Le Royaume-Uni en crise identitaire : la crise de la quarantaine

, par Chloé Fabre

Le Royaume-Uni en crise identitaire : la crise de la quarantaine
Auteur : superstrikertwo

Le débat sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne survient au moment où la crise économique, synonyme de récession et de restrictions budgétaires, sévit durement au Royaume-Uni. On se souviendra de Margaret Thatcher qui est décédée le mois dernier pour sa guerre off-shore aux Malouines, pour la destruction des activités industrielles dans le Nord du pays et pour son opposition à l’intégration européenne. Sa mort est arrivée dans un moment de doute pour le pays et a donné lieu à d’importants conflits quant à sa commémoration. Ajouter à cela le débat sur la relation du Royaume-Uni à l’UE révèle une profonde crise identitaire.

Le Royaume-Uni semble être pris dans sa crise de la quarantaine.

Ressentir les contraintes du mariage

En 1973, le Royaume-Uni a signé son contrat de mariage avec l’UE, à la suite de nombreuses tentatives et de négociations difficiles. Quarante ans après, le mariage ne semble plus satisfaire le Royaume-Uni. Plusieurs voix s’élèvent pour critiquer l’Union européenne. Le principal argument ? Le coût de l’Union. Depuis le fameux ‘I want my money back’ de Thatcher, le Royaume-Uni a développé le sentiment de payer injustement plus qu’il ne reçoit. De plus, l’Union est perçue comme imposant des règles très strictes, trop strictes, sur l’économie et la société britannique. Les directives et règlements décidés à Bruxelles sont, selon certains, complètement étrangers à la tradition libérale et de laissez-faire britannique. Enfin, l’impression de chronophagie européenne exaspère au Royaume-Uni, où les « eurocrates » sont vus comme inefficaces et coûteux, surtout comparé à la faible envergure de l’administration publique dans le pays. En bref, le Royaume-Uni semble s’ennuyer dans son couple et vouloir aller chercher son contentement ailleurs.

Perdre l’amour de son amante

La relation spéciale avec son ancienne colonie, les États-Unis, est très importante pour le Royaume-Uni tant pour sa position dans le monde que pour sa propre fierté. Cependant, malgré le soutien de Blair à Bush au moment de la guerre en Irak, la relation spéciale du Royaume-Uni avec les États-Unis semble être en perte de vitesse. Le premier discours d’Obama en Europe s’est déroulé à Prague et non à Londres. Les États-Unis développent des relations avec les BRICs, à la fois diplomatiquement et commercialement… De plus, les États-Unis sont intéressés par le Royaume-Uni seulement dans la mesure où ce dernier est membre de l’Union Européenne. C’est le sens de l’intervention du cabinet Obama en janvier 2013 pour pousser le Royaume-Uni à rester dans l’Union. En effet, quel est le poids d’un pays de 60 millions d’habitant pour un pays qui en compte 350 millions ? Les États-Unis négocient actuellement un accord de libre-échange avec l’Union Européenne, pas avec chaque État Membre.

Voir le fossé se creuser avec les enfants devenus adultes

Le Royaume-Uni a été le pays le plus important, le plus grand Empire du monde, la Famille Royale régnait sur un territoire où le soleil ne se couchait jamais. Mais tout cela est fini, la guerre des Malouines a dû être le dernier sursaut de cette fierté impériale. Mais le Royaume-Uni a toujours le désir, bien vivant, d’être un pouvoir important dans le monde. Le discours contre l’appartenance à l’UE est emprunt d’une certaine nostalgie de l’Empire, quand la Livre Sterling jouait d’égale à égale avec le Dollar, quand la Navy pouvait se battre et défendre les intérêts britanniques. L’un des reproches fait à l’UE est d’être inexistante dans la diplomatie mondiale. En réponse, certains au Royaume-Uni veulent que le pays prenne la tête du développement de l’UE en tant qu’acteur majeur sur la scène internationale.

Ressentir les effets du vieillissement

En plus de toutes ces inquiétudes, le Royaume-Uni souffre aussi de l’intérieur. La promesse de référendum sur l’indépendance de l’Ecosse a ouvert la possibilité de l’éclatement du symbole de l’Union Jack – rassembler dans un même État plusieurs nations. L’indépendance de l’Ecosse serait un coup majeur porté à la confiance en soi du Royaume-Uni. De plus, les conséquences de la crise économique et des restrictions budgétaires augmentent les inégalités entre les régions. Alors que la région de Londres, dont les chantiers perpétuels modifient chaque jour l’image, n’a pas l’air de ressentir la crise, d’autres régions ont fait face à une forte angoisse due au chômage et l’appauvrissement, ce qui a conduit à des discours extrémistes surfant sur des vagues telles que « Les emplois britanniques pour les travailleurs britanniques ». Les régions désavantagées sont les premières victimes des coupes sombres dans les dépenses publiques qui permettaient la redistribution des ressources. L’après-austérité semble s’éloigner chaque jour pour ces régions

S’interroger sur l’opportunité de divorcer d’avec sa femme

Le débat sur l’appartenance à l’Union Européenne est nourri de ces angoisses : les contraintes du mariage, la perte de l’amour de l’amante, le départ des enfants, la faiblesse du corps. Le parti UKIP (UK Independence Party) apporte une réponse à ces angoisses : « Divorce ! Commence une nouvelle vie ! Sois jeune à nouveau ! ». Cette réponse attire beaucoup d’électeurs. Les partis modérés, au contraire, sont incapables de faire entendre un discours raisonnable : « Ta femme t’apporte sécurité et stabilité, et même si la vie à deux n’a pas toujours été facile, vous avez toujours réussi à surmonter les difficultés en discutant. » Embourbé dans sa crise de la quarantaine, le Royaume-Uni n’est même pas capable d’exprimer ses angoisses et de dire à sa femme : « Je ne me sens pas bien en ce moment, j’ai perdu ma confiance en moi, j’ai besoin d’être rassuré. »

Y a-t-il un psychanalyste pour États dans la salle ? On en a besoin le Royaume-Uni nous inquiète !

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Vos commentaires

  • Le 23 mai 2013 à 17:48, par Charles En réponse à : Le Royaume-Uni en crise identitaire : la crise de la quarantaine

    cet article, bien anglophobe et plein de betises, detracte bien des problemes en France cree par Hollande. Vous devriez peut etre passer un peux de temps ici pour apprendre la verite.

  • Le 23 mai 2013 à 18:29, par Chloé En réponse à : Le Royaume-Uni en crise identitaire : la crise de la quarantaine

    Bonjour, Votre commentaire n’est pas assez précis sur les points avec lesquels vous n’êtes pas d’accord et je ne peux donc pas reprendre mon argumentation afin de répondre à votre critique, voulez-vous être plus précis ? Par ailleurs, je ne pense pas qu’il y ait de vérité en politique, mais des interprétations différentes de la réalité et des solutions à apporter. Il n’y a donc pas de vérité à découvrir par l’expérience en politique, à mon sens.

    Enfin, j’ai une certaine affection pour le Royaume-Uni où je vis cette année. Mon article ne se veut absolument pas anglophobe, mais montrer que le Royaume-Uni, ne sais plus comment se positionner dans le monde. Ce n’est pas une critique. Je pense que c’est le cas pour beaucoup d’autres pays, qui l’expriment autrement. M’intéressant actuellement au débat sur le référendum maintenant programmé d’ici 2017, j’ai voulu soulever ce point dans cet article, et n’aborde pas cet aspect pour d’autres pays.

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