La Bulgarie, pays néo-adhérant :

Bienvenue dans l’Union européenne à 27 !

, par Ronan Blaise, Victoria Pétrova

La Bulgarie, pays néo-adhérant :

Bientôt (le 1er janvier 2007), la Bulgarie fera partie de l’Union Européenne. Ici, nous vous proposons une brève présentation de ce pays, prochainement nouvel entrant et bientôt membre d’une Union européenne à vingt-sept.

Nom & Origines :

« Balgarija » (Bulgarie, en français), mot qui - selon certaines interprétations - signifierait ’’peuplement mélangé’’, eu égard à l’origine ethnique extrêmement diverse du peuple bulgare (thraces, illyriens, slaves, bulgares, turcs, etc...).

Les Bulgares sont effectivement en partie issus de populations ouralo-altaïques turcophones venues d’Asie centrale qui ont ’’fusionné’’ avec les (très majoritaires) habitants slaves de cette région des Balkans pour former, vers la fin du VIIe siècle de notre ère, le premier état bulgare.

L’historiographie bulgare de la période actuelle tend aujourd’hui à minimiser - voire à rejeter - cette partie de ses origines ; et insiste sur le fait que la Bulgarie possède sa propre culture et sa propre langue (slaves) qui n’ont effectivement rien en commun avec la culture et la langue turque actuelles. Ce point de vue tient notamment à une certaine volonté de se démarquer de la propagande nationaliste turque qui tendrait à politiquement essayer d’instrumentaliser cette ’’éventuelle’’ lointaine et bien incertaine origine commune.

Mais, bien évidement, il n’aura pas échappé à nos lecteurs attentifs qu’il n’est absolument pas question ici de remettre en question ici le caractère éminemment slave de la langue, de la culture et du peuplement bulgare actuel...

Superficie :

Environ 111 000 km².

Drapeau :

Officiellement adopté en 1878, le drapeau bulgare fut -selon certaines interprétations- conçu à l’inspiration de celui de la Russie : nation alliée et amie qui par son aide décisive, à la fin du XIXe siècle (lors de la guerre russo-turque de 1876-1877) avait ainsi enfin rendue possible l’indépendance bulgare.

La Bulgarie en Europe.

Soit : trois bandes horizontales ’’blanc-bleu-rouge’’ (le bleu de la bande centrale ’’russe’’ étant, ici, remplacé par le vert).

D’après certaines autres interprétations patriotiques plus ou moins poétiques, les trois couleurs du drapeau bulgare symboliseraient aussi, respectivement :

- Pour le blanc : la paix (ou la neige).

- Pour le vert : les richesses du sol, sinon le principe d’espérance (voire, selon certaines autres interprétations souvent contestées, un héritage de la domination ottomane...).

- Pour le rouge : le sang versé pour la Patrie (sinon le courage et l’esprit de résistance à l’oppression du peuple bulgare...).

Hymne national :

L’actuel hymne national bulgare (officiel depuis septembre 1964) est le texte ’’Mila Rodino’’ (i. e : ’’Chère Patrie’’) ou ’’Gorda Stora Planina’’ (i. e : ’’Qu’elle est fière, l’ancienne montagne’’, traduction littéraire...), texte et musique de Tsvetan Radoslavov (1885).

Fêtes nationales :

En Bulgarie, on célèbre le 3 mars (i. e : la libération du ’’joug’’ ottoman). Et, au moins jusqu’en 1989, le 9 septembre (i. e : l’entrée des forces soviétiques en Bulgarie, à la fin du second conflit mondial).

Capitale :

La Bulgarie, pays des Balkans.

La capitale de la Bulgarie est la ville de Sofija (Sofia), qui compte aujourd’hui plus d’1 million d’habitants.

Principales grandes villes :

Burgas, Dobrich, Pleven, Plovdiv, Ruse, Sumen, Slimen, Stara Zagora, Varna, etc.

Population :

La Bulgarie compte aujourd’hui environ 8 millions d’habitants, dont 85% de Bulgares et 15% de minorités nationales : 9% de Turcs ou de minoritaires ’’Pomaks’’ (i. e : Bulgares islamisés...), 3% de Tziganes et 3% de Macédoniens, etc.

Langues parlées :

La langue officielle de l’Etat est le bulgare (sans parler des langues des minorités nationales présentes en Bulgarie). Une langue bulgare qui s’écrit, ordinairement, avec un alphabet de type cyrillique.

Religions principales :

La religion majoritaire est le Christianisme orthodoxe ou Orthodoxie (85%) même si l’on compte de nombreuses minorités confessionnelles, principalement musulmanes (13%)

Adhésion à l’Union :

La Bulgarie a déposée sa candidature pour adhésion à l’UE en 1995.

Et le Conseil européen d’Helsinki de décembre 1999 a alors décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion avec la Bulgarie. En juin 2004 les chefs d’Etat et de gouvernement ont donc exprimé leur souhait d’accueillir la Bulgarie dans l’UE dès 2007, si elle est prête.

Après de longues négociations d’adhésion qui ont occupé toute l’année 2004, le traité d’adhésion de la Bulgarie a été signé en 2005. L’adhésion de la Bulgarie à l’UE est donc prévue pour le 1er janvier 2007 (ou 2008). Et la perspective de l’élargissement a accéléré le processus de transformation engagé dans le pays.

Mais l’évaluation annuelle récemment dressée par la Commission européenne à ce sujet n’est pas nécessairement très encourageante. Secteurs tout particulièrement pointé du doigt : les secteurs agricoles et vétérinaires, ’’domaines particulièrement préoccupants’’ où ’’des mesures urgentes doivent être prises’’. Mais c’est surtout l’état du système judiciaire, la corruption administrative et le crîme organisé qui préoccupent la Commission de Bruxelles et qui doivent être considérées comme de ’’hautes priorités’’.

Aussi, si jamais les actuels Etats membres de l’UE sont plus ’’tatillons’’ que lors du dernier élargissement, en mai 2004, tout signe de retard risquerait donc d’entraîner un report de la date d’entrée de la Roumanie dans l’UE. Ce pourquoi, devant l’étendue du travail restant encore à accomplir, beaucoup s’attendent à ce que la date d’adhésion prévue pour janvier 2007 soit finalement repousssée d’un an...

Formalités de séjour :

Pour séjourner en Bulgarie, les ressortissants de l’Union européenne ont besoin d’un passeport en cours de validité pour encore au moins six mois. Avec obligation de se présenter aux autorités dans les 48 heures suivant l’entrée sur le territoire.

Régime politique :

La Bulgarie - Etat unitaire - est une République parlementaire organisée autour d’un Parlement monocaméral, l’Assemblée nationale (élue au suffrage universel, tous les quatre ans) et d’un Président de la République élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans (et pour un mandat renouvelable une fois).

Dans cette république parlementaire, c’est l’Assemblée nationale qui exerce l’essentiel des pouvoirs : elle vote les lois, approuve le budget de l’Etat investit (ou relève de ses fonctions le chef du gouvernement) et ratifie les accords internationaux.

Actuel président de la République :

Actuellement, c’est M. Gueorgui Parvanov, élu en 2001 (pour un mandat de cinq ans).

Actuel Chef de gouvernement(premier ministre) :

Actuellement (depuis août 2005) c’est M. Sergueï Stanichev (socialiste), chef d’une coalition gouvernementale composée du « Parti socialiste », du « Mouvement national » (parti de centre-droit dirigé par Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha, actuel ’’prétendant’’ au trône de Bulgarie, bien qu’il s’en défende parfois...) et du « Mouvement pour les droits et les libertés » (parti de la minorité turque).

Monnaie :

La monnaie de la Bulgarie est le Lev (’’lion’’) ; NB : 1 LB = 0.515 Euro.

Économie :

L’actuel gouvernement peut se permettre de mettre en avant d’importants progrès économiques : une croissance forte (+6%), une inflation maîtrisée (6%), un chômage en baisse (10,4% en octobre 2005 contre 18% en 2000) et des investissements étrangers aujourd’hui en nette croissance.

Mais ces bons chiffres cachent en fait des déficits publics encore élevés ainsi que de graves inégalités sociales. Ainsi, la baisse statistique du chômage camouflerait en fait une importante ’’économie grise’’ faite d’activités non déclarées et de marché noir.

Pareillement, il faut souligner qu’environ 1,1 million de Bulgares (retraités, chômeurs de longue durée, jeunes peu qualifiés, etc) - sur une population totale de 8 millions de personnes - vivraient en fait sous le seuil de pauvreté.

Un peu d’Histoire :

L’Histoire de la Bulgarie est -comme son nom l’indique (voir plus haut)- l’histoire d’une ’’superposition-fusion’’ de peuplements divers et variés : Thraco-Illyriens de l’Antiquité, ’’Sklavènes’’ (Slaves) et ’’Proto-Bulgares’’ (Altaïens turcophones) du Haut Moyen Âge (aux VIe et VIIe siècles) puis -enfin- Turcs ’’ottomans’’ (à partir du XIVe siècle).

C’est à partir du VIIe siècle que se cristallise le premier Etat bulgare des Balkans : un royaume indépendant qui alors, sous l’autorité de ses fameux Khans puis célèbres Tsars bulgares (voir ci-dessous), connait son apogée à la charnière des IXe et Xe siècles. Un Etat bulgare qui, alors, rivalise de puissance avec l’Empire byzantin lui-même : menaçant de lui prendre sa capitale Byzance (i. e : l’ancienne Constantinople) à de très nombreuses reprises, et lui disputant ainsi la suprématie politique dans les Balkans.

Mais, après de nombreuses péripéties, moments de gloire nationale et autres défaites toutes aussi retentissantes, ce royaume bulgare allait finalement subir l’invasion turque du XIVe siècle et être, par la suite, formellement annexée à l’Empire ottoman naissant (en 1396).

Après avoir été ainsi soumis pendant cinq siècles à la domination ottomane, le sentiment national bulgare allait néanmoins se réveiller au XIXe siècle. Ce pourquoi, après la fameuse ’’révolte nationale’’ bulgare de 1876, la sévère répression ottomane et la guerre russo-turque qui suivit en 1877, la Bulgarie devint d’abord une Principauté autonome (en 1878) avant d’obtenir sa pleine indépendance comme Royaume de Bulgarie (en 1908).

Après la seconde guerre mondiale, la Bulgarie - ’’libérée’’ par les soviétiques (expression à utiliser avec tous les guillemets qui conviennent...) à la fin de 1944 - devenant une ’’Démocratie populaire’’ de type stalinien et se retrouvant là incluse dans la zone d’influence de l’URSS (à l’exemple des autres pays d’Europe centrale et des Balkans).

A la fin de 1989, après plus de quarante années de dictature communiste, la Bulgarie s’engagea dans la voie de la démocratisation et les élections de juin 1990 mirent en place une Assemblée constituante qui établit l’actuelle République.

Personnages célèbres :

On pourrait commencer par citer quelques grands souverains médiévaux des Bulgares : les Khans Asparukh (VIIe siècle), Krum et Omurtag (IXe siècle) suivis des Tsars bulgares Boris 1er (852-889), Vladimir (889-893), Siméon 1er le grand (893-927) et Samuel (991-1014).

Pareillement, on pourrait citer le grand Héros des guerres d’indépendance Vassil Levski, les grands écrivains Ivan Vazov (à la fin du XIXe siècle) et Elias Canetti (prix Nobel de littérature, en 1981), l’écrivain franco-bulgare Julia Kristeva, la chanteuse ’’franco-bulgare’’ (i. e : française d’origine bulgare) Sylvie Vartan ainsi qu’un certain John Vincent Atanassov (l’inventeur ’’bulgaro-américain’’ de l’ordinateur, en 1939-1942) ou le fameux footballeur de grand talent Hristo Stoïchkov, demi-finaliste de la coupe du monde 1994.

Pour en savoir plus :

www.bulgariatravel.org

- Illustrations :

Les documents illustratifs utilisés ici, cartes et drapeaux, sont tous tirés de l’encyclopédie en ligne wikipédia (documents libres de droits).

Vos commentaires

  • Le 1er juin 2006 à 16:45, par Dr Gueorgui Armianov, Lecteur de langue et civilisation bulgare, Université « Marc Bloch », Strasbourg En réponse à : La Bulgarie, pays candidat à l’adhésion :

    Madame, Monsieur,

    J’ai lu votre article avec beaucoup d’intérêt car je pense que les lecteurs français doivent connaître mieux la Bulgarie - un futur membre de l’EU. Malheureusement, j’ai trouvé des erreurs et des imprécisions alors que l’un des auteurs est d’origine bulgare. Permettez mois de vous donner quelques corrections.

    1) Dans le premier paragraphe les auteurs ont mis les Illyriens parmi les peuples qui ont participé dans la création de la nation bulgare. En fait, les Illyriens n’avaient aucun rôle dans ce processus, c’était les Thraces, dont les royaumes se trouvaient sur le territoire de la Bulgarie actuelle, qui ont laissé leur empreinte sur l’histoire et la culture bulgare.

    2) Le drapeau bulgare n’est pas conçu à l’image de celui de la Russie. Le drapeau existait bien avant la Libération de 1878 sous la forme vert-blanc-rouge (ou rouge-blanc-vert en temps de guerre) et il est bien présenté dans plusieurs lithographies de l’époque de la Renaissance bulgare. Le changement était fait pour éviter la ressemblance avec d’autres drapeaux européens.

    3) Le texte de l’hymne national est « Mila Rodino » et non pas « Mila Rodina ».

    4) Le 9 septembre n’est pas aujourd’hui une fête nationale et ce n’était pas le jour de la libération de l’occupation nazie car la Bulgarie n’a jamais été occupée par l’Allemagne nazie (comme la Pologne, par exemple). C’était le jour de l’installation, avec l’aide de l’armée soviétique, du régime communiste et il était imposé comme une fête par le Parti communiste. Depuis 1989 ce jour n’est plus officiellement célébré en Bulgarie. Les Fêtes Nationales sont : le 3 mars (présenté correctement dans votre article), le 24 mai (Fête de l’éducation, de la culture et de la science nationale) et le 22 septembre (Proclamation de l’Indépendance 1908).

    5) Selon le dernier recensement officiel (2001) la population bulgare est divisée en : Bulgares 83,9 %, Turcs 9,4 %, Tziganes 4,7 % et autres - Russes, Grecs, Arméniens, Juifs, etc. - 2 %. Comme vous pouvez le constater il n’y a pas 3% de Macédoniens (3% = 240 000 habitants, qui est un chiffre plus grand que la population entière de la Bulgarie du sud-ouest) et la proportion de Tsiganes est légèrement plus grande.

    6) Le parti politique de Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha s’appelle « Mouvement national Siméon II » car il porte le prénom de son dirigeant et Siméon lui-même n’est pas officiellement prétendant au trône de la Bulgarie.

    7) La capitale de l’Empire byzantin était Constantinople (l’ancienne Byzantion ou Byzance) et pas l’inverse.

    8) Le sentiment national bulgare a toujours été vif ; seule la renaissance politique, sociale et culturelle a débuté au XVIII et non pas au XIXe siècle. La fameuse « révolte nationale » bulgare n’est pas de 1876-1877 - elle éclate en avril et continue jusqu’en juin 1876.

    9) En septembre 1944 la Bulgarie n’a pas été libérée mais plutôt occupée par l’armée soviétique - l’URSS déclare la guerre à la Bulgarie le 5 septembre 1944, tandis que la Bulgarie était déjà en guerre avec l’Allemagne nazie. L’armée soviétique occupe le pays et installe un régime communiste stalinien.

    10) Parmi les grandes figures de la culture bulgare vous pouvez ajouter aussi l’écrivain et philosophe Tzvetan Todorov, l’expressionniste Jules Pascin et le chanteur d’opéra Boris Hristov.

    11) Il serait également plus correct de mettre en tant qu’illustration des cartes de la Bulgarie françaises, et non des cartes allemandes avec une orthographe allemande.

    En restant à votre disposition pour toutes questions éventuelles, je vous prie d’accepter, Madame, Monsieur, l’assurance de des sentiments les meilleurs.

    Gueorgui Armianov Lecteur de langue, littérature, histoire et civilisation bulgare Université « Marc Bloch », Strasbourg

  • Le 1er juin 2006 à 20:21, par Ronan Blaise En réponse à : La Bulgarie, pays candidat à l’adhésion :

    Merci pour ces précisions :

    (1) Pour ce qui est de la carte (avec une orthographe allemande, effectivement), nous avons pris ce que nous avons trouvé, sur wikipédia (et une carte effectivement allemande, faute de mieux, l’équivalent n’existant guère en français...).

    (2) Suis pour ma part - sur le fond - complètement d’accord avec les points 8, 9 (et 4) et 10. (1876-1877 : révolte nationale et guerre russo-ottomane, i. e ce qu’il fallait comprendre...).

    (3) Pour ce qui est du point 7, je pense que vous faîtes ici allusion à l’ancienne colonie grecque de Byzance, fondée au VIIe siècle avant notre ère par un certain Byzas, ’’refondée’’ au IVe siècle de notre ère par un certain Empereur romain du nom de Constantin (d’où le nom de Constantinople) et qui -par la suite- au Bas Moyen äge, est à nouveau universellement plus connue sous son nom originel de ... Byzance ! (d’où le nom d’Empire byzantin, amené progressivement à remplacer le nom finalement devenu désuet d’Empire romain d’Orient...). Bref : l’actuelle Istambul, nom grec turquifié (i. e : locution signifiant ’’(en allant) vers la Ville...’’).

    (4) Pour ce qui est des ambitions du ’’prétendant’’ Siméon, force est tout de même de constater que cet homme politique aura dit vraiment beaucoup (énormément) de choses (et, en fait, tout et son contraire...) quant à son éventuelle volonté de restaurer la monarchie (à son profit...) en Bulgarie...

    D’ailleurs il est assez amusant -comme vous le soulignez vous même- qu’un soit disant ’’non prétendant au trône’’ préside ainsi une formation politique qui porte très officiellement un nom de règne le désignant ainsi très clairement comme un souverain (avec sa titulature ’’ordinale’’ tout du moins...). ; - ))

    (5) Pour ce qui est des statistiques, d’une encyclopédie à l’autre elles sont extrémement variables. Et pour cause : très souvent instrumentalisées par les pouvoirs en place selon des logiques politiques et électorales (nationalistes ?) qui n’échapperont finalement à personne. ; - ))

    (6) Pour ce qui est de la fête et de l’hymne nationales, je corriges de ce pas...

    (7) Le ’’cousinage’’ entre les drapeaux russes et bulgares est pourtant une interprétation (parmi tant d’autres...) qui apparaît très souvent dans de nombreux ouvrages spécialisés en ’’vexillographie’’ (i. e : la science des drapeaux, bannières et oriflammes). Une interprétation particulière qui n’en n’interdit aucune autre, antérieures, postérieures et/ou complémentaires... (en vexillographie, c’est souvent comme cela que ça ’’fonctionne’’ : plusieurs interprétations contradictoires et/ou complémentaires qui se tolérent sans s’exclure et s’enrichissent mutuellement par ’’fertilisation croisée’’...).

    (8) D’un ouvrage à l’autre l’aire de dispersion des populations illyriennes varie quelque peu, englobant parfois l’ouest du territoire actuel de la Bulgarie (mais il est vrai que cela ne concerne que l’ouest du territoire actuel de la Bulgarie...), effectivement surtout peuplée de Thraces.

  • Le 2 juin 2006 à 23:37, par ? En réponse à : La Bulgarie, pays candidat à l’adhésion :

    Bonjour, j’ai juste une question : L’article concerne l’adhesion tres proche de la Bulgarie ou c’est plutot une maniere camouflee pour ameliorer l’image de la Turquie ? C’est la premiere fois que l’on me dise que le « rouge » du drapeau bulgare fait reference au « rouge » turc, que les proto-bulgares etaient des turcophones...Apparamment tout dans l’histoire bulgare doit etre lie a la Turquie !!! Pourquoi, dans quel but ?

  • Le 3 juin 2006 à 12:26, par Ronan Blaise En réponse à : La Bulgarie, pays candidat à l’adhésion :

    Non, non, juste vous rassurer. Il s’agissait ici de parler de la Bulgarie pour elle-même et pour son adhésion future sans qu’il soit nécessairement systématiquement fait référence à ses voisins avec lesquelles elle a néanmoins effectivement des relations historiques et culturelles, parfois conflictuelles mais peut être aussi parfois amicales, tout du moins on pourrait l’espérer...

    Maintenant, je pense aussi que la Turquie d’aujourd’hui est assez ’’adulte’’ pour améliorer toute seule son image (si tant est que cela soit nécessaire...) sans l’aide de qui que ce soit... (en tout cas, ce n’était absolument pas l’objet de cet article...).

    Pour ce qui est du rouge du drapeau bulgare, relisez bien cet article : nous n’en parlons absolument pas comme vous nous le dîtes dans votre courriel (i. e : comme une référence au rouge du drapeau turc...). Rien de tel n’apparaît dans le document que normalement vous venez de lire. (Même si, effectivement, le rouge est une couleur qu’on retrouve beaucoup dans l’imaginaire des peuples plus ou moins originaires de la steppe...).

    En revanche nous parlons effectivement du vert (en effet, avant les turbulences de la fin du XIXe siècle, l’un des drapeaux de ce qui allait par la suite ultérieurement devenir la Bulgarie indépendance était un drapeau vert frappé d’un lion armorié... Et c’est effectivement ce dont nous voulions précisément parler en tant que ’’vert’’ hérité de la période de la domination ottomane...).

    Enfin, il semble scientifiquement assez incontestables que les protobulgares (venus dans les Balkans, au VIIe siècle, depuis le bassin de la lointaine Volga...) étaient effectivement des peuples d’origines altaïennes (ou, comme on dit en linguistique, un peuple appartenant à la vaste famille linguistique ’’turco-mongole’’ : soit, ici, les ’’turcophones’’ au sens large du terme, dans toute la très grande diversité de leurs parlers spécifiques, bien évidemment... Ce qui, soyons bien d’accord, ne signifie donc effectivement pas qu’ils parlaient alors, autrefois, tous strictement la même langue, et certainement pas la langue turque de l’époque contemporaine... ; - ))

    Lequels Protobulgares sont donc venus s’installer dans les Balkans où ils ont fusionné avec les populations slaves locales qui les ont linguistiquement et culturellement ’’assimilés’’ tout en prenant néanmoins pour ’’leur’’ le nom collectif des ’’envahisseurs’’.

    En fait, c’est probablement là un peu le même phénomène d’ethnogenèse que celui qui s’est produit dans les Gaules aux Ve et VIe siècle de notre ère avec l’arrivée des Francs, peuple germanique et de langue germanique qui y a fondé un Etat (et lui donnant leur nom : la France...) avant de complètement se fondre dans les population gallo-romaines de langue latine qui y constituaient là la majorité effective du peuplement. Et il n’y a absolument nul scandale politique dans ce très amusant paradoxe qui fasse de nos jours que les habitants de la France, ancienne Francie (nom germanique), aiment cependant aujourd’hui tant à dire ’’nos ancêtres les... Gaulois’’ ! (sans même parler de leur amour invétéré pour Astérix... ; - ))

    Quant aux relations existant entre Turcs et Bulgares d’aujourd’hui (vu qu’il me semble qu’il s’agisse là du principal objet de la controverse... ; - )), nous ne pouvons que les encourager à établir enfin des relations amicales et authentiquement dénuées de toute animosité (voire à se réconcilier, si besoin est...). Car, comme l’a si bien montré la réconciliation franco-allemande, c’est bien cette voie de l’amitié et de la réconciliation (malgré les effectives souffrances du passé...) qui, loin de toute tentation de ’’crispation’’ identitaire, mène le plus surement vers l’Europe : une Europe qui est avant toute chose, est-il vraiment besoin de le souligner, un projet de Paix. (Paix entre nous et avec nos voisins...).

  • Le 5 octobre 2006 à 13:41, par Valéry En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Bienvenue c’est vite dit. Je fais partie des très nombreux Français qui voteraient copntre l’adhésion des deux nouveaux entrants si notre opinion était sollicité par nos élites.

    Aucun des deux pays n’est prêt aujourd’hui, de l’aveu même de la Commission qui se voit contrainte à manipuler les critères pour faire passer la chose.

    L’Union européenne n’est pas prête non plus, faute d’avoir su se réformer.

    Donc « bienvenue », certainement pas.

  • Le 19 décembre 2006 à 09:17, par bnlack En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Bonjour, J’ai lu votre article de très près et j’ai constaté aussi que plusieurs informations sont incorrectes. Je ne vais pas me lancer dans des causes perdues pour vous apprendre l’histoire bulgare, car vous avez apparemment des sources très authentiques (un membre de votre équipe étant d’origine bulgare). Je me demande simplement si un jour les bulgares vont enfin commencer à défendre leur vraie culture et histoire comme le font les autre pays et non pas à les dénoncer et raconter des salades que la Bulgarie a été conçue après le mariage des proto bulgares et des slaves au VII siècle (La Bulgarie existait déjà bien avant que Khans Asparukh descende et s’installe sur les Balcans). Les sources de Wikipédia sont pour donner des informations relatives pour enrichir la culture générale. Voilà pourquoi je vous conseille de chercher vos information ailleurs en ce qui concerne l’histoire ou si non ne pas en parler tout simplement, car en 2007 beaucoup de français vont enfin se demander ce qui est le peuple bulgare et en lisant des articles comme les vôtres vont s’en faire une image incorrecte.

  • Le 19 décembre 2006 à 10:24, par Ronan Blaise En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Qu’il y ait eu des habitants vivant sur le territoire de l’actuelle Bulgarie avant même l’arrivée des slaves et des protobulgares dans la région, c’est une évidence.

    Que certains des Bulgares d’aujourd’hui soient les lointains descendants des proto-bulgares, des slaves de la région voire même des populations thraces antérieures, c’est aussi une évidence incontestable.

    Que l’Histoire du territoire et des populations de la Bulgarie commença (sous d’autres noms) avant même que le nom propre ’’Bulgarie’’ ne soit effectivement référencé dans les chroniques médiévales, c’est également une évidence.

    Mais je veux bien mettre n’importe qui au défi de me prouver qu’il existât dans les Balkans un Etat indépendant dénommé très officiellement ’’Bulgarie’’ avant même les mouvements de populations slaves et ouralo-altaïques des VIe et VIIe siècles.

    Que l’ethnogenèse du peuple bulgare se soit déroulée avec une contribution ouralo-altaïque (dite ’’proto-bulgare’’) est également une évidence historique soulignée par de nombreux historiens.

    Faire l’impasse de façon gratuite (ou idéologique) sur celle-ci serait aussi absurde que d’affirmer que l’ethnogenèse du peuple français ne doit strictement et absolument rien au peuple (germanique) des Francs qui a tout de même donné son nom actuel au Pays (la France), au Peuple (les Français) et à l’Etat (République française) alors que l’apport en populations germaniques franques dans les Gaules de l’époque était effectivement au moins aussi minime que l’apport en populations des immigrants proto-bulgares sur le territoire de la future (pour eux) et actuelle (pour nous) Bulgarie.

    La façon dont certains de nos interlocuteurs bulgares cherchent aujourd’hui ainsi à rejeter des pans entiers de leur passé sous prétexte qu’ils le doivent à des ’’étrangers’’ a tout de même quelque chose de déconcertant. Les français (au départ de souche gallique et actuellement encore de langue latine) acceptent bien (et sans en concevoir quelque complexe d’infériorité) leur héritage germanique.

    Pourquoi donc les Bulgares d’aujourd’hui n’accepteraient-ils donc pas - pareillement - qu’ils doivent au moins leur nom collectif actuel et la gestation de leurs tous premiers Etats vraiment structurés à un peuple qui, à l’évidence, n’était pas slave ?!

  • Le 10 janvier 2008 à 21:56, par Ronan En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    PS : La ’’naissance’’ du peuple bulgare par fusion des peuplements slaves (antérieurs) et turco-mongoles (par la suite arrivés...) est d’ailleurs un thème tellement absurde et si controversé... qu’il a même carrément fait l’objet d’une récente parution philatélique officielle de la part de l’Etat bulgare. Etonnant, non ?!

  • Le 5 mars 2010 à 15:21, par Madugois En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Bonjour, Je viens de lire la présentation de la Bulgarie assez controversée par les internautes.

    Je voudrais juste attirer votre attention que dans les

    publications turkologiques françaises, il est d’usage de

    différencier turk, qui concerne l’ensemble des parlers turks,

    et turc qui concerne uniquement le parler de Turquie.

    Ces deux mots s’accordent.

    Langues turciques = turkes - turkophone - peuples turks

    Langue turque = le turc - turcophone - République turque (la Turquie)

    En anglais : turkic languages (langues turciques) - turkish language (le turc)

    En russe : прил. тюркский= тюркская - тюркские языки (pl.) - (le turc) =турецкий язык

    Février 2010. URL : http://asiecentrale.revues.org/index658.html

    Bien à vous - Marie DUGOIS, linguiste

  • Le 6 mars 2010 à 13:07, par Ronan En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Cette présentation n’est controversée que de la part de personnes attribuant à l’auteur de cette même présentation des arrières pensées qu’il n’a pas.

    En revanche, la nature des points de détail soulevés par les uns et les autres, la nature et la violence des accusations (et procès d’intention) formulés à l’égard de l’auteur (et le ton employé à cet égard) en dit long sur leur vision du monde :

    Où l’hypersensibilité nationaliste fondée sur un nationalisme ethnique et ombrageux à tout propos, le dispute à la bêtise (toutes chose qui n’ont guère leur place dans ce webzine...).

  • Le 11 mars 2010 à 20:31, par Marie DUGOIS En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Merci pour la réponse, Monsieur.

    Mon observation au sujet des protobulgares « peuple parlant une langue turcique » et non pas turcophone comme est dans votre article, était tout à fait pertinente, puisque dans 3 des commentaires les lecteurs insinuent que vous préparez l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

    A lire cet article on a l’impression que les Bulgares parlent le turc, alors que la langue officielle du pays est le bulgare, une langue devenue la base des autres langues slaves puisque les premiers livres liturgiques furent traduits en vieux bulgare, connu des linguistes comme tcherkovnoslavyanski ou le slavon.

    C’est une erreur assez fréquente dans la presse.

    Bien à vous - Marie DUGOIS, linguiste

  • Le 12 mars 2010 à 16:39, par Ronan En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Les gens dont vous parlez peuvent insinuer tout ce qu’ils veulent, voire un peu n’importe quoi (y compris en usant de la pire mauvaise foi...).

    Il n’empêche, ci-dessus, on peut tout de même lire :

    « L’historiographie bulgare de la période actuelle tend aujourd’hui à minimiser - voire à rejeter - cette partie de ses origines ; et insiste sur le fait que la Bulgarie possède sa propre culture et sa propre langue (slaves) qui n’ont effectivement rien en commun avec la culture et la langue turque actuelles. Ce point de vue tient notamment à une certaine volonté de se démarquer de la propagande nationaliste turque qui tendrait à politiquement essayer d’instrumentaliser cette ’’éventuelle’’ lointaine et bien incertaine origine commune. »

    Et

    « Mais, bien évidement, il n’aura pas échappé à nos lecteurs attentifs qu’il n’est absolument pas question ici de remettre en question ici le caractère éminemment slave de la langue, de la culture et du peuplement bulgare actuel… »

    Et tout le reste n’est que procès d’intention et mauvaise littérature (même si ça devient tout de même un peu lassant...).

  • Le 26 mars 2010 à 10:00, par Marie DUGOIS En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Monsieur,

    Je ne vois pas de nationalisme là-dedans, il s’agit plutôt d’une erreur assez fréquente, engendrée à mon humble avis, soit par le fait que les mots « turk/türke » et « turc/turque » en français sont prononcés de la même façon, soit par ignorance.

    « Turcique » et « turk/e/s » sont des termes scientifiquement admis et approuvés par les communautés des linguistes et des historiens justement pour différencier les peuples originaires de l’Asie centrale.

    Peuples turks/türks, parlant une langue turcique, sont aussi les Kazakhs, les Bachkirs, les Turkmènes, les Ossètes, les Azéris, les Tatares, les Ouzbeks, les Turcs...

    Pour cette raison-là j’ai cité dans mon message précédent l’article du linguiste français Jacquesson qui explique assez clairement cette différence.

    Cordialement -DUGOIS M.

  • Le 27 mars 2010 à 10:45, par Ronan En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Tout cela est fort sympathique, Mme Dugois (et sans doute scientifiquement fort intéressant...), mais si vous relisez bien les commentaires postés plus haut, vous vous rendrez compte que cette polémique sémantique (sur la forme...) n’a absolument rien à voir avec la polémique politique (sur le fond...).

    Où - sous prétexte de précisions scientifiques - il s’agit ici de m’attribuer des arrières-pensées politiques que je n’ai pas (où il est vaguement question de sympathies politiques pro-turques appuyées et d’un prétendu harcèlement politique anti-bulgare délibéré : tous sentiments politiques qui sont situés à des années lumières du fond de ma pensée).

    J’espères qu’on l’aura - là - enfin dit une bonne fois pour toutes.

  • Le 30 mai 2010 à 09:38, par Marie DUGOIS En réponse à : La Bulgarie, pays néo-adhérant :

    Monsieur Ronan,

    Vous attribuer des arrières pensées ? J’avoue que cela n’a même pas traversé mon esprit.

    J’ai fait cette observation dans le but d’apporter une précision par respect pour la science, les peuples et les langues,

    en tenant compte du fait que votre site est destiné à informer les lecteurs sur l’actualité en Europe.

    Je me suis exprimée assez clairement sur la terminologie scientifique concernant

    le groupe des langues turkes/turciques dont faisait partie le proto-bulgare.

    Je me permets de souligner une fois de plus :

    c’est une erreur assez souvent commise dans les médias francophones (et dans de nombreux sites Web) pour des raisons que j’ai déjà expliquées dans un de mes messages précédents.

    Bien à vous- DUGOIS M.

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