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Quel bilan à l’occasion des 30 ans de l’Espagne dans l’Union européenne ?

, par Jorge Juan Morante López, traduit par Cyrille Amand

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Le 12 juin dernier, nous célébrions les 30 ans de la signature du traité d’adhésion de l’Espagne à ce qui s’appelait encore Communauté économique européenne, aujourd’hui Union européenne. Trois décennies synonymes de nombreux changements pour notre pays.

Signature de l’acte d’adhésion.

Auteurs

  • Miembro de JEF y UEF Madrid. Licenciado en Ciencias Políticas, especializado en Comunicación Política y Redes Sociales a través de un Máster en Liderazgo Político y Social. Experiencia como Community Manager para diversos proyectos y organizaciones como el Parlamento Europeo, Upgrading Europe o el V Centenario de Santa Teresa de Jesús. Autor, desde 2008, del blog Ciudadano Morante, que ha recibido diversos reconocimientos entre ellos destaca el del premio al Mejor Blog sobre el Tratado de Lisboa en 2010.

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L’intégration espagnole en Europe est un processus qui a débuté avec l’accord d’association de 1970. Un processus à travers lequel l’Espagne devait se démocratiser pour pouvoir entrer, ainsi qu’il avait été demandé quelques années auparavant, depuis ladite « cabale de Munich ». Avec la mort de Franco, le pays put initier cette transition démocratique, qui lui permit de présenter sa candidature à l’adhésion en 1977.

La période de 1977 à 1985 fut marquée par des négociations longues et parfois pénibles. En Europe, l’on voulait réduire les fonds accordés à l’Espagne à travers l’accord d’association, tandis que le gouvernement espagnol défendait le maintien des conditions de l’accord. L’on souhaitait également la reconversion ou la modernisation de secteurs économiques spécifiques et l’instauration de quotas sur le lait et la pêche, pour répondre aux réticences de pays comme la France qui voyait l’Espagne comme un concurrent potentiel.

Son statut d’État membre acquis, l’Espagne dut mettre en œuvre une série de changements concernant ses industries, qui devaient soit être démantelées soit être modernisées. Les gouvernements nationaux successifs optèrent pour la première option, se servant de l’Europe comme excuse. Ces décisions eurent un impact considérable sur des régions comme les Asturies, régions fortement dépendantes de quelques-unes de ces industries (l’industrie minière dans le cas des Asturies).

Cela était nécessaire, au regard de l’obsolescence et du manque de rentabilité - déjà criants - de ces industries. C’est toutefois le seul gouvernement espagnol qui prit la décision d’en faire cesser les activités. Ce qu’il aurait dû faire pour les mêmes motifs même en n’appartenant pas à l’Union européenne, le gouvernement espagnol le fit mais en recevant des fonds européens qui permirent la reconversion de certains secteurs économiques et de donner un coup d’élan à d’autres.

L’Espagne a reçu des fonds européens qui ont permis des investissements majeurs dans les infrastructures, les écoles et les hôpitaux, et de financer des programmes de formation à destination des chômeurs. En outre, ces fonds permirent une refonte du modèle de gestion espagnol, vu que leur réception conduisit à l’établissement d’une planification et d’objectifs pluriannuels.

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Malgré des profits intrinsèquement liés à l’Europe, la défiance des citoyens espagnols à l’égard de celle-ci a augmenté ces dernières années. La faute notamment aux gouvernements nationaux successifs, qui passèrent plus de temps à user de l’Europe comme un bouc-émissaire de leurs propres politiques qu’à mettre en lumières les gains obtenus grâce à elle.

Et l’Espagne n’a pas seulement été un témoin mais un acteur important de la transformation de l’Europe en une union politique : citoyenneté européenne, pouvoirs accrus du Parlement européen, euro, élection du président de la Commission européenne, etc.

Aujourd’hui, le temps est venu de regarder vers l’avant et de continuer à jouer un rôle actif dans les changements dont l’Union européenne a besoin : établir une politique migratoire commune ; établir d’autres facteurs que le PIB permettant de mesurer la cohésion économique ; aborder les réformes institutionnelles en vue de doter le Parlement européen de plus de contrôle démocratique, et qui favoriserait une plus grande coopération avec les parlements nationaux ; et communiquer davantage aux citoyens les bénéfices retirés des politiques européennes plutôt que les normes et régulations.

C’est la raison pour laquelle, bien que l’Europe doive encore s’améliorer, il est indéniable qu’elle ait produit des résultats résolument positifs, qui ont grandement participé à la croissance économique et au processus démocratique de l’Espagne tout au long de ces trente années.

Voir en ligne : Photo : CC

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Vos commentaires

  • Le 19 juin 2015 à 21:53, par el gaucho francés En réponse à : Quel bilan à l’occasion des 30 ans de l’Espagne dans l’Union européenne ?

    Bonjour, je signale : _que 8 prix nobel d’economie ont conseillé à l’Espagne de sortir de l’euro _que l’espagne a tout le temps une contribution nette negative au budget européen (elle reçoit plus qu’elle ne donne). Sachant que celle de la france est positive, on peut dire que son appartenance coûte à la France chaque année

    Ne serait-ce que sur ces deux points, on peut dire que le bilan est largement négatif aussi bien pour la france que pour l’espagne

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