
En effet, durant ces dernières semaines de campagne, on aura eut le plaisir (et tout l’intérêt) de lire ses brillantes chroniques hebdomadaires et éditoriales dans la dîte gazette hebdomadaire satirique et subversive (et sus-mentionnée…).
Or, depuis peu (en fait depuis au moins la mi-Mai dernière…), la compil’ de ces chroniques hebdomadaires est récemment sortie aux éditions « le Cherche midi » sous le titre évocateur suivant : « le Référendum des lâches » (ouvrage sous-titré : « les arguments tabous du Oui et du Non à l’Europe »…).
L’auteur fustige ici la « lâcheté » des leaders politiques qui ont refusé de parler de la seule question qui aurait vraiment valu la peine d’être traîtée lors de cette campagne : celle de la mise en place d’une Europe politique de nature fédéraleLa thèse de Philippe Val est la suivante : Comme il est -chez les Chiites- un Imam caché, il est aussi - dans nos Démocraties bel et bien malades- des débats cachés, délibérément cachés car -précisément- ils gênent tout le monde…
Or, ici, c’est tout le débat essentiel de cette dernière campagne référendaire qui était (et a effectivement été) complètement « escamoté » (terme employé, page 75) : celui qui, par l’adoption de cette Constitution européenne nous aurait alors fait passer de l’ordre national à un nouveau schéma : fédéral, cette fois.
Et, en effet, l’Auteur fustige ici la « lâcheté » des Leaders politiques (Ouïstes comme Nonistes) qui ont ainsi délibérement refusé « mordicus » (de peur -sans doute- de froisser une opinion qu’il savent attachée aux symboles de la patrie…) (page 70) de parler de la seule question qui aurait vraiment valu la peine d’être traîtée lors de cette campagne : celle de la mise en place d’une Europe politique de nature fédérale (page 66) grâce à l’abandon progressif de pans entiers des souverainetés nationales.
Puisque ce débat posait alors ainsi la seule et unique question qui, à ses yeux, aurait vraiment méritée d’être publiquement posée devant l’opinion (ici, page 71) : « La Nation, construction historique, est-elle l’unité la plus grande à l’intérieur de laquelle s’organise la vie ? Est-elle une étape vers des entités élargies ou, au contraire est-elle l’ultime limite d’un espace politique » (à dépasser ?).
Mais pourquoi diable chercher donc à quitter l’ordre ancien et rassurant des réalités ’nationales’ soit disant éprouvées pour entrer dans ce monde nouveau (et néanmoins plein d’incertitudes…) ?
Réponse de Philippe Val : Car les Nations ont déjà tout dit et, qu’à force, elles ont fini par beaucoup trop en dire… (page 106).
Alors que les idées fédéralistes, elles, font de nous des Citoyens d’une idée plutôt que d’une terre… (page 105). Et parce que ces idées fédéralistes affranchissent les êtres humains de l’état de rivalité et de servilité volontaire dans lesquels les ont plongé le schéma politique de l’Etat-Nation : un cadre institutionnel et mental, hier oppresseur et mortifère (et devenu, aujourd’hui, déliquescent et complètement inefficace et, par cela donc, archaïque et obsolète…).
Puisqu’il s’agit là, en fait, d’un « débat entre ceux qui disent ’chacun chez soi et les vaches seront bien gardées’ et ceux qui pensent que l’adhésion aux idées démocratiques affranchissent les vaches de l’état de servitude qu’implique l’appartenance à un troupeau qui se pose en rival d’autres troupeaux » (page 83).
Un débat où s’affrontent donc « Républicains » et « Démocrates » : ceux qui font primer leur attachement à la Nation et à la République sur la démocratie… et ceux pour lesquels la Démocratie est une priorité qui prîme même sur le vieil idéal de la République jacobine (page 92).
Une vieille République jacobine derrière laquelle se cachent un concept politique sacré (la « Nation », sujet explosif s’il en est… (page 16) et l’une des passions politiques dominantes de notre vieux pays : un discours nationaliste inavoué, inavouable, diffus (mais malheureusement bien réel…) selon lequel l’espace national serait, décidément, l’unique espace humain, social et politique, dans lequel on puisse jamais concevoir et édifier quelque bonheur collectif.
Et ce, alors que l’évolution du monde et la mondialisation de l’économie ont fait qu’à l’évidence la Nation, la Patrie et la République « sacrées » ne peuvent pourtant plus, aujourd’hui, garantir aux Citoyens des conditions de vie décentes (page 38).
Bref, voilà un petit ouvrage qui reste encore aujourd’hui à lire et à relire. Juste histoire de ressaisir furtivement cette opportunité, malheureusement manquée, de pouvoir choisir (enfin…) entre un passé de souffrances largement éprouvées et la construction d’un avenir meilleur, alors encore possible… Un petit ouvrage à relire aujourd’hui, juste histoire de s’imprégner des termes d’un débat manqué (mais qui, nul n’en doute, reviendra…).
Enfin, juste préciser que le style de l’ouvrage est vif et alerte (mais non sans répétition, parfois brouillonnes d’ailleurs…), que la griffe n’en n’est pas moins acérée… (et que ça ne fait jamais que 115 pages en format « livre de poche » !).
Voilà donc un tout petit ouvrage fort sympathique récemment devenu un petit « livre de chevet » (de plus) pour certains d’entre nous : petit ouvrage à acquérir d’urgence pour la modeste somme « modique » de seulement cinq euros ; un ouvrage sans doute immédiatement disponible (si ce n’est déjà fait…) chez votre libraire le plus proche…
Bonnes lectures… fédéralistes, donc !






