A la suite de la publication de l’Appel des Jeunes pour l’Europe, lancé par les Jeunes Européens - France, Anne Sander, eurodéputée PPE, réagit et apporte son soutien à la proposition n°20 : « Rendre obligatoire l’enseignement de deux langues étrangères dès le primaire et harmoniser les méthodes et les outils pédagogiques. »

« Qui apprend une nouvelle langue acquiert une nouvelle âme » disait le poète espagnol Juan Ramón Jimenez. Je soutiens cette proposition n°20, car le multilinguisme est la condition sine qua none d’un dialogue, d’une compréhension et d’une coopération plus étroite entre les peuples européens. En France, nous sommes particulièrement en retard sur l’apprentissage des langues, et la réforme actuelle des collèges risque fort d’empirer cette situation. Selon une étude européenne, seuls 14 % des lycéens français ont un bon niveau dans leur première langue étrangère.

Vous avez raison de promouvoir l’apprentissage obligatoire de deux langues étrangères dès le primaire, car la domination généralisée de l’anglais risque également d’appauvrir l’Europe. Il est incompréhensible que chez moi, en Alsace, à la frontière franco-allemande, les jeunes allemands et français parlent entre eux en anglais. Aussi, je pense qu’un enseignement bilingue dès la maternelle, puis l’ajout d’une deuxième langue au primaire dans toutes les classes d’Europe, permettraient d’assurer un multilinguisme véritable, une ouverture à l’autre, une mobilité transfrontalière accrue, des échanges approfondis et la conservation des langues et du patrimoine linguistique européen.

L’Union européenne n’a pas les compétences pour influer sur l’éducation « nationale » des États membres. Cependant, cet enseignement pourrait se faire via un accord intergouvernemental sur le modèle du Processus de Bologne, qui a permis la généralisation du système LMD (Licence Master Doctorat). L’Union européenne faciliterait alors la mobilité des enseignants et des élèves pour aider à l’apprentissage des langues étrangères (comme elle le fait déjà avec Erasmus +), en finançant la mobilité et en standardisant les outils pédagogiques et les compétences professionnelles. Le processus pourrait s’appeler : le processus Charles Quint, lui qui était multilingue et disait : « Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval... ! »