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Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

, par Valéry-Xavier Lentz

Dix-huit pays ont aujourd’hui ratifié le traité de Lisbonne. Un seul d’entre eux, dont la population représente 1% d’une Europe de 500 millions d’habitants l’a repoussé. On trouve pourtant parmi les militants nationalistes des personnes souhaitant cesser la ratification.

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  • Secrétaire fédéral de l’Union des fédéralistes européens (UEF-France). Ancien vice-président des Jeunes Européens-France.

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Les nationalistes font preuve aujourd’hui d’une bien étrange vision de la démocratie. Alors qu’une vaste majorité de l’Europe souhaite voir le traité de Lisbonne enter en vigueur rapidement, le choix négatif dans l’un des États membres, l’un des plus petits, devraient selon eux s’imposer à tous [1].

Cela peut peut être se comprendre de la part des nationalistes irlandais. C’est beaucoup plus incompréhensible de la part des nationalistes français qui souhaitent que le choix de notre pays soit ignoré.

Il faut dire que la cohérence n’est pas la caractéristique principale de nos adversaires. Ainsi, le leader d’extrême-gauche Jean-Luc Mélenchon a fait mine de s’enthousiasmer du Non réactionnaire et conservateur qui s’est exprimé en Irlande pour tenter sans honte de le faire passer pour un Non « de gauche » (cf. Jean Quatremer : Peut-on se réjouir du « non » irlandais ?). Ce type de propos absurde ne nous fera pas oublier par exemple, alors que les propagandistes anti-européens avaient en France menti en prétendant que le traité européen de 2004 menaçait le droit à l’avortement, que leurs « camarades » irlandais ont menti en prétendant l’inverse au sujet du nouveau traité.

En réalité le seul point commun entre le vote français de 2005 et le vote irlandais de ce vendredi est que le résultat est en partie dû au faible niveau d’information du public sur les questions européennes. Cette situation, dont les responsables sont les responsables gouvernementaux, a permis aux extrémistes de mener une campagne de désinformation majeure.

Poursuivre la ratification

La seule hypothèse raisonnable aujourd’hui est la poursuite du processus de ratification et l’entrée en vigueur du traité qu’une majorité d’États membres a déjà accepté.

La seule alternative serait imposer aux Européens le catastrophique traité de Nice comme le dernier des traités. Sans doute troublé par l’annonce des résultats, le premier ministre portugais, M. Luis Amado a pourtant à Marseille évoqué cette hypothèse scandaleuse.

Il est urgent que ceux qui l’envisagent reviennent à la raison et se rendent compte que suite aux élargissements successifs qui ont de manière irresponsable abouti à une Europe à 27 dans des institutions conçues pour 6, et soumise à la règle d’une modification des traités adoptée à l’unanimité et ratifiée à l’unanimité, tolérer que 1% de Non suffise à bloquer la ratification serait décréter la fin de tout progrès pour la construction européenne.

Robert Toulemon le soulignait sur son blog : Le référendum irlandais ou la démonstration par l’absurde. Il précise : « Il est aisé de concevoir une autre procédure démocratique et respectueuse des souverainetés. La réforme serait adoptée dès lors qu’elle serait approuvée par une majorité d’États à définir (deux tiers ou trois quarts) représentant la majorité de la population de l’Union. Les pays minoritaires auraient le choix de se rallier à la majorité ou de se retirer de l’UE et de négocier un accord d’association. Si l’on souhaitait néanmoins recourir au référendum, celui-ci devrait intervenir le même jour dans tous les États membres, les citoyens étant informés des conséquences d’un éventuel vote négatif. » [2]

Il faut souligner qu’une telle proposition avait été faite lors de la Convention sur l’avenir de l’Europe mais avait été écartée du texte final, notamment sur pression des gouvernements euro-sceptiques. À deux reprises à présent, où une minorité opposée au traité impose ou tente d’imposer son diktat à la majorité, il a été démontré que l’on a eu tort de leur céder.

Le courage politique qui a manqué à l’époque doit donc être retrouvé aujourd’hui. Il faudra proposer l’entrée en vigueur du texte, éventuellement en ne l’appliquant lorsque c’est possible qu’aux États-membres l’ayant ratifié, et un texte complémentaire précisant aux électeurs irlandais que les craintes qu’une campagne de désinformation a fait naître chez eux ne sont pas justifiées, par exemple sur la question de la neutralité. Tout ceci est déjà précisé dans le traité mais le redire explicitement peut servir.

Le combat sur deux fronts des fédéralistes

Comme souvent en matière européenne, les propositions des fédéralistes s’avèrent les plus justes. Ne pas les avoir prises en compte est aujourd’hui la cause du désastre – en raison du retard qu’il implique pour la construction européenne – du processus Nice-Lisbonne. Il serait toutefois illusoire de croire que ces difficultés sont susceptibles d’entrainer une prise de conscience de la part de l’establishment européiste. Les fédéralistes, dans leur combat pour une Europe à la fois unie et démocratique, combattent en effet sur deux fronts.

- D’un côté, les nationalistes, à droite comme à gauche. Ceux-ci entretiennent la croyance que l’humanité a vocation à demeurer cloitrée dans des États-nations et que ces derniers sont le seul cadre possible et légitime pour l’action politique et la démocratie. Les tenants de cette mythologie voient donc – avec raison – dans le projet européen de construction d’un droit et d’une démocratie internationale, l’antithèse de leur combat réactionnaire.

- De l’autre, les européistes ont compris qu’un certains nombre d’enjeux impliquent par leur nature et leur échelle une gouvernance supranationale. Ils restent toutefois prisonniers des schémas intellectuels du passé, ou défendent tout simplement leurs intérêts de gouvernants nationaux, en refusant que cette gouvernance passe par les voies démocratiques. Ce sont les tenants de l’intergouvernementalisme et souvent de l’unanimité. Contraints par les circonstances, et poussés par quelques uns de leurs collègues plus clairvoyants, ils ont dû toutefois accepter les progrès de la construction européenne, l’élection du Parlement européen et sa montée en puissance progressive... Ils jouent toutefois un rôle contre-productif aujourd’hui. En effet, en assimilant dans l’esprit des citoyens le projet européen à leur vision conservatrice issue de la culture diplomatique et non pas de la culture démocratique, ils suscitent des oppositions en partie infondées. En prétendant construire l’Europe et proposer des solutions alors qu’ils ne se payent souvent que de mots, en maintenant dans bon nombre de domaines l’unanimité et en encombrant les traités de déclarations d’intentions, ils créent un décalage fatal entre leurs promesses et les faits et par conséquent des désillusions de la part d’une population a priori plutôt sensible à la cause européenne.

Prétendre vouloir une Europe forte en ne lui octroyant que des institutions faibles : cette attitude a notamment été celle des gouvernements français successifs. C’est ce que dénonce fort à propos Sylvie Goulard dans Le Coq et la Perle.

En ne proposant comme alternative que des solutions aussi médiocres, les européistes enlisent l’Europe encore plus. En suggérant de se satisfaire des mauvais traités en vigueur actuellement – mauvais car insuffisants au regard des enjeux – ils ne se donnent comme perspective que des progrès par la bande, hors des traités et issus de la négociation intergouvernementale, c’est à dire à la fois peu démocratiques et moins efficaces.

Le vent du boulet qu’avait ressenti l’Europe au lendemain du référendum de 1992 sur le traité de Maastricht n’avait pas suffit. Seul l’engagement et les qualités exceptionnelles du président de la Répubique de l’époque avaient permis d’éviter un premier désastre. Ses successeurs – et leurs homologues – n’ont pas su offrir les perspectives nécessaires pour éviter les obstacles que nous connaissons actuellement. Espérons qu’ils ne cèderont pas aux sirènes défaitistes de ceux qui veulent aujourd’hui amarrer l’Europe au corps-mort du traité de Nice et sauront innover afin que l’Europe puisse à nouveau retrouver la haute mer.

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P.-S.

Illustration : carte faisant l’état des ratifications en Europe, carte réalisée par Touteleurope.fr.

Légende de la carte :
- en jaune, les pays qui ont rejeté le traité.
- en rouge, les pays qui ont ratifié.
- en orange, les pays qui ne se sont pas encore prononcés.

Notes

[1avec une majorité de 53,4% soit 862 415 personnes seulement.

[2Notons que le traité de Lisbonne prévoit le retrait de l’Union (article 50 du TUE consolidé).

Vos commentaires

  • Le 14 juin 2008 à 10:48, par Grégoire Guillard En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Il faut organiser un référendum pan européen sur le Traité de Lisbonne à l’occasion des élections parlementaires européennes de 2009... les gouvernements ont un an devant eux pour organiser une telle initiative.

    Je ne crois pas qu’il faille mépriser un peuple européen, même s’il ne représente qu’1%. Les arguments du Oui en Irlande ont dû être tout aussi grossiers que les non (culpabilisant, moralisant etc.). Fédéraliste convaincu que je suis, ou plutôt partisan d’une « fédération des Etats Nations », je crois que le traité de Lisbonne est bon sur le fond, car j’ai pris le temps de comprendre les enjeux. Je n’ai pas pris le temps de lire entièrement le texte, qui me serait certainement apparu obscur et complexe, si je n’avais fait des études supérieures en droit...

    Il faut éviter la fuite en avant (on continue la ratification et on met de coté les Irlandais) et la fuite en arrière (on jette le texte aux orties, on rerédige un nouveau texte etc.). Le texte est un compromis entre les gouvernants qui doivent le « vendre » à leurs gouvernés. Le référendum n’est pas seulement un artefact mais une réelle voie de légitimation démocratique. N’oublions pas que les compromis à 27 sont difficiles et longs à aboutir. Même insatisfaisant, il ne peut qu’être une bonne base de départ.

    L’Union européenne en mérite bien la chandelle : un référendum pan européen, à l’attention de tous les citoyens européens, doit permettre de sortir du cadre purement national, de mettre les nationaux face à face, de susciter leur envie d’Europe. Dans la pratique, bien des questions sont certes à résoudre (modalités pratiques, valeur des voix par Etat, système de comptabilisation ...) mais nous pouvons y croire.

    La France devra prendre ses responsabilités à la tête de l’Union pour inciter un nouveau souffle, faire des propositions ambitieuses. Mais balayons au pas de notre porte avant de faire la leçon. L’histoire montre que nous avons nous même eu du mal à adopter notre propre cadre constitutionnel au niveau national (deux référendums pour la Constitution de 1946). La Constitution de la Vème a été adoptée grâce à l’empreinte d’un homme politique qui savait rassembler autour de sa personne.

  • Le 14 juin 2008 à 11:09, par Nico En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Je ne suis pas réactionnaire ni d’extrême gauche.

    Je pense simplement que l’Europe doit rester une organisation internationale s’occupant de grands projets internationaux.

    Abandonnez l’idée d’un état fédéral, les citoyens n’en veulent pas.

    1% impose à 500 millions ? Etes vous sûrs que les 500 milllions auraient voté oui ?

    L’Irlande est un état souverain, nous devons respecter cette souveraineté, et on n’a pas à leur imposer quelque chose qu’ils ne veulent pas.

    Ceux qui veulent ce traité n’ont qu’à le ratifier et l’appliquer. Ceux qui ne veulent pas peuvent sortir des institutions et reprendre leur liberté.

    Je regrette qu’en 2005, la France n’ait pas fait ce choix.

    Enfin n’oubliez pas que l’arrogance des européistes (donc de vous-même) est aussi un facteur de rejet.

  • Le 14 juin 2008 à 11:16, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Vous êtes sur un site où nous ne nous contentons pas d’être « européistes », mais fédéralistes. Si vous n’êtes pas pour une Europe fédérale, c’est votre choix. Je préfère ce genre de position que celle de ceux qui se disent européens mais qui n’ont qu’une vision limitée du projet européen et sont donc en accord avec vous finalement.

     ;-)

    Je vous rejoins sur un point, même avec un référendum pan-européen, nous ne sommes pas sûrs du résultat. Ce serait un combat et les leaders nonistes sont mieux mobilisés que nous pour le coup. On a du retard à rattraper. C’est clair.

    Enfin, ceux qui ont l’arrogance de croire que l’Europe n’est qu’une évidence ont bien des soucis à se faire : croire que l’Europe est un acquis est une grave erreur. C’est une évidence pour moi, mais je sais que cela ne peut être qu’un moteur pour aller convaincre les autres.

    J’ai l’impression que l’Europe intergouvernementale est un échec mais que nos responsables politiques n’ont pas envie de s’en rendre compte.

  • Le 14 juin 2008 à 11:31, par Valéry En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    « L’Irlande est un état souverain, nous devons respecter cette souveraineté, et on n’a pas à leur imposer quelque chose qu’ils ne veulent pas. »

    Tout à fait et de la même manière elle ne peux pas imposer son choix à tous les autres États membres de l’Union.

    « Ceux qui veulent ce traité n’ont qu’à le ratifier et l’appliquer. Ceux qui ne veulent pas peuvent sortir des institutions et reprendre leur liberté. »

    La règle de la démocratie est précisément que l’on accepte d’être mis en minorité. Ceux qui ne veulent pas jouer ce jeu doivent donc en effet se retirer.

    En fait nous sommes d’accord, donc ?

  • Le 14 juin 2008 à 11:34, par Oxygène En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Je pense que tant que le texte sera illisible pour le commun des mortels le risque de refus lors d’un référendum sera bien trop grand. Ici en Belgique je pense que ce serait un OUI enthousiaste mais la première cause du ’non’ irlandais est ’je ne comprends pas’, ne l’oublions pas. Et puisqu’il est illisible les citoyens ont toujours l’impression qu’on leur cache quelque chose et les plus minables des campagnes de désinformation sont alors efficaces. Bref un référendum européen sur le Traité de Lisbonne me ferait bien peur.

  • Le 14 juin 2008 à 13:21, par Nico En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    A peu près sur le principe,

    et donc nous français, ou pourquoi irlandais ou hollandais, abandonner notre adhésion au profit d’un accord de coopération avec l’UE.

  • Le 14 juin 2008 à 13:50, par Valéry En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Vous devez confondre : la France a ratifié ce traité. C’est l’Irlande qui est en cause ici.

  • Le 14 juin 2008 à 15:07, par Ronan En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Nico pense sans doute encore au 29 mai 2005, fameux référendum à l’occasion duquel le peuple français aurait, d’un seul élan, enfin librement exprimé son désir - jusque là contrarié - de définitivement quitter l’oppressante Union européenne...

  • Le 14 juin 2008 à 15:12, par Valéry En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Bah voyons :-)

  • Le 14 juin 2008 à 16:25, par Valéry En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Un excellent communiqué des Jeunes Européens France.

  • Le 14 juin 2008 à 17:58, par ? En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    « Alors qu’une vaste majorité de l’Europe souhaite voir le traité de Lisbonne enter en vigueur rapidement » ....... Vous parlez de qui là ?

    La france, la hollande et l’irlande ont voté non à ce traité (TCE et traité de lisbonne c’est la même chose sauf pour les gens de mauvaise foi, même VGE l’a reconnu et c’est lui qui l’avait rédigé).

    Alors oui, je suis contre le diktat de la minorité : celle des lobbyistes qui veulent imposer cette europe anti-démocratique contre la volonté des peuples.

    Si les dirigeants des pays de l’union n’étaient pas si lâches ils auraient tous organisé un referendum, et on saurait quel est le pourcentage réel de ceux qui veulent ou non de CETTE europe...

  • Le 14 juin 2008 à 19:08, par melkior En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Ben si j’étais Tchèque, Danois, Suédois ou Britannique j’exigerai donc un référendum dans mon pays pour pouvoir enfin dire Non à ce Traité.

    Ne serait-ce que pour pouvoir obtenir de nouvelles dérogations semblables à celles qu’on promets aujourd’hui aux Irlandais pour obtenir enfin leur ralliement.

    Si l’avenir est celui d’une Europe à la carte, force est donc de constater que ce sont les Irlandais qui auront ainsi montré la voie. Quant à l’esprit de solidarité communautaire, il semble s’être complètement évaporé...

    L’UE semble être devenue un supermarché où chacun picore à sa guise dans les rayons. Désolant. Les solutions élaborées pour remédier à cela semblent devoir amplifier le problème. Et se révéleront - à terme - encore pires que le mal. Désolant (bis).

  • Le 14 juin 2008 à 19:43, par manuel En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Je suis un grand fan du TCE mais beaucoup plus circonspect sur le traité de Lisbonne meme si cela ne me pousse evidemment pas a faire campagne avec les nonistes pour son rejet.

    Pourriez-vous neanmoins m’expliquer clairement pourquoi le traité de Nice est si désavantagueux comparé a lisbonne ?? Et conséquemment pourquoi il est si important que lisbonne entre en vigueur le plus tot possible a vos yeux ?

  • Le 14 juin 2008 à 20:26, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Le traité de Lisbonne réduit considérablement les domaines où l’unanimité des Etats membres est requise. De plus, vous avez dedans plus de pouvoirs pour le Parlement européen. La Charte des droits fondamentaux serait contraignante (sauf pour le R-u),...

    Je ne vous ferai pas la liste complète mais il n’y a pas photo entre les deux.

  • Le 14 juin 2008 à 20:33, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Cher anonyme, pensez à mettre votre nom ou un pseudo.

    Sinon, je suis d’accord, il faudrait qu’on ait un référendum paneuropéen réel pour se faire une réelle idée. Cela changerait beaucoup de chose, mais ce ne serait pas gagné pour autant pour le Oui.

     ;-)

  • Le 14 juin 2008 à 23:01, par spicyhotpot.com En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Ah bon ?

    Si je compte bien la constitution (sous une forme ou une autre) a ete rejetee par la France, les Pays-bas, et maintenant l’Irlande. C’est toujours une minorite, mais non-negligeable.

  • Le 15 juin 2008 à 00:46, par Valéry En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Vous comptez mal : le traité constitutionnel a été rejeté par deux pays membres seulement. Celui-ci est toutefois désormais et malheureusement enterré.

    Pour en revenir à ce qui nous préoccupe aujourd’hui, le traité de Lisbonne a été ratifié par 18 pays. Suivez le lien pour plus de détails.

  • Le 15 juin 2008 à 15:16, par Paganus En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    « Un seul d’entre eux, dont la population représente 1% d’une Europe de 500 millions d’habitants l’a repoussé. »

    Eh bien, vivent les Irlandais. Ils ont eu le droit de voter et le respect du suffrage universel, cela s’appelle la démocratie.

    Je suis admiratif de voir le Peuple souverain irlandais remplir son devoir électoral et dire non à un traité qui ne lui plait pas, en dépit des insultes et des menaces de représailles des partisans du Oui.

    Je ne suis même plus étonné de lire et d’entendre des commentaires injurieux, de la part de politiciens et de journalistes aux ordres, sur le vote irlandais, qui est à rapprocher des scores du Non d’il y a quelques années.

    Nous n’avons pas à nous faire voler notre droit de vote et notre droit d’expression par des groupes de pression ou des caste dont les arguments fallacieux ne cachent que la défense de leurs intérêts propres.

    Je ne renierai pas mon Non au référendum en dépit des insultes des partisans du oui : un certain Jacques C , censé représenter à l’époque la totalité du Peuple, n’avait pas à dire que « seuls les imbéciles voteraient non ! » Je crois me souvenir, mais je ne retrouve pas la citation qu’un certain Dominique SK avait dit de même.

    Je suis triste qu’un parlement ait cassé une décision du peuple et ratifié à la sauvette un mini traité, dont un certain Valéry G. E. avait dit, « c’est mon même traité à moi que j’avais écrit, on a simplement éclairci qqs détails et changé l’ordre des articles ».

    La démocratie représentative n’est pas tout à fait la démocratie : même les Romains de la plèbe avaient compris ce fait et avaient fait sécession jusqu’à obtenir une meilleure représentation dans la République.

    Il serait temps de rappeler qqs définitions à ces élites qui nous dirigent et à ceux qui ont des états d’âme. Le mot aristocratie signifie « gouvernement des meilleurs ». Tout le débat se concentre sur la définition de meilleurs : élite de classe parvenue au pouvoir par le fer et le feu (germains envahissant la Gaule romaine), élite de l’intelligence (capable de disserter sur la graphie des œuvres de Confucius tandis que les mongols font tomber la Grande Muraille) ?

    Voire élite de l’argent ? Non : ça c’est de la Ploutocratie (de Ploutos, dieu grec de l’argent). Le mot est ordurier. Il n’y a aucune ploutocratie en Occident. Le croire serait indécent ou bien ce serait de la science fiction.

    La Démocratie est le gouvernement par le peuple souverain. Le seul problème, « c’est que le peuple doit être guidé et non instruit » comme disait Voltaire, bon représentant des philosophes d’avant la Révolution, grands bourgeois et petits nobles davantage désireux de se hisser au pouvoir que de promouvoir les classes populaires. En effet, le bon peuple est souvent inapte à comprendre les enjeux planétaires. C’est pourquoi il a besoin de dirigitudes et d’encadrance par une élite : Césars, Napoléon(s), Pétain, hauts fonctionnaires et Enarquomorphes. Ces élites sont elles légales ou légitimes ? Un excellent sujet de baccalauréat, non ?

    Un autre sujet, d’histoire, cette fois : pour quelle raison l’article 35 et dernier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793, « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » n’a t’il pas été repris lors du rétablissement de la République en 1848 ? Est ce que le petit peuple devait encore être guidé ?

  • Le 15 juin 2008 à 15:44, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Paganus,

    Vous pensez que la démocratie parlementaire n’est pas la démocratie. Je ne suis pas d’accord avec vous mais je trouve votre propos plus cohérent que celui d’autres.

    Allez-y, faîtes la (contre-)révolution, on verra si vous êtes suivi.

    Cependant, quand on traite les Français de 2005 ou les Irlandais de 2008 d’idiots qui n’ont rien compris, effectivement c’est une erreur.

    Mais quand vous traitez tout ceux qui ne sont pas d’accord avec vous d’élitiste ou de représentant de la ploutocratie, croyez-vous que vous n’en faîtes pas de même ?

     :-p

  • Le 15 juin 2008 à 17:28, par Laurent Simon En réponse à : Les limites des référendums nationaux. Re : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Un des problèmes avec les référendums, c’est que souvent les peuples ne répondent pas à la question posée :
    - à une autre question
    - ou bien au contexte du moment.

    Cela se voit de façon très claire en France, mais la pratique fréquente des référendums d’initiative populaire en Suisse montre également que ce n’est pas simple, même dans un pays qui y est très habitué. Voir ce que disait Ulrike Guerot, Directrice du bureau de Berlin du European Council on Foreign Relations, au débat de clôture des derniers rendez-vous citoyens du Sénat, citant les études menées par la recherche sur ce thème des référendums en Suisse. Vidéo.

    Le problème serait déjà moins aigu si le référendum était européen, et non mené dans chaque pays, et à un moment différent.

    Mais dans tous les cas, surtout pour des questions très complexes et en même temps « juridiques » (donc ayant peu de lisibilité), le référendum donne une prime à l’expression des positions les plus simplistes, et une prime aux positions les plus extrémistes.

    Les partisans du OUI en 2005 avaient à juste titre fait apparaître l’incompatibilité des NON en France : les positions des ultra-libéraux, de l’extrême droite, de l’extrême gauche, d’une partie du PS (les crypto-communistes ?), des souverainistes et des populistes de tout bord pouvaient elles représenter une alternative crédible et fournir une nouvelle version du TCE ? Non, bien sûr !

    De même que le NON d’Irlande est en grande partie pour refuser une éventuelle harmonisation fiscale, pour continuer à bénéficier d’une attractivité fiscale qui fait bien défaut en France, contrairement à la vive demande des partisans « de gauche » du Non en France, craignant un tel dumping fiscal... Je suis d’ailleurs très surpris que personne ne mentionne cette incompatibilité des NON Irlandais et Français (ou des NON néerlandais et français en 2005), qui est pourtant essentielle.

    Ces différences entre opinions de différents pays rappellent bien, s’il en était besoin, que les décisions prises en Europe sont nécessairement des compromis, qui nécessairement ne sont pas enthousiasmants ! Surtout quand ils touchent à des éléments sensibles, sans pouvoir montrer immédiatement des conséquences concrètes : les apports de l’Europe se sont réalisés sur le moyen et long terme, beaucoup plus rarement sur le court terme.

    Bref, européen convaincu, j’avais sous-estimé en 2004 l’influence des populistes et la probabilité d’une position Noniste d’un Laurent Fabius (qui ne lui a même pas permis de devenir candidat à la présidentielle de 2007... ce calcul politicien qui a fait beaucoup de dégâts en Europe ne lui a même pas servi personnellement), et j’étais persuadé que le référendum pouvait être une occasion de renouer le contact entre l’Europe et les Français... Il faut donc se rendre à l’évidence : le référendum peut être utilisé, mais dans des conditions très limitées.

    Je serai ravi à l’avenir de pouvoir demander la tenue d’un référendum sur ces questions européennes, mais il faudrait d’abord sortir d’une impasse, qui j’espère ne durera plus que quelques mois : les traités actuels n’envisagent pas la sortie d’un pays membre, et ne permettent pas non plus de prendre des décisions non unanimes... Ce qui ralentit considérablement la prise de décision à 27.

    Or dans un monde en mouvement rapide et accélérée l’image donnée pour l’Europe de la bicyclette est très juste : si l’on s’arrête de pédaler, la chute est inévitable ! Seuls les souverainistes peuvent croire encore à la possibilité d’agir au niveau d’un seul Etat, alors que le pays le plus peuplé d’Europe ne représente plus que 1% de la population mondiale...

    Et bien sûr il faut respecter les pays qui ne se sont pas encore exprimés, et leur permettre de ratifier le traité de Lisbonne, ou d’émettre des réticences. Dans quelques semaines ce sera le cas de plusieurs pays : Grande Bretagne, Chypre, Pays Bas, Belgique, Italie notamment.

    Face à la diffculté créée par ce Non Irlandais, la solution qui semble donc actuellement la plus raisonnable est de créer des conditions particulières à l’Irlande, comme après son rejet du traité de Nice en 2001. Je sais bien, cela n’est pas très satisfaisant, mais le plus important n’est-il pas de passer à des choses plus sérieuses et qui intéresseront plus les citoyens européens : à savoir prendre des décisions concrètes sur les grands et nombreux défis que doit relever l’Union Européenne, et aussi la planète ? !!

    Bref passons le plus vite possible à autre chose, il sera toujours temps de modifier les traités, en fonction de l’expérience concrète ! (Le Traité de Lisbonne, pour tourner enfin la page !)

    Voir le tableau de l’avancement de la ratification dans l’article suivant :

  • Le 15 juin 2008 à 20:27, par Valéry En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    « Eh bien, vivent les Irlandais. Ils ont eu le droit de voter et le respect du suffrage universel, cela s’appelle la démocratie. »

    Tout à fait mais ils restent un seul peuple parmi 27. Ils ont le droit de s’exprimer mais les autres peuples aussi et ces autres peuples ont, à travers leurs représentants, ratifiés le traité. La démocratie c’est al règle de la majorité. Il serait scandaleux que un seul pays puisse imposerr sa volonté à tous les autres.

    « Je suis admiratif de voir le Peuple souverain irlandais remplir son devoir électoral »

    Enfin, 40% d’entre eux seulement.

    « La démocratie représentative n’est pas tout à fait la démocratie »

    Ah bon ? Vous connaissez un pays qui en pratique une autre ? (ne me répondez pas la Suisse, car ce n’est pas le cas).

    Il se trouve que le peuple français et la plupart des peuples européens désigne des représentants qui sont en faveur de la construction européenne. Ce choix doit être respecté, mais si vous n’êtes pas d’accord avec lui.

    En réalité vous vous trompez ici de débat. Le vrai problème est celui de la règle de l’unanimité qui consiste à accorder à une minorité le droit d’imposer sa volonté à tous. Et ceci est inacceptable pour un démocrate. Sachez que si 26 pays avaient ratifiés le traité par référendum et un seul l’avait rejeté par voie parlementaire, en l’état actuel du droit, le traité ne pourrait pas entrer en vigueur. C’est cette situation qui est scandaleuse, quoi que l’on puisse penser d’ailleurs du traité de Lisbonne ou bien de la valeur respective de tel ou tel mode de ratification.

    C’est pourquoi il serait intolérable que le choix d’un seul peuple, qui ait tord ou qu’il ait raison, puisse bloquer un traité actuellement ratifié par déjà 18 États-membres de notre Union. En l’état actuel du droit il faut bien sur obtenir l’assentiment de l’Irlande pour voir enfin ce traité entrer en vigueur. Quand 26 pays auront ratifiés le texte et que l’Irlande sera seule à ne pas l’avoir encore fait, il faudra bien par la négociation trouver avec elle un accord satisfaisant.

  • Le 17 juin 2008 à 08:26, par michel974 En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    « La démocratie c’est al règle de la majorité. Il serait scandaleux que un seul pays puisse imposerr sa volonté à tous les autres ». visiblement, pour vous les rejets français et néerlandais ne sont pas à assimiler au rejet irlandais. le traité de lisbonne serait donc un autre texte que le TCE ? il a fallu combien d’années pour rédiger le TCE ? et combien de semaines le traité de lisbonne ? prendre la posture que le traité de lisbonne est différent du TCE (pour 2 ou 3 artifices) c’est affirmé que le traité de lisbonne a été baclé. vous oseriez ? le grand démocrate que vous êtes devrait s’insurger que la majorité des français et des néerlandais se voient imposer un traité qu’ils ont rejeté. dans votre aveuglement, vous omettez que la représentation nationale française était déjà très largement favorable au TCE. on peut dire que vous avez une approche de la démocratie à géometrie variable.

    « Il se trouve que le peuple français et la plupart des peuples européens désigne des représentants qui sont en faveur de la construction européenne. Ce choix doit être respecté, mais si vous n’êtes pas d’accord avec lui. » vous déformez la réalité. les quelques députés français opposés au TCE et au traité de lisbonne sont en faveur de la construction européenne. combien de député français ont axé leur campagne à la députation sur l’europe ? où était l’europe dans le débat présidentiel français ? combien de fois n’a-t-on pas entendu notre fameuse représentation nationale au plus haut niveau exécrer sur bruxelles ? la pêche, le gas-oil, la tva, c’est la faute à bruxelles !!! c’est de cette représentation là que vous vous prévalez ? enfin, soyez sérieux.

    « En réalité vous vous trompez ici de débat. Le vrai problème est celui de la règle de l’unanimité qui consiste à accorder à une minorité le droit d’imposer sa volonté à tous. Et ceci est inacceptable pour un démocrate. Sachez que si 26 pays avaient ratifiés le traité par référendum et un seul l’avait rejeté par voie parlementaire, en l’état actuel du droit, le traité ne pourrait pas entrer en vigueur. C’est cette situation qui est scandaleuse, quoi que l’on puisse penser d’ailleurs du traité de Lisbonne ou bien de la valeur respective de tel ou tel mode de ratification ». on atteint les sommets : l’UE serait donc un concept démocratique. ah bon ? depuis quand ? seuls les membres de l’UE sont des démocraties, non ? qui s’entendent sur un projet d’union européenne, régie par des traités et une gouvernance collégiale. que l’UE doivent respecter des préceptes démocratiques ne sert que votre théorie. cette UE a considéré dés le début que chaque état membre était égal en droit, quelque soit sa taille et sa population. sans cette condition, croyez vous que l’UE aurait dépassé les 6 membres fondateurs ?

    « C’est pourquoi il serait intolérable que le choix d’un seul peuple, qui ait tord ou qu’il ait raison, puisse bloquer un traité actuellement ratifié par déjà 18 États-membres de notre Union. En l’état actuel du droit il faut bien sur obtenir l’assentiment de l’Irlande pour voir enfin ce traité entrer en vigueur. Quand 26 pays auront ratifiés le texte et que l’Irlande sera seule à ne pas l’avoir encore fait, il faudra bien par la négociation trouver avec elle un accord satisfaisant. » ce qui est intolérable, c’est de se permettre de s’asseoir sur les règles européennes, fixées par la représentation nationale des états membres, celles qui ont agréé le traité à lisbonne. ces règles en l’état ne prévoient aucune négociation dans le cas d’un rejet d’un état membre. vouloir négocier et contraindre l’irlande à revoter sous la menace, c’est autant bafouer l’esprit de l’union européenne que l’irrespect de la démocratie. et vous vous prétendez européen et démocrate ? c’est plus des analyses que vous développez, c’est de la propagande.

  • Le 17 juin 2008 à 11:37, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    Michel974,

    Dans votre même approche, vous omettez de citer les référendums espagnols et luxembourgeois qui ont vu les peuples votés oui au TCE...

    ce qui est intolérable, c’est de se permettre de s’asseoir sur les règles européennes, fixées par la représentation nationale des états membres, celles qui ont agréé le traité à lisbonne. ces règles en l’état ne prévoient aucune négociation dans le cas d’un rejet d’un état membre. vouloir négocier et contraindre l’irlande à revoter sous la menace, c’est autant bafouer l’esprit de l’union européenne que l’irrespect de la démocratie. et vous vous prétendez européen et démocrate ? c’est plus des analyses que vous développez, c’est de la propagande.

    1°) oui nous faisons de la propagande fédéraliste et critique sur la construction européenne. C’est affiché depuis le début et ce le sera toujours. Vous ne trouvez pas ça honnête ?

    2°) Le problème que vous citez est un vrai choix politique. Les renégociations possibles avec l’Irlande vont contre l’esprit du traité qui a été élaboré, vous avez raison. C’est justement là où nous voyons que l’intergouvernementalisme n’est pas la bonne solution. Mais cela peut vous suffire. Ce n’est pas notre choix. On devrait poser clairement la question : une Europe fédérale (avec des compétences fédérales et pour les pays fédérés) ou un simple espace de libre-échange où chaque pays garde totalement sa souveaineté.

  • Le 17 juin 2008 à 13:18, par michel974 En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    fabien, je n’oublie rien du tout, je rappelle juste que non irlandais n’est pas seul, contrairement à ce qu’affirme le rédacteur précédent, auteur de l’article.

    mon message a ou avait pour but de relever des contradictions que je trouve grossières de la part d’une personne qui tend à se faire passer pour démocrate et européen. le rédacteur est démocrate et scandalisé d’un résultat démocratique. il est tout autant européen mais prés à écarter l’irlande si celle-ci de ne soumet pas au diktat. c’est ça l’idée de l’europe fédérale ? on passe outre les textes, on s’asseoit sur l’avis des citoyens ? tant que ça reste au niveau du blog, ça va, ça fait juste pas sérieux. ce que des gens loin des centres de décisions estiment que cette pensée unique (inique ?) est celle qui sévit à bruxelles. tant que ceux qui parlent et prétendent parler au nom de l’europe s’enfonceront dans ces contradictions et userons de ficelles aussi grossières qu’erronées, ils desserviront l’idée d’une europe moderne et citoyenne.

  • Le 17 juin 2008 à 15:19, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    Mouais. Le Traité de Lisbonne est très proche du TCE, c’est clair : il est le fruit de négociations intergouvernementales fondées sur le TCE avec 18 pays qui l’avaient ratifiés. Mais ce n’est pas la même chose : là, la France l’a ratifié par exemple, même si c’est par voie parlementaire.

    On a un texte qui est ratifié par 18 pays mais si un seul le ratifie pas, on arrête tout ? C’est un peu limite dans le principe non ? En revanche, peut-être serez-vous d’accord qu’il serait mieux qu’on ait un référendum européen pour éviter ces ratifications sur un an.

    Et puis, de la même manière, l’Irlande aurait voté oui, ce système de mix de ratifications différentes avec le besoin d’avoir l’unanimité , ce n’est pas la bonne solution.

    Enfin, souvenons-nous qu’il était scandaleux qu’on arrête le processus de ratifications alors que certains pays ne s’étaient pas encore exprimés. Ils avaient de fait moins de poids dans la renégociation qui a abouti à « Lisbonne ».

  • Le 17 juin 2008 à 16:27, par ? En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    A ma connaissance, les Français se sont exprimés lors du référendum. Résultat : on fait voter le Congrès dont on sait qu’il ne représente guère les électeurs français. Songez que ni le Modem (un peu), ni le FN, ni l’extrême-gauche n’y sont représentés.

    L’UMP et le PS, à cause d’un système représentatif biaisé, se partagent les fauteuils, l’argent, etc. et utilisent l’appareil d’Etat comme leur affaire privée.

    Songez que Tony Blair obtînt son 3e mandat et la majorité absolue à la Chambre avec… 21, 7 % des inscrits ! Etc.

    Le problème posé aux peuples européenns commence par là et non par leur mélange aux forceps dans un grand Tout.

    Vive les Irlandais !

    Serge

  • Le 18 juin 2008 à 07:34, par michel974 En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    "Mouais. Le Traité de Lisbonne est très proche du TCE, c’est clair : il est le fruit de négociations intergouvernementales fondées sur le TCE avec 18 pays qui l’avaient ratifiés. Mais ce n’est pas la même chose : là, la France l’a ratifié par exemple, même si c’est par voie parlementaire." il est seulement très proche ? enfin, c’est le même traité. les allemands et 7 autres états voulaient même en garder l’appelation initiale (constitution européenne). vous avez zapper les interventions des francophones VGE et Dehaene ? dire qu’il est différent car ratifié par la france, vous êtes sérieux ?

    "On a un texte qui est ratifié par 18 pays mais si un seul le ratifie pas, on arrête tout ? C’est un peu limite dans le principe non ? En revanche, peut-être serez-vous d’accord qu’il serait mieux qu’on ait un référendum européen pour éviter ces ratifications sur un an." et alors ? c’est les règles du jeu. on ne peut pas valider des règles et les récuser dés quelles fonctionnent à l’inverse de ce qu’on aurait aimé. c’est un raisonnement qui m’échappe et qui n’a rien de démocratique. Les partisans du yes irlandais n’ont pas su convaincre. à l’instar de leurs homologues français et néerlandais en 2005. quand on perd une élection, c’est pas la faute à ceux qui ont gagné. quant à faire évoluer les règles de ratification pour un referendum européen, qui comptabiliserait les voix à l’échelon de l’UE plutôt qu’à l’echelon des nations, il me semble s’opposer à l’actuelle souveraineté des états. l’UE n’est pas encore une nation me semble-t-il. un référendum européen devra à ce jour toujours être ratifié par les états membres pour être applicable. ne mettez pas la charue avant les boeufs.

    "Enfin, souvenons-nous qu’il était scandaleux qu’on arrête le processus de ratifications alors que certains pays ne s’étaient pas encore exprimés. Ils avaient de fait moins de poids dans la renégociation qui a abouti à « Lisbonne »." comme aujourd’hui, pourquoi continuer ce qui est fini. le traité doit être ratifié par 27 états. l’engagement ne prévoit pas que dans le cas où un état membre ne ratifie pas le texte, on lui mette une pression terrible, on le culpabilise, on le menace, jusqu’à ce qu’il cède. non, le traité prévoit juste qu’il doit être ratifié par les 27 états membres. parceque les 27 états membres sont tous souverains. et qu’à ce titre, aucun corps étranger ne peut leur imposer un changement de leur constitution. le scandale serait de pouvoir penser l’inverse, de crier ma belle europe et de pisser sur ses fondements.

  • Le 18 juin 2008 à 10:06, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    1°) Oui, il est seulement très proche : il y a des éléments dans son organisation qui sont totalement différents. Mais ça, c’est mon côté juriste qui tire mon attention. Comme dit dans mon commentaire précédent, on a repris le TCE et on l’a modifié à la marge parce que 18 pays avaient ratifié et que 2 pays ne peuvent pas tout modifier contre les autres si ceux-ci veulent garder cette base.

    En furetant sur ce site, vous verrez que nous avons été plutôt critique sur ce traité, qui est un peu le minimum syndical. Les améliorations institutionnelles y sont très importantes mais passent mal devant le manque d’ambition de ce texte.

    2°) Il ne s’agit pas de changer la règle du jeu en cours mais de dire qu’elle nous mène dans l’impasse et oblige soit à tout avoir soit à ne rien avoir. L’unanimité est un ultimatum permanent. D’ailleurs, vous avez vu les arguments du Oui en Irlande ? Si vous ne votez pas Oui, vous allez bloquer l’Europe... Super, donc pourquoi on nous demande alors ?

    Pour le référendum paneuropéen, c’est un niveau supranational qui n’est pas forcément obligatoire de ratifier avant pays par pays. Attention, les débats juridiques sur ce point sont loin d’être clos. L’option que vous citez est tout à fait possible.

    Enfin, je vous rejoins, les partisans du Oui devraient savoir aussi se remettre en cause. A l’origine de ce site, il y a eu des Jeunes Européens qui se sont dits « on a pas été bons sur internet, à nous de l’être maintenant »... et le Taurillon est né. Ce n’est pas le bout du monde, mais c’est au moins un espace eurocritique qui fait un pont entre des nonistes et des oui-istes.

    3°) L’important dans le fait de continuer à ratifier est de mettre ceux qui n’ont pas ratifié devant leur responsabilité. Les Anglais ont été très forts dans les négociations (comme d’habitude) de Lisbonne parce qu’ils ont fait croire qu’ils auraient pas ratifié si il y avait ce type de mesure ou qu’ils l’auraient ratifié si... alors qu’on en sait rien. Et puis, la France et la Hollande aurait plus peser dans les négociations s’il y avait 2 ou 3 pays qui avaient dit Non... Bon, je reconnais que cet argument est un peu juste.

    Cependant, imaginez-vous être Suédois et qu’on vous dise « pas besoin de votre avis, les Irlandais ont décidé pour vous ». Au delà de votre point de vue pour le Oui ou le Non, est-ce très respectueux de votre souveraineté ? Pareillement, imaginez que les Irlandais aient voté oui et qu’on dise : ce sont les seuls qui votent par référendum, donc les peuples se sont exprimés donc on arrête tout et on met en place « Lisbonne »... Vous en penseriez quoi ?

  • Le 18 juin 2008 à 15:02, par michel974 En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    que les règles actuelles soient mauvaises c’est une évidence. pour autant, doit on piétiner les règles ? est-ce une démarche euro-citoyenne de contourner et d’appeler à contourner les règles communes établies ? quant à votre exemple, il est hors de propos : le suédois n’a pas droit au chapitre, puisqu’il ne vous a pas échappé que seuls les irlandais s’expriment sur le traité de lisbonne. le suédois n’est pas non plus bafoué dans sa souveraineté, puisque le non irlandais ne lui enlève aucun de ses droits constituels actuels. en plus, je suis sur qu’à l’inverse du français, le suédois à intégrer dans sa réflexion la règle de l’unanimité. faire croire autre chose est assez malveillant, convenez-en.

  • Le 18 juin 2008 à 15:18, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    Qui parle de les piétiner ? On constate que la règle est mauvaise, point.

    Alors, même si la démocratie représentative a des mauvais côtés, je vous signale que vous vous êtes exprimés au travers de vos députés et de vos sénateurs (même si eux représentent l’aspect local)... Vous mélangez souveraineté et mode de ratification. En France, la souveraineté du peuple s’exprime pour les ratifications via le référendum ou le Congrès. Celle-ci a donc été respectée. Est-ce une bonne solution pour autant que le Traité de Lisbonne soit ratifié par voie parlementaire ? Pour nous, le débat est ailleurs : il faut un référendum pan-européen.

    Enfin, je ne comprends pas votre propos sur le Suédois : ses représentants ont négocié un texte sur lequel lui ou ses représentants (suivant la procédure prévue pour la ratification) doivent s’exprimer : si on arrête tout maintenant, on ne lui permet pas de s’exprimer, qu’il vote oui ou non.

  • Le 19 juin 2008 à 06:19, par ? En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    je vous fais remarquer que l’ensemble des représentations nationales à valider à lisbonne les règles de ratification, par leur repésentants élus (le suédois y était). l’une de ces règles est que le dit traité doit être ratifié à l’unanimité des membres (le suédois le sait). dire que l’on doit ratifier quand même n’a pas d’autre sens que de vouloir passer en force et contraindre les irlandais à revoter ou à sortir de l’union. continuer le processus de ratification ne peut pas avoir d’autres objectifs que ceux là. puisque la règle de l’unanimité, prépondérante dans l’application de ce traité, ne sera pas respectée et le traité non applicable. est-ce que contraindre les irlandais est respectueux de leur démocratie ? est-ce qu’intimider l’irlande et la menacée d’exclusion (ou lui proposer une relation différente avec l’UE) rentre dans votre vision d’une europe citoyenne ? nous gardons les bonnes vieilles recettes de la magouille, de la négociation, du baton et de la carotte. de l’aveuglement et de la manipulation aussi.

  • Le 19 juin 2008 à 10:29, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité, sous le diktat des mauvais penseurs

    Pour vous reprendre cher anonyme,

    l’ensemble des représentations nationales à valider à lisbonne les règles de ratification, par leur repésentants élus (le suédois y était). l’une de ces règles est que le dit traité doit être soumis dans chaque pays à ratification. Donc si on arrête les ratifications, il n’y a plus de respect de ce qui a été négocié.

    Faire des ratifications sur un an, c’est n’importe quoi.

    On tombe dans une situation ubuesque : comme vous le signalez, les menaces « d’exclusion » de l’Irlande (qui ne sont que des rumeurs) sont imbéciles. On prend le problème à l’envers. Les magouilles (comme vous les appelez) intergouvernementales sont insupportables et incompréhensibles pour les citoyens.

    A croire qu’ils veulent soigner le mal par le mal.  ;-)

  • Le 23 juin 2008 à 23:01, par Dany En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Nico, je suis 100% d’accord avec vous ! La libertée des peuples de décider de leur avenir c’est aussi ça la démocratie.Croyez moi si le traité de Lisbonne avait été proposé par voie référendaire, il n’aurait eu aucune chance chez nous.

  • Le 4 juillet 2008 à 20:55, par janeymarre En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    la Hollande ,l’Irlande et la France ont votés non ,ceux sont des gens lucides et non des imbéciles et , je pense qu’ils representent un peu plus de 1% de la population concernée !

  • Le 5 juillet 2008 à 16:25, par Fabien Cazenave En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Cela ne veut rien dire de mélanger deux processus de ratifications différents. A ce moment-là, il faudrait rappeler que 18 pays (dont 2 par référendum) et 20 pays ont ratifié les deux traités...

    D’ailleurs, il n’est pas contesté dans cet article ce me semble que les Irlandais n’aient pas le droit de voter selon leur bon vouloir... Mais d’où 1% de la population pourrait bloquer l’autre partie de celle-ci ?

  • Le 12 août 2008 à 21:20, par ? En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    « Croyez moi si le traité de Lisbonne avait été proposé par voie référendaire, il n’aurait eu aucune chance chez nous. »

    Je ne vous crois pas. Vous êtes parfaitement pessimiste : en effet les idées européennes sont à nouveau populaires dans les enquêtes d’opinion en France. En outre, la plupart des arguments des militants nationalistes et surtout des sociaux-nationalistes de 2005 sont mis à bas par l’abandon de la dimension constitutionnelle que l’on aurait donné à la « troisième partie du traité » qui ne figure pas dans la traité de Lisbonne. Enfin, les Français ont réaffirmé leur confiance dans les dirigeants politiques partisans de la construction européenne dans deux élections nationales depuis le référendum de 2005, en plaçant des partisans du traité de l’époque en tête des élections présidentielles et en élisant massivement des députés issus des partis qui s’étaient engagés en faveur de l’Europe.

    Mais en réalité sur un sujet complexe comme un traité international essentiellement institutionnel sur un sujet où les citoyens sont peu et mal informés , on sait parfaitement que la méthode référendaire n’est pas adaptée. Le résultat d’un tel vote dépend à priori essentiellement de l’humeur du moment ou des sujets traités au 20h dans les semaines qui précèdent le scrutin.

  • Le 13 août 2008 à 15:06, par Ronan En réponse à : Traité de Lisbonne : contre le diktat de la minorité

    Je ne vous crois pas. Vous êtes parfaitement pessimiste : en effet les idées européennes sont à nouveau populaires dans les enquêtes d’opinion en France.

    Comme le démontre d’ailleurs fort bien le sondage (de la fin juin 2008) que voici, j’imagines... Il y a quinze ans, l’appartenance à l’UE ne se discutait même pas. Aujourd’hui, c’est fifty / fifty. Oui, il ya de quoi être pessimiste. Surtout si on persiste à fond dans certaines erreurs.

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