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Commissaires, soyez visionnaires !

, par Les Jeunes Européens - France

Hier, le Parlement européen a confirmé la nouvelle Commission européenne, composée par Jean-Claude Juncker, obtenant 423 voix favorables avec 209 contre et 67 abstentions. Nous félicitons la nouvelle Commission pour son investiture et souhaitons qu’elle mène à bien le projet européen, le portant vers plus d’intégration.

Hier, devant le Parlement européen, Jean-Claude Juncker a présenté l’équipe qui travaillera avec lui pendant cinq ans à la Commission européenne. - European Parliament

Nous saluons tout d’abord l’évolution du scrutin européen et de la campagne qui l’a précédé. En effet, les partis européens ont désigné un leader pour la présidence de la Commission. Le choix des citoyens européens qui se sont exprimés dans les urnes a été respecté par les Etats membres, qui ont désigné Jean-Claude Juncker comme président de la Commission en conformité avec la majorité parlementaire qui s’est construite au Parlement européen. Nous sommes fiers, que le président de la Commission assoie à présent sa légitimité sur le vote des citoyens et sur une majorité parlementaire, fruit de la création d’une coalition. Nous saluons également le débat paneuropéen qui est né de cette élection. Ce pas décisif vers la politisation de la Commission européenne renforce notre conviction qu’il faut nourrir et faire grandir le débat européen pour créer un véritable espace politique européen et une société civile européenne.

Nous souhaitons également que dans un futur proche, le nombre de commissaires soit laissé à la discrétion du président de la Commission. La composition actuelle de la Commission européenne et le processus de nomination des commissaires européens est aujourd’hui laissé à la discrétion des États membres de l’Union européenne, d’après le principe « un commissaire par État membre ». Or, la Commission européenne ne doit pas être garante des intérêts nationaux. Le nombre de commissaires doit donc être laissé à la discrétion du président. Cette évolution représentera un premier pas vers la transformation de la Commission en véritable gouvernement, l’une des clés du projet de réforme du système institutionnel européen que nous avons formulé en 22 points.

Nous espérons également que la Commission jouera un rôle de leader, à l’initiative d’importantes décisions pour l’Union européenne, menant une politique d’intégration ambitieuse et tentant de peser sur les grandes orientations au niveau international. Ainsi, nous appelons le président de la Commission à accentuer la coopération dans le domaine de la politique étrangère et de la défense pour permettre à l’Union européenne de parler d’une seule voix sur la scène internationale. Compte tenu de l’existence d’un espace de vie commun grâce aux accords de Schengen, nous souhaitons également qu’un accent soit mis sur une politique migratoire commune, afin de faire cesser les drames, que l’on observe impuissant sur les côtes de la Méditerranée et dans les camps de réfugiés qui jalonnent les frontières de l’Union européenne. Enfin, des engagements importants dans la réduction de notre consommation énergétique et dans le domaine du développement durable doivent être pris pour que l’Union européenne demeure le leader mondial en matière de politique environnementale et utilise son influence pour faire progresser les objectifs mondiaux définis lors des sommets sur le climat.

Nous regrettons les tractations au sein de la coalition parlementaire, qui ont protégé certaines personnalités contestées de la nouvelle Commission européenne. Ainsi, nous pensons que le commissaire hongrois, Tibor Navracsics, que nous avons largement critiqué, n’a pas sa place dans l’exécutif européen, encore moins à la culture et à la jeunesse, compte tenu de son action au sein du gouvernement de Viktor Orban et de sa vision de l’Europe. Nous regrettons également les négociations, qui ont protégé Miguel Arias Cañete au portefeuille de l’énergie et du climat, alors qu’il a détenu des intérêts dans une compagnie pétrolière et qu’il a tenu des propos sexistes à la télévision espagnole. Enfin, nous déplorons la nomination de Jonathan Hill aux services financiers, alors qu’il entretient de nombreuses relations avec plusieurs compagnies de la City. Nous craignons que certains intérêts privés influencent leurs choix, allant à l’encontre de l’intérêt général européen.

Nous saluons les modifications de dernière minute effectuées par Jean-Claude Juncker dans la répartition des portefeuilles. Frans Timmermans, premier vice-président, hérite ainsi des questions relatives au développement durable, qui vont avoir un enjeu considérable dans les années à venir, y compris lors la conférence sur le climat qui aura lieu à Paris en décembre 2015. De même, nous saluons le transfert du portefeuille relatif à la citoyenneté au vice-président Dimitris Avramopoulos, et son retrait des attributions de Tibor Navracsics, le commissaire hongrois dont nous avions dénoncé l’incapacité à incarner les idées et les libertés fondamentales qui accompagnent la citoyenneté européenne, étant à l’origine de réformes liberticides contestées dans son pays. Nous sommes heureux de dénombrer ces deux portefeuilles clés parmi les priorités de la nouvelle Commission, les élevant au rang des vice-présidences. Nous souhaitons le meilleur à la nouvelle équipe de Jean-Claude Juncker, qui œuvra, nous l’espérons, à l’intérêt général et mènera à bien le projet européen.

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P.-S.

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Vos commentaires

  • Le 27 octobre 2014 à 15:14, par Alain En réponse à : Commissaires, soyez visionnaires !

    La démocratie veut que les peuples décident et il est évident que pour l’instant il yn a un refus très net de fuite en avant pour plus d’intégration ; On nous refait chaque fois le coup qu’il faut aller plus loin pour réparer les erreurs des traités précédents et à chaque fois la situation empire. Lorsqu’on est censé, on ne persévère pas mais on fait une pause pour tout remettre à plat ; à défaut cela sera l’implosion

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