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Le 16 mai 1877 de l’Europe !

, par François-Xavier Hen

« E pluribus unum » : De plusieurs, nous ne formons qu’un. C’est la devise traditionnelle d’une célèbre nation mondiale. Si une république européenne devait un jour émerger et se doter d’une devise digne de ce nom, peut-être choisirait-elle plutôt « E unus pluribum » : Issus d’un seul, nous sommes plusieurs.

Guy Verhofstadt – Crédits photos : Jean Quatremer, Les coulisses de Bruxelles.

Auteurs

  • Responsable du pôle Europe UDI MoDem Jeunes pour la fédération de Paris, et ancien vice-président national des Jeunes Européens France.

Car si les Européens n’ont ni la même langue, ni la même culture, ni la même nation, ils ont les mêmes valeurs : Liberté, Solidarité, Démocratie et Droit (au sens d’État de Droit, Égalité en Droits et Droits Fondamentaux). Ces valeurs ne sont pas européennes : elles sont universelles. Les dernières décennies ont prouvé - s’il était besoin - que tous les peuples aspirent à la dignité, et que la démocratie n’est pas un luxe occidental. Aucun groupe humain n’est taillé que pour la dictature.

Mais si ces valeurs ne nous sont pas propres, l’Europe est seule à les défendre. Nous avons changé de siècle il y a une décennie, mais contrairement à ce que tout le monde croit, nous ne sommes pas passés au XXIè siècle. Nous sommes revenus au XIXè. À l’époque où de grandes puissances mondiales se partageaient le pouvoir en compétition permanente, sans arbitre suprême pour calmer le jeu. Sauf que les acteurs ont changé. Les acteurs ont changé, et la France n’en fait plus partie.

On dit parfois qu’il n’y a pas le choix, que l’Europe est une obligation, une nécessité. Mais, ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a un plan B à l’intégration européenne. Ça s’appelle le déclin. Ça s’appelle l’insignifiance. Ça s’appelle la sortie de l’Histoire. La Nation française ne disparaîtra jamais. Personne ne nous impose l’Europe. Les Français sont libres de ne pas la faire. Ils sont libres de croire en cette ligne Maginot, ou plutôt imaginaire, que sont leurs habitudes passées. Ils sont libres de croire qu’ils pourront continuer comme avant sans rien changer. Ils sont libres d’enterrer l’avenir de leurs enfants, l’avenir de leur nation, l’avenir de leur civilisation sous un monceau de dettes, de peurs, de rages désespérées et de certitudes absurdes. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?!?!

Nous ne sommes pas à la croisée des chemins. Il n’y a qu’une seule route où nous avançons poussivement, et les autres nous rattrapent à toute vitesse - quand ils ne nous ont pas déjà dépassés. Trois options s’offrent à nous : retourner en arrière, rester à l’arrêt ou passer la seconde !

Les nationalobéats, c’est-à-dire la progéniture de la bête immonde tout comme les adeptes des lendemains qui chantent (mais pas aujourd’hui y’a grève) souhaitent sans surprise retourner en arrière, retourner dans le passé, en ces temps où la France, ce n’était pas encore moins de 1% des terres émergées mondiales pour moins de 1% de la richesse mondiale pour moins de 1% de la population mondiale. C’était sympa, certes, mais ça c’était avant. Ils accusent les partis de gouvernement de ne pas tenir parole, mais voudraient que la France cesse de tenir la sienne ! Quant au débat frappadingue sur la sortie de l’euro, aussi pertinent que la sortie dans l’espace intersidéral sans combinaison, comment font les pays de l’eurozone qui réussissent ? Vous croyez vraiment qu’ils ont intérêt à ce que la France ne réussisse pas ? Et c’est de leur faute peut-être si nous n’y arrivons pas aussi bien qu’eux ? C’est une insulte au patriotisme national de dire qu’il faut rajouter des frontières, des taxes, des barrières pour y arriver quand d’autres y arrivent très bien dans les mêmes conditions. On dirait une équipe redescendue en ligue 2 qui accuse l’arbitre d’être un vendu pour se justifier.

À propos des Conservateurs et des Socialistes… Que proposent-ils ? Pour les premiers, je n’ai pas compris. Tout va changer sans que rien ne change, tout sera mieux mais tout restera pareil... L’Europe du statu-quo, des petites affaires, de la monotonie, de l’ennui. Bof. Les seconds, par contre, proposent quelque chose : réduire la dette... en augmentant la dette ! Une histoire de gruyère et de trous. Trous toujours plus profonds dans la dette, trous dans le budget, trous dans l’avenir…

Face à ceux-là, nous nous présentons comme les seuls à la fois clairs dans leurs idées et capables de diriger ; les seuls qui proposent de changer l’Europe avec les autres Européens, et non pas malgré eux ; les seuls à n’être pas seulement des Français qui parlent aux Français mais des Européens parlant aux Européens ! UDI-MoDem : Les Européens !

Nous, Centristes, Démocrates, Radicaux ; nous, Libéraux-Démocrates et Socio-Libéraux ; nous, Humanistes républicains écologistes et modernistes, nous n’avons pas l’Europe honteuse ! Nous, à l’UDI-MoDem, nous ne crachons pas sur la main qui nous nourrit ! Nous, Centristes, nous portons l’Europe fièrement ! Avec envie, gratitude et reconnaissance !

Ne confiez pas l’Europe à ceux qui n’y croient pas, ne l’aiment pas ou n’y font pas leur travail ! Ce sont eux qui ont engendré cette usine à gaz repoussante, à galvauder les principes des pères et mères fondateurs. Bien sûr que rien n’est parfait. Bien sûr qu’il y a plein de chantiers, de points à corriger, à améliorer dans l’Union Européenne. Mais est-ce que la France est parfaite ? Est-ce que la France est une démocratie exemplaire, efficace, transparente ? Une économie incontestée ? Un modèle de bonne gestion et de vertu dont tout un chacun devrait s’inspirer ? Pas encore, hélas. Pour autant, est-ce que des mouvements populistes parlent de l’enterrer ? Non.

On dit que les Français ont peur. Je n’en crois pas un mot. Je pense plutôt qu’ils sont en colère face à tous les blocages, dysfonctionnements et injustices qu’ils rencontrent. Comment ne pas être en colère devant autant de gâchis, de vexations, d’insulte au bon sens ? C’est s’en contenter qui est étonnant ! Alors puisque personne ne le fera pour nous, retroussons nos manches ! Améliorons, modernisons, mettons à jour les structures de notre nation et de notre continent ! Rééquilibrons nos droits et nos devoirs pour tous nos concitoyens !

Et pour commencer, choisissons dimanche prochain chacune et chacun le projet qui a notre préférence pour l’Europe, et la personne pour l’incarner ! Celle qui permettra la croissance et les emplois ! Celle qui nous défendra, Union, nations et citoyens ! Celle qui nous apportera plus de démocratie et d’efficacité !

Pour nous Les Européens, cette personne c’est Guy Verhofstadt. Certes il est Belge, certes il a un nom imprononçable, certes il a été trop souvent moqué ou sous-estimé. À tort. Car malgré l’obstruction de certains médias français, cet ancien premier ministre et leader incontournable au Parlement Européen a pu démontrer au cours de cette campagne toutes les qualités qu’il possède : l’intégrité, la générosité ; le charisme, la simplicité ; la vision, le concret ; les idées, la clarté ; la sincérité. Bref : un Centriste et un Européen, un vrai.

Je choisis Guy Verhofstadt car c’est le seul qui a un plan : l’Europe de l’énergie, l’Europe du numérique et l’Europe inter-connectée, afin de sortir de la crise et de créer des emplois, des emplois et des emplois ! Je soutiens Guy Verhofstadt car c’est le seul qui défendra nos droits fondamentaux et notre dignité, notre liberté d’aimer et d’être qui nous voulons, et nos données comme nos vies privées !

Je vote Guy Verhofstadt car c’est le seul qui veut rendre l’Europe plus efficace et plus démocratique, une Europe qui s’occupe de l’essentiel et non du superflu. Je choisis, je soutiens, je vote Guy Verhofstadt avec toute la passion dont je suis capable car c’est le seul qui a compris l’enjeu de cette élection : devenir le représentant, le président de tous les citoyens européens ! Défendre l’intérêt général de notre cité continentale et les droits de chacun d’entre nous ! Porter le bouclier et le flambeau de notre civilisation, pour promouvoir nos valeurs et nos intérêts dans le monde de demain et lui offrir ce modèle d’un espace de paix et de prospérité entièrement régi par le droit !

Ce 25 mai 2014 sera pour l’Europe ce que le 16 mai 1877 fut à la France : l’affirmation de notre république ! De notre démocratie ! Du pouvoir des citoyens !

Van Rompuy, tel Mac Mahon réincarné, agent au service d’un système dépassé voulant maintenir le pouvoir dans les mains jalouses et opaques de quelques uns, méprise avant même de le connaître le résultat des urnes ! Et prétend superviser à sa guise le choix du prochain président, espérant nommer un autre Gaëtan de Rochebouët !

Mais la boucle est bouclée. Car c’est une illustre référence de notre mouvement, Léon Gambetta, héritier de la tradition radicale dont nous comptons dans nos rangs les descendants directs, figure républicaine mythique qui prononça ces célèbres paroles n’ayant rien perdu de leur actualité :

Ne croyez pas que quand ces millions de citoyens, électeurs de la libre terre d’Europe, auront fait leur choix, et précisément dans les termes où la question est posée ; ne croyez pas que quand ils auront indiqué leur préférence et fait connaître leur volonté ; ne croyez pas que lorsque tant de millions d’Européens auront parlé, il y ait personne, à quelque degré de l’échelle politique ou administrative qu’il soit placé, qui puisse s’y opposer.

Quand l’Europe aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, Mesdames et Messieurs les chefs d’État et de gouvernement, il faudra se soumettre ou se démettre !

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Vos commentaires

  • Le 23 mai 2014 à 19:48, par VICTOR THEVENET En réponse à : Le 16 mai 1877 de l’Europe !

    Cet article est à l’image de la campagne de l’UDI-Modem et de Guy Verhofstadt. Pas un mot sur le fédéralisme.

  • Le 23 mai 2014 à 20:45, par Jean-Luc Lefèvre En réponse à : Le 16 mai 1877 de l’Europe !

    « Certes, il est Belge... » ! L’expression, sans doute, d’un grand étonnement - une histoire belge enfin digne de ce nom ?!! - , mais passons !

    Plus sérieusement, si la démarche est courageuse dans une France convaincue ( au sens plein du terme : SARKOZY l’a encore rappelé récemment !) des vertus d’une approche narcissique inter - gouvernementale de la construction européenne, elle véhicule toujours des relents d’une période révolue.

    Comment peut-on affirmer, sans peur du ridicule, que « la Nation française ne disparaîtra jamais » ? La Nation française ne serait - elle pas une civilisation, un patrimoine commun, au sens où l’entendait RENAN ? Aurait - elle oublié que cette civilisation, comme elles le sont toutes, est mortelle (VALERY, pourtant français) ?

    Si la Nation française est menacée, comme toutes les cultures, comme toutes les civilisations - et la politique de l’autruche n’y changera rien - ,ce n’est pas la faute de la construction européenne comme on voudrait le faire croire au F.N., c’est plus simplement par déni de sa devise nationale. La liberté, disait HUGO, est un droit, l’égalité, un fait, et la solidarité, un DEVOIR !!!

    En-deçà et au-delà de ses frontières !

  • Le 24 mai 2014 à 18:16, par François Hublet En réponse à : Le 16 mai 1877 de l’Europe !

    Une petite note de langue latine qui n’enlève rien au fond de l’article : « E unus pluribum » ressemble fort à du macaronique oulipien, à une réflexion du roi Loth dans le Kaamelott d’Astier ou à un extrait de lorem ipsum, mais n’a hélas aucun sens dans la langue de Cicéron... suggérons donc simplement de remplacer la formule par un plus grammatical - et tout simplement plus latin - « ex uno plures ».

    Quidquid latine dictum sit, altum sonatur

    disait-on jadis, soit : « Tout ce qui est dit en latin, ça sonne profond »... Prudence quand même avec l’usage (certes périlleux) de la vénérable déclinaison latine... ;P

  • Le 24 mai 2014 à 20:05, par François-Xavier HEN En réponse à : Le 16 mai 1877 de l’Europe !

    @François Hublet

    Ah, mea culpa ! Effectivement, j’ai manqué de temps pour le faire relire par un latiniste. « ex uno plures », c’est noté ! Je le saurai pour l’avenir.

    Je ne demande pas aux rédacteurs du Taurillon de le modifier, de peur que ce soit considéré comme une activité de campagne. Et pour garder trace de mon erreur.

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