Deux ans après le rejet du Traité constitutionnel par la majorité des électeurs français et néerlandais, l’Europe est toujours plongée dans l’impasse. La procédure d’adoption à l’unanimité empêche bien évidemment l’adoption du texte, mais l’abandon d’un texte soutenu par les deux-tiers des États-membres est tout aussi impensable. Cela n’a pas empêché la plupart des candidats à l’élection présidentielle en France d’entretenir l’illusion que notre pays pouvait décider seul de l’avenir de l’Union européenne, au mépris de la souveraineté des autres États-membres.

Le nouveau président de la République a ainsi manifesté sa volonté de faire ratifier, par voie parlementaire, un traité réduit. Une telle solution, en plus d’être un pied de nez inacceptable pour nos partenaires, serait un vrai déni de démocratie après le vif intérêt manifesté par les électeurs lors du débat sur le Traité constitutionnel en 2005, car elle empêcherait les citoyens européens de s’exprimer sur ce nouveau projet.

Des députés européens appellent à l’utilisation d’un référendum paneuropéen

C’est pourquoi nous nous réjouissons de l’initiative prise le 9 mai dernier par les députés européens Gérard Onesta(Verts, vice-président du Parlement européen) et Marco Cappato (ADLE) [1]. Dans un communiqué commun, ils appellent le nouvel élu à respecter la réalité démocratique : « Nicolas Sarkozy n’a reçu aucun mandat des citoyens pour son projet de mini-traité européen. Or, l’Europe ne peut se faire sans eux. Si on ne place pas les citoyens au cœur du dispositif de relance du processus constitutionnel européen, la légitimité de leurs représentants sera menacée, et leur confiance sera perdue. Plus que jamais un référendum européen transnational est nécessaire ».

Cette position rejoint celle adoptée par les Jeunes Européens - France dans leur résolution du 15 avril dernier, demandant à ce qu’un référendum pan-européen sur la Constitution européenne soit organisé le même jour que les élections du Parlement européen en 2009. La Constitution européenne serait alors approuvée si une double majorité citoyens/États membres était atteinte : en effet, l’Union européenne est une union d’États et de citoyens, et il est dès lors normal qu’une double majorité, États et citoyens, soit requise. En cas d’issue positive, la Constitution entrerait en vigueur dans les pays ayant voté en faveur du texte Constitutionnel.

Le Référendum paneuropéen pour sortir l’Europe de la crise

Marco Cappato

Cette solution apporterait une réponse constructive au problème de légitimité démocratique dont souffre actuellement l’Union européenne. Par sa tenue simultanée dans les 27 pays de l’Union européenne, ce référendum serait également à même d’enclencher une dynamique pour la création d’une véritable opinion publique européenne, seul moyen de permettre l’appropriation du projet européen par les citoyens. Enfin, la perspective d’une ratification populaire incitera les chefs d’État et de gouvernement à adopter un processus aboutissant à un texte de meilleure qualité.

Ainsi, plutôt que de détricoter la construction européenne dans des tractations diplomatiques hors de la vue des citoyens, seul un référendum pan-européen permettra de sortir l’Europe par le haut de la profonde crise qu’elle traverse. Nous constatons d’ailleurs qu’encore une fois, c’est le Parlement (c’est-à-dire les représentants des citoyens) qui est en avance sur le Conseil (c’est-à-dire les représentants des États).

Parce qu’on ne fera pas l’Europe sans les européens, faisons pression sur nos gouvernements : signons la pétition pour un référendum pan-européen.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Bruxelles, le 9 mai 2007

REFERENDUM EUROPEEN

Plus que jamais un referendum européen transnational est nécessaire

Ce mercredi 9 mai 2007, Gérard Onesta, vice président du Parlement européen, Membre du Groupe des Verts/ALE, et Marco Cappato, Membre du Groupe ALDE (Libéraux), ont donné une conférence de presse sur la nécessité d’un referendum européen.

Les deux eurodéputés estiment que, réalisé le même jour dans les 27 pays de l’Union européenne, le referendum européen peut enclencher une action dynamique pour la création d’une véritable opinion publique européenne et permettre de sortir, par le haut, l’Europe de la profonde crise qu’elle traverse. Ils ont également souligné l’idée que les referenda nationaux sont par nature antieuropéens.

Concernant le déclarations de Nicolas Sarkozy à propos de l’élaboration d’un mini-traité européen, Gérard Onesta a précisé que : "Nicolas Sarkozy n’a reçu aucun mandat des citoyens pour son projet de mini-traité européen. Or, l’Europe ne peut se faire sans eux. Si on ne place pas les citoyens au cœur du dispositif de relance du processus constitutionnel européen, la légitimité de leurs représentants sera menacée, et leur confiance sera perdue. Plus que jamais un référendum européen transnational est nécessaire".

Isabelle Zerrouk - Attachée de Presse du Groupe des Verts/ALE