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Le Drapeau européen

Un drapeau, un cercle de 12 étoiles, une unité …

« 12 étoiles ?, mais on est 27 ! » Combien de fois avons-nous entendu cette remarque au sujet du drapeau européen lors d’actions de rue ou d’interventions dans les écoles. En effet si beaucoup de personnes identifient le drapeau bleu étoilé, peu connaissent sa signification et son histoire.
mardi 23 octobre 2007 par  Pauline Gessant | Voter pour cet article :
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Mais pourquoi un cercle de 12 étoiles sur un fond bleu ?

Le drapeau bleu aux douze étoiles à cinq branches disposées en cercle fut d’abord adopté comme symbole par le Conseil de l’Europe le 8 novembre 1955. Cette origine est symbolique en soi car le Conseil de l’Europe fut créé pour défendre les droits de l’homme et promouvoir la culture européenne et ces valeurs se retrouvent dans le drapeau étoilé, aujourd’hui considéré comme un des symboles de l’Union Européenne. Le drapeau européen est donc avant tout le symbole de l’unité européenne et de ses valeurs.

En effet le bleu représente le ciel du monde occidental et les étoiles les peuples d’Europe. Le cercle d’étoiles dorées est un symbole de solidarité et d’harmonie entre les peuples d’Europe. C’est également un symbole d’ouverture vers l’extérieur (en l’occurrence le monde) car les pointes des étoiles ne se touchant pas, le cercle reste ouvert.

Le nombre de 12 étoiles renvoie à la perfection et à la plénitude. Ce nombre est symbolique dans de nombreuses traditions où il représente la complétude. On peut ainsi penser aux douze mois de l’année, aux douze chiffres sur le cadran d’une montre représentant les douze heures du jour et de la nuit, aux douze tribus d’Israël, aux douze apôtres, aux douze signes du zodiaque… Le nombre d’étoiles n’est donc pas lié au nombre d’Etat membres et le drapeau ne change pas avec les élargissements de l’Union européenne, ce qui constitue un gage de reconnaissance par tous les Etats-membres.

Le symbole d’une unité retrouvée et … à conserver

Le drapeau européen symbolise ainsi l’unité et la Paix entre les peuples d’Europe. Et c’est d’abord parce qu’il symbolise cette unité qu’il est impossible d’accepter son retrait du traité modificatif qui devrait remplacer le Traité instituant une Constitution pour l’Europe qui, lui, faisait pourtant bien référence aux symboles européens. Heureusement, le fait que les symboles de l’Union ne soient pas mentionnés dans le Traité modificatif ne signifie pas pour autant leur disparition et ne changera rien en pratique puisque le Traité constitutionnel ne créait pas ces symboles mais leur donnait « uniquement » un rang constitutionnel.

En effet suite à une initiative d’abord prise en 1979 par le Parlement européen qui siégeait alors dans des bâtiments du Conseil de l’Europe à Strasbourg où flottait déjà le drapeau européen, le Conseil des Ministres des Communautés européennes adopta en juin 1985 le drapeau bleu aux douze étoiles à cinq branches disposées en cercle comme emblème officiel des Communautés. Depuis le début de l’année 1986, le drapeau sert de symbole à toutes les institutions européennes et est utilisé aujourd’hui pour faire référence à l’Union européenne.

Rappelons aux Chefs d’Etat qui ont souhaité retirer les symboles du Traité modificatif les paroles de Vaclav Havel en 1990 à Strasbourg : « Pour moi les douze étoiles de votre emblème signifient que l’on pourrait vivre mieux sur terre si l’on osait de temps en temps lever les yeux vers les étoiles ». Peut-être que si les chefs d’Etat européens levaient davantage les yeux vers le drapeau européen, ils réaliseraient sa force symbolique et l’importance de l’aventure européenne, synonyme de réunification d’un continent longtemps déchiré par les guerres…

Un drapeau, une identification, une citoyenneté européenne

Le drapeau européen constitue, de plus, un élément indiscutable de la citoyenneté européenne. En effet la quasi-totalité des citoyens européens le connaissent (95 % selon l’Eurobaromètre 67 du printemps 2007) et estiment qu’ils représentent quelque chose de bien (78 % des sondés).

Parce que les symboles ont toute leur importance dans notre société qui est avant tout une société de l’image, parce que le drapeau européen constitue un élément d’identification à l’Union européenne, parce qu’il contribue à établir cette « union sans cesse plus étroite entre les peuples européens », le drapeau européen devrait être utilisé le plus possible.

Il est ainsi indispensable que tout projet qui bénéficie de financement européen arbore le drapeau étoilé. C’est non seulement une obligation de communication quant à l’origine des subventions mais c’est aussi le moyen de rendre les citoyens européens conscients de l’action de l’Union et de leur appartenance à la grande famille européenne.

Nous sommes citoyens français, allemand, portugais, italiens … ET citoyens européens et « Il n’y a pas de contradiction entre l’amour de nos patries et l’esprit européen » pour reprendre les termes de Monsieur Barroso le 14 juillet dernier. Arborons alors le drapeau européen comme nous arborons nos drapeaux nationaux.

On peut ainsi saluer l’initiative de Monsieur Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, qui a hissé lui-même au dessus du Quai d’Orsay et de façon définitive le drapeau européen au coté du drapeau français le 13 juillet dernier. Et nous ne pouvons que nous associer aux 65 % de Français qui jugent que le drapeau européen « devrait se trouver sur tous les bâtiments publics de France » selon l’Eurobaromètre 67 du printemps. Monsieur Jouyet a laissé sous-entendre que d’autres Ministères pourraient bientôt suivre son exemple. Espérons également qu’il puisse en être de même pour tous les bâtiments où flotte un drapeau français : mairies, préfectures, monuments aux morts, etc… tous devraient bénéficier d’un double pavoisement. La France devrait suivre l’exemple de nombreux pays européens, tels que le Portugal ou l’Irlande, qui associent quasiment toujours, le drapeau européen à leur drapeau national.

Il serait également souhaitable que le drapeau européen flotte lors des compétitions sportives continentales. Rêvons même d’un double pavoisement lors de la montée des drapeaux qui accompagnent les podiums dans toutes les compétitions internationales ou lors du défilé des délégations nationales et ceci dès les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Les Européens devraient être fiers d’arborer ce drapeau, symbole de paix et d’unité de leur continent.


Illustration : drapeau européen sur le site de la Commission européenne.

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11 commentaires

  • 1 - Le Drapeau européen

    23 octobre 2007 13:18, par Shokut

    « Il n’y a pas de contradiction entre l’amour de nos patries et l’esprit européen » dit Barosso. Certes, mais il y a une incompatibilité entre d’une part le construction européenne en général (et en particulier le Traité de Maëstricht et le nouveau traité de Lisbonne) et d’autre part la souveraineté de la Nation. Les symboles patriotiques (drapeau français de Ségolène Royal, lettre de Guy Môquet de Sarkozy) ne sont que de la poudre aux yeux. J’ai déjà souvent entendu des européistes (se voulant rassurants) dire : « nous sommes pour conserver les identiés nationales ». Bien sûr, mais au delà de son identité, la Nation française est avant tout une nation politique, c’est à dire souveraine. Lui retirer sa souveraineté pour la confiner dans un rôle identitaire et foklorique revient à la vider de sa substance.

    « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ». (Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, 1789)

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    • Le Drapeau européen 23 octobre 2007 16:19, par Fabien
      A vous écouter, la Nation a toujours existé… De plus, vous ne tenez absolument pas compte du principe de subsidiarité. Bref, vous mettez tout dans le même sac. Mais les raccourcis sont rassurants, il est vrai.

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    • Le Drapeau européen 23 octobre 2007 21:32, par Ronan

      Suis heureux de voir qu’on peut donc enfin déconnecter l’identité culturelle du combat politique !!! (Enfin !!!). (Nb : Si certains ’’européistes’’ affirment être ’’pour conserver les identiés nationales’’ (sic), ce n’est pas pour se montrer ’’rassurants’’ (resic) : c’est parce qu’ils pensent que les sentiments d’appartenance et la construction européenne ne sont pas des choses incompatibles, pourvu qu’on ne cherche pas - à tout prix - à vouloir politiquement les opposer.

      Quant à la Souveraineté nationale, ce concept mérite qu’on s’interroge très sérieusement sur son absence de pertinence quant au réglement des problèmes de proximité (soluble à l’échelle locale sans avoir besoin de faire appel à la ’’Nation’’…) ou quant au réglement de certains problèmes se posant à l’échelle globale (environnement, migrations, codéveloppement, trafics, etc).

      Quant à la Démocratie, valeur fondamentale s’il en est (ou quant au contrôle démocratique des instances gouvernementales) : oui, elle peut s’exercer dans d’autres cadres que la Nation (infranantionaux, transnationaux, supranationaux et multiculturels, polyglottes). Et non, la Nation n’est certainement pas un horizon politiquement indépassable.

      Quant à nos Nations, juste constater qu’elles ne sont pas sorties toutes armées de la Préhistoire (telles ’’Minerve sortant armée du crâne de Jupiter’’…), qu’elles ne sont sans doute pas des créations de la ’’Divine providence’’, qu’elles n’ont pas toujours existé… mais que notre monde ne s’en est pourtant pas porté ni mieux ni plus mal (guerres nationales exceptées).

      Les cités-état de Sumer ont disparu, la thalassocratie malaisienne du Crivijaya également, l’empire andin « quéchua-aymara » des Incas, la « Grand duché d’Occident » burguignon (la Lotharingie ?) et le Monomotapa de même, etc. Bref, des Nations il en est comme des Etats ou des êtres humains : elles naissent, elles vivent, elles meurent, ’’mutent’’ ou disparaissent… mais notre petite planète et l’humanité restent, elles.

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    •  Le Drapeau européen 23 octobre 2007 21:45, par valéry

      Vous faites références à la période révolutionnaire sans vous rendre compte de l’anachronisme que vous faites. Les textes de l’époque doivent être situés dans leur contexte : pourquoi les révolutionnaires parlent-ils de Nation ? parce qu’ils cherchent à amoindrir puis remplacer la souveraineté ryale. Mais s’il le roi n’ets plus le souverain alors qui exerce cette souveraineté ? Qu’est-ce qui unit ces territoires et peuples divers rassemblés alors uniquement par la Couronne ? C’ets pourquoi on a inventé cet objet théorique qu’est la nation et que l’on s’est efforcé au cours des deux siècles suivant de tenter d’en faire une réalité, et pas seulement un concept politique mais aussi une réalité linguistique et culturelle, en deux mots ethnique. C’est ainsi que l’on a eradiqué les langues régionales et pourchassé les différences et les diversités. Votre vision est purement scolaire et ne prend pas en compte les réalités historiques et politiques.

      C’est précisément parce que l’on ne construit pas l’Europe comme on a construit la France que l’identité nationale n’a rien à craindre.

      La souveraineté est exercée en commun, elle n’est pas supprimée, au contraire. Nos gouvernements ne défendent pas nos intérêts nationaux et font de la souveraineté une pure fiction en refusant que l’Union se dote des moyens de se gouverner et de mener une politique étrangère commune véritable. Le drame des nationalistes c’est qu’ils obtiennent précisément le contraire de ce qu’ils se proposent de « protéger ».

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  • 2 - Le Drapeau européen

    23 octobre 2007 20:03, par Ronan

    Le nombre d’étoiles n’est donc pas lié au nombre d’Etat membres et le drapeau ne change pas avec les élargissements de l’Union européenne, ce qui constitue un gage de reconnaissance par tous les Etats-membres.

    Re : Le nombre d’étoiles n’est donc pas lié au nombre d’Etat membres, certes. Mais juste rappeler qu’il l’a - cependant - un court moment été.

    En fait, quand naît ce drapeau (i. e : au tout début des années 1950, dans le cadre du Conseil de l’Europe, sur suggestion du Comte Richard Niklaus Coudenhove-Kalergi…), alors le Conseil de l’Europe compte quatorze membres (dont la Sarre). Et on envisage donc alors très clairement un drapeau à… quatorze étoiles.

    Or, l’Allemagne fédérale de l’époque (i.e : la RFA) souhaite alors que la Sarre* réintègre - à terme - la ’’mère patrie’’ (ce qui sera d’ailleurs le cas après le référendum ’’local’’ d’octobre 1955) et ne VEUT pas - mordicus - que la Sarre soit représentée sur le nouveau drapeau ’’européen’’ par sa propre étoile individuelle et portative.

    * : La Sarre, alors territoire au statut international ’’flottant’’ placé sous administration internationale et franco-allemande, promis à une prochaine consultation référendaire pour décider de son avenir : pour devenir - au choix - (1) territoire français, (2) land allemand, (3) devenir ’’condominium’’ franco-allemand voire (4) ’’district européen’’ (pour y abriter les institutions ’’communautaires’’ alors en gestation…).

    Du coup, restent alors treize étoiles. Oui, vous lisez bien : treize, cet horrible chiffre néfaste (voire maléfique…) dans l’univers mental des Européens, ces Occidentaux au substrat culturel judéo-chrétien (i. e : référence bien connue à Jésus et les douze apôtres - dont le ’’traître’’ Judas - lors du repas de la Cène, leur dernier repas commun, avant les événements que vous savez…).

    Du coup, patatras, personne ne veut de ce drapeau à treize étoiles. Et, sans plus attendre, on passe donc à douze. Et, somme toute, c’est pratique : le douze étant effectivement (comme le sept) un chiffre symbolique ’’positif’’ de la ’’pensée magique’’ occidentale : douze heures du jour, douze heures de la nuit, douze signes du zodiaque, douze travaux d’Hercule, douze tribus d’Israël, douze apôtres (encore eux), etc. Mais, donc, certainement pas treize à la douzaine.

    D’où l’idée de plénitude, de complétude, de perfection, de concorde et d’harmonie explicitement sous-jacente dans cet emblême dont - comme dit plus haut - le cercle ouvert symbolise également le ressemblement de tous dans l’ouverture à autrui (on dirait presque un feu de camp…). Amis numérologues et vexillologues (i. e : amateurs de drapeaux, oriflammes et bannières), bonsoir !

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    •  Le Drapeau européen 28 octobre 2007 21:52, par Dominique

      Une « légende urbaine » donne au symbole des douze étoiles une autre signification : l’auteur du graphisme aurait confessé, sur son lit de mort, avoir voulu ainsi placer l’Europe sous la protection de la Vierge Marie (les douze étoiles sont en effet un symbole marial classique).

      Bien entendu invérifiable et très certainement nié !

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      • Le Drapeau européen 29 octobre 2007 08:27, par Valéry-Xavier Lentz
        En même temps peu importe ce qui a inspiré l’auteur du drapeau, ce qui compte c’est le sens qu’ont voulu lui donner ceux qui l’ont retenus comme étant notre drapeau.

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        •  Le Drapeau européen 14 novembre 2007 14:35, par nounoucha
          vous avez bien raison brave garcon reste à savoir l’origine et le raisonement des personnes qui ont eu la grande chance de pouvoir choisir définitivement notre drapeau européen § !!!

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      •  Le Drapeau européen 29 octobre 2007 10:04, par Ronan
        En même temps, ces nouvelles explications ne sont pas complètement incompatibles d’avec les précédantes. Quant à leur véracité, elle n’est pas non plus complètement improbable. Même si l’exploitation politicienne (et cléricale) qui pourrait en être fait serait - bien évidemment - absolument détestable.

        Voir en ligne : European Union : Myths on the flag

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      •  Le Drapeau européen 24 février 17:07, par Jean-Jacques
        l’origine du drapeau européen est très facilement vérifiable. Ce n’est en aucun cas une légende urbaine. Le dessinateur est Arsène Heitz, simple employé au service du courrier du Conseil de l’Europe à qui M. Gérard Lévy, premier Directeur au Service de Presse du Conseil de l’Europe, avait fait appel à cause de ses talents de dessinateur et tous deux fervents catholiques. Arsène Heitz s’est effectivement inspiré de la célèbre Médaille Miraculeuse de la Rue du Bac et il ne s’en est jamais caché.Il n’a bien sûr pas dévoilé les sources de son inspiration avant le choix définitif et son dessin a été choisi parmi 101 autres projets. Je trouve ce clin d’oeil d’un organisme qui a refusé d’inscrire les racines chrétiennes de l’Europe dans sa Constitution assez cocasse, mais ça restera une petite histoire ……. miraculeuse ! qu’il ne faut pas trop dévoiler. ( pour plus d’infos consulter Arsène Heitz sur Internet )

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  • 3 - Le Drapeau européen

    23 octobre 2007 21:48, par Daniel RIOT
    Très pretinente et opportune votre série sur le symboles Pour la petite histoire:le drapeau européen a été dessiné, pendant ses loisirs, par le responsable du courrier du Conseil de l’Europe, juste après l’installation dans des locaux très provisoisres de cette organisation intergouvernementale. C’est donc l’oeuvre d’un amateur, d’un militant de la cause européenne. L’époque n’était pas encore celle des boîtes de com’… Salutations européennes.

    Voir en ligne : RELATIO, l’Europe en revue

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