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Référendum : nous sommes tous écossais !

, par FM Arouet, traduit par Charles Nonne

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L’Écosse n’a jamais été aussi près de sortir du Royaume-Uni. Or, le débat sur son indépendance est crucial pour tous les Européens. Ce qui est aujourd’hui en jeu, c’est avant tout l’essence de l’unité européenne : ensemble, nous sommes plus forts.

Crédit photographique Drew Levy

Toujours plus proche de la sortie…

Le lundi 8 septembre, pour la première fois depuis le lancement de la campagne sur le référendum pour l’indépendance de l’Écosse, un sondage a donné une courte victoire au « oui » (47 % pour le « oui », 45 % pour le « non » et 8 % d’indécis). Ce résultat est à mettre en perspective avec l’écart de 22 points en faveur du « non » observé il y a à peine deux mois, devenu un écart de 6 points il y a deux semaines, juste avant que le « oui » ne passe en tête. Si plusieurs analystes ont souligné qu’il ne s’agit que d’un seul sondage et bien que les autres sondages donnent des résultats trop serrés pour en tirer des conclusions définitives, la tendance est bel et bien en faveur du « oui ».

Depuis le début de la campagne sur le référendum, les camps Yes Scotland et Better Together ont âprement débattu des avantages et inconvénients de ces 307 années de mariage entre l’Écosse et le Royaume-Uni. Plusieurs personnalités britanniques et européennes (notamment la reine Elizabeth II) sont restées neutres, affirmant que c’était aux Écossais de décider. Elles ont ainsi implicitement sous-entendu que ce débat (union politique vs démantèlement) n’avait d’importance que pour le peuple écossais. Cette hypothèse est fausse : le débat écossais pourrait parfaitement se poser dans les mêmes termes en Catalogne, au Pays basque, en Belgique ou dans n’importe quelle région d’Europe où des aspirations régionalistes prospèrent. La controverse est particulièrement épineuse en ce que s’y mêlent aspirations légitimes pour plus de décentralisation et d’autonomie (promue par l’UE à travers le principe de subsidiarité) et revendications délétères, voire haineuses.

Aspirations légitimes ou nationalisme ?

Certaines revendications régionalistes sont parfaitement légitimes. Elles sont très souvent explicables par un appétit pour la démocratie locale, un souhait que l’action citoyenne puisse avoir un impact direct sur le quotidien des individus. La démocratie locale rendrait les citoyens plus responsables et davantage maîtres de leur destin, et tout simplement plus efficaces : si certains dossiers sont mieux gérés au niveau local, pourquoi les élever au niveau national ? Cependant, de tels arguments sont souvent utilisés par des nationalistes ou « régionalistes » avec des objectifs tout autres, comme se soustraire à la tutelle d’une entité plus large qu’ils exècrent. Cette instrumentalisation nationaliste d’arguments initialement légitimes existe partout en Europe. Si elle n’était pas remise en cause, elle pourrait tout simplement conduire au morcellement de notre continent et à la fin du projet européen dans son ensemble.

Afin de séparer ces revendications semblables, mais très distinctes, il est essentiel d’analyser le caractère « exclusif » ou non du sentiment individuel d’appartenance. Les identités sont multiples, tout particulièrement en Europe où deux mille ans d’histoire ont produit des modèles culturels et socioéconomiques uniques. Cette diversité peut être interprétée de deux façons : on peut se sentir attaché à une unique identité spécifique (une ville, une région, un pays, etc.), ou accepter que nos identités soient cumulatives et complémentaires. Le projet européen est certainement construit sur ce second paradigme : le slogan « ma région, mon pays et l’Europe » constitue à ce titre le triptyque fondamental de l’identité européenne. Tous les discours qui ne se focalisent que sur l’un de ces trois piliers (y-compris ceux qui appellent à une identité exclusivement européenne qui ferait fi des particularismes régionaux et nationaux) sont erronés. Ils s’apparentent en effet à une certaine forme de totalitarisme, en ce qu’ils cherchent à imposer une identité unique et exclusive à des populations diverses dans leur essence. Le référendum écossais va clairement en ce sens et ne saurait être entièrement apparenté à une juste revendication pour plus d’autonomie.

L’indépendance totale, une illusion

L’une des questions les plus importantes de cette campagne est de savoir si le Royaume-Uni accepterait de partager la livre sterling avec une Écosse indépendante. Seules les solutions d’une union monétaire tiennent la route, que ce soit avec le Royaume-Uni ou la zone euro. Dans un tel scénario, comment les nationalistes peuvent-ils penser que la situation sera meilleure une fois indépendants ? Demandez aux Grecs, aux Irlandais, aux Portugais, aux Chypriotes ou aux Espagnols à quoi ressemble l’indépendance au sein d’une union monétaire. La crise de l’euro montre à quel point le projet d’une monnaie unique est irréalisable et insoutenable sans une union politique… union politique que les Écossais et le Royaume-Uni ont justement entretenue jusqu’à aujourd’hui ! Comme l’a récemment souligné Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, « une union monétaire est incompatible avec le concept de souveraineté ». Une Écosse indépendante, mais utilisant la livre comme monnaie pourrait avoir une autonomie moindre face à Londres, comparée à celle dont elle jouit aujourd’hui. Dans un monde globalisé, le seul moyen de préserver la souveraineté nationale est de la partager, et le statut actuel de l’Écosse est probablement meilleur que n’importe quelle autre configuration pouvant résulter de son indépendance.

Pro-européen ? Vraiment ?

L’un des arguments d’Alex Salmond est que l’Écosse souhaite demeurer dans l’Union européenne, Union que le Royaume-Uni envisage de quitter dès 2017. Cette manifestation d’euro-enthousiasme semble incongrue, venant d’un nationaliste. En réalité, si les nationalistes prétendent qu’ils sont « culturellement différents » du reste du Royaume-Uni, à tel point qu’ils demandent l’indépendance, comme pourront-ils gérer leurs différences avec les Français, Espagnols, Italiens, Polonais, Estoniens, Grecs, et tous les autres citoyens de l’Union ? L’Europe a pour devise « Unie dans la diversité », à tous les niveaux : il est impossible de n’invoquer ce principe qu’au niveau européen pour ensuite le mépriser au niveau national. De ce point de vue, David Cameron a également fait preuve de maladresse en mobilisant des arguments contradictoires : il a ainsi promu tous les bienfaits d’une union dans la diversité, un marché unique et une coopération politique à l’échelle du Royaume, tout en s’y opposant farouchement à l’échelle européenne.

Par ailleurs, une sécession écossaise du Royaume-Uni pourrait bel et bien engendrer un « effet papillon » aboutissant in fine à la déconstruction de l’Europe. Un Royaume-Uni séparé de l’Écosse pourrait être encore plus conservateur et enclin à quitter l’UE. D’autres régions – Catalogne en tête – pourraient faire davantage pression pour obtenir leur indépendance, tandis que d’autres mouvements nationalistes régionaux ou nationaux pourraient chercher à suivre la vague du démembrement. Nous savons tous comment l’Europe peut finir si elle se désunit.

Par conséquent, chers amis écossais, dites non au nationalisme et oui à l’unité le 18 septembre 2014 : nous serons toujours plus forts ensemble !

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Vos commentaires

  • Le 16 septembre 2014 à 08:05, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    L’article à raison de souligner que les indépendantismes sont des nationalismes, c’est à dire l’idéologie selon laquelle il existerait des communautés dites nationales qui auraient vocation à former un État. En réalité une communauté peut parfaitement disposer de sa propre identité sans devoir revendiquer pour autant son indépendance notamment dans le cadre d’États fédéraux.

    Mais l’alternative ici n’est pas entre nationalisme écossais ou catalan et Royaume-Uni ou Espagne fédérales mais entre nationalisme britannique ou espagnol. Ces deux États, même si certains régions disposent d’une autonomie qui peut faire rêver des régions françaises vivant dans une vrai-fausse décentralisation restent de structure constitutionnelle unitaire et les régions autonomes ne le sont que par le bon vouloir de l’État central sans disposer du statut d’État c’est à dire, dans des États fédéraux à la fois un objet mais aussi un sujet de l’organisation institutionnelle et des orientations politiques de la fédération. Ici donc refuser le nationalisme de ces territoires séparatistes c’est aussi et surtout cautionner et valider le nationalisme britannique ou espagnol. Tel est le piège du nationalisme.

    Finalement, en tant qu’Écossais ou que Catalan la question est de savoir comment faire vivre et approfondir l’autonomie : faire le pari que l’État où ils vivent actuellement verra la lumière et se réformera radicalement pour aller vers le fédéralisme ou bien s’en séparer ? Pour ma part à leur place je ne ferais pas le pari risqué d’espérer des réformes qui ont été refusées jusqu’à présent.

  • Le 16 septembre 2014 à 08:05, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    La grande faiblesse de l’article est cette affirmation qui n’est jamais expliquée ni démontrée :

    « Si elle n’était pas remise en cause, elle pourrait tout simplement conduire au morcellement de notre continent et à la fin du projet européen dans son ensemble. »

    Je ne vois pas bien en quoi le changement de statut de l’Écosse, de la Catalogne ou d’autres territoires qui pourraient - et c’est leur droit - souhaiter suivre la même voie implique la fin du projet européen. Ce qui menace le projet européen c’est avant tout les tenants du status quo c’est à dire ceux qui ne remettent pas en cause les États-nations existant et refusent de transformer l’Union européenne en démocratie fédérale. Ce sont les mêmes conservateurs qui s’inquiètent des revendications écossaises ou catalanes.

    Dès lors que l’Union européenne existe et que ces nouveaux États en font partie les citoyens européens qui y résident bénéficient de la libre circulation et la frontière qui se créerait ne seraient pas une frontière internationale mais une frontière intra-européenne. Si vous trouvez cela insuffisant cela veut surtout dire qu’il faut approfondir la construction européenne plus avant.

    Le problème est que l’Union européenne actuelle étant avant tout intergouvernementale et non fédérale - ce qui explique pourquoi nous la critiquons - les gouvernements des nouveaux États se comporteront très vite comme l’establishment euroconservateur des États-nations actuels et ne se préoccuperont pas nécessairement plus qu’eux de faire avancer l’Europe. Mais c’est un autre problème.

  • Le 16 septembre 2014 à 13:07, par Alexandre Marin En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    Personnellement, je partage les opinions de cet article.

    D’abord, l’Écosse a une large autonomie. S’il est bon qu’elle en ait davantage, notamment au niveau de la fiscalité et des Services Publics, l’indépendance est inutile, car les seuls pouvoirs donnée réellement à l’Écosse à cette occasion seraient la politique étrangère et la défense. Or, le Royaume-Uni n’est pas en mesure à avoir une politique étrangère qui lui soit propre. Je vois mal l’Écosse y arriver mieux. Seule une Europe unie et souveraine est capable d’assumer de telles prérogatives.

    Ensuite, l’article a raison de souligner qu’on ne peut pas condamner l’égoïsme national tout en cautionnant l’égoïsme régional.

    Qui plus est, si l’indépendantisme écossais était réellement pro-européen, pourquoi ne pas avoir attendu le référendum de 2017 sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, avant d’organiser celui sur l’indépendance de l’Écosse ? D’une part, les Ecossais auraient pu peser dans le vote et sauver le Royaume d’une sortie catastrophique de l’Union ; d’autre part, même si le vote écossais n’était pas suffisant pour que le Royaume reste dans l’Union, l’Écosse aurait voté son indépendance pour rejoindre cette dernière.

    Enfin, l’article remarque très justement que l’indépendance de l’Écosse porte atteinte à deux valeurs européennes : celle qui rappelle que l’Union fait la force, et la devise de l’Union européenne : Unis dans la diversité, c’est à dire, la conviction que nos différences ne nous séparent pas, mais nous rendent plus forts et plus unis. Si nous n’honorons pas ces deux valeurs au niveau national, pourquoi le ferions nous au niveau européen ?

  • Le 16 septembre 2014 à 20:42, par Jean-Luc Lefèvre En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    Comme si l’Union européenne était génétiquement inapte à digérer les régionalismes, même contaminés par le virus nationaliste ??? Comme si l’Union européenne ne devait être qu’une assemblée d’états ??? Où cela est-il écrit ? Dans quelles tablettes de quelle Loi souverainiste ? L’analyse politique n’a de sens qu’incarnée dans des faits. Quels sont - ils ? L’état - nation est un avorton d’à peine deux cents ans. Les régions ont longtemps, six ou sept siècles, été le fondement des échanges au sein du continent : Lyon et le Piémont italien, les Flandres, « françaises et belges » aujourd’hui, et le sud - est britannique, le Languedoc et Barcelone...Les régions sont le tissu naturel de l’Europe, pas les états qui les ont dépouillées et humiliées. L’Ecosse aujourd’hui, la Catalogne demain..., autant de justes retours des choses ! Tant pis pour ceux qui n’ont d’autre horizon que l’amalgame et qui ont oublié, en bons fédéralistes, que « Small is beautiful ».

  • Le 16 septembre 2014 à 23:42, par Alexandre Marin En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    Justement, ces régions que vous nommez se considèrent comme des états-nations, et non pas comme des régions. Il ne s’agit pas de régionalismes contaminés par le virus nationalistes, mais bien de nationalismes qui entendent s’ajouter à l’assemblée d’états à laquelle ils limitent eux aussi l’Union européenne.

    Je n’ai d’ailleurs jamais dit que l’Union européenne avait vocation à n’être qu’une assemblée d’Etats. Néanmoins, le nationalisme écossais pro-européen est une imposture. Si l’Etat britannique a jadis dépouillé l’Écosse, cet argument n’est, de nos jours, guère valable car la région bénéficie d’une réelle autonomie. C’est cette autonomie qu’ont revendiqué les « vrais » régionalistes.

    D’autant plus que cet égoïsme régional et nationaliste repose en partie sur un argument économique douteux, à savoir, la présence de ressources pétrolières à même de rendre l’Écosse économiquement indépendante. Cet argument est contre-productif pour l’Écosse, comme pour le reste de l’Europe. En effet, si elle devient indépendante, l’Écosse sera considérablement dépendante de ces ressources pétrolières, au demeurant épuisables. L’économie va se fragiliser, le pays va s’appauvrir, et ce sont les Européens à travers les aides européennes qui devront, en partie, réparer les dommages.

  • Le 17 septembre 2014 à 00:19, par Ferghane Azihari En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    Les vieux Etats-nations n’ont plus aucune raison d’être au regard des considérations démocratiques élémentaires. Leur démantèlement organisé est une opportunité d’insuffler une véritable dynamique démocratique sur tout le continent européen pour peu que ce démantèlement se déroule conformément aux règles constitutionnelles de chaque Etat.

    Puissent l’Ecosse et la Catalogne montrer la voie en espérant que les autres régionalismes vont suivre, en particulier dans les pays jacobins (suivez mon regard) ...

  • Le 17 septembre 2014 à 07:03, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    l’Écosse a une large autonomie. S’il est bon qu’elle en ait davantage, notamment au niveau de la fiscalité et des Services Publics, l’indépendance est inutile : c’est aux Écossais d’en juger. Si tu admet qu’elle peut avoir davantage d’autonomie alors tu ne peux pas prétendre ensuite que les seuls nouveaux pouvoirs seraient la politique étrangère. En réalité l’autonomie écossaise n’est pas garantie par la constitution britannique : c’est une des promesses de dernière minute de l’establishment anglais mais peut-on les croire ? Si j’étais Écossais j’aurais du mal.

    « l’indépendance de l’Écosse porte atteinte à deux valeurs européennes : celle qui rappelle que l’Union fait la force, et la devise de l’Union européenne : Unis dans la diversité » : si l’Écosse demande à rester dans l’Union européenne cette critique ne vaut plus.

  • Le 17 septembre 2014 à 07:05, par Valéry-Xavier Lentz En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    Comme si l’Union européenne ne devait être qu’une assemblée d’états ??? Où cela est-il écrit ? Dans quelles tablettes de quelle Loi souverainiste ?

    C’est écrit dans les traités européens. C’est pourquoi les fédéralistes européens les contestent et exigent une constitution fédérale européenne pour les remplacer.L’Union européenne intergouvernementale n(’est pas démocratique : le fait que l’on envisage froidement de priver 5 millions de nos concitoyens de leurs droits parce qu’ils souhaitent changer le statut de leur territoire en est bien la preuve.

  • Le 17 septembre 2014 à 08:49, par Ferghane Azihari En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    J’en profite pour saluer la réponse de Monsieur Jean-Luc Lefèvre. Quid de la Belgique ? :)

  • Le 17 septembre 2014 à 14:30, par Alexandre Marin En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    « Si tu admet qu’elle peut avoir davantage d’autonomie alors tu ne peux pas prétendre ensuite que les seuls nouveaux pouvoirs seraient la politique étrangère. »

    Quand je prétends que les seuls nouveaux pouvoirs seraient la politique étrangère, je veux dire que la politique étrangère est la seule prérogative qui ne peut être apportée que par l’indépendance de l’Écosse.

    L’autre critique que je formule quant à la transgression des valeurs européennes vaut même si l’Écosse demeure dans l’Union européenne. En souhaitant former un Etat-Nation séparé de l’Angleterre au prétexte de différences culturelles irréconciliables, l’Écosse reconnaît qu’une communauté politique n’est viable que dans une communauté culturelle homogène, et ce, même si elle adhère à l’Union européenne, car celle-ci est, pour l’instant, hélas, une Union d’Etats. Comme le dit l’article, si les différences culturelles empêchent l’Écosse et l’Angleterre de former une union politique, je vois mal comment elles le permettraient avec les autres pays.

    Le caractère « pro-européen » des indépendantistes écossais est d’autant plus ridicule que ceux-ci ont décidé que, « dans un premier temps » (sans plus de précisions), l’Écosse adopterait la livre sterling. L’article rappelle fort justement que l’union monétaire n’est rien sans l’union politique, et que c’est de ce problème que souffre la zone euro. Malgré une indépendance et une souveraineté nationale purement théorique, l’Écosse serait en pratique encore plus dépendante politiquement du Royaume-Uni, et nettement moins autonome qu’à l’heure actuelle. Le pays aurait donc à souffrir des inconvénients d’une appartenance « de fait » au Royaume-Uni sans bénéficier des avantages de celle-ci (notamment les avantages de la citoyenneté britannique, en termes de droits politiques).

    Ensuite, il faut admettre que le Royaume-Uni, l’Espagne, et la Belgique ne sont plus des Etats jacobins. Les minorités culturelles de ces pays ont énormément de libertés ; ces Etats ont tous ratifié la charte européenne des langues régionales, par exemple. Il est donc dépassé de réclamer leur démantèlement au nom de libertés individuelles qui ne sont plus transgressées. On peut très bien imaginer une Europe fédéral sur trois échelons, le fédéral, le national, et le régional, comme aux Etats-Unis, il y a l’Etat fédéral, l’Etat fédéré, et le comté.

    Qui plus est, si ces Etats survivent, ils pourront d’autant mieux montrer l’exemple à d’autres Etats beaucoup plus centralisateurs et jacobins (suivez mon regard), et démontrer que la diversité culturelle, même reconnue officiellement aux niveaux administratif et éducatif, ne portent pas nécessairement atteinte à « l’unité de la République ».

  • Le 17 septembre 2014 à 17:34, par Jean-Luc Lefèvre En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    La Belgique, Ferghane ? D’abord, je tiens à confirmer en tant que belge que le régionalisme est antérieur chez nous au nationalisme. La régionalisation date de la révision constitutionnelle de 1970 et la N-VA n’existait pas à l’époque. Je persiste et je signe : c’est au fil du temps que l’on est passé de la régionalisation à un fédéralisme de coopération ( dans le Verbe !) et qu’aujourd’hui un fédéralisme d’opposition est possible...avant l’improbable confédéralisme cher au nord du pays (la science politique connaît des états qui conviennent de partager des compétences, plus exceptionnellement des régions qui décident de dépecer leur état à leur profit, en bons charognards ! Où en est-on ? Depuis le 25 mai et les élections, des négociations à l’étage fédéral, avec une éventuelle majorité de centre-droit, voire très droit dominée par la N-VA et un seul parti francophone à la table, des gouvernements régionaux bien en place dominés par la N-VA en Flandre...et le centre-gauche en Wallonie. Tous les ingrédients donc d’un affrontement si l’exécutif fédéral se met en place, d’enlisement total dans le cas contraire car l’ostracisme est total entre le parti libéral francophone et les autres partis du sud qui vomissent les premiers pour trahison à la solidarité francophone...Faites vos jeux ! L’état - casino se prépare au black out électrique durant l’hiver, la plupart des centrales nucléaires sont en rade en ce compris des...attentats !!!

  • Le 20 septembre 2014 à 22:06, par Alain En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    Cette opinion est avant tout un procès d’intention. Elle est aussi la démonstration que l’Europe est en train de virer en empire désirant avant tout s’étendre (voir les partenariats tout azimut alors que c’est au détriment des « bénéficiaires » qui n’ont rien à gagner de briser leurs liens économiques avec la Russie si ce n’est de devenir le réservoir de main d’oeuvre à bon marché de l’industrie allemande et de subir l’austérité version troïka, et au risque de s’aliéner définitivement un partenaire stratégique) qui risque d’endosser la qualificatif que l’on donnait à l’empire austro-hongrois : la prison des peuples. Je suis Belge et je ne vois pas pourquoi la Flandre ne peut pas prendre son indépendance parce que le vote wallon lui impose toujours un gouvernement fédéral qui va à l’encontre de la politique qu’ils souhaitent démocratiquement. La situation est identique en Ecosse même si la configuration politique est inverse (vœu d’une politique de gauche dans un état fédéral de droite)

  • Le 21 septembre 2014 à 11:10, par Jean-Luc Lefèvre En réponse à : Référendum : nous sommes tous écossais !

    @ Alain

    Où est le procès d’intention ? qui serait ciblé dans ce texte qui se veut une analyse réaliste de la situation ? Je ne contexte à personne - relire mes réactions antérieures - le droit de faire valoir ses choix démocratiques ! Je me livre à une analyse objective de la situation actuelle et des orientations très différentes de chacun.

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