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Merkel et Hollande devant le Parlement européen

Perspectives européennes

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La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont pris la parole devant le Parlement européen à Strasbourg en pleine crise des réfugiés. C’est la première intervention commune des chefs d’Etat et de gouvernement français et allemand devant le Parlement européen depuis 1989. Une scène historique avec des discours à la hauteur ? Les rédactions des différents magazines commentent cet événement.

Angela Merkel et François Hollande s’exprimaient mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg. - © European Union 2015 - European Parliament

Bouleversements imminents

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Marcel Wollscheid - Rédacteur en chef du magazine treffpunkteuropa.de

« Comme François Mitterrand et Helmut Kohl venus ensemble devant le Parlement européen en novembre 1989, ils ont senti « les bouleversements imminents en Allemagne et en Europe » peu de temps avant la réunification allemande. La chancelière Angela Merkel a fait référence à cet épisode dans sa déclaration devant les membres du Parlement européen 26 ans plus tard - côte à côte avec le président français François Hollande. Sans exagération, c’est un moment décisif dans l’histoire, à chaque fois qu’un chancelier allemand et qu’un président français s’adressent ensemble au Parlement européen.

La crise des réfugiés était au centre des deux discours, que Merkel appelle « le plus difficile défi depuis la réunification ». Pour Merkel elle-même, l’afflux de réfugiés est le plus grand test de son mandat. Au niveau national, la chancelière est sous une pression croissante, depuis sa politique d’ouverture des frontières entravée par les doutes sur les limites de la capacité d’accueil de la République fédérale.

Merkel et Hollande à l’unisson ont appelé à une approche européenne commune de la crise des réfugiés et ont alarmé du risque de repli sur une pensée purement nationale. « Le débat ne tourne plus autour de plus ou moins d’Europe, mais porte sur la réaffirmation de l’Europe ou la fin de l’Europe », a déclaré le président français. Les deux chefs d’Etat n’ont pourtant évoqué que vaguement des solutions concrètes. Le plus important pour eux était d’envoyer un signal d’unité, un message au peuple européen : la solution à la crise des réfugiés est un acte d’affirmation de l’Europe. »

Discours forts, actes faibles

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Hervé Moritz - Rédacteur en chef du magazine Le Taurillon

« François Hollande et Angela Merkel ont pris la parole devant le Parlement européen. Les discours ont été forts et solennels, comme 26 ans auparavant. Cependant, les Européens attendent maintenant des actes forts pour répondre aux crises que traverse le continent.

Malgré le volontarisme des deux orateurs, la force des discours cachent le peu de propositions concrètes. Sur la crise des réfugiés, François Hollande et Angela Merkel ont repris la liste des propositions de Jean-Claude Juncker, soutenu par le Parlement européen. Réforme des accords de Dublin, répartition des réfugiés, création de hotspots, renvoi des « migrants économiques », aides aux pays tiers tels que la Turquie, le Liban ou la Jordanie. Des propositions déjà sur la table. Ils ont plaidé pour une véritable politique migratoire et d’asile commune, mais aucune nouvelle proposition concrète n’a été formulée hier.

Autre point que François Hollande et qu’Angela Merkel ont abordé, c’est la politique de sécurité et de défense. Ils plaident en faveur d’une politique étrangère commune, pour éviter les cacophonies étatiques et pour lutter contre le terrorisme et les conflits qui sont à l’origine des flux migratoires. François Hollande s’est même montré favorable à une « communauté européenne de défense ». Là encore, nous saluons le discours, mais où sont les propositions concrètes ?

Enfin, il n’y a de souveraineté populaire que dans une entité politique et démocratique forte. François Hollande s’est lancé dans un réquisitoire contre le souverainisme et à plaider pour la souveraineté européenne. Cette union souveraine, ce n’est pas une confédération d’Etats-nations se chamaillant à la table des négociations, c’est une Europe fédérale. François Hollande souhaite une intégration renforcée de la zone euro avec les Etats volontaires et sous le contrôle du Parlement européen. Alors qu’attendons-nous ? Sautons le pas ! L’échelle pertinente pour la résolution de ces crises n’est pas l’échelle des Etats nations, c’est celle de l’Europe, d’une Europe forte. L’Europe intergouvernementale est faible, faisons l’Europe fédérale. »

Voir en ligne : Photo : CC

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