Elections européennes en Italie : les eurosceptiques renforcés

, par Cyprien Debros

Elections européennes en Italie : les eurosceptiques renforcés

Ce 26 mai 2019, les italiens étaient appelés à voter pour élire leurs députés européens au Parlement européen comme dans l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne. L’Italie s’est trouvée très regardée ce dimanche soir : Matteo Salvini, membre du gouvernement italien de Giuseppe Conti, s’était posé, avec son parti de la Lega Nord comme chef de file de l’euroscepticisme en Europe aux côtés de Victor Orban notamment et surtout, face à la Commission Juncker et aux autres dirigeants européens comme Emmanuel Macron ou Angela Merkel.

A 23 heures, les votes étaient clôturés. Le taux de participation atteint 54,5% des inscrits sur les listes électorales, un score en baisse par rapport à 2014 puisqu’il était alors de 57,2% mais reste toujours supérieur à la moyenne européenne qui est de 50,9%. Les citoyens italiens devaient choisir entre 19 listes afin d’élire leurs 73 députés (76 en cas de Brexit).

Seules cinq listes ont réussi à franchir le seuil des 4% requis pour obtenir des sièges au Parlement européen. Nous retrouvons donc dans l’ordre la liste de Matteo Salvini, Lega Salvini Premier avec 34,33% des voix qui remporte donc 28 sièges ; la liste du Partito democratico avec 22,69% des voix et 18 sièges ; la liste de Luigi di Maio Movimento Cinque Stelle avec 17,07% des voix et 14 sièges ; la liste de Silvio Berlusconi (ancien Président du conseil italien), Forza Italia avec 8,79% des voix et 7 sièges ; puis la liste de Fratelli d’Italia avec 6,45% et 5 sièges.

Matteo Salvini : grand vainqueur de ce scrutin en Italie

Ces résultats sont donc la confirmation des résultats obtenus lors des élections générales italiennes de 2018 qui ont vu Matteo Salvini (Lega Nord) et Luigi di Maio (Movimento Cinque Stelle) accéder au gouvernement de l’actuel Président de la République italienne : Giuseppe Conti. Ces résultats démontrent également que les partis de Matteo Salvini et Luigi di Maio conservent l’approbation du peuple italien dans leur politique. En 2014, le parti de Matteo Salvini avait obtenu 6,2% quand le Partito democratico de Matteo Renzi avait obtenu 40,8% des suffrages. Une tendance qui semble clairement s’inverser en 2019 puisque la Lega Nord obtient 34,33% des suffrages et se hisse à la première place du podium, devant le parti de Matteo Renzi qui n’obtient que 22,69% des suffrages (moins de la moitié de son score de 2014), et devant la liste de Luigi di Maio qui obtient 17,07% des suffrages.

Les pro-européens en difficulté

En prenant de la hauteur, il semble que l’Union européenne ne fasse plus rêver les Italiens qui ont élu une majorité d’eurosceptiques ce dimanche 26 mai. En cumulant les scores et sièges des différentes listes qui se sont prononcées contre l’Union européenne, à savoir la Lega Nord, le Movimento Cinque Stelle et Fratelli d’Italia, nous atteignons pas loin de 57% des suffrages et pas moins de 57 sièges au Parlement européen attribués aux eurosceptiques italiens. Seules les listes pro-européennes du Partito democratico et de Forza Italia semblent pouvoir leur faire barrages avec leurs 31% cumulés et leurs 25 sièges ce qui, il faut bien l’admettre, est bien mince pour pouvoir contrer les eurosceptiques mais reste cependant encourageant quant à l’avenir de l’Italie dans l’Union européenne.

Concernant les répercussions de ces résultats sur la politique interne italienne, nous pouvons relever que le gouvernement actuel est conforté dans sa politique puisque les citoyens italiens l’ont une fois de plus porté à la première place des élections, et nous pouvons noter également que l’écart flagrant entre les résultats obtenus par les partis de Matteo Salvini et de Luigi di Maio (qui semble s’effacer de plus en plus au profit de Matteo Salvini) ne remettent pas en cause l’alliance de ces derniers. En effet, Matteo Salvini a déclaré dimanche, à la sortie de son bureau de vote que « si la Ligue gagne, rien ne change en Italie, mais tout change en Europe ».

Les Italiens en rupture avec l’Union européenne ?

Il convient de remarquer également que le Partito Democratico, anciennement représenté par Matteo Renzi, se félicite, par le biais de Paola de Micheli (vice-secrétaire du parti) de « l’inversion de tendance par rapport à 2018 » qui se réjouit d’avoir obtenu 22,69% des suffrages alors qu’en 2018 le parti n’avait obtenu que 18% des voix. Seul l’avenir nous dira si cette « inversion de tendance » était réelle ou si cela n’était qu’un sursaut électoral ponctuel.

Enfin, contrairement à la tendance européenne, ces élections européennes de 2019 n’ont pas porté chance à l’Europa Verde qui n’obtient que 2,29% des suffrages et donc par conséquent aucun siège, il ne faudra pas compter sur les italiens pour siéger aux côtés d’Europe Écologie Les Verts pendant ce mandat !

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