Géopolitique

La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

Et de l’intérêt qu’elle le soit...

, par Ronan Blaise

La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

Le 21 mai 2008 s’est déroulé un important événement sportif européen : la finale de la « Ligue des Champions 2008 » (ancienne « Coupe d’Europe des clubs champions » de football) au stade « Lushniki » de Moscou, en Russie. Où l’on apprenait - entre autres choses [1] - que la Russie est en Europe. Vraiment ?!

Géographiquement…

Géographiquement, on constatera qu’une partie au moins de la Russie est - aussi arbitraires et subjectives soient ces considérations - "en Europe". Et ce, depuis "au moins" le début du XVIIIe siècle.

En effet, rappellons que si l’Europe a été définie par les Grecs (par rapport à l’Afrique et à l’Asie...) sur la base des connaissances géographiques incertaines des Temps antiques, le continent européen n’a jamais - depuis lors - reçu de délimitation stable par la suite. Faute de mieux, c’est donc les monts et le fleuve Oural qui ont été retenu - au XVIIIe siècle - pour servir de ’’limite’’ orientale à l’Europe.

Il s’agit donc là d’une donnée relativement récente de la géographie qui prit corps quand Vassili Nikitich Tatichtchev (1686-1750) - géographe de Cour au service du tsar Pierre le grand (Cf. portrait, ci-dessous) - a "inauguré" cette fameuse "convention géographique" qui place, depuis lors, la ’’frontière orientale’’ de l’Europe sur les monts Oural.

L’objectif (politique) étant alors, par cette décision ’’politique’’ (et pour le tsar réformateur...), de proclamer l’appartenance au concert des nations civilisées d’une Russie jusque là cantonnée dans quelque périphérie ’’moyenâgeuse’’, "orientale" et présumée arriérée. Bref, il s’agissait là de proclamer l’entrée fracassante de la Russie dans le monde moderne et civilisé. Et ce, à la face d’un monde "occidental" en doutant encore.

Des conventions géographiques à relativiser...

Néanmoins, quant à ces fameuses ’’limites" orientales de l’Europe, il faut en relativiser le caractère définitif tant il n’y a rien de plus arbitraire et de plus conventionnel en la matière. Notamment parce que cette fameuse ’’frontière’’ de l’Oural n’en n’a jamais vraiment été une aux yeux des Russes eux-mêmes, les principaux intéressés. Ainsi il faut bien convenir que l’Oural n’a, à vrai dire, jamais été une limite administrative dans l’organisation interne d’une Russie qui n’a, en fait, jamais fait de biens grandes différences entre ses provinces européennes et asiatiques (ni du temps de l’Empire des tsars, ni plus tard...).

D’ailleurs, il faut également savoir qu’en Russie même on ne comprend pas bien l’insistance "européenne" mise par certains à essayer de différencier l’Europe et l’Asie à cet endroit précis. Tant, pour Moscou, la Sibérie et l’Extrême-Orient russe sont en fait aussi russes que n’importe quelles provinces européennes de la grande Russie : ce grand pays "entre deux mondes" ayant une identité spécifiquement "eurasiatique"... mais se pensant néanmoins, sans doute, pourtant plus en "pays européen" qu’en "contrée asiatique".

De même, l’on imagine que cette fameuse question géopolitique aurait pu se poser bien différemment encore. Surtout si l’on considère que l’unification des principautés russes aurait fort bien pu se dérouler sous l’autorité des Grands-Ducs de Lithuanie (princes païens, puis catholiques à partir de la fin du XIVe siècle...) plutôt que sous la férule des très orthodoxes Grands-Princes de Moscou (bientôt Tsars de toutes les Russies...). Auquel cas, nos actuelles réticences seraient-elles les mêmes ?!

Où l’on découvre donc que fixer les "frontières" - arbitraires et conventionnelles - de l’Europe était alors - déjà - un geste de haute portée politique. Où il apparaît déjà qu’ « être » ou « ne pas être » en Europe, c’est surtout là une question de positionnement idéologique (et de volonté politique), sinon de reconnaissance politique réciproque...

Culturellement…

Vassili Nikitich Tatichtchev

Là encore, "identitairement" et "culturellement" parlant, ça se discute. En tout cas, les Russes d’aujourd’hui estiment pleinement participer à la culture européenne depuis au moins le Moyen âge : depuis la "colonisation" varègue, la naissance de la Principauté de Kiev et la conversion du peuple russe au Christianisme orthodoxe (aux IXe et Xe siècles).

En effet, pour une très grande majorité des Russes, leur pays est ’’en Europe’’ au moins depuis qu’elle a accès à la mer Baltique (au début XVIIIe siècle) et à la mer Noire (à la fin XVIIIe siècle). Une Europe avec laquelle la Russie partage également la majeure partie de son patrimoine historique et culturel (dont le christianisme, depuis plus de mille ans…). Et une Russie dont l’essentiel de sa population est d’ailleurs de type ’’européen’’.

Une Russie qui, depuis lors, aura participée à tous les grands soubresauts politiques, à toutes les grandes aventures collectives et à tous les courants culturels ayant touché l’Europe : Temps des Lumières, Epoque révolutionnaire, Classicisme, Romantisme, deux Guerres mondiales, etc. Et il est - culturellement parlant, tout du moins - effectivement difficile de placer ailleurs qu’en Europe le pays des Borodine, Dostoïevski, Gogol, Glinka, Lermontov, Pouchkine, Tchaïkovski, Tchékov, Tolstoï et autres Tourgueniev…

Si bien que la Russie actuelle - pays effectivement membre du Conseil de l’Europe (depuis février 1996) - participe à de nombreux forums politiques, ainsi qu’à de nombreux rendez-vous culturels et sportifs européens (comme le Concours de l’Eurovision ou les fameuses compétitions sportives dont il a été question plus haut…) [2].

Politiquement…

Politiquement, force est de constater que la Russie n’est pas encore un pays européen. Notamment parce que cette « grande Russie » se pense - aujourd’hui encore - comme une grande puissance eurasienne aux ambitions impériales (tout particulièrement à l’égard des pays de son ’’étranger proche" ; comme l’Ukraine et la Géorgie, par exemple...). Or, la Russie peut-être être à la fois impériale voire despotique (asiatique ?!) et démocratique (ou "européenne"...), c’est là toute la question...

Une question qui suscite la perplexité de l’Occident. Notamment pour ce qui est du manque de respect des normes démocratiques aujourd’hui affiché par les dirigeants de cet Etat : élections sommairement truquées (comme lors des dernières élections générales : présidentielles et législatives, en décembre 2007…), journalistes assassinés (comme Anna Politovskaïa, en octobre 2006), populations civiles terrorisées (comme en Tchétchénie, depuis 1994…).

Quant à envisager une future adhésion de la Russie à l’UE, force est de constater que la question - même si elle compte déjà bon nombre d’adeptes - ne se pose pas encore avec suffisament d’accuité sur la scène internationale pour déclencher un véritable débat public vraiment digne de ce nom.

Cela dit, compte tenu des potentialités humaines et des ressources naturelles de l’immense espace russe, on ne peut qu’envisager avec intérêt l’éventualité d’un véritable partenariat « euro-russe » entre une UE enfin rénovée et une future Russie enfin démocratique.

Bref, comme pour la Turquie, la question est moins de savoir si la Russie est vraiment "en Europe" (ou si la Russie est vraiment un pays européen...) que de savoir ce qu’en pensent vraiment les tous premiers intéressés.

Ou s’il ne serait finalement pas souhaitable - à moyen terme - qu’elle le soit (ou qu’elle le devint). Même s’il reste encore, sans nul doute, bien du chemin à faire... (Et même s’il reste encore à savoir comment faire…).

- Illustration :

Le visuel d’ouverture de cet article est une photographie de la cathédrale Saint-Basile de Moscou (sources : wikipédia).

- Nous avions déjà publié sur le sujet :

« L’UE et la Russie ».

« L’Europe et ses limites ».

Mots-clés

Notes

[1Le club russe « Zénith » de Saint-Pétersbourg - champion 2007 de Russie - ayant même remporté - ce 14 mai dernier - la « Coupe de l’UEFA » : compétition regroupant les équipes européennes (de second rang) les mieux classées de leurs championnats nationaux respectifs...

[2L’équipe nationale de Russie (de football) étant d’ailleurs qualifiée pour la prochaine phase finale du Championnat d’Europe des nations...

Vos commentaires

  • Le 21 mai 2008 à 09:17, par Thibault En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Très bon article : il est vrai qu’après 8 mois au cœur de ce grand pays, je dois bien avouer que je n’en ai toujours pas la moindre idée :-) Les Russes eux-mêmes sont assez paradoxaux, capables d’insister d’un côté sur les liens qui les unissent à l’Europe et leur contribution à notre culture commune comme sur leurs spécificités (« tu es unique au monde », proclame l’hymne national).

    Espérons toutefois que nous, « Européens », saurons parler d’une voix commune dans le futur face à une Russie qui cherche notamment à redéfinir sa place aux marges de l’ex-Empire ; les élections en Géorgie de ce jour en témoignent. Autant dire que mon séjour m’a sérieusement remotivé, si besoin était, en faveur de notre action fédéraliste !

    Plus ludique, allumez vos télés samedi soir, la Russie a mis les gros moyens pour gagner l’Eurovision, avec la pop-star nationale Dima Bilan et le champion olympique de patinage artistique Evgueni Pliouchenko en scène ! S’il gagne, cela ferait beaucoup tout de même, pour un pays assez nationaliste (le mot est faible) après le Zénit de Péter et le Championnat du monde de hockey, voire l’Euro de foot :-)

    Да здравствует европо-россиская дружба !

  • Le 21 mai 2008 à 10:43, par Ronan En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    « Unique au monde », on l’est tous.

    Plus sérieusement, le problème de la Russie c’est qu’elle se rêve souvent "impériale" et "grande puissance" : à la fois Europe "et plus encore". Bref : "eurasiatique". Synthétisant la brillante culture de l’Europe et une forme "acceptable" de "barbarie" asiatique.

    Cet "asiatisme" politique (appellons "le" comme ça, faute de mieux...) qui permet - par exemple - le gouvernement efficace des masses (et garantit le rang de grande puissance). Et ce, grâce à une bonne dose d’autoritarisme et de "démocratie dirigée" à l’intérieur (Cf. expressions "poutiniennes" de "verticale du pouvoir", "dictature de la loi", etc). Et grâce à une bonne dose d’interventionisme et d’ingérence à l’extérieur (en ce moment - en mai 2008 - on le voit bien dans le Caucase, par exemple).

    Enfin, juste préciser que cet article n’a pas pour objet de trancher définitivement sur cette question (« la Russie est-elle - oui ou non - en Europe ») mais juste à souhaiter qu’européenne, elle le devint. Pour le bien des Russes, pour le bien de leurs voisins, pour le bien des Européens.

    Car rappellons que l’Europe - "toute mouillée" (Europe communautaire et périphérie "associée" incluse) - ça ne pèse jamais (à la louche) qu’environ 500 millions d’habitants (là où la Russie pourrait en rajouter à peu près 150 millions de plus et un potentiel énergétique impressionant...) : soit deux à (presque) trois fois moins que l’Inde ou la Chine, ces deux autres grandes puissances du siècle à venir...

  • Le 21 mai 2008 à 11:05, par Dimitri En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Bravo Thibaut pour ton russe !!!

  • Le 21 mai 2008 à 22:33, par Byzance En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    J’ose imaginer l’article si la finale s’étaient déroulée en Israël ou bien au Kazakhstan... Blague à part, la Russie est européenne bien sur. Mais à confondre UE et Europe, la première étant un sous ensemble de la seconde à mon sens. Si on demandait aux européens je crois bienqu’ils mettraient la Russie en Europe... En 2005, 50% des européens sont pour l’entrée de la Russie et 55% pour l’Ukraine.... mais uniquement 45% pour la Turquie et 35 % pour le Maroc

    Enfin pour la géographie, convention certes certes, mais le Maroc a été refusé sur un critère géographique de non appartenance à l’Europe par l’UE. Cela prouve que le critère de la géographie a une certaine validité pratique. Pourquo le critère est-il applicable au Maroc et pas à un autre pays ?

    Enfin la Turquie c’est 3% en Europe et pas sa capitale, tandis que pour la Russie c’est un peu plus de 3% et sa capitale.

    Quoi que nous puissions penser de ce débat, cela nous demande de poser la question des frontières de l’UE...

  • Le 22 mai 2008 à 10:22, par Ronan En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Mouizs, sauf qu’Istambul (qui n’est certes pas la Turquie...) n’en n’est pas moins la ville la plus peuplée de Turquie, la ville la plus peuplée des Balkans et fut la capitale de cette région du monde pendant plus de 500 ans (voire plus longtemps encore si on lui redonne son nom de... Byzance).

    En tout cas, l’ensemble de vos remarques prouve bien que ce que vous tenez à faire passer pour une « démonstration scientifique » (les frontières « géographiques » de l’Europe) cache en fait des considérations de nature idéologique portant sur certaines « affinités électives » (et dissimulant certaines antipathies non exprimées très clairement). Pourriez vous nous préciser tout ça, svp ?

  • Le 22 mai 2008 à 15:29, par Byzance En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    En tout cas, l’ensemble de vos remarques prouve bien que ce que vous tenez à faire passer pour une « démonstration scientifique » (les frontières « géographiques » de l’Europe) cache en fait des considérations de nature idéologique portant sur certaines « affinités électives » (et dissimulant certaines antipathies non exprimées très clairement).

    Vous voyez des sous entendus Ronan, je vous laisse les développer ? Moi je n’en vois aucun dans ma prose qui n’a nullement la prétention d’être scientique ou positive. Je ne vois en rien des antipathies dans mon texte... ou bien dites moi où et comment...

  • Le 22 mai 2008 à 22:19, par Ronan En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Très clairement, je pense que toute la (très) mauvaise littérature publiée depuis quelques années à propos des « frontières » de l’Europe a pour seul objet idéologique de vouloir insidieusement rejeter des populations entières de l’Europe.

    Et ce, non pas pour que qu’elles font (ce qui serait tout à fait acceptable si elles ne respectaient effectivement pas les valeurs politiquement qui fondent l’Europe...), mais bel et bien pour ce qu’intraséquement elles sont (i. e : culturellement et ethniquement).

    Bref : c’est là un discours « prétexte » pour l’expression d’une sorte de rejet identitaire à la limite du « racisme » à peine inexprimé. Si les Turcs étaient bien blancs et étaient massivement chrétiens - comme le sont bel et bien les russes - une perspective d’intégration de leur pays poserait finalement bien moins de problèmes, n’est-ce pas ?!

  • Le 23 mai 2008 à 03:05, par Byzance En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    L’Europe n’est pas qu’une norme Romain fut-elle basée sur la plus belle des démocraties. Elle n’est pas née sans histoire, la construction européenne est pour reprendre Pomian, la troisième unification du continent. La troisième tentative devrais je dire... L’UE de plus n’est peut être pas toute l’Europe, à ce jour a-t-elle pour vocation à emmener avec elle la Russie ou bien l’Ukraine aussi européennes qu’elle soient.

    Elie Banavi affirme clairement que selon lui la Turquie n’est pas européenne. Mais il fait probablement de la mauvaise littérature. Il aborde le sujet dans son livre avec Pomian dont vous avez fait pourtant une recension élogieuse si je ne m’abuse et confirme sa position. Je crois aussi savoir que Sylvie Goulard est contre l’adhésion de la Turquie, oserez vous dire que là aussi nous sommes dans la mauvaise littérature ?

    « Si les Turcs étaient bien blancs et étaient massivement chrétiens - comme le sont bel et bien les russes - une perspective d’intégration de leur pays poserait finalement bien moins de problèmes, n’est-ce pas ?! »

    Vous aimeriez le croire Ronan... car dans ce cas nous tenterions de raccrocher le Liban à l’Europe et repousser l’Albanie ou bien le Kossovo. SInon je crois que les turcs sont blancs pour information.

    Enfin les sondages que j’ai mentionné parlent d’eux mêmes quant aux désirs des peuples. L’opinion de nos chers concitoyens est peut être aussi à prendre en compte.

  • Le 23 mai 2008 à 11:44, par Ronan En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    L’Europe n’est certes pas qu’une norme, mais l’Union européenne, si. Et aucun pays « européen » ne peut légitimement se prévaloir d’en être membre - même s’il se trouve au centre du continent - s’il n’en respecte pas, préalablement, l’état de droit.

    Elie Barnavi : on n’est absolument pas obligé d’être d’accord avez lui sur ce sujet et on a parfaitement le droit d’affirmer que ce qu’il écrit - sur ce sujet précis là - est effectivement de la très mauvaise littérature (NB : et ce n’est pas moi qui ait écrit la fiche de lecture concernant l’ouvrage dont vous parlez).

    Quant à Sylvie Goulard : elle n’utilise pas d’arguments identitaires pour refuser l’adhésion de la Turquie mais pointe du doigt des problèmes politiques, institutionnels et techniques tout à fait évidents (ex : quid du financement de la PAC une fois la Turquie entrée dans l’Union ? quid du marché unique et de la libre-circulation des travailleurs turcs dans l’Union ?).

    Vous aimeriez le croire Ronan… car dans ce cas nous tenterions de raccrocher le Liban à l’Europe et repousser l’Albanie ou bien le Kossovo.

    Repousser l’Albanie et le Kosovo ?! C’est pourtant - précisément - ce que demandent les nationalistes serbes, non ?! (Toujours terriblement blessés que l’UE n’est pas pris fait et cause pour l’unité sacrée de la sainte Serbie et contre les albanais : prolifiques et incultes « skips », « barbares des montagnes », « voleurs sans loi » (musulmans de surcroit...). Encore une fois, on voit bien que l’argument identitaire n’est en fait là qu’un énorme prétexte pour mieux repousser les « bougnoules ».

    Sinon je crois que les turcs sont blancs pour information.

    Certes, mais à l’évidence « pas assez encore » pour bon nombre de nos contemporains. (Nb : pour info, les arabes et les « nords-africains » eux aussi sont « blancs », et cela n’interdit - mallheureusement - pourtant pas le racisme anti-maghrébin, que je saches...).

  • Le 29 mai 2008 à 22:37, par Ronan En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Et - avec tout ça - personne pour effectivement souligner la récente victoire de la Russie dans le concours de l’Eurovision 2008, le weeek-end dernier, à Belgrade (voir lien électronique, ci-dessous) avec « Believe » : une chanson en partie en anglais avec de vrais morceaux de russe dedans (d’ici à ce que krokodilo nous pique une éniéme crise...), chansonette bleuette d’un certain Dimo Bilan (qui - figure imposée du genre et du concours - se roule par terre vraiment remarquablement bien...).

  • Le 30 mai 2008 à 14:36, par Thibault En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Tu imagines bien que j’étais au courant : j’ai suivi malgré le décalage horaire, en compagnie de Russes, et ce fut un délire festif total - et un très bon exercice de géopolitique, à savoir qui va voter pour qui. Voir l’article constatant le retour de l’Union soviétique

    Dima est une vraie star ici, bien que modérément appréciée par toute personne ayant son adolescence derrière soi, mais tout le monde le soutenait durant le concours ! Il avait néanmoins déjà participé il y a 2 ans (et terminé 2e), l’année ou le groupe finlandais Lordi avait dépoussiéré le concours.

    Cette victoire est loin bien sûr de clore le débat quant à l’appartenance ou non de la Russie à l’Europe. En revanche, je ne me souviens pas d’un passage en russe lors de la performance à Belgrade... mais l’alcool y est peut être pour quelque chose :-)

  • Le 31 mai 2008 à 11:58, par Ronan En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Mais quelle année pour la Russie !!!

    Une victoire en championnat du monde de hockey (contre le Canada ; et là-bas en plus...), une victoire en coupe d’Europe de football (des clubs : on pense là au Zénith de Saint-Pétersbourg en Coupe de l’UEFA), une victoire au concours de l’Eurovision (dont la finale de l’an prochain se déroulera donc en Russie...), une transition post-poutinienne visiblement réussie (en même temps, "il" est toujours là : premier ministre, cette fois, disposant d’une majorité écrasante à la Douma...), "oligarques" du complexe militaro-industriel et "séparatistes" du Caucase apparemment matés, des finances d’Etat enfin rééquilibrées (vive le pétrole et vive le gaz naturel !), un rang de grande puissance retrouvé (avec contrôle des approvisionnement énergétique d’une moitié de l’Europe et rang de "médiateur" quasi officiel dans le conflit "nucléaire" opposant les Etats-Unis et l’Iran...).

    Bref, si jamais la Russie gagne l’ « Euro » de foot (où elle joue - au premier tour - contre la Grèce, l’Espagne et la Suède...), ça fera donc de 2008 une « Année russe ». Et pas sûr alors que tous ces triomphes encouragent les gesticulations des groupuscules russes "pro-adhésion", puisqu’il y en a... (plus, en tout cas, que dans n’importe quel pays de la rive sud de l’Euroméditerranée...) : Tant cette avalanche de triomphes successifs et rapprochés semble démontrer que la « Grande Russie » n’a décidément pas besoin de l’Europe, puisque - à l’évidence - elle se suffit à elle même.

    Mais - au fait - qui va gagner l’ « Euro » 2008 ?! : la Russie ?! En tout cas, les paris sont ouverts.

  • Le 31 mai 2008 à 13:47, par Fabien Cazenave En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Et c’est pas cette année qu’elle s’est vue gagnée l’attribution par le CIO de l’organisation des Jeux Olympiques d’Hiver ?

    D’ailleurs, il y a tout à construire là-bas, un vrai « miracle » que cette décision de faire gagner la toute petite station balnéaire préférée de Poutine...

  • Le 31 mai 2008 à 14:32, par Thibault En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    N’exagérons pas le rôle de Poutine : Sotchi est LA grande station balnéaire du littoral russe, l’équivalent de Nice en France. Il est vrai qu’auparavant on préférait aller à Yalta, mais malgré les gesticulations récentes du maire de Moscou, la Crimée est bien ukrainienne désormais...

    Poutine ne fait d’ailleurs que suivre la tradition lancée par les bolcheviks et Staline de passer ses vacances à Sotchi. Mais pour le reste tu as totalement raison, tout reste à faire du côté des stations de ski (le budget prévu initialement a doublén je crois), et ce ne sont certainement pas les quelques mots prononcés en français devant le CIO qui expliquent cette attribution ! Mais ceci est une autre histoire (cf Pékin, Paris 2012, Atlanta, etc.)...

  • Le 31 mai 2008 à 15:40, par Ronan En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Si - très juste ! - c’est le 4 juillet 2007 (année en cours, donc ; - )) que le CIO, alors réuni à Guatémala City, a attribué les JO d’hiver de 2014 à Sotchi (ville russe du piémont caucasien, station balnéaire située sur les bords de la mer noire, dans le kraï de Krasnodar ; 330 000 habitants) et à sa station de montagne de Krasnaïa Poliana : station d’hiver située à environ 50 km à l’Est de Sotchi.

    Une station d’hiver à la mode dès l’époque soviétique et (jumelée avec les Houches, en Haute-savoie) l’une des plus réputée de Russie où - nous dit-on - Vladimir Poutine aime venir skier.

    Sotchi fut alors préférée par le CIO aux villes de Salzbourg (en Autriche) et Pyeongchang (en Corée du Sud) ; sans parler des candiidatures (non retenues par le CIO) d’Annecy (France, Haute-Savoie), Jaca (Espagne, Aragon), Sofia (Bulgarie), Almaty (Kazakhstan) et Borjomi (Géorgie). Et c’est là que devraient donc se dérouler les Jeux olympiques d’hiver 2014, qui se tiendront du 7 au 23 février 2014.

    Mais rien n’est moins sûr car il se développe depuis peu (à la faveur de l’actuelle campagne contre l’organisation des JO d’été 2008 à Pékin) (et surtout dans l’ "opposition" russe...) un mouvement d’hostilité contre l’organisation des JO d’hiver 2014 à Sotchi : arguant de la nature du régime politique actuel en Russie et du manque de structures d’accueil fiables pour les compétitions.

    En effet, pour emporter la décision devant le CIO (obtenue « au finish » avec la participation de Vladimir Poutine, venu "himself" s’exprimer devant le CIO, en anglais et français, pour soutenir la candidature russe...), les autorités russes avaient promis des investissements massifs estimés à 10 milliards d’euros pour faire de Sotchi un complexe de sports d’hiver de classe mondiale (et relier cette ville de la mer Noire aux montagnes du Caucase). Or, il faut noter qu’aujourd’hui la ville semble être, à ce jour, encore relativement dépourvue d’équipements hivernaux...

  • Le 14 novembre 2009 à 02:26, par nissik En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    bien sur ! Citez-moi des musiciens turques/ des peintres/ des savants/ etc. L’Europe est d’abord une culture sur un territoire continental. Meme en Siberie, allez voir si on se croit en Asie dans les villes. La question est claire.

  • Le 15 novembre 2009 à 05:15, par Laurent Nicolas En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Il me semble que sur la question de la démocratie, de l’Etat de droit, de l’égalité entre les femmes et les hommes, du respect des minorités, et de la plupart des libertés individuelles et fondamentales, la Russie ne fait pas partie aujourd’hui de notre Europe.

  • Le 4 mai 2013 à 16:57, par nissik En réponse à : La Russie est-elle vraiment en Europe ?!

    Réponse à Laurent Nicolas Mais alors, du temps des dictatures en Europe : Italie, Espagne, Portugal, (Allemagne !), etc. tous ces pays n’étaient pas en Europe !????? Ce n’est donc pas une réponse à la question !

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