
Dans le monde de demain, la Chine sera-t-elle devenue la première puissance mondiale ? Entrera-t-elle en conflit avec les Etats-Unis ? Qu’en sera-t-il de la révolution islamiste ? Le conflit israélo-palestinien aura-t-il enfin trouvé une issue ? La nouvelle Russie va-t-elle enfin devenir une véritable Démocratie ?
Où en serons-nous dans la croissance démographique mondiale ? De nouvelles épidémies nous menaceront-elles ? Quelles seront les conséquences du réchauffement climatique et de la dégradation environnementale ? L’Europe parviendra-t-elle à sécuriser ses approvisionnements énergétiques ? Comment nos sociétés industrialisées géreront-elles l’après-pétrôle ? Quelles seront les prochaines innovations technologiques susceptibles de modifier notre mode de vie, nos sociétés et nos économies ?
Pour tenter de répondre à ces nombreuses questions, l’IES-UE (Institut d’études de sécurité de l’UE) a mobilisé des experts de toutes nationnalités et de toutes disciplines, réalisant là une enquête prospective passionnante afin de mieux déceler les tendances, mutations, facteurs et acteurs qui façonneront à longue échéance le contexte international de demain.
Pour mieux interpréter les tendances, mieux comprendre les risques, mieux anticiper les éventuelles crises et mieux déterminer les évolutions qui ont le plus de chance d’intervenir pour les décennies à venir dans ces domaines clefs que sont la démographie, l’économie, l’énergie, l’environnement, le développement technologique et les sciences, etc.
Mieux comprendre les mutations du monde contemporain :
Un ouvrage qui peut nous aider à mieux comprendre les dynamiques, mutations et métamorphoses du monde actuel ; pour que l’Europe les accompagne au mieux plutôt que d’avoir à les subir : notamment en identifiant, à l’avance, les sources potentielles de conflits et d’instabilité dans son voisinage géographique ou ’’étranger proche’’.
Car le monde de demain ne sera sans doute pas de tout repos : le clilmat international risque fort d’être instable, voire difficile. Ainsi, les années à venir verront tout à la fois la poursuite de la mondialisation économique et l’émergence d’un monde multipolaire. Un monde nouveau qui connaîtra alors une augmentation potentielle des conflits liés à l’accès aux ressources ou à l’accroissement des inégalités (voire une concurrence accrue entre ensembles régionaux).
Un monde où le bouleversement en cours des grands équilibres mondiaux et la complexité croissante du contexte international rendront plus délicate encore l’exercice du pouvoir et de l’autorité, et plus difficile encore la définition de priorités internationales pour résoudre des défis pourtant communs (notamment liés à la dégradation environnementale).
En tout cas, voilà des analyses convergentes qui tendent toutes à témoigner qu’une phase de l’histoire aujourd’hui vieille d’au moins trois siècles s’achève sous nos yeux : celle de la domination de l’Occident et de l’unipolarité américaine, et l’entrée prochaine de notre monde dans une ère ’’post-occidentale’’.
Quelle place pour l’Europe dans le monde de demain ?
Dans le monde tourmenté de demain, l’Europe ne pourra donc plus se contenter de se construire autour de seules problématiques domestiques internes liées à son intégration économique. Elle devra donc plus se penser comme un seul îlot introverti de prospérité et de paix et oser ’’sortir le bout du nez de son nid douillet’’.
En effet, pour elle le vrai défi sera de façonner le changement du monde, d’organiser le changement plutôt que d’avoir à le subir. Apporter une valeur ajouté au débat international par la promotion d’une nouvelle ’’syntaxe’’ des relations internationales sera sa marque de fabrique et sa plus belle contribution à la mise en place d’un nouvel ordre mondial plus juste et pacifique.
Devenue un acteur international potentiellement majeur, l’UE devra donc alors se montrer prête à endosser des responsabilités mondiales et à promouvoir sa vision du monde. L’action extérieure devra désormais devenir une préoccupation commune à tous les responsables européens [2].
D’où la nécessité - et, en ce sens, la prévision n’est certes pas un luxe - de faire émerger un modèle multilatéral de gouvernance mondiale à l’échelle globale et fondé sur le Droit. Ce à quoi l’Europe peut positivement contribuer en exposant, comme ici, son ambition de maîtriser et de canaliser l’actuelle mondialisation, et sa vision de l’avenir…
Quelle Europe pour demain ?
Aujourd’hui le futur de l’Union est incertain : combien d’Etats auront rejoints ses rangs en 2025 ? Où en seront la coopération et l’intégration européennes ? Dans quels domaines s’exerceront-elles ? Aura-t-elle une Constitution ? Mais les réponses à ces questions sont pourtant d’importance si l’Europe veut être en mesure de relever les défis qui l’attendent dont de nombreux domaines…
Tout au plus se doute-t-on que l’Europe a de fortes chances de rester une puissance économique de premier plan au niveau de vie élevé. Mais ni l’état futur du monde, ni la place que l’Union y prendra ne semblent être irrémédiabllement déterminés. Tout dépendant de la volonté politique des dirigeants européens et de leur capacité à jouer favorablement avec les atoûts que possède l’Union.
D’où l’intérêt d’un tel travail d’analyse des événements mondiaux contemporains présents et à venir. Pour permettre l’émergence de diagnostics européens partagés et rendre plus facile la formulation d’intérêts communs. Afin de mieux définir les priorités stratégiques (et les projets de réformes) pour cette Union européenne aujourd’hui en devenir.
En d’autres termes, le débat sur la réforme de l’Union devrait aller de pair avec une réflexion stratégique sur les valeurs, les intérêts et les objectifs de l’UE dans les affaires internationales. Car c’est ainsi, en envisageant avec méthode son propre avenir et sa position dans le monde, que l’UE sera mieux armée pour se réformer elle-même et aider à forger un monde meilleur et plus sûr pour tous.
Voilà donc un ouvrage de prospective géopolitique qui est le résultat d’un vaste travail pluridisciplinaire mené par « l’Institut d’études de sécurité » de l’UE (IES / UE). Un ouvrage qui est là une grande première en Europe : une grande première à saluer comme il se doit car la seule création d’un tel outil est une preuve de grande sagesse politique.
Car refuser de penser l’avenir et d’anticiper ses turbulences et éventuelles crises, c’est se condamner à être le spectateur impuissant d’évolutions sur lesquelles l’action publique n’aurait alors finalement aucune prise. Et se condamner à les subir.





