Interview : il a fait Erasmus

, par Laura Mercier

Interview : il a fait Erasmus

Mardi 30 mai, l’Agence Erasmus + France organisait une conférence de presse sur le bilan du programme Erasmus + et ses perspectives d’évolution. C’était aussi l’occasion de présenter le livre « Ils ont fait Erasmus », dans lequel on peut découvrir 30 portraits de personnes qui ont voyagé, étudié, travaillé grâce au programme Erasmus depuis son lancement en 1987 : un très bel ouvrage qui invite à vivre cette expérience et à saisir toutes les opportunités qui existent.

Nous y avons rencontré Loïc Montreuil, qui est parti à Edimbourg en 2014… et il y vit depuis ! Il nous a parlé de son expérience :

Le Taurillon : Vous êtes partis à Edinbourg en étant demandeur d’emploi, pourquoi cette ville ? Quelles étaient vos motivations avant de partir ?

Loïc Montreuil : Je suis parti il y a 3 ans via le programme Leonardo Da Vinci (désormais Erasmus +). Avant ça, j’avais un poste de chargé de communication pour un institut de promotion des emplois de la famille mais je souhaitais un renouveau professionnel. Des amis m’ont alors parlé de ce programme, j’ai donc décidé de contacter Pôle Emploi International qui m’a expliqué le fonctionnement. Mais à ma surprise, il n’y avait pas de programme, du moins à l’époque, pour les personnes qui ont un emploi. J’ai donc décidé de ne pas prolonger mon contrat pour partir avec ce programme. Après ça, tout est allé très vite. Il y avait une sélection, mais je ne pensais pas pouvoir être sélectionné à cause de mon niveau d’anglais, qui était très faible, et donc je ne pensais pas pouvoir participer à un projet professionnel à l’étranger. Mais ça a marché !

En trois mois, tout a été organisé, et j’ai débarqué à Edimbourg. J’ai pu suivre des cours d’anglais pendant six semaines, et après j’ai effectué un stage. Pôle Emploi International, Erasmus, m’ont énormément accompagné : pour trouver un stage, un logement… finalement j’ai osé partir à l’étranger grâce au programme Erasmus. Suite à deux stages, j’ai eu une proposition de poste, et… je ne suis jamais rentré ! Depuis je suis responsable marketing et communication pour Inlingua, une école de langues, avec des programmes Erasmus pour les jeunes, professeurs et professionnels. C’est génial ! Aujourd’hui je fais la promotion d’un programme qui m’a changé la vie.

Le Taurillon : L’intégration à Edimbourg a été donc plutôt facile grâce à cet accompagnement ?

L.M. : Oui, très facile. L’accompagnement était maximal, tout était programmé, de l’aéroport aux cours de langues. Je ne m’y attendais pas. Je pensais que ce serait un boost mais pas tant un accompagnement. Et c’est ça qui est super sympa !

Le Taurillon : Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté, en plus d’un emploi ?

L.M. : L’anglais ! Car je suis parti avec un niveau A1 très basique, je ne pouvais pas avoir de conversation, et en un mois j’ai osé me lancer, d’avoir une communication avec les locaux, et trois ans après je ne travaille plus qu’en anglais. Le programme m’a ouvert des portes auxquelles je ne pensais pas avoir accès. Aujourd’hui je rencontre des gens du monde entier, on accueille des gens qui viennent de partout, de Mongolie, de Thaïlande, du Japon, c’est génial ! Erasmus ouvre des portes.

Le Taurillon : Vous pensez revenir travailler en France ?

L.M. : Un jour, mais pas pour l’instant. Il faut plus que trois ans pour me sentir complètement bilingue, il faut être complétement en immersion, alors encore quelques années. Mais je reviendrai, bien sûr. Mais pour l’instant, je me plais en Ecosse.

Le Taurillon : On célèbre cette année les 30 ans d’Erasmus… pour vous, qu’est-ce qu’on doit améliorer dans ce programme ?

L.M. : Il faut améliorer la communication autour du programme, parce qu’on a vu aujourd’hui que beaucoup de gens pensent qu’Erasmus est réservé aux étudiants, que seule l’université y donne accès. C’est la communication qui pose problème. Il y a tellement de programmes, de possibilités ! Et ce livre, « Ils ont fait Erasmus », est aussi là pour pallier à ce problème de communication, c’est une super initiative. Mais la communication, c’est un problème général à l’Union européenne… et on le voit en ce moment au Royaume-Uni, le Brexit, on se rend compte qu’au Royaume-Uni, on a pas du tout l’impression que l’UE soutient des projets, il y a encore moins de communication qu’en France… d’où l’intérêt de communiquer sur l’Europe et de ses bienfaits… parce que c’est tellement triste de ne pas s’en rendre compte ! Moi c’est ce que j’essaye de faire en Ecosse, en tant que français expatrié et fier d’être européen. Beaucoup de mes amis là-bas n’avaient pas conscience de ce que fait l’Europe pour eux.

Le Taurillon : On parle souvent d’une « Génération Erasmus », et c’est d’ailleurs le titre d’un livre de Sandro Gozi qui était présent ce matin. Qu’est-ce que ça signifie pour vous ? Est-ce que vous avez l’impression d’en faire partie ?

L.M. : Complétement ! Je me marie l’année prochaine, la moitié de la liste de mes invités sont des gens que j’ai rencontré pendant et grâce à mon programme Erasmus. Ma vie a été changée par Erasmus. On est des Ambassadeurs en quelque sorte, on se rend compte de l’influence que cette expérience a eu sur notre vie personnelle. On est les meilleurs ambassadeurs de ce programme car on l’a vécu. Moi je suis parti car des amis m’en ont parlé, l’ont fait avant moi. Donc je pense que la Génération Erasmus c’est ça aussi, on passe le flambeau à la prochaine génération Erasmus.

Le Taurillon : Pour finir, en quelques mots, pour vous, l’Union européenne c’est quoi ?

L.M. : L’Union européenne c’est ce qui nous rassemble. On a besoin de cohésion entre tous ces pays, même si on a des langues différentes. On est soudé. On fait partie d’une même communauté malgré toutes nos différences, nos cultures, qui sont quand même très similaires, et je pense que c’est ça le rôle de l’Europe, de nous rassembler. Alors après l’Europe c’est plein d’autres choses, et on ne sait pas comment elle va évoluer. Mais vu de l’étranger, ça fait du bien de voir qu’on a un nouveau président qui est fier d’être européen, c’est tellement important.

Propos recueillis par Laura Mercier

Mots-clés

Commenter cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom