• Kant et les autruches ?

    Aujourd'hui, par Sylvie Goulard

    Alors que les Etats membres proposent des candidats à la Commission européenne, l’eurodéputée Sylvie Goulard (ADLE) revient sur l’enjeu de la parité dans la composition du futur exécutif européen. Peut-on se dire favorable à un objectif et ne rien faire pour qu’il soit atteint ? Ce n’est pas le dernier sujet de philosophie au (...)

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Sur le Web

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Derniers commentaires

  • Quel projet européen en Méditerranée ?

    13 juin 2014  00:17, par Alexandre Marin

    Quant à la question de l’islamisme, ta comparaison avec les chrétiens démocrates n’est pas très pertinente. Les Chrétiens démocrates veulent séparer le politique du religieux. Tu aurais du prendre la Grèce qui est un Etat religieux, ce qui amoindrit considérablement la séparation entre Eglise et Etat. Quoi qu’il en soit, l’islamisme est une idéologie qui considère que la société doit se réguler selon les règles religieuses. Il s’agit de donner une vigueur juridique aux textes religieux. C’est ce que veut, à terme, Erdogan. En Grèce, il n’est plus question d’ériger les évangiles en texte de loi.

    Enfin, pour ce qui est des voisins. Les Européens de l’Est sortaient de la domination russe, et aspiraient à la liberté. La Russie voulait maintenir sa domination tyrannique. Il était donc légitime que l’Union exprime ses valeurs de liberté et de démocratie en intégrant ces pays, dont les citoyens seraient égaux aux autres. La Turquie n’a jamais été dominée par ses voisins. Ton argument est cependant valable si on impose à la Turquie la pacification de ses relations avec ses voisins, et la destruction des barrages litigieux, ainsi que l’autonomie du Kurdistan. La Turquie n’est déjà pas prête à intégrer une union politique supra-nationale, alors si en plus, elle doit être contrainte de détruire ses barrages, et de laisser une autonomie au Kurdistan... cependant, ces mêmes raisons font que sa présence au Conseil de l’Europe est une excellente chose, parce que cette organisation permet d’instaurer le dialogue en vue d’améliorer les choses.

  • Quel projet européen en Méditerranée ?

    13 juin 2014  00:09, par Alexandre Marin

    Toutes les questions que tu évoques sont liées.

    Nous sommes d’accord pour dire que le refus de l’adhésion turque à l’U.E fondée sur des motifs pseudos-religieux (Europe chrétienne...) sont contestables car même si la pensée politique européenne a été conditionnée par son Histoire, la légitimité politique de l’Union ne se fonde pas sur un passé commun.

    Il s’agit plus de la volonté réelle de l’Etat turc. Le Royaume-Uni était candidat au marché commun en 1973. La volonté du Royaume était que l’Europe ne soit rien de plus qu’un marché commun. Il en est de même pour la Turquie : elle ne veut pas d’une Europe politique, mais d’un marché commun. Elle a des ambitions politiques propres, elle veut dominer le Moyen Orient, et étendre son influence aux Etats turcophones (Azerbaidjan, Turkménistan, etc...). Elle n’est donc pas prête à céder un pouce de souveraineté politique à une organisation politique post-nationale. Nous avons déjà les euro-députés nationalistes français et britanniques, n’ajoutons pas les nationalistes turcs. Je sais que l’idée européenne est transpartisane, mais si nous voulons construire l’Europe politique, ne nous compliquons pas la tâche : faisons l’Europe fédérale, comme tu disais, et voyons après si nous y laissons siéger ceux qui la détestent. Mais si l’Europe devient fédérale, la Turquie ne voudra probablement pas la rejoindre.

    Le problème de la frontière turque est plus semblable à celui que peut présenter la Roumanie et la Bulgarie. Une des réticences à faire entrer ces pays dans l’espace Schengen était sa frontière mal contrôlée. Conséquence : jusqu’en 2014, les Roumains et les Bulgares étaient des citoyens européens de seconde zone. Pour moi, si on est citoyen européen, on a les mêmes droits que les autres. Il se trouve que la Turquie a beaucoup de mal à contrôler ces frontières à cause du Kurdistan. Or, les Etats frontaliers de la Turquie sont inexistants. Il n’y a donc aucun moyen de contrôle des gens qui passeraient dans l’espace de libre circulation. Or, plutôt que d’intégrer un Etat sans donner à ses citoyens les mêmes droits qu’aux autres, mieux vaut ne pas l’intégrer. Tu objecteras que Haïti connaît aussi un Etat quasi-inexistant, mais le risque est bien moindre que des éléments indésirables profitent de la libre circulation pour des raisons géographiques. Le problème est donc local, ce qui n’exclue pas que l’Europe doit oeuvrer à la reconstruction du pays.

  • Quel projet européen en Méditerranée ?

    12 juin 2014 19:59, par Ferghane Azihari

    Si l’Europe n’est actuellement pas capable de supporter un nouvel élargissement (il faut une gouvernance fédérale avant d’élargir) et si la Turquie n’est actuellement pas prête à entrer dans l’UE (notamment à cause de la question chypriote et de l’état-de-droit), les autres arguments contre une éventuelle future adhésion me semblent pour le moins douteux.

    La question des frontières tout d’abord. Depuis quand refusons-nous l’entrée d’un État sous prétexte que ses frontières sont instables ? La politique européenne d’élargissement a justement toujours eu pour objectif de pacifier notre voisinage.

    Devons nous exclure tous les pays qui ont une frontière avec la Russie, un pays gouverné par un dangereux autocrate impérialiste ? Devons nous exclure la France, l’Espagne et le Portugal ? Eux qui ont d’innombrables frontières avec le continent africain ou encore avec les Amériques ? Devons nous exclure tous les pays européens qui ont des frontières avec les Balkans ?

    Je ne comprends pas l’argument contre l’islamisme. L’islamisme n’est pas une idéologie dangereuse en soi pour peu que l’on concilie les valeurs de l’islam avec celles de la démocratie, ce que de nombreuses démocraties ont su faire (Mayotte, Indonésie et même la Turquie). L’islamisme n’est pas plus dangereux que la démocratie chrétienne. La question est de savoir regarder la religion avec un prisme qui la rend compatible avec le pluralisme démocratique.

    Je ne comprends pas non plus l’argument du risque de voir des députés nationalistes supplémentaires à Strasbourg. Dans ce cas là, je propose d’exclure la France qui a envoyé une vingtaine de députés europhobes ultra-nationalistes et quelques députés issus d’un nationalisme plus soft il y a quelques semaines. L’idée européenne est démocratique, pluraliste et trans-partisane me semble t-il. Cela implique de laisser siéger des individus qui la détestent.

    Enfin, quant au mécontentement des pays arabes et d’Israël. Depuis quand demandons nous l’avis d’États tiers pour élargir notre famille européenne ? Je n’ai pas le souvenir que l’Europe cherchait à plaire à la Russie quand elle a accepté d’intégrer les ex-États du bloc soviétique. Concernant Israël, c’est un Etat allié de la Turquie même si un regain de tensions a pu être observé ces dernières années. Et de toute manière, ce n’est pas à Israël de décider qui on intègre ou pas dans l’UE.

    Au contraire, intégrer la Turquie permettrait d’amorcer une détente entre des civilisations qui se sont crispées à cause d’individus malintentionnés qui propagent l’idée qu’il y’aurait une inimitié héréditaire entre nos différentes cultures. Pour le coup, l’Union européenne tendrait un peu plus vers le progrès humain et l’universalité.

  • Le mystère de la rose bleue

    12 juin 2014  19:54, par tnemessiacne

    Et de 3

    La libéralisation des marché nationaux n’est que la suppression des échanges entre Etats-membres au même titre que les régions.

    3 idées de bases pour le parfait manuel/argumentaire pro-européen.

    J’en donnerai également d’autres au fil de la mémoire.

  • Le mystère de la rose bleue

    12 juin 2014 18:03, par Ferghane Azihari

    En ce qui concerne la gauche :

    L’article est trop centré sur le PS et sur l’économie.

    Il faut rappeler que le Parti socialiste n’est pas la seule formation politique de gauche et qu’elle n’a pas le monopole de ce qui fait la gauche (une certaine conception de l’égalitarisme, de la solidarité, le progressisme sociétalement parlant etc.).

    Il faut aussi rappeler que la question gauche/droite ne se limite pas qu’aux questions économiques. La politique pénale du gouvernement n’est pas inspirée de l’idéologie conservatrice, pareil en ce qui concerne le sociétal (politique familiale, politique d’intégration etc.) pour ne prendre que ces exemples.

    Enfin nous oublions parfois que le libéralisme, c’est historiquement une idéologie de gauche. Le manifeste du Mouvement des Libéraux de Gauche l’explique mieux que moi :

    "Ceux qui ignorent l’histoire des idées y verront un paradoxe. Pour nous, il s’agit de retrouvailles salutaires et longtemps espérées. Nous n’avons pas oublié que le libéralisme, le vrai, est celui des Lumières, de la Révolution, des Droits de l’Homme et de la République. Gauche et libéralisme n’ont fait qu’un contre l’Ancien Régime, les privilèges, les ordres et les corporations. La gauche se méfiait alors de l’État et du dirigisme. Elle prônait la liberté individuelle, la libre association des travailleurs, les coopérations volontaires et le mutualisme pour construire une société plus juste. Ce n’est qu’avec l’avènement de l’idéologie marxiste, à la fin du XIXème siècle, que libéraux et socialistes prirent des chemins irréconciliables. La gauche s’est longtemps perdue dans ces illusions, devenues désillusions, et peine encore aujourd’hui, plus de vingt ans après la chute du mur de Berlin, à retrouver le chemin de la liberté et du progrès. Pourtant, une gauche affranchie du marxisme, réconciliée avec la pensée libérale, ayant tiré les leçons de l’histoire et des tragédies du XXème siècle, peut aujourd’hui renaître de ses cendres à condition de se réinventer."

  • Le mystère de la rose bleue

    12 juin 2014 17:54, par Ferghane Azihari

    D’accord avec la plupart des énonciations de François Hublet.

    J’aimerais rajouter quelques commentaires quant au mythe d’une Europe exclusivement « néo » libérale (sur le plan économique).

    _L’Union européenne s’est construite en intégrant les marchés nationaux (étant entendu que cette intégration n’est pas complète si l’on prend l’exemple des télécommunications par exemple). Mais l’intégration marchande n’est pas un gage de néolibéralisme en soi. Il s’agit simplement d’admettre qu’on étend la logique marchande à un espace continental lorsque celle-ci se limitait avant à l’espace national. Mais le fait est qu’il existe des institutions élues qui parachèvent ce marché continental et qui sont donc dans la capacité de le réguler. D’un point de vue structurel, le marché n’est pas laissé à lui-même.

    _L’Europe ne saurait être qualifiée exclusivement de « néo-libérale » quand on reproche en même temps ses règlementations excessives et qu’elle demeure le continent le plus interventionniste de la planète (à tort ou à raison, là n’est pas la question). La PAC, qui est la politique emblématique de l’UE est tout sauf libérale. C’est une politique protectionniste et interventionniste qui fait qu’on est montré du doigt par les pays émergents et ceux du tiers-monde voire par les pays plus libéraux (Groupe de Cairns). L’UE se fait régulièrement épinglée à l’OMC à cause de sa politique industrielle (subvention) jugée à certains égards contraire à l’éthique libérale.

    Comme partout, l’Union a des aspects libéraux et interventionnistes. Là où les choses sont plus problématiques, c’est lorsqu’on constitutionnalise le libéralisme économique. Une Constitution se doit d’être trans-partisane et doit se contenter de rappeler les principes du libéralisme politique (Démocratie, État-de-droit, Droits de l’Homme) qui constituent le plus petit dénominateur commun à toutes les idéologies.

    Or le libéralisme économique n’est pas trans-partisan. Car dans une société démocratique, on est libre de faire le choix de ne pas vivre dans une économie libérale. Et c’est là où l’Union pêche. Les règlementations relatives par exemple à la concurrence doivent être l’objet de considérations partisanes et doivent par conséquent relever de la directive et du règlement, et non de normes constitutionnelles.

  • Le mystère de la rose bleue

    12 juin 2014  15:45, par François Hublet

    Seule une réforme des institutions et l’introduction de démocratie directe permettraient d’assurer l’équité. Mais ce n’est pas ici le libéralisme qui est en question - celui-ci même que ni l’UMP ni le PS ne défendent, et que même Mme Merkel ne défend pas dans un sens thatcherien. D’ailleurs certains observateurs posaient en Allemagne la question inverse, remarquant que la conscience sociale du SPD, renforcée par l’influence des convictions des hommes et femmes politiques venus de RDA (dont Mme Merkel fait partie) s’était imposée dans l’ensemble de l’opinion, jusqu’aux conservateurs. Le consensus, qu’il consiste à reconnaître l’évidence de la question sociale ou celle d’une certaine forme de libéralisme, et ce tant qu’il est consensus et non ignorance des alternatives, est assurément une force.

  • Le mystère de la rose bleue

    12 juin 2014  15:45, par François Hublet

    Deux remarques me viennent à la lecture de cette article :

    1.

    L’opposition idéologique entre la droite et la gauche, qui a rythmé le 20eme siècle n’existe plus et les bienfaits de la dialectique ont disparu dans le même temps.

    Cette affirmation me semble problématique. Si, effectivement l’opposition marxisme/libéralisme n’existe plus, sinon à la marge de l’opinion publique (ce qu’on peut expliquer assez naturellement par la chute du bloc soviétique - j’y reviendrai), l’opposition stérile entre des positions justement très idéologiques, à gauche comme à droite, et qui ne posent même plus la question du sens de l’une ou l’autre pensée, occupent l’ensemble du débat. À vrai dire, ce qui pose problème n’est pas tant un déficit idéologique qu’un excès d’idéologie créateur d’un déficit de pensée. L’idéologie est avant tout quelque chose dont il faut se libérer, non pour se conformer aveuglément à l’opinion dominante, mais pour se forger la sienne propre. Une fois de plus, c’est la légitimité intellectuelle de la distinction droite/gauche qui sous-tend toute la pratique française qui se trouve remise en question.

    2. Le modèle défendu par l’UMP et, en moindre mesure, par certains membres du PS, n’est pas à proprement parler libérale. L’UMP comme le PS conservent des positions étatistes sur la plupart des sujets, et le terme « (néo)libéral » peut difficilement s’appliquer à une commission contrôlée par les États ! Notons au passage que le préfixe « néo » est un élément de langage avant tout : on est libéral ou on est communiste, mais ni néolibéral ni néocommuniste... Effectivement, le TINA de Thatcher a été repris par Mme Merkel, et le TINA est libéral. C’est une forme de libéralisme posé sur le mode de l’évidence, reconnu comme tel par un constat pragmatique et utilitaire - je ne dis pas incontestable, je dis empirique -, et qui ne devrait pas être opposé à une certaine préoccupation sociale. Le libéralisme économique peut être aussi conscience de l’autre et il existe aussi parmi les libéraux des gens qui pensent que l’État peut conserver une fonction sociale tout en laissant l’économie libre de ses mouvements ; c’est-à-dire dans la réglementation plutôt que dans la régulation, et en intégrant un certain nombre de propositions (revenu de base...) que les libéraux sont les premiers à défendre. Cependant à mon sens ce n’est pas le TINA qui pose problème : le déficit démocratique dans l’UE est avant tout un problème de structure institutionnelle et de gestion du lobbying. Toutes les sensibilités peuvent s’accorder là-dessus.

  • 70e anniversaire du DDay : une défaite pour les fédéralistes

    11 juin 2014  01:26, par Alexandre Marin

    Thomas, je ne nie pas que le Reich allemand ait été un système totalitaire et criminel. Les commémorations ne doivent pas occulter les intentions des Etats-Unis vis-à-vis de la France, elles doivent encore moins occulter les faits criminels commis par les libérateurs, qui ont dépassé la simple étape de l’intention. Il ne faut pas oublier les femmes tondues et les innocents exécutés.

    Les soldats des guerres mondiales sont morts pour l’Europe dans la mesure où c’est leur mort qui a fait prendre conscience à l’Europe de la nécessité pour elle de s’unir. En cela, on peut dire que leur sacrifice a été utile pour l’Europe car c’est sur leur sang qu’est né le projet d’Union européenne.

    Enfin, si l’Allemagne d’Hitler était particulièrement agressive, l’empire d’Allemagne de 1914 ne l’était ni plus ni moins que la République française dont les désirs de revanche étaient vifs. En 1914, l’Allemagne n’a pas attaqué la France, c’est l’engrenage des alliances, et l’occasion pour la France de reprendre l’Alsace et la Moselle qui ont conduit à la guerre entre les deux pays. Les causes de la guerre ne sont pas dues qu’à l’Allemagne, même si la guerre s’est déroulée sur le territoire français. Les Allemands étaient passés par la Belgique. Il n’était donc guère question de défendre la patrie et l’indépendance françaises face à l’oppression germanique, excepté dans les discours propagandistes.

  • 70e anniversaire du DDay : une défaite pour les fédéralistes

    10 juin 2014  21:15, par jean-luc lefevre

    De Belgique, j’ai regardé...et je n’ai pas ressenti cette « défaite médiatique » d’une récupération franco-française du débarquement de juin 1944. D’abord, parce que la réalité la plus crue a été rappelée : de Gaulle laissé dans l’ignorance et un détachement Kieffer symbolique, mais une Résistance irremplaçable. L’Europe ? elle a été présente à partir des décombres : son drapeau, son hymne. L’auto - flagellation, le masochisme, n’est pas une vertu fédéraliste. Croire en l’Europe fédérale, c’est parier, comme Pascal, qu’il y a davantage à perdre si elle ne se réalise pas qu’à parier sur son succès. Pour le reste, si le minable Hollande a choisi de surfer sur la vague médiatique des commémorations pour restaurer une bien piètre image, je le concède, il ne s’agit, soyez-en convaincu, que de l’écume, une écume qui ne laissera aucune trace dans la mémoire collective. Il a instrumentalisé Oradour, il a instrumentalisé Overlord...A l’ouest, rien de nouveau ! En France, rien de nouveau...et jk’en suis triste !!!

  • 70e anniversaire du DDay : une défaite pour les fédéralistes

    10 juin 2014  19:38, par Thomas

    Alexandre, je ne partage pas totalement ton avis. Personnellement, je pense que nous devons nous souvenir du 6 juin 1944 comme du jour ou notre libération a commencé. Toutefois, les commémorations ne doivent pas occulter quelles étaient les intentions réelles des Etats-Unis vis-à-vis de la France. De même, il me paraît très important de ne pas oublier, voire même de commémorer deux dates : le 27 mai, journée anniversaire de l’unification des forces résistantes au sein du CNR et le 19 août, date anniversaire du début de l’insurrection de Paris, la plus symbolique de toutes les insurrections du peuple français contre l’occupation allemande et la collaboration pétainiste.

    Si en effet il me semble nécessaire de rendre un hommage aux malheureux allemands morts à cause du « Drang nach Osten » nazi, il ne faut tout de même pas oublier que le Reich allemand était une puissance agressive, criminelle et barbare. Raison pour laquelle ses chefs, qui furent à leur manière victimes de la guerre, ne reçoivent aucun hommage et ne bénéficient même pas de sépultures pour certains.

    De plus, dire que les victimes des deux guerres mondiales sont mortes pour l’Europe est une mystification. Puisque nous parlions du cas allemand : les soldats de la Wehrmacht des deux guerres mondiales sont morts pour un projet militariste et pangermaniste. Les soldats des nations agressées quant à eux défendaient leur patries respectives, leur liberté et leur indépendance face à un projet qui seraient synonyme d’oppression pour eux.

  • 70e anniversaire du DDay : une défaite pour les fédéralistes

    10 juin 2014  16:37, par RP

    Présent en Normandie, et notamment à Arromanches, j’y ai vu le lancement d’un projet européen lié à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Il s’appelle Route de la Libération, relie les territoires européens concernés par la libération de l’Europe en 1944 et 1945, et regroupe pour l’instant (le projet est en construction) six pays (Grande-Bretagne, France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Pologne).

    Certes cet évènement n’a pas été largement médiatisé (mis à part aux Pays-Bas car il se tenait en marge de la commémoration binationale franco-néerlandaise) mais il porte en lui un caractère profondément européen, en disant que les récits nationaux existants doivent avoir en écho un récit européen de la guerre et de la libération. C’est bien sur ces bases que l’Europe s’est construite, bien que certains l’oublient parfois.

    Voici le lien du site de cette initiative : www.liberationroute.com

  • Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    10 juin 2014  15:39, par Alexandre Marin

    C’est ce que je dis, le débat ne portait pas de savoir si on était pour ou contre l’Europe. Il s’agissait de questions sur des enjeux économiques, politiques, et de société comme le fait, par exemple, que la libre concurrence était constitutionnalisée et pas l’idée de service public.

    C’est pourquoi, certains fédéralistes se sont opposés au projet et que des euro-sceptiques l’ont soutenu.

    Tout cela n’a pas empêché que le vote exprime surtout une désapprobation de la politique de Chirac.

  • 70e anniversaire du DDay : une défaite pour les fédéralistes

    10 juin 2014  14:49, par Alexandre Marin

    Le problème avec le 6 juin 1944, c’est qu’on célèbre une victoire de manière quasi-religieuse. On s’intéresse au fait lui-même, et on n’en tire aucune leçon autre que « c’est nous les meilleurs ». Quand on parle du 6 juin 1944, les gens sont intéressés, mais quand on parle de ses conséquences six ans après, on perd presque tout le public. Comme il est fait mention dans l’article, on parle beaucoup de l’horreur de la seconde guerre mondiale, et beaucoup moins de la construction européenne qui en est pourtant la conséquence, voire l’héritage.

    On ne devrait d’ailleurs pas commémorer la victoire du 6 juin, mais le sacrifice de dizaines de milliers de jeunes hommes, que ce soit du côté « allié » ou du côté « ennemi ». La commémoration de la victoire de la liberté et de la démocratie sur la haine et le totalitarisme a pris une tournure manichéenne ; les gentils alliés et résistants contre les méchants nazis, fascistes et collabos. On met complètement sous silence les centaines de femmes tondues lors de la libération, et les dizaines d’innocents exécutés sommairement.

    Ca ne veut pas dire qu’il faut jouer à l’éternel repenti. Il faut commémorer les victimes de la guerre, militaires et civils, plutôt que les victoires ou les défaites. Ceci permettrait de tirer des leçons du passé, si c’est possible, mais surtout de faire une commémoration collective du sang dont la terre s’est nourrie pour faire pousser l’unité européenne.

    Pour rejoindre l’auteur, le 11 novembre et le 8 mai, on célèbre la reddition allemande, chaque pays rend hommage à ses morts, dans son coin. Il faudrait un jour commun pour que tous les pays européens rendent hommage à tous les morts en même temps. Reconnaître ensemble que ces jeunes gens sont morts pour l’Europe serait un symbole d’unité important, et qui aurait un impact sur le public.

    Pour prendre un exemple, dans les années qui ont suivies la guerre de sécession américaine, seuls les morts nordistes étaient honorés, alors que les sudistes étaient considérés, au mieux comme des rebelles, au pire comme des traîtres. Il a fallu attendre 1898, pour que certains généraux américains fassent pression sur le gouvernement fédéral pour qu’on reconnaisse que les sudistes, eux aussi, étaient morts pour leur patrie. Cela a été une étape décisive dans la réconciliation américaine, alors que la guerre avait laissé des séquelles tellement profondes.

  • Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    10 juin 2014  14:27, par Thomas

    Le référendum que j’évoque se limitait à l’Alsace et a eu lieu l’année dernière...

    Sinon, sur le référendum de 2005, tu fais un peu ton mauvais joueur. L’objet du vote était très clair, il s’agissait d’approuver ou de rejeter le projet de constitution européenne. Le débat démocratique qui a précédé le vote fut très vif, à ma grande satisfaction d’ailleurs, puisqu’il a permis aux citoyens et citoyennes de s’approprier le débat et ses enjeux. L’opposition à ce projet s’est fait sur des bases politiques et pas personnelles : par exemple, sur le fait que la laïcité et le droit à l’IVG ne soient pas protégés par le nouveau texte, sur le fait qu’il constitutionnalisait la concurrence « libre et non faussée » et que dans le même temps il ne constitutionnalisait pas l’idée de service public pour ne citer que ses exemples.

  • Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    10 juin 2014  14:01, par Alexandre Marin

    Comme la quasi-totalité des référendums, le vote alsacien était un plébiscite pour ou contre telle personnalité politique. Le référendum de 2005 était un plébiscite pour ou contre Chirac. Le référendum en France a été conçu par De Gaulle comme un plébiscite.

    D’ailleurs, on ne sait jamais quelles idées se cachent derrière un référendum. En 2005, certains fédéralistes ont appelé à voter contre le traité constitutionnel, comme l’économiste Maurice Allais, et certains euro-sceptiques ont appelé à voter pour. Comme quoi, ce référendum ne se limitait pas à une question « pour ou contre l’Europe ? ».

  • Le Front national ne fait qu’exacerber un nationalisme soigneusement entretenu par l’élite française et l’Union européenne

    10 juin 2014  05:29, par Thomas

    Je tiens à ajouter que ton affirmations sur les régions françaises est bien péremptoire. Quand l’Alsace (territoire ou il existe pourtant une culture locale et une conscience régionale forte) a été invitée à se prononcer par référendum sur la CTA, s’inscrivant dans un projet de régionalisation de l’Europe, elle a été majoritairement patriote et républicaine et non régionaliste et fédéraliste.

  • L’identité européenne ? Inutile !

    8 juin 2014  17:40, par tnemessiacne

    « De plus le manque d’identification avec l’Europe, lié à l’absence d’une politique de développement d’un sentiment européen, ne cause t-il pas le replis nationaliste ? »

    La recherche de l’audience et de la réaction au prix par exemple d’une critique acerbe du modèle français ne peut il pas avoir des conséquences électorales ?

  • L’identité européenne ? Inutile !

    8 juin 2014  15:09, par Anne-Fleur

    Vous dites que l’identité européenne est inutile. Mais pourquoi dans ce cas vous revendiquez-vous fédéraliste européen ? Pourquoi européen si au final le terme européen n’a aucun sens, qu’il est vidé de toute substance ? Pourquoi dans ce cas ne pas se dire plus simplement fédéraliste universel ? Selon votre définition n’importe quel Etat dans le monde, à partir du moment où il respecte les critères de Copenhague, pourrait intégrer l’Union européenne. Donc l’Europe est-elle réellement l’objet de votre fédéralisme ? De plus le manque d’identification avec l’Europe, lié à l’absence d’une politique de développement d’un sentiment européen, ne cause t-il pas le replis nationaliste ?

  • Nicolas Sarkozy, futur président du conseil européen ?

    7 juin 2014  14:55, par Jeanmi934

    Il apparaît de plus en plus vraisemblable qu’à la fin de cette année 2014, Nicolas Sarkozy ait des chances d’être nommé Président du Conseil Européen à la « majorité des 2/3 » !!! Il a toutes les qualités requises pour le poste et pourrait relancer la machine Europe avec ses relations internationales (qu’il entretient régulièrement), notamment avec Angela Merkel... Dans ce cas, le candidat de la droite en 2017 sera, à l’évidence, François Fillon ....

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