francophonie jouit de sa vie propre. Ce n’est pas deux ou trois décisions administratives dans le seul et strict domaine de la communication extérieure et/ou des relations extérieures de l’UE qui vont la tuer.

    De même que le français restera la langue des français (et des francophones) tant qu’il se trouvera encore des français (et des francophones) pour la parler prioritairement à tout autre langue. ce qui est tout de même le cas aujourd’hui. Et vu le faible niveau (je confirme) de maîtrise des langues étrangères dans notre pays (je confirme...), ce n’est pas demain la veille qu’il en sera autrement.

    Pourquoi un si "faible" niveau ?! (si, si : j’insiste...) Parce que l’enseignement des langues en France est essentiellement livresque, cartésien et académique, bref "à la française" (et rébarbatif ?!) : il privilégie l’étude de la grammaire et des règles de conjugaison (comme s’il s’agissait encore là de l’étude du latin...) à toute maîtrise spontanée du vocabulaire, de l’expression et de l’oral.

  • Le 18 juillet 2008 à 15:17, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Ronan, Il s’agissait naturellement d’une mort lente de la francophonie !

    Soit, la francophonie durera longtemps, mais comment en pas voir que si l’UE utilise exclusivement l’anglais dans ses relations extérieures (exemples ci-dessus), c’est autant d’effet publicitaire en moins pour le français et l’allemand, et en plus pour l’anglais, la GB et les USA ? Demandez aux Libanais francophones ce qu’ils pensent de la défense du français par la France...

    Sur les méthodes, le vocabulaire sans la grammaire, je connais très bien, c’est mon « broken english » ! je suis très heureux de voir que je me situe soudainement à la pointe de la modernité pédagogique.

    Pour le reste, j’attends toujours de savoir sur quelles études on se base pour affirmer que les Français sont mauvais en langues étrangères. (Autres que les sondages d’Eurobaromètre, « of course »).

  • Le 18 juillet 2008 à 15:31, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Valéry,

    Mais ce n’est pas du tout un problème ! C’est un peu comme si vous disiez qu’il y a un problème parce que l’école n’arrive pas à former des architectes, des biologistes, des comptables, des ingénieurs agronomes au baccalauréat. L’école ne peut former des « fluent », sauf à sacrifier d’autres matières et à mettre le paquet sur une seule langue (laquelle ?) depuis la maternelle jusqu’à l’université.

    Une langue étrangère représente un immense travail (ce dont nous ne sommes guère conscients parce que nous vivons en immersion dans la nôtre depuis tout petits), et l’école, même en LV1 (distinction en passe de disparaître des collèges et lycées), est une initiation plus ou moins poussée selon les modules et les filières.

    Le seul vrai problème de l’enseignement des langues, c’est l’absence de choix, évident au primaire, et de plus en plus net au secondaire.

    J’ai d’ailleurs proposé une réforme qui permettrait une vraie liberté de choix tout en élargissant beaucoup le panel de langues possibles, et à coût quasiment constant : en gros, le projet Evlang au primaire,

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37511

    et au secondaire, complémentarité public-privé-associations parentales, et validation du niveau exclusivement par l’école :

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=34856

    Je ne comprends pas le masochisme des profs de langue qui acceptent ce refrain des mauvaises méthodes, quand la question est strictement politique, diversité versus tout anglais. A moins qu’on soit dans le « toujours plus », plus de stages, de séjours linguistiques, d’heures de langue, etc., raisonnement qui peut s’appliquer à n’importe quelle matière.

  • Le 19 juillet 2008 à 17:59, par Sébastien En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Bonjour !

    Juste un petit mot pour exprimer mon ras le bol de voir et d’entendre partout, dès que l’on parle de langues étrangères (au pluriel), de finalement constater que de langues étrangères, ce n’est que d’anglais qu’il s’agit. Un exemple caricatural de ce que l’on peut entendre : « Les français sont nuls en langues étrangères, en effet, leur niveau d’anglais est très bas... ».

    Votre titre aurait du être « L’enseignement de l’ANGLAIS en France ». Si pour vous les langues étrangères (multilinguisme)=anglais, j’en suis vraiment attristé. Ce n’est pas de cette Europe que je veux.

    Salutations européennes (multilingues).

  • Le 19 juillet 2008 à 19:30, par Fabien Cazenave En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Que dîtes-vous Sébastien ? Qui a dit que sur ce site, nous sommes pour seulement pour l’anglais ?

    Je vous invite à lire les articles que nous avons produits sur le multilinguisme.

    Par ailleurs, que cela soit en anglais, en allemand ou en espagnol, notre niveau général est souvent mauvais.

  • Le 21 juillet 2008 à 22:00, par Jérémie En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Pourquoi dire « les langues étangères » quand on ne parle, dans l’article, que de l’anglais ?

    L’anglais est bien aujourd’hui une langue hégémonique dans les relations internationales, et tout ce qui compte dans la société —les médias en tête !— pousse à la résignation vis à vis de cette hégémonie, par définition inique. On répète à l’envi que l’anglais est indispensable pour un nombre croissant d’emplois (et c’est vrai) mais on oublie de dire que c’est inacceptablement injuste : la mondialisation est une course où tous les pays non-anglophones ont le boulet de la langue internationale aux pieds ! Qui arrive forcément en tête, dans ces conditions ?...

    Que la société française ait plus de réticence que d’autres à se jeter tête baissée dans le renoncement à l’injustice que produit l’apprentissage généralisé de l’anglais est réjouissant. Encore faudrait-il proposer une solution alternative juste pour répondre au problème de la langue commune internationale ! Il n’y a pas 36 solutions : quand on se soucie d’équité, et qu’on ne peut utiliser une langue qui serait celle de tous, il faut en utiliser une qui ne soit celle de personne.

  • Le 22 juillet 2008 à 10:58, par ? En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    J’ai lu les discussions sur ce sujet en diagonale mais s’il y a bien quelqu’un qui fait de la politique c’est vous « krokodilo ». Reniez la nécessité de l’Anglais à l’heure des échanges commerciaux internationaux relève soit de l’inconscience pure soit de l’idéologie ! Quant à proposer un choix des langues, il serait temps enfin que certains appréhendent l’organisation de l’éducation nationale avec un peu plus de pragmatisme. Le choix de l’anglais ne relève donc pas comme vous l’affirmer avec tant de conviction d’une politique ségrégationniste mais est tout simplement du bon sens. En ce qui me concerne, mes enfants entendent parler le Français et l’Anglais à la maison depuis qu’ils sont nés. Et nul ne pourra contredire que l’apprentissage d’une langue étrangère dès le plus jeune âge est un atout considérable et surtout beaucoup plus facile. Bien sûr que certains souhaiteront un choix dans l’apprentissage de cette langue. Mais si l’on propose un choix, quelles sont les limites de ce choix ?

  • Le 22 juillet 2008 à 11:17, par Fabien Cazenave En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    L’Allemand, c’est bien aussi pour draguer les Hongroises, les Allemandes et les Autrichiennes...

    Comme ça, on se démarque de ceux qui ne parlent que anglais...  :-p

  • Le 22 juillet 2008 à 12:41, par krokodilo En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    X ?,

    Je mets l’accent sur les facteurs politiques de l’enseignement des langues justement parce que, partout ailleurs, on ne lit que des considérations pédagogiques qui occultent les vraies questions. Si les médias faisaient leur boulot en démontant les mensonges de l’UE et de nos élites, si les enseignants acceptaient la part de politique qu’il y a dans la question des langues à l’école, j’interviendrais moins souvent à ce sujet.

    Si le choix de l’anglais est si naturel, pourquoi est-il fait de façon si hypocrite, au point d’appeler ça au primaire initiation « aux » langues ? Pourquoi ne pas le voter comme l’Italie ?

    Par ailleurs, le « choix » de l’anglais est le choix des dirigeants, le choix des postes de langues dans les établissements, pas le choix des élèves ni celui des parents ! Certes, beaucoup choisiraient l’anglais, mais nul ne sait combien, ni si cela serait en LV1 ou LV2. Dans les zones frontalières, beaucoup choisiraient l’allemand, l’espagnol ou le catalan, l’italien.

    J’ai mis un lien plus haut sur ma proposition de réforme de l’enseignement des langues, une profonde réforme cette fois, qui assurerait tout à la fois un large choix et une vraie liberté.... Au pays de la liberté, celle de choisir la ou les langues de son choix est méprisée !

    Bien sûr que l’anglais a une position privilégiée dans de nombreux métiers, mais le renforcer et l’officialiser comme lingua franca de l’UE et du monde aurait de nombreux inconvénients : avez-vous lu, par exemple, la pétition de scientifiques en faveur de la poursuite de publications en français ? http://www.fabula.org/actualites/article22541.php

  • Le 11 avril 2009 à 02:38, par Jorgos En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Bien évidemment, c’est d’une langue commune neutre dont nous avons besoin, alors puisque l’espéranto existe déjà depuis plus de 120 ans, il serait temps que l’Education nationale fasse des tests comparatifs :
    - dix classes qui apprennent d’abord l’espagnol, dix autres d’abord l’anglais, dix autres d’abord l’allemand, dix autres d’abord l’italien, dix autres d’abord le hollandais, suivant les régions de proximité et dix autres d’abord l’espéranto, ensuite, qu’après deux ans, toutes apprennent le chinois,
    - même scénario avec en deuxième langue l’arabe,
    - ailleurs, le russe.

    Et là, on compare les résultats !

    Mais il y a un tabou tellement fort dans l’Education nationale... (et dans la presse !) que les gens doivent se débrouiller tous seuls, avec <esperanto.net> ou autre site brésilien ou québécois. Js.

  • Le 9 avril 2013 à 11:03, par Phil Cumberbatch En réponse à : L’enseignement des langues vivantes en France

    Je viens de prendre ma retraite de l’Université Stendhal de Grenoble. J’étais M.C. dans le département de L.E.A. (2 langues principales). Le niveau de compétences en langue anglaise est affligeant. A mon avis, l’apprentissage des langues reflète une querelle qui date de l’époque coloniale. Dans le coin bleu vous avez la France et la langue française - Rome, la gloire, la pensée pristine, une langue qu’on manie comme le fleuret, la vérité, la précision. Dans le coin rouge se vautre le Royaume Uni (rapidement dépassé par les Etats-Unis) et ce qu’on appelle ’l’anglais’ - Carthage, le marchand de tapis, l’esprit mercantile, une langue qui vient des basses classes des marchands et affiliés… Beaucoup de clichés qui se vérifient, malheureusement.Le problème pour la France se situe en 1815. ’Racine out - Shakespeare in’ morne plaine, etc. La suite est connue, l’Empire Britannique arrive toujours avant la France par rapport à l’hégemonie mondiale. Puis c’est 1917 et les Américains arrivent… Game Over. Les faits sont têtus. La France et La langue française sont réduites à défendre leur moyen de communication coûte que coûte. En résumé, le Gallo-Romain réchigne à apprendre la langue (ou les langues) des puissants « Anglo-Saxons » - on ne collabore ni avec les envahisseurs/libérateurs ni avec les soi-disant maîtres du monde ’libre’. Le résultat ? Toute langue étrangère doit être étudiée en fonction de la langue française.

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