Sur la vie politique en Pologne

Quels sont les principaux acteurs de la scène politique polonaise d’aujourd’hui ?

, par Dominika Rutkowska

Sur la vie politique en Pologne

Sur la scène politique polonaise, très diversifiée depuis le changement du système politique, en 1989, on trouve aujourd’hui des formations politiques nombreuses et concurrentes avec des programmes et avec visions de l’avenir bien différentes les unes des autres. A ce sujet, la description qu’en font les médias français est assez sommaire et se limite - souvent - à une information courte, pas toujours très claire.

Quelles sont les grandes formations politiques polonaises à l’heure actuelle et depuis la chute du Communisme ?

Quel est leur positionnement sur les grandes questions européennes actuelles, comme le Traité Constitutionnel européen ou l’élargissement ? C’est à ces questions que s’efforce de répondre cet article...

Qu’est devenu Solidarnosc ?

Si l’on souhaite parler de la scène politique polonais d’aujourd’hui, il faut commencer par évoquer l’existence de « Solidarnosc » : ce premier mouvement populaire polonais de masse contre le pouvoir communiste.

Solidarnosc, syndicat libre des années 1980

« Solidarnosc » : une fédération de syndicats polonais fondée en août 1980. Un mouvement politique populaire et démocratique qui comptait alors environ 10 millions d’adhérents.

Légalisé en 1989, « Solidarnosc » avait alors eu la possibilité de participer aux premières élections libres de l’après communisme et a joué un rôle important dans la transition démocratique des années 1988-1989.

Après quelques années, « Solidarnosc » s’est transformé en un syndicat plus traditionnel avant de prendre, en 1996, un visage plus politique : « Alliance électorale de Solidarité » (en polonais : « Akcja Wyborcza Solidarność », AWS).

Cependant, même si - en 1997 - AWS a créé une coalition avec un autre parti issu du mouvement Solidarnosc : l’ « Union de la Liberté » (en polonais « Unia Wolnosci », UW), cette coopération n’a jamais porté ses fruits. C’est pourquoi, en 2000, l’UW a quitté la coalition. A cette époque là, le mouvement « Solidarnosc » comptait encore 1,5 millions d’adhérants environ. Cependant, son influence dans la vie politique était devenue marginale. Et, aujourd’hui le syndicat ne compte plus que 500 000 membres.

Au sein de « Solidarnosc » il y avait là plusieurs hommes politiques qui ont continué (et continuent encore...) leur carrière politique. Ils ont fondé des partis politiques de droite et du centre. D’autre part, le parti communiste « PZPR » a disparu en 1990 et a donné alors naissance au parti post-communiste « Social-démocratie Polonaise » (i. e : « Socjaldemokracja Rzczezypospolitej Polskiej », SdRP) qui, en 1999, s’est transformé en « Alliance de la gauche démocratique ».

La recomposition des années 2000

Les ’’héritiers’’ de Solidarnosc étaient donc alors l’AWS et l’Union de la Liberté. Or, depuis peu (en 2005) cette dernière s’est transformée en « Parti Démocratique » (i. e : « Partia Demokratyczna »). N’ayant pas obtenu le succès escompté, et perdant là de plus en plus de ses membres l’AWS a alors changé de nom pour adopter celui d’ « Alliance électorale Solidarité de la Droite » (i. e : « Akcja Wyborcza Solidarność Prawicy », AWSP).

Mais, lors des élections législatives de 2001 l’AWSP n’est même pas entrée au parlement. Ce qui fait qu’elle ne s’est pas finalement pas même représentée lors des scrutins de 2005. Son leader était alors l’ancien premier ministre Jerzy Buzek (actuellement député polonais au Parlement européen, dans le cadre de la formation libérale de centre-droit « Plate-forme civique »).

Au même moment, de nombreux changements se sont produits sur la droite de sa scène politique polonaise. Notamment lors de l’année 2001 : une année décisive qui a alors vu une profonde réorganisation de la vie politique polonaise et la disparition disparition définitive de l’AWS, branche politique du mouvement « Solidarnosc ».

Ainsi, en cette année 2001, certains anciens membres d’AWS ont créé le parti « Droit et Justice » (i. « Prawo i Sprawiedliwosc », PiS), formation aujourd’hui perçue comme étant représentative de la Droite dure. Alors même que, dans le même temps, d’autres hommes politiques - anciens de l’AWS et de l’UW - fondaient la « Plateforme Civique » (i. e « Platforma Obywatelska », PO), parti libéral...

Le paysage politique polonais à l’heure actuelle, quinze ans après le début de la démocratisation...

Si l’on compare le paysage politique polonais actuel à celui des tous débuts de la démocratisation, on constate que la situation politique du début des années 1990 a évolué dans le sens d’un plus large évantail de partis et d’une offre politique aujourd’hui mieux structurée et beaucoup plus variée. A ce seul titre, la scène politique polonaise s’apparente donc à ses modèles européens et mondiaux.

Le Parlement polonais est aujourd’hui un Parlement bicaméral. C’est à dire qu’il se compose actuellement de deux corps législatifs : la « Sejm » (i. e, en polonais : la Diète), Chambre basse qui compte 460 députés et le « Sénat », Chambre haute du Parlement, composée de 100 sénateurs. Dans la « Sejm » élue en septembre 2005, nous trouvons :

A Droite : « Droit et Justice » (PiS)

Dans le paysage politique polonais, à Droite on trouve le parti politique « Droit et Justice »  [1] : une formation actuellement dirigé par les frères jumeaux Lech et Jaroslaw Kaczynski (respectivement Président de la république et premier ministre).

Il s’agit là un parti politique qui revendique actuellement environ 130 000 adhérents et qui (avec 27% des voix, lors des élections législatives de septembre 2005) a alors obtenu plus de 150 élus à la Diète.

« Droit et Justice », parti conservateur

Atlantistes et favorables à la politique de l’équipe Bush en Irak et en Afghanistan, les membres du PiS sont favorables à une participation de l’armée polonaise en Irak. De même, ce parti de Droite (voire de la Droite dure) ne cache pas des tendances très conservatrices voire réactionnaires, en faveur de valeurs dîtes ’’morales et patriotiques’’.

A ce seul titre, on évoque régulièrement dans la presse internationale (notamment en France) et en tout particulier ses prises de positions très claires et récurrentes sur certaines questions de société : contre l’euthanasie, contre l’avortement, contre l’inscription dans la Loi des unions homosexuelles, contre la légalisation des drogues douces et pour le rétablissement de la peine de mort.

En 2005, aux dernières élections, ils ont formé une coalition avec deux partis radicaux « Autodéfense » et la « Ligue des familles polonaises ». Au départ, cette coalition était menée par le premier ministre (PiS) Kazimierz Marcinkiewicz. Mais, depuis juillet dernier, c’est le leader même du parti, Jaroslaw Kaczynski (frère jumeau du président de la République Lech Kaczynski), qui lui a alors succédé à la tête du gouvernement.

Ce parti n’est pas ouvertement contre l’Union européenne mais il s’oppose à l’adoption du TCE et demande le maintien des clauses du Traité de Nice favorables à la Pologne. Représenté au Parlement européen par sept eurodépurtés (dont une femme) le « PiS » fait partie du groupe parlementaire « Union pour l’Europe des Nations ».

Au Centre-Droit : la « Plate-forme civique » (P.O)

Au centre-droit du paysage politique polonais, on trouve la « Plateforme Civique » [2] (Platforma Obywatelska, P.O), actuellement deuxième formation politique polonaises en seuls termes d’élus avec plus de 130 députés à la Diète (et avec 24% des voix aux élections législatives de septembre 2005).

PO, parti libéral de centre-droit

Une formation politique dont les personnalités les plus en vue sont aujourd’hui Andrzej Olechowski et Donald Tusk (respectivement candidats malheureux aux élections présidentielles de 2002 et 2005) : un parti politique qui comptait près de 30 000 adhérants en juin 2006.

Perçu en tant que parti politique de la Droite libérale, son programme politique se caractérise notamment par le libéralisme en économie et l’établissement d’une meilleure démocratie politique. Ainsi, ils sont pour la diminution du poids de l’Etat dans l’économie du pays, pour la supression de la Chambre haute du Parlement polonais (i. e : le Sénat). Cependant, sur le plan des questions de sociétés (avortement, euthanasie, légalisation des unions homosexuelles, légalisation des drogues douces, etc), il semble que la P.O soit tout aussi rigide que le PiS.

Lors des dernières élections européennes de juin 2004, la P.O a obtenu 25 % des voix et est ainsi (avec 15 des 54 eurodéputés polonais) devenu le parti polonais le mieux représenté au Parlement européen où la P.O - dont la délégation aun Parlement européen est actuellement dirigée par l’ancien premier ministre Jerzy Buzek - fait depuis lors partie du Groupe parlementaire « PPE-DE » (i. e : « Parti populaire européen - Démocrates européens »).

A Gauche : l’ « Alliance de la Gauche démocratique » (SLD)

Le parti également représenté à la Sejm (et le troisième parti politique polonais à l’heure actuelle, en seuls termes de représentation parlementaire) est l’ « Alliance de la Gauche démocratique » (Sojusz Lewicy Demokratycznej, SLD) [3] .

Il s’agi là d’une formation politique dont les principaux leaders ont récemment été MM. Aleksander Kwasniewski (président de la république de 1995 à 2005), Wlodzimierz Cimoszewicz (candidat malheureux aux élections présidentielles de 2005) ainsi que les anciens premiers ministres Leszek Miller, Marek Belka et Wojciech Olejniczak.

SLD, parti social-démocrate

Cette « Alliance de la Gauche démocratique » (SLD) revendique aujourd’hui près de 80 000 adhérents. Elle compte également plus de 50 élus à la Sejm (ayant obtenu un score de plus de 11% lors des élections législatives de septembre 2005). Avec l’OP, les sociaux-démocrates de la SLD forment aujourd’hui l’opposition au gouvernement ’’national-conservateur’’ actuellement en place.

A la tête de cette formation, il y a - depuis peu - une personnalité qui n’est pas liée au passé communiste et post-communiste du parti : il s’agit là de Wojciech Olejniczak. Cette formation a dix eurodéputés au Parlement européen, où elle a rejoint le Groupe parlementaire socialiste « PSE ».

La ligne politique de ce parti (dont les origines remontent cependant à l’ex-Parti ouvrier unifié polonais « PZPR » d’obédience clairement communiste...) est aujourd’hui favorable à la démocratie libérale, au respect des droits de l’homme, au libéralisme économique, au progrès social, à la construction européenne et à une alliance néanmoins étroite avec les États-Unis.

Aux Extrêmes : « Samoobrona » (Autodéfense)

Juste après la « SLD » en seuls termes d’effectifs parlementaires et de scores électoraux on trouve un parti politique dénommé « Autodéfense de la République de Pologne » (i. e : « Samoobrona Rzeczpospolitej Polskiej », SRP) [4].

Samoobrona, parti populiste

Il s’agit là d’un parti politique qui, sous l’autorité de son actuel leader Andrzej Lepper, s’est imposé aux dernières élections législatives polonaises comme étant la quatrième force politique du pays, obtenant là une cinquantaine de sièges à la Sejm (grâce à un score de 11,5% lors des élections législatives de septembre 2005).

Pour expliquer ce phénomène, les politologues avancent que c‘est sans doute l’effondrement de la gauche qui a ouvert le chemin de la victoire à cette formation populiste, depuis lors devenue incontournable.

Ne recueillant en 1997 que 0,1% des suffrages, cette formation fait aujourd’hui partie de l’actuelle coalition gouvernementale avec le « PiS » et avec la « LPR ». Ce qui a valu à Lepper d’obtenir alors le poste de vice-Premier ministre et le porteteuille du ministre de l’Agriculture et du développement rural.

Décrit en Europe occidentale comme étant un parti politique d’extrême-droite (et décrit en Pologne comme étant d’extrême-gauche...), « Samoobrona » défend une ligne politique populiste et isolationniste. Il se pose en porte-parole du monde rural mais, en réalité, son électorat est formé de déçus des changements socio-politiques et économiques ayant eu lieu en Pologne depuis 1989 (dont surtout des habitants des campagnes et des petites villes, des chômeurs, des travailleurs des anciennes fermes d’Etat et des ouvriers non qualifiés...).

Les membres d’Autodéfense sont stigmatisés comme étant les plus parfaits symboles de l’anarchie. En effet, ils bousculent les habitudes politiques en agissant de manière tapageuse et au travers des actions militantes agressives, en bloquant - par exemple - les travaux du Parlement ou n pratiquant l’insulte verbale comme moyen d’expression et de pression politique.

Ce parti prône par exemple le remise en place d’une agriculture d’État, l’augmentation des programmes sociaux gouvernementaux, l’arrêt du paiement de la dette extérieure, l’introduction d’une taxe sur les supermarchés occidentaux et l’utilisation immédiate des réserves monétaires. Stigmatisé dans la presse française comme étant un parti clairement anti-européen, « Samoobrona » reste surtout hostile envers les investissements étrangers.

A l’Extrême-Droite : la « Ligue des familles polonaises » (LPR)

Derrière « Autodéfense » en seuls terme de résultats électoraux et de représentation parlementaire, on trouve la « Ligue des familles polonaises » [5] qui compte une trentaine d’élus à la Diète (ayant obtenu un score de 8% lors des élections législatives de septembre 2005).

LPR, parti de la droite nationaliste

Ce n’est certes pas beaucoup par rapport aux autres partis déjà précédemment cités, mais pourtant on en parle souvent en Europe occidentale. Et ce, surtout en termes péjoratifs.

En effet, la « Ligue des Familles Polonaises » est un parti qui rassemble des électeurs issus des mouvances nationalistes et d’extrême-droite (i. e : les anciens militants du « Parti National », du « Mouvement Catholique-National » et de l’ « Alliance pour la Pologne »). Cette formation, fondée en 2002, revendique aujourd’hui 14 000 adhérents (chiffres de juin 2006). Et son leader actuel est Roman Giertych.

Dans les média français la « LPR » est stigmatisée comme étant un parti nationaliste et ultra-catholique. Et nous avons écho, de temps en temps, des opinions choquantes démanant de ce parti, comme par exemple il y a quelques semaines, ses dénégations à propos de la théorie de l’évolution (i. e : de Charles Darwin...).

Ayant obtenu plus de 15% des voix exprimées (et 10 sièges d’eurodéputés) lors des élections européennes de juin 2004 (deuxième score, toutes formations politiques polonaises confondues...), ils ont alors fait une entrée remarquée au Parlement européen où ils font désormais partie du groupe parlementaire « Indépendance & Démocratie ».

En ce qui concerne la politique étrangère, les Leaders de la LPR -clairement atlantistes - se prononcent en faveur d’une coopération appuyée avec les Etats-Unis. Ce parti est également une des rares formations politiques polonaises à lutter ouvertement contre l’intégration de la Pologne à l’Union européenne. Ce parti refuse également l’entrée de la Pologne dans la zone Euro ainsi que la construction du Traité Constitutionnel européen.

De même, ce parti politique ’’national-clérical’’ est favorable à une intervention poussée de l’Etat dans l’économie. Ses adhérants considèrent également - comme s’il s’agissait là d’une mission pour leur mouvement - qu’il leur appartient de veiller prioritairement à la défense des valeurs traditionnelles comme la famille, le patriotisme, la liberté et la propriété. Par ailleurs, ils sont favorables à la peine de mort pour les assassins et violeurs d’enfants de moins de 15 ans.

Que reste-t-il des Agrariens ?

A la Sejm on trouve aussi le « Parti Paysan de Pologne, Parti Populaire Polonais » (i. e : « Polskie Stronnictwo Ludowe », PSL) [6] : une formation politique qui compte aujourd’hui 25 élus à la Diète (puisque ayant obtenu 7% des suffrages lors des élections législatives de septembre 2005).

PSL, parti agrarien

Les militants de ce parti de la mouvance ’’agrarienne’’ se rattachent aujourd’hui à la grande tradition polonaise des partis ’’paysans’’ et du ’’mouvement populaire’’ d’avant la Seconde Guerre mondiale (et au PSL du premier ministre Stanislaw Mikolajczyk : le seul parti politique encore ’’indépendant’’ lors des années 1945-1947).

Représentant des tendances ’’agrariennes’’ de la vie politique polonaise, ce « PSL » est un parti paysan moderne actuellement au centre de l’échiquier politique polonais. Aujourd’hui, ce parti politique polonais s’attache à représenter les intérêts des agriculteurs des petites localités (Nb : dans les grandes agglomérations, il a - à vrai dire - peu de soutien...).

Où sont passés les Centristes ?!

De même, de manière plus symbolique encore il existe également le « Ruch Ludowo Narodowy » : une formation qui compte aujourd’hui quinze élus issus de partis différents, mais qui n’a pas encore, à l’heure actuelle, de programme politique bien défini. De même on trouve aujourd’hui à la Sejm quatre députés non inscrits ne faisant partie d’aucune formation politique spécifique.

Enfin, il faudrait aussi rapidement parler de « l’Union de la Liberté » (i. e : « Unia Wolnosci », UW), formation devenue en 2005 « Parti Démocratique » [7]. Il s’agissait là d’un parti libéral de centre–droit. Et ses héritiers ont maintenu la même ligne politique : libérale et européenne, démocratique et sociale.

De toutes les formations politiques existant aujourd’hui en Pologne, c’est là la formation la plus proeuropéenne de toutes celles aujourd’hui existantes. Ainsi, pour ce parti l’approbation du Traité constitutionnel européen est une priorité. De même, ce parti politique a émis de nombreuses propositions concernant la scolarisation des enfants dès l’âge de cinq ans, ainsi que la nécessité de l’apprentissage de deux langues étrangères. Enfin, en ce qui concerne l‘économie, ces démocrates souhaitent la mise en place d’un baisse des impôts.

Cette formation politique - dont les principaux chefs de file actuels sont aujourd’hui MM. Wladyslaw Frasyniuk, Tadeusz Mazowiecki, Bronislaw Geremek ou encore Marek Belka - compte aujourd’hui environ 10 000 membres. Ce parti compte également aujourd’hui quatre eurodéputés (dont une femme), membres du groupe parlementaire « Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe » (ALDE-ELDR).

Cependant, lors des dernières élections parlementaires (en 2005) ce parti n’a obtenu que 2,5% des votes, ce qui ne lui aura finalement valu aucun élu. Puisque, pour entrer à la Diète, Chambre basse du Parlement polonais, il faut obtenir au moins 5% des suffrages exprimés...

A l’heure actuelle, selon les derniers sondages rendus publics, près de 50% des Polonais désapprouvent aujourd’hui le gouvernement des frères Kaczynski. Et la « Plateforme civique » - principal parti d’opposition - compte aujourd’hui plus de 12 points d’avance sur le parti « Droit et Justice » (PiS) du Premier ministre et de son frère, président de la République.

Et ce, à l’heure du bilan de ces élections municipales du 12 novembre dernier qui s’annonçaient alors comme un test électoral clef pour juger de la popularité de l’actuel gouvernement polonais après une année de crise politique ’’à la polonaise’’ quasi ininterrompue...

- Illustration :

Le visuel d’ouverture de cet article est une photographie du ’’Sejm’’ (i. e : la Diète) : Chambre basse du Parlement polonais. Ce document est tiré de l’Encyclopédie en ligne wikipédia.

- Bibliographie :

1. GEREMEK Bronisław, FRYBES Marcin (dir.), « Kaléidoscope Franco-Polonais », Paris, Varsovie, Les Éditions Noir sur Blanc et Institut Adam Mickiewicz, 2004.

2. MICHENER James A., « Pologne » (roman), Paris, Éditions du Seuil, 1984.

3. « Le populiste Andrzej Lepper réintégre le gouvernement polonais », Le Monde, 10 octobre 2006.

4. www.poland.gov.pl.

5. www.sejm.gov.pl.

6. www.kprm.gov.pl.

Mots-clés

Notes

[1i. e : « Prawo i Sprawiedliwosc » (PiS) : www.pis.org.pl.

[2i. e : « Platforma Obywatelska » (P.O) : www.platforma.org.

[3i. e : « Sojusz Lewicy Demokratycznej » (SLD) : www.sld.org.pl.

[4i. e : « Samoobrona Rzeczpospolitej Polskiej » (SRP) : www.samoobrona.org.pl.

[5i. e : « Liga Polskich Rodzin » (LPR) : www.lpr.pl.

[6i. e : « Polskie Stronnictwo Ludowe » (PSL) : www.psl.org.pl.

[7i. e : « Partia Demokratyczna » (UW-PD) : www.demokraci.pl.

Vos commentaires

  • Le 15 novembre 2006 à 07:18, par Ronan Blaise En réponse à : Sur la vie politique en Pologne

    Juste préciser - infos de dernières minutes - que les élections municipales polonaises du dimanche 12 novembre dernier (premier grand test électoral depuis un an et depuis les élections législatives et présidentielles de l’automne 2005) ont vu une évidente réorientation de la vie politique polonaise au détriment de l’actuelle coalition au pouvoir.

    Bien sûr, il ne s’agissait là que d’élections municipales et - bien sûr - le taux d’abstention (autour de 55% : en légère baisse par apport aux mêmes élections de 2002) reste très fort. Mais il n’empêche : ces élections récentes - dans le contexte politique que l’on sait en Pologne - semblent avoir porté un rude coup à l’actuelle coalition national-conservatrice.

    Ainsi, les Libéraux de l’OP semblent l’avoir très largement emporté aux municipales dans les principales grandes villes du pays : à Gdansk (avec plus de 60% des voix dès le premier tour pour le candidat libéral - Pawel Adamowicz - dans ce bastion ’’solidariste’’, ville de naissance des frères Kaczynski), à Poznan, à Krakow ainsi qu’à - peut-être - Varsovie, ville autrefois dirigée par M. Lech Kaczynski et bastion du PiS depuis 2002 (ville où la désignation du maire nécessitera un second tour où la candidate de l’OP - Mme Hanna Gronkiewicz-Waltz - semble très bien placée pour l’emporter sur l’ancien pm (PiS) Kazimierz Marcinkiewicz...).

    En revanche, les petites communes des campagnes et du monde rural (près de 40% de la population totale) semblent rester fidèles au PiS qui apparaît plus que jamais comme un parti politique conservateur de Droite. (Alors que l’OP paraît être de plus en plus, sociologiquement parlant, comme un parti libéral de centre-droit et de clientèle ’’urbaine’’).

    En revanche, c’est là une cuisante défaite pour les deux formations politiques extrémistes LPR et Samoobrona : la première n’atteignant pas même le seuil des 5% indispensable pour avoir des élus alors que la seconde le dépasse à peine. Et perd ainsi sa place de troisième formation du paysage politique polonais au profit de la nouvelle alliance de Centre-Gauche récemment conclue entre SLD (post-communistes socio-démocrates, laminés aux dernières législatives de septembre 2005) et centristes de l’UW-Parti démocrate (qui récoltent donc ensemble près de 15% des voix).

    En tout cas ce scrutin semble avoir été un énorme camouflet pour l’actuelle coalition au pouvoir. Et, devant l’effondrement des scores électoraux de ses alliés, il est clair que le PiS y regardera désormais à deux fois avant de se risquer à se lancer dans des élections législatives anticipées.

    Bref, l’actuelle principale formation polonaise actuellement aux affaires (le PiS) semble aujourd’hui condamnée à coopérer, faute de majorité alternative, avec deux alliés extrémistes balayés lors de ce scrutin municipal (et désormais bien affaiblis). L’actuelle coalition au pouvoir n’en perd que davantage de légitimité à gouverner le pays. En tout cas, voilà qui promet pour cette Pologne qui connait, depuis plus d’un an déjà, des crises politiques à répétition...

  • Le 29 novembre 2006 à 11:22, par Ronan Blaise En réponse à : Sur la vie politique en Pologne

    Nouveau complément d’information (Sources : Dépêches d’agence publiées ce 28 novembre 2006).

    Lors du deuxième tour des élections municipales polonaises, ce week-end dernier, les conservateurs polonais actuellement au pouvoir ont subi une importante défaite électorale au moins dans leur ancien fief de Varsovie où ils étaient aux commandes depuis déjà près de quatre ans : un tremplin électoral qui avait alors servi de ’’marche-pied’’ à son maire (M. Lech Kaczynski) pour conquérir la présidence de la république, en octobre 2005.

    En effet, c’est Mme Hanna Gronkiewitz-Waltz (54 ans : Libérale de la Plateforme civique, parti politique de centre-droit ; ex-présidente de la banque centrale de Pologne et vice-présidente de la banque européenne de reconstruction et de développement, BERD) qui l’a emporté, avec l’appui de la gauche (avec plus de 53% des voix exprimées) sur M. Kazimierz Marcinkiewicz, ancien premier ministre du parti conservateur ’’Droit et Justice’’ (PiS) actuellement au pouvoir.

  • Le 19 juillet 2007 à 21:39, par Ronan En réponse à : Sur la vie politique en Pologne

    - Compléments d’informations :

    Suite au dernier sommet européen de la fin juillet dernier, on apprend - en cette fin juillet 2007 - que les deux grandes formations eurosceptiques aujourd’hui membres de la coalition gouvernementale actuellement au pouvoir en Pologne (LPR et Samoobrona) ont décidées de s’associer et de regrouper leurs efforts au sein d’une nouvelle structure politique : la LiS (i. e : « Liga & Samoobrona »), nouvelle formation co-présidée par leurs leaders respectifs : le national-clérical Roman Giertych (LPR) et l’agrarien populiste Andrzej Lepper (S), (lui-même récemment limogé, le 8 juillet dernier, de son poste de vice-premier ministre et de ministre de l’agriculture pour son implication présumée dans une affaire de pots-de-vin...).

    Objectif avoué de ce nouvel attelage ouvertement eurosceptique : obtenir le rejet du récent traité réformateur de l’Union européenne.

  • Le 26 octobre 2007 à 02:27, par Europe Politique En réponse à : Sur la vie politique en Pologne

    Deux liens supplémentaires :

    1. Les élections en Pologne

    1. Les partis politiques en Pologne

  • Le 19 janvier 2011 à 16:51, par Sondag En réponse à : Sur la vie politique en Pologne

    Bonjour, ce qui me gène dans votre présentation, c’est que vous reprenez des clichés qu’on entend souvent en Europe de l’Ouest sur la Pologne :

    Au sujet de Droit et Justice : « De même, ce parti de Droite (voire de la Droite dure) ne cache pas des tendances très conservatrices voire réactionnaires, en faveur de valeurs dîtes ’’morales et patriotiques’’. » Il ne faut, selon moi, jamais qualifier qqun de réactionnaire. C’est un terme apparue sous la Révolution Française pour désigner ceux qui ne voulaient pas la Révolution ; et on sait ce qu’on risquait en France à cette époque si on était pas assez révolutionnaire. Utiliser un tel qualificatif va contre l’idée de liberté de conscience.

    Vous dites ensuite : « A ce seul titre, on évoque régulièrement dans la presse internationale (notamment en France) et en tout particulier ses prises de positions très claires et récurrentes sur certaines questions de société : contre l’euthanasie, contre l’avortement, contre l’inscription dans la Loi des unions homosexuelles, contre la légalisation des drogues douces et pour le rétablissement de la peine de mort. » Pourquoi amalgamez-vous des questions si différentes ? De plus, nous pouvons avoir ces positions sans mériter d’être présenter comme un quasi-intégriste, non ?

    De la même façon, lorsque vous parlez de la Plate-Forme Civique : « Ainsi, ils sont pour la diminution du poids de l’Etat dans l’économie du pays, pour la supression de la Chambre haute du Parlement polonais (i. e : le Sénat). Cependant, sur le plan des questions de sociétés (avortement, euthanasie, légalisation des unions homosexuelles, légalisation des drogues douces, etc), il semble que la P.O soit tout aussi rigide que le PiS. » Pourquoi, « cependant » ? Pourquoi devrait-il forcément y a voir une contradiction entre ces positions ? Pourquoi, « rigide » ? Si quelqu’un est opposé à l’avortement ou à l’euthanasie et garde ses positions, il est donc rigide ? Il ne peut pas être logique avec lui-même, tous simplement ?

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