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Quelle ambition de l’Europe pour l’éducation ?

Les acteurs de l’éducation populaire s’inquiètent

, par CNAJEP

Les premières ébauches du nouvel organigramme de la Commission Européenne n’attribueraient plus l’éducation à un portefeuille : le commissaire européen en charge de l’éducation serait désormais en charge des « compétences, de la jeunesse et du multilinguisme » [1].

Auteurs

  • Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire, le Cnajep est une coordination qui réunit plus de 70 mouvements nationaux de jeunesse et d’éducation populaire. Ces associations agissent sur l’ensemble des territoires dans des domaines aussi divers que l’éducation, la culture, les loisirs, la citoyenneté, l’accompagnement social, la défense des droits humains et du cadre de vie, la formation et l’insertion, le logement, les échanges internationaux... Le Cnajep constitue ainsi un observatoire et un laboratoire d’idées sur la jeunesse,l’éducation populaire et les politiques publiques afférentes. Le Cnajep est un membre fondateur et actif du Forum européen de la Jeunesse.

Le Cnajep, en tant que coordination nationale des associations françaises de jeunesse et d’éducation populaire, s’inquiète d’une possible disparition de l’éducation, qui ne saurait se restreindre à l’acquisition de compétences. Les acteurs de l’éducation populaire agissent en complément de l’école pour permettre aux jeunes de devenir des citoyens actifs, ouverts sur le monde, conscients de leur entourage et de leur environnement. La diversité de l’éducation ne saurait être réduite à un simple vecteur d’acquisition de compétences en vue de trouver un emploi.

L’éducation dans son ensemble forme des acteurs de la société, le Cnajep et ses organisations membres y contribuent chaque jour. Les chiffres du chômage des jeunes sont certes alarmants, et il est important que la Commission Européenne s’en préoccupe. Cependant, si l’éducation est un moyen incontournable pour acquérir des compétences et des connaissances utiles dans un emploi, il est vital de ne pas laisser Bruxelles se désintéresser de l’éducation dans son ensemble pour ne considérer que les apports en compétences.

« En tant qu’acteurs de l’éducation non formelle en France, nous sommes très surpris de constater ce projet d’attribution de portefeuilles de compétences. Même si l’éducation n’est pas une compétence exclusive de l’Union Européenne, comment peut-elle nier à ce point les acteurs que nous sommes, en France et en Europe ? M. Junker doit absolument revoir son projet », affirme Emmanuelle Bertrand, vice-présidente du Cnajep responsable des questions européennes.

Le Cnajep demande que le président de la Commission Européenne, M. Junker, reconsidère son projet d’organigramme en conservant l’éducation dans les attributions de ses commissaires.

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Notes

[1Source : euractiv, 4 septembre 2014.

Vos commentaires

  • Le 11 septembre 2014 à 12:52, par tnemessiacne En réponse à : Quelle ambition de l’Europe pour l’éducation ?

    Je suis d’accord, il est regrettable de constater la disparition de l’éducation mais si on postule que les compétences s’acquiert selon des méthodes de marketing « éducatif », quels sont les méthodes d’éducation à privilégier ? Le par coeur ? Le débat ?

    Que signifie comme changement de politique la disparition de l’éducation ?

    Une diminution des « cours magistraux », une augmentation des exercices, des réflexions à l’oral ?

  • Le 17 septembre 2014 à 20:17, par Jean-Luc Lefèvre En réponse à : Quelle ambition de l’Europe pour l’éducation ?

    L’instrumentalisation de l’éducation avec l’alibi de l’accès à l’emploi ! Là réside le danger en temps de crise ! Et demain, des quota limitant l’accès à certaines filières ? L’éducation placée sous les fourches caudines des budgets et donc, demain, partout des examens d’entrée pour ne retenir que les meilleurs, ceux qui auront eu le plus de chances avec ces Q.C.M. si pratiques quand l’urgence est devenue la norme ? Quoi de plus naturel en temps de crise !!! Tout cela quand les enquêtes internationales - PISA dans l’enseignement secondaire, Shangaï et d’autres - sont devenues l’aune commune de nos évaluations ! L’éducation est chose trop sérieuse pour être laissée à l’appréciation des forces du marché. Trop importante aussi pour ne relever que des autorités nationales. C’est aux dirigeants politiques de prendre la parole à ce sujet, et eux seuls : au niveau de l’Union européenne, en définissant le profil des adultes de demain sur le continent, leurs compétences en termes de savoir, savoir-faire et, surtout, savoir-être ; au niveau des entités fédérées (états et régions), de dire comment y parvenir, en affectant les budgets, en définissant les programmes...L’unité dans la diversité, donc, aux antipodes de l’uniformisation consumériste.

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