Textes fondateurs

Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

« Un jour viendra... »

, par Ronan Blaise

Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

La construction européenne est née d’un désir de paix en Europe, après la Seconde Guerre mondiale, avec - entre autres choses - la réconciliation franco-allemande. Quelques esprits visionnaires avaient vu, avant les autres, la nécessité d’une Europe unie. Parmi ceux-là, Victor Hugo, dans ce qui est sans doute l’un de ses plus grands discours, assurément l’un des plus grands sur l’Europe.

Dans ce texte, par des accents lyriques où il fait intervenir tout à la fois Dieu et la Providence laïque, le grand auteur y exprime ses espoirs de paix universelle, son adhésion au suffrage universel et sa foi dans la civilisation et dans le progrès... non sans naïveté. « L’ère des révolutions se ferme, l’ère des améliorations commence » nous dit-il.

Quoi qu’il en soit, ce texte brosse rapidement le grand dessein pacificateur de futurs « Etats-Unis d’Europe » ; envisageant même une future coopération de ceux-là avec ceux des Amériques "défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création" (sic).

Soit l’expression d’un fédéralisme intuitif et lyrique, providentialiste et mystique mais tout à la fois européen et universel : rendre possible l’extinction de la guerre, substituer la démocratie aux tyrannies, substituer la médiation et l’arbitrage aux batailles et à la guerre, faire ainsi émerger l’universelle fraternité des hommes.

Discours d’ouverture du Congrès de la Paix, le 21 août 1849 [1].

M. Victor Hugo se lève et dit :

« Messieurs, beaucoup d’entre vous viennent des points du globe les plus éloignés, le coeur plein d’une pensée religieuse et sainte ; vous comptez dans vos rangs des publicistes, des philosophes, des ministres des cultes chrétiens, des écrivains éminents, plusieurs de ces hommes considérables, de ces hommes publics et populaires qui sont les lumières de leur nation. Vous avez voulu dater de Paris les déclarations de cette réunion d’esprits convaincus et graves, qui ne veulent pas seulement le bien d’un peuple, mais qui veulent le bien de tous les peuples.

(Applaudissements.)

Vous venez ajouter aux principes qui dirigent aujourd’hui les hommes d’état, les gouvernants, les législateurs, un principe supérieur. Vous venez tourner en quelque sorte le dernier et le plus auguste feuillet de l’Evangile, celui qui impose la paix aux enfants du même Dieu, et, dans cette ville qui n’a encore décrété que la fraternité des citoyens, vous venez proclamer la fraternité des hommes.

Soyez les bienvenus !

(Long mouvement.)

En présence d’une telle pensée et d’un tel acte, il ne peut y avoir place pour un remercîment personnel. Permettez-moi donc, dans les premières paroles que je prononce devant vous, d’élever mes regards plus haut que moi-même, et d’oublier, en quelque sorte, le grand honneur que vous venez de me conférer, pour ne songer qu’à la grande chose que vous voulez faire.

Messieurs, cette pensée religieuse, la paix universelle, toutes les nations liées entre elles d’un lien commun, l’Evangile pour loi suprême, la médiation substituée à la guerre, cette pensée religieuse est-elle une pensée pratique ? cette idée sainte est-elle une idée réalisable ? Beaucoup d’esprits positifs, comme on parle aujourd’hui, beaucoup d’hommes politiques vieillis, comme on dit, dans le maniement des affaires, répondent : Non. Moi, je réponds avec vous, je réponds sans hésiter, je réponds : Oui ! (Applaudissements) et je vais essayer de le prouver tout à l’heure.

Je vais plus loin ; je ne dis pas seulement : C’est un but réalisable, je dis : C’est un but inévitable ; on peut en retarder ou en hâter l’avènement, voilà tout.

La loi du monde n’est pas et ne peut pas être distincte de la loi de Dieu. Or, la loi de Dieu, ce n’est pas la guerre, c’est la paix. (Applaudissements.) Les hommes ont commencé par la lutte, comme la création par le chaos. (Bravo ! bravo !) D’où viennent-ils ? De la guerre ; cela est évident. Mais où vont-ils ? A la paix ; cela n’est pas moins évident.

Quand vous affirmez ces hautes vérités, il est tout simple que votre affirmation rencontre la négation ; il est tout simple que votre foi rencontre l’incrédulité ; il est tout simple que, dans cette heure de nos troubles et de nos déchirements, l’idée de la paix universelle surprenne et choque presque comme l’apparition de l’impossible et de l’idéal ; il est tout simple que l’on crie à l’utopie ; et, quant à moi, humble et obscur ouvrier dans cette grande oeuvre du dix-neuvième siècle, j’accepte cette résistance des esprits sans qu’elle m’étonne ni me décourage. Est-il possible que vous ne fassiez pas détourner les têtes et fermer les yeux dans une sorte d’éblouissement, quand, au milieu des ténèbres qui pèsent encore sur nous, vous ouvrez brusquement la porte rayonnante de l’avenir ?

(Applaudissements.)

Messieurs, si quelqu’un, il y a quatre siècles, à l’époque où la guerre existait de commune à commune, de ville à ville, de province à province, si quelqu’un eût dit à la Lorraine, à la Picardie, à la Normandie, à la Bretagne, à l’Auvergne, à la Provence, au Dauphiné, à la Bourgogne : Un jour viendra où vous ne vous ferez plus la guerre, un jour viendra où vous ne lèverez plus d’hommes d’armes les uns contre les autres, un jour viendra où l’on ne dira plus : Les Normands ont attaqué les Picards, les Lorrains ont repoussé les Bourguignons. Vous aurez bien encore des différends à régler, des intérêts à débattre, des contestations à résoudre, mais savez-vous ce que vous mettrez à la place des hommes d’armes ? Savez-vous ce que vous mettrez à la place des gens de pied et de cheval, des canons, des fauconneaux, des lances, des piques, des épées ? Vous mettrez une petite boîte de sapin que vous appellerez l’urne du scrutin, et de cette boîte il sortira, quoi ? une assemblée en laquelle vous vous sentirez tous vivre, une assemblée qui sera comme votre âme à tous, un concile souverain et populaire qui décidera, qui jugera, qui résoudra tout en loi, qui fera tomber le glaive de toutes les mains et surgir la justice dans tous les coeurs, qui dira à chacun : Là finit ton droit, ici commence ton devoir. Bas les armes ! Vivez en paix !

(Applaudissements.)

Et ce jour-là, vous vous sentirez une pensée commune, des intérêts communs, une destinée commune ; vous vous embrasserez, vous vous reconnaîtrez fils du même sang et de la même race ; ce jour-là, vous ne serez plus des peuplades ennemies, vous serez un peuple ; vous ne serez plus la Bourgogne, la Normandie, la Bretagne, la Provence, vous serez la France. Vous ne vous appellerez plus la guerre, vous vous appellerez la civilisation !

Si quelqu’un eût dit cela à cette époque, messieurs, tous les hommes positifs, tous les gens sérieux, tous les grands politiques d’alors se fussent écriés : "Oh ! le songeur ! Oh ! le rêve-creux ! Comme cet homme connaît peu l’humanité ! Que voilà une étrange folie et une absurde chimère !" - Messieurs, le temps a marché, et cette chimère, c’est la réalité.

(Mouvement.)

Et, j’insiste sur ceci, l’homme qui eût fait cette prophétie sublime eût été déclaré fou par les sages, pour avoir entrevu les desseins de Dieu !

(Nouveau mouvement.)

Eh bien ! vous dites aujourd’hui, et je suis de ceux qui disent avec vous, tous, nous qui sommes ici, nous disons à la France, à l’Angleterre, à la Prusse, à l’Autriche, à l’Espagne, à l’Italie, à la Russie, nous leur disons :

Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait impossible et qu’elle paraîtrait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où la France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. - Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d’un grand Sénat souverain qui sera à l’Europe ce que le parlement est à l’Angleterre, ce que la Diète est à l’Allemagne, ce que l’Assemblée législative est à la France !

(Applaudissements.)

Un jour viendra où l’on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd’hui un instrument de torture, en s’étonnant que cela ait pu être ! (Rires et bravos.) Un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les Etats-Unis d’Amérique, les Etats-Unis d’Europe (Applaudissements), placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu !

(Longs applaudissements.)

Et ce jour-là, il ne faudra pas quatre cents ans pour l’amener, car nous vivons dans un temps rapide, nous vivons dans le courant d’événements et d’idées le plus impétueux qui ait encore entraîné les peuples, et, à l’époque où nous sommes, une année fait parfois l’ouvrage d’un siècle.

Et Français, Anglais, Belges, Allemands, Russes, Slaves, Européens, Américains, qu’avons-nous à faire pour arriver le plus tôt possible à ce grand jour ? Nous aimer.

(Immenses applaudissements.)

Nous aimer ! Dans cette oeuvre immense de la pacification, c’est la meilleure manière d’aider Dieu !

Car Dieu le veut, ce but sublime ! Et voyez, pour y atteindre, ce qu’il fait de toutes parts ! Voyez que de découvertes il fait sortir du génie humain, qui toutes vont à ce but, la paix ! Que de progrès, que de simplifications ! Comme la nature se laisse de plus en plus dompter par l’homme ! comme la matière devient de plus en plus l’esclave de l’intelligence et la servante de la civilisation ! comme les causes de guerre s’évanouissent avec les causes de souffrance ! comme les peuples lointains se touchent ! comme les distances se rapprochent ! et le rapprochement, c’est le commencement de la fraternité !

Grâce aux chemins de fer, l’Europe bientôt ne sera pas plus grande que ne l’était la France au moyen âge ! Grâce aux navires à vapeur, on traverse aujourd’hui l’Océan plus aisément qu’on ne traversait autrefois la Méditerranée ! Avant peu, l’homme parcourra la terre comme les dieux d’Homère parcouraient le ciel, en trois pas. Encore quelques années, et le fil électrique de la concorde entourera le globe et étreindra le monde.

(Applaudissements.)

Ici, messieurs, quand j’approfondis ce vaste ensemble, ce vaste concours d’efforts et d’événements, tous marqués du doigt de Dieu ; quand je songe à ce but magnifique, le bien-être des hommes, la paix : quand je considère ce que la Providence fait pour et ce que la politique fait contre, une réflexion douloureuse s’offre à mon esprit.

Il résulte des statistiques et des budgets comparés que les nations européennes dépensent tous les ans, pour l’entretien de leurs armées, une somme qui n’est pas moindre de deux milliards, et qui, si l’on y ajoute l’entretien du matériel des établissements de guerre, s’élève à trois milliards. Ajoutez-y encore le produit perdu des journées de travail de plus de deux millions d’hommes, les plus sains, les plus vigoureux, les plus jeunes, l’élite des populations, produit que vous ne pouvez pas évaluer à moins d’un milliard, et vous arrivez à ceci que les armées permanentes coûtent annuellement à l’Europe quatre milliards. Messieurs, la paix vient de durer trente-deux ans, et en trente-deux ans la somme monstrueuse de cent vingt-huit milliards a été dépensée pendant la paix pour la guerre !

(Sensation.)

Supposez que les peuples d’Europe, au lieu de se défier les uns des autres, de se jalouser, de se haïr, se fussent aimés : supposez qu’ils se fussent dit qu’avant même d’être Français, ou Anglais, ou Allemand, on est homme, et que, si les nations sont des patries, l’humanité est une famille ; et maintenant, cette somme de cent vingt-huit milliards, si follement et si vainement dépensée par la défiance, faites-la dépenser par la confiance ! Ces cent vingt-huit milliards donnés à la haine, donnez-les à l’harmonie ! Ces cent vingt-huit milliards donnés à la guerre, donnez-les à la paix !

(Applaudissements.)

Donnez-les au travail, à l’intelligence, à l’industrie, au commerce, à la navigation, à l’agriculture, aux sciences, aux arts, et représentez-vous le résultat. Si, depuis trente-deux ans, cette gigantesque somme de cent vingt-huit milliards avait été dépensée de cette façon, l’Amérique, de son côté, aidant l’Europe, savez-vous ce qui serait arrivé ? La face du monde serait changée ! les isthmes seraient coupés, les fleuves creusés, les montagnes percées, les chemins de fer couvriraient les deux continents, la marine marchande du globe aurait centuplé, et il n’y aurait plus nulle part ni landes, ni jachères, ni marais ; on bâtirait des villes là où il n’y a encore que des écueils ; l’Asie serait rendue à la civilisation, l’Afrique serait rendue à l’homme ; la richesse jaillirait de toutes parts de toutes les veines du globe sous le travail de tous les hommes, et la misère s’évanouirait ! Et savez-vous ce qui s’évanouirait avec la misère ? Les révolutions. (Bravos prolongés.) Oui, la face du monde serait changée ! Au lieu de se déchirer entre soi, on se répandrait pacifiquement sur l’univers ! Au lieu de faire des révolutions, on ferait des colonies ! Au lieu d’apporter la barbarie à la civilisation, on apporterait la civilisation à la barbarie !

(Nouveaux applaudissements.)

Voyez, messieurs, dans quel aveuglement la préoccupation de la guerre jette les nations et les gouvernants : si les cent vingt-huit milliards qui ont été donnés par l’Europe depuis trente-deux ans à la guerre qui n’existait pas, avaient été donnés à la paix qui existait, disons-le, et disons-le bien haut, on n’aurait rien vu en Europe de ce qu’on y voit en ce moment ; le continent, au lieu d’être un champ de bataille, serait un atelier, et, au lieu de ce spectacle douloureux et terrible, le Piémont abattu, Rome, la ville éternelle, livrée aux oscillations misérables de la politique humaine, la Hongrie et Venise qui se débattent héroïquement, la France inquiète, appauvrie et sombre ; la misère, le deuil, la guerre civile, l’obscurité sur l’avenir ; au lieu de ce spectacle sinistre, nous aurions sous les yeux l’espérance, la joie, la bienveillance, l’effort de tous vers le bien-être commun, et nous verrions partout se dégager de la civilisation en travail le majestueux rayonnement de la concorde universelle.

(Bravo ! bravo ! - Applaudissements.)

Chose digne de méditation ! ce sont nos précautions contre la guerre qui ont amené les révolutions ! On a tout fait, on a tout dépensé contre le péril imaginaire ! On a aggravé ainsi la misère, qui était le péril réel ! On s’est fortifié contre un danger chimérique ; on a vu les guerres qui ne venaient pas, et l’on n’a pas vu les révolutions qui arrivaient.

(Longs applaudissements.)

Messieurs, ne désespérons pas pourtant. Au contraire, espérons plus que jamais ! Ne nous laissons pas effrayer par des commotions momentanées, secousses nécessaires peut-être des grands enfantements. Ne soyons pas injustes pour les temps où nous vivons, ne voyons pas notre époque autrement qu’elle n’est. C’est une prodigieuse et admirable époque après tout, et le dix-neuvième siècle sera, disons-le hautement, la plus grange page de l’histoire. Comme je vous le rappelais tout à l’heure, tous les progrès s’y révèlent et s’y manifestent à la fois, les uns amenant les autres : chute des animosités internationales, effacement des frontières sur la carte et des préjugés dans les coeurs, tendance à l’unité, adoucissement des moeurs, élévation du niveau de l’enseignement et abaissement du niveau des pénalités, domination des langues les plus littéraires, c’est-à-dire les plus humaines ; tout se meut en même temps, économie politique, science, industrie, philosophie, législation, et converge au même but, la création du bien-être et de la bienveillance, c’est-à-dire, et c’est là pour ma part le but auquel je tendrai toujours, extinction de la misère au dedans, extinction de la guerre au dehors.

(Applaudissements.)

Oui, je le dis en terminant, l’ère des révolutions se ferme, l’ère des améliorations commence. Le perfectionnement des peuples quitte la forme violente pour prendre la forme paisible ; le temps est venu où la Providence va substituer à l’action désordonnée des agitateurs l’action religieuse et calme des pacificateurs.

(Oui ! Oui !)

Désormais, le but de la politique grande, de la politique vraie, le voici : faire reconnaître toutes les nationalités, restaurer l’unité historique des peuples et rallier cette unité à la civilisation par la paix, élargir sans cesse le groupe civilisé, donner le bon exemple aux peuples encore barbares, substituer les arbitrages aux batailles ; enfin, et ceci résume tout, faire prononcer par la justice le dernier mot que l’ancien monde faisait prononcer par la force.

(Profonde sensation.)

Messieurs, je le dis en terminant, et que cette pensée nous encourage, ce n’est n’est pas d’aujourd’hui que le genre humain est en marche dans cette voie providentielle. Dans notre vieille Europe, l’Angleterre a fait le premier pas, et par son exemple séculaire elle a dit aux peuples : Vous êtes libres. La France a fait le second pas, et elle a dit aux peuples : Vous êtes souverains. Maintenant faisons le troisième pas, et tous ensemble, France, Angleterre, Belgique, Allemagne, Italie, Europe, Amérique, disons aux peuples : Vous êtes frères ! »

(Immense acclamation. - L’orateur se rassied au milieu des applaudissements.)

Victor Hugo [2]

Illustration : le visuel d’ouverture de cet article est un portrait de Victor Hugo, auteur du discours dont il est question ci-dessus.

Mots-clés

Notes

[1M. Victor Hugo en est élu président ; M. Cobden, vice-président.

[2Discours inaugural du Congrès de la paix, prononcé à Paris, le 21 août 1849, in « Oeuvres complètes, Actes et Paroles » I (Paris Hetzel, 1882)

Vos commentaires

  • Le 31 janvier 2009 à 11:08, par Maël Donoso En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    Pourquoi n’avons-nous pas un Hugo moderne pour refaire (en l’adaptant et en le laïcisant...) un discours du même ordre ? Peut-être faudrait-il envoyer ce texte à tous les candidats aux européennes, pour qu’ils méditent sur ces idées avant de s’engager au PE...

  • Le 31 janvier 2009 à 11:39, par Coup de roulis En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    Ce texte représente parfaitement ce que certains adorent et d’autres détestent fort à propos à propos de l’Europe, tant sur la forme que sur le fond : ça pleurniche dans le lyrisme sentimental convenu, ça dégouline de bons sentiments faciles. So what ?!

    Un siècle et demi plus tard, les enjeux ne sont plus les mêmes. Il s’agit désormais de faire de l’UE le espace démocratique qu’elle n’est décidément toujours pas.

    Ce bon vieux Totor serait peut-être flatté qu’on le cite ainsi en exemple précurseur, mais il serait plus certainement encore fort mécontent que les Européens se contentent d’admirer ainsi sa vision prophétique sans être - à vrai dire - vraiment capables de lui donner concrètement corps. Volonté politique, es-tu là ?!

  • Le 31 janvier 2009 à 12:06, par Maël Donoso En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    « Ce texte représente parfaitement ce que certains adorent et d’autres détestent fort à propos à propos de l’Europe, tant sur la forme que sur le fond : ça pleurniche dans le lyrisme sentimental convenu, ça dégouline de bons sentiments faciles. »

    Faciles, les idées de paix, de progrès et de fédération des peuples ? On aimerait bien que ce soit le cas...

    « Un siècle et demi plus tard, les enjeux ne sont plus les mêmes. Il s’agit désormais de faire de l’UE le espace démocratique qu’elle n’est décidément toujours pas. »

    (?) Du coup, les enjeux sont exactement les mêmes, non ?

  • Le 31 janvier 2009 à 13:29, par Trublion One En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    Et bien c’est précisément ce qui est dit : les "bon sentiments" sont faciles, la "mise en place concrète" ardue. On déplore juste qu’il soit si difficile de passer concrètement de l’un à l’autre.

    Ce qui tout parfaitement déplorable dans la logorrhée verbale européiste, c’est qu’elle confond le verbe et l’action, se paie de mots (pourvu qu’ils soient bien lyriques et toujours très jolis...) mais tergiverse toujours dès qu’il faut vraiment entrer dans le dur et trancher dans le vif.

    « Aimons nous tous, folleville ». OK sur le principe. Mais une fois que tout ça est joliment dit avec tous les trémolos dans la voix qui s’imposent, est-ce qu’on accepte une politique de défense ou une politique étrangère européennes qui se décident à la majorité qualifiée ou est-ce qu’on en reste au compromis de Luxembourg ?! Bruxelles ou Strasbourg ?! PAC ou ristourne ?! Lisbonne ou Constituante ?! (fromage ou dessert ?! encore une fois les deux, selon toutes vraisemblance...).

    Voilà : Victor Hugo, c’est sympa. Mais bon, faudrait peut-être passer rapidement à la suite.

  • Le 31 janvier 2009 à 13:33, par Fabien Cazenave En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    On ne peut donc pas reprendre les textes en tant que tel et on ré-invente la poudre à chaque fois ?

    D’ailleurs, j’ai l’impression que vous réunissez tous ceux pour la construction de l’Europe dans le même sac. Il y a pourtant bien des différences.... Il est vrai qu’il nous manque de discours aujourd’hui qui ait une ambition politique pour l’Union européenne. Notre classe politique en manque il est vrai.

  • Le 31 janvier 2009 à 14:09, par Maël Donoso En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    Soyons clairs sur un point. Oui, l’Europe manque de volonté politique, oui, les décideurs européens ne sont guère prompts à prendre des décisions risquées, et oui, l’intergouvernementalisme mène à une impasse que l’Union doit dépasser pour construire une véritable gouvernance européenne. Je crois que tout le monde ici est conscient des défauts de jeunesse (enfin, quand je dis « jeunesse »...) de la construction politique de l’Europe, et du besoin d’avancer désormais vers d’autres formes de solutions concrètes. C’est d’ailleurs dans ce sens que vont nos efforts, et c’est cela qui réunit, en particulier, les fédéralistes européens.

    Cela ne signifie pas qu’il faille tomber dans une apologie du concret à tout prix, et se priver d’une réflexion générale et d’une mise en perspective. Un discours comme celui de Hugo, par son énonciation simple de la nécessité de réunir les peuples, reste encore à des années-lumières au-dessus des tirades nationalistes enflammées d’une grande partie de nos politiciens actuels. Aussi générales qu’elles puissent sembler, et avec toute l’abstraction qu’on peut leur reprocher, les idées de « paix » et de « fédération des peuples » mériteraient donc qu’on continue à assurer leur diffusion...

  • Le 31 janvier 2009 à 16:08, par Ronan En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    Ayant proposé la publication de ce document, préparé sa mise en page et rédigé l’introduction qui le présente (à laquelle je souscris en tous points), je pense que je suis assez à l’aise pour parler de cet objet.

    Bien : il me semble que ce document mérite effectivement publication en tant que « document fondateur » et « texte de référence » en tant qu’illustration des limbes « préhistoriques » de la pensée « européenne » (ici, plus que pensée « fédéraliste », d’ailleurs...). Plus que dans un musée poussiéreux, il me semble que ce document mérite donc effectivement une place dans une rubrique « ad hoc » qui serait peut-être intitulée « Textes fondateurs », par exemple.

    Cela dit, il me semble qu’il serait tout de même plus que salutaire que les Européistes, Europhiles, Fédéralistes et autres EuroOuïstes en tout genre (etc) se rendent enfin compte de l’effet dévastateur pour les causes que nous défendons que produit aujourd’hui sur l’opinion publique l’irruption intempestive - et sans précaution préalable - d’un tel texte à ce point « idéaliste » dans l’arène publique.

    Si vous décidez vraiment - par exemple - d’envoyer ce texte aux candidats à l’Eurodéputation, voilà ce que vous allez très concrètement obtenir : l’indifférence (et la poubelle la plus proche...) du plus grand nombre, les éclats de rire des uns et la colère des autres.

    Enfin, franchement, il faut tout de même ne pas avoir vécu de bien près la campagne référendaire de 2005 sur le terrain et ne jamais s’être fait traiter comme certains d’entre nous l’ont été pour ne pas s’en rendre compte. Il est effectivement très très très joli, ce texte de Victor Hugo (en plus, bien écrit et tout, et tout...) mais il faudrait enfin comprendre qu’en faire un manifeste politique pour aujourd’hui, c’est encore le meilleur moyen de se faire encore traiter de « petits bourgeois complètement déconnectés du réel » (c’est du vécu) par des gens qui (pour une très large majorité de nos contemporains) se tamponnent aujourd’hui de Victor Hugo comme de leur toute première tétine.

    Je souhaite à tous mes anciens petits camarades de la JEF-Europe de vivre des campagnes référendaires plus heureuses que celle-là (à tous points de vues) mais je leur souhaite surtout ce qui suit : « la tête dans les étoiles (un peu) (il faut bien rêver), les pieds sur terre (c’est essentiel), mais surtout, surtout : les yeux en face des trous ». Et un petit peu de lucidité, que diable !

  • Le 1er février 2009 à 07:22, par Martina Latina En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    Merci de nous offrir le fameux discours de Victor Hugo cent soixante ans après comme si nous participions à ce Congrès de la Paix ! Continuons d’« en prendre de la graine », pour notre idéal et surtout pour nos réalisations, certes urgentes, mais exaltantes. D’autres penseurs et de nombreux « acteurs-moteurs » éclairent notre route européenne, comme le rappelait un soir de décembre dernier, dans la cathédrale de Strasbourg, Jérôme Vignon, Président des Semaines Sociales de France, dans le « témoignage d’un croyant engagé » dont je viens de prendre connaissance, que je ne résiste pas au besoin de confier au TAURILLON et qui s’intitule « Unité et liberté, des ressources spirituelles ». Après une introduction qui affirmait « Rarement l’avenir aura autant dépendu de la volonté et du choix des Européens », l’orateur a résumé les principes qui inspirent la construction européenne, « démocratie entre des individus et démocratie entre des Nations », puis ceux qui guident l’action européenne, « la Paix, l’intérêt général, la liberté inaliénable », tels que la COMECE les a récemment affirmés avec netteté pour « les catholiques européens d’aujourd’hui ». Ensuite, en reconnaissant que « l’aventure d’une Europe élargie, réconciliée entre ses deux poumons d’Est et d’Ouest », nécessite un approfondissement pour que son élargissement soit pleinement viable et vivifiant, Jérôme Vignon a cité l’espoir, notamment exprimé par Jacques Delors dans la même cathédrale de Strasbourg, que l’Europe retrouve son âme et, comme un début de réponse à cette attente, une définition de l’Europe donnée par Jean Monnet, « la mémoire des peuples », avant le constat d’une sourde aspiration partagée, d’après Jean Monnet lui-même en ses MEMOIRES et sans doute d’après d’autres Pères de l’Europe comme Robert Schuman : « Les Européens sont malheureux de ne pouvoir contribuer à l’avenir du monde à la mesure de leurs responsabilités historiques ». D’ailleurs, Jérôme Vignon a convoqué à cet endroit le contemporain de V. Hugo, comme lui visionnaire à sa manière, que fut A. de Tocqueville, pour montrer dans « le religieux » un « mécanisme préservant la démocratie de la médiocrité inhérente au principe d’égalité ». Voilà des pistes qui paraissent bien rester d’actualité pour avancer - chacun, chaque jour, ensemble - comme EUROCITOYENS à la suite des pères de l’Europe, sur la trace de sa mère, EUROPE qui court son aventure sur un TAURILLON et qui disparaît au fur et à mesure à nos yeux - pour mieux susciter sans cesse, relancer en avant, fédérer, non seulement notre quête, mais la vie de L’EUROPE !

  • Le 2 février 2009 à 11:43, par Maël Donoso En réponse à : Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849 : son discours

    Ronan, c’était juste de l’humour, comme je pense tout le monde l’aura compris !

    Enfin, tu peux « effectivement » envoyer ce texte aux futurs eurodéputés si tu veux, mais dans ce cas tu en prendras seul la responsabilité...

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