
Les Jeunes Européens - France demandent depuis quelque temps aux partis politiques européens (et donc aux partis nationaux) que les élections européennes deviennent un moment où les citoyens prennent en main l’avenir de l’Europe.
Pour cela, ils demandent que les partis européens proposent de vrais programmes européens, un candidat au poste de Président de la Commission européenne et des listes transnationales.
Comme vous allez le voir, ces revendications vont dans le sens que souhaitent l’eurodéputé Gérard Onesta.
Après Daniel Cohn-Bendit et Alain Lamassoure (et au travers d’eux les Verts européens et le Parti Populaire Européen), voici une nouvelle personnalité en accord avec nos revendications !
Le contenu de l’interview
Le Taurillon : Au niveau des Jeunes Européens - France, nous demandons à ce que les partis politiques européens présentent un candidat au poste de Président de la Commission européenne. Qu’est-ce que cela changerait dans le fonctionnement de l’Europe ?
Gérard Onesta : Cela changerait tout. Si jamais on avait pas le Traité de Lisbonne avant les élections, ce serait vraiment l’élément qui me rendrait inconsolable. Pour la première fois, si on a le nouveau traité, les électeur choisiraient leurs député et à travers eu le président de la Commission.
Pour l’instant, le Président de la Commission n’est qu’un technocrate
Pour l’instant, le Président de la Commission, on ne le connait pas. C’est un technocrate. On le découvre deux, trois, quatre ou quelques semaines plus tard quand les chefs d’États décident en conclave et à l’huis clos (pratiquement à la courte-paille) celui qui va s’y coller cette fois.
Si jamais on change de système et qu’on applique ce qui était prévu dans le Traité de Lisbonne, c’est la famille politique qui va gagner les élections législatives européennes qui va tout naturellement livrer le chef de l’exécutif européen. C’est ce qui se fait dans toutes les démocraties matures.
A partir de là, cela va obliger les partis politiques nationaux à se coordonner. Il y aura pas un programme socialiste français, un anglais ou un grec, ils seront d’avoir un programme socialiste avec un candidat au niveau européen. Pareil pour les Écologistes, les Conservateurs et les autres.
Cela va permettre de penser enfin transnational, donc enfin européen.
Le Taurillon : Pensez-vous qu’il soit possible qu’il y ait à terme des listes transnationales pour les élections au Parlement européen ?
Gérard Onesta : Le Parlement l’a dit plusieurs fois. La dernière fois, c’était vendredi dernier (NDLR : 29 août 2008) sous un amendement… que j’avais écrit. Vous savez donc à quel point je suis favorable à cette question-là.
27 débats nationaux superposés, ça ne fait pas un débat politique
On a créé des partis politiques européens qui ont un statut et des financements publiques mais qui sont désœuvrés. Imaginez un parti politique qui ne puisse jamais se présenter aux élections… vous imaginez à quel point il serait glamour. Voilà, le problème des partis politiques européens. Ils existent, ils font des colloques très intéressants mais un parti politique existe pour aller aux élections.
Tant qu’il n’y aura pas de part transnationale de députés élus directement, au-delà des frontières, ils auront du mal à exister. Le « transnational », ce n’est pas simplement pour ajouter un supplément d’âme ou du travail pour les partis européens : cela va nous permettre de dépasser nos certitudes nationales car 27 débats nationaux qui se superposent, cela ne fait pas encore un débat politique.





