La République de Croatie, qui a pour capitale Zagreb, est née de la sécession du territoire avec la République socialiste fédérale de Yougoslavie, le 25 juin 1991, soit 11 ans après la mort du Président Josip Broz Tito. C’est l’élan nationaliste du parti de Franjo Tuđman, Premier ministre pendant près de dix ans, qui a rendu possible la formation de l’État qui, le 1er juillet de cette année, devrait devenir membre de l’Union européenne.

L’arrivée au pouvoir du courant d’extrême droite en 1991 fut un élément déterminant dans le développement de ce pays. Mais ce courant fut également tenu pour principal responsable des crimes de guerre odieux perpétrés durant la Guerre des Balkans (1991–1995). Récemment, le pays a fait un pas en avant dans la gestion de son lourd passé en collaborant avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

La forme actuelle de gouvernement, semblable à la précédente du point de vue de sa structure, mais différente du point de vue de l’application du pouvoir, est une République parlementaire semi-présidentielle. Son organisation ressemble à celle d’autres États européens : le président de la République (depuis 2010, Ivo Josipović) est le représentant de l’État et le chef des armées. Il est élu au suffrage universel direct. C’est à lui que revient la tâche de désigner un Premier ministre, dont la première mission est de former un gouvernement qui doit être soutenu à la majorité par le Parlement. Ce dernier est composé de deux chambres et ressemble, peu ou prou, au Parlement français.

L’exécutif croate est aujourd’hui emmené par le Premier ministre Zoran Milanović, dirigeant du parti social-démocrate de Croatie (Socijaldemokratska Partija Hrvatske, SPH). Le pluripartisme, interdit jusqu’à la fin des années quatre-vingt, encourage aujourd’hui les différents partis à former des coalitions pour assurer la stabilité du gouvernement. C’est notamment le cas de la coalition de centre-gauche de Milanović, la coalition « Cocorico » (Kukuriku Koalicija), qui est composée du SPH, du Parti populaire croate - Démocrates libéraux (Hrvatska narodna stranka - liberalni demokrati, HNS-LD), de la Diète démocratique istrienne (Istarski Demokratski Sabor, IDS) et du Parti croate des retraités (Hrvatska Stranka Umirovljenika, HSU).

Si la guerre est encore dans les mémoires des Croates, l’économie du pays est aujourd’hui l’une des plus avancées du sud-ouest de l’Europe. Plutôt libérale, elle fournit de bons résultats dans tous les secteurs, et permet au pays d’exceller plus particulièrement dans la production industrielle. En effet, ce secteur représente 20 % du PIB et occupe plus de 25 % de la population active. La sidérurgie, la métallurgie et surtout, sur la côte, la construction navale, sont les secteurs principaux. En outre, la production industrielle représente 95 % des exportations internationales. Les secteurs de la pêche et de l’agriculture n’ont rien à lui envier : ils permettent de satisfaire presque entièrement les besoins de la population croate.

Le secteur tertiaire est également crucial pour la viabilité de l’économie croate. Avec 4 000 kilomètres de terres s’étendant sur la côte Adriatique et avec plus de mille îles, la Croatie attire chaque année, principalement en été, près de dix millions de touristes. Après l’isolement des années quatre-vingt-dix, les politiques de centre-gauche ont permis de renforcer les incitations aux investissements publics et à établir de nouvelles relations avec les autres pays européens. L’augmentation de sa productivité et la stabilité de sa monnaie font de la Croatie un candidat potentiellement précieux pour l’Union européenne.

Sa population de quatre millions d’habitants est constituée à 90 % de Croates, 4 % de Serbes et 6 % d’autres minorités, parmi lesquelles des Italiens (0,4 %). Le nombre de ces derniers, rassemblés principalement en Istrie, a fortement chuté au fil du temps, notamment à cause des politiques dites d’épuration ethnique menées par le régime d’ex-Yougoslavie, qui a justifié ces massacres par des raisons politiques : le régime traquait les fascistes, les anticommunistes et les dissidents. Le même sort a touché de nombreux Serbes, décimés durant la guerre des Balkans par l’armée croate ou contraints de fuir dans les pays voisins.