Journées de la presse européenne : la parole est aux jeunes

, par Clément Rutin

Journées de la presse européenne : la parole est aux jeunes
Crédits photo : Arthur Delicque.

Les 1er et 2 mars avait lieu à l’IICP la deuxième édition des Journées de la presse européenne, en présence de nombreux intervenants. Parmi eux Pierre Haski, Président de Reporters Sans Frontières ou encore Éric Fottorino, directeur de publication de l’hebdomadaire le 1. Ils y ont abordé des thèmes essentiels tels que le traitement de l’actualité européenne dans les médias français ou encore l’état de la presse en Europe devant un parterre d’étudiants de tous horizons. Mais justement, quel regard portent ces jeunes sur toutes ces questions ? Se sentent-ils impliqués par la construction européenne ? Après avoir écouté ces professionnels, la parole est désormais aux jeunes.

Un amphithéâtre qui se vide, les paroles des nombreux intervenants qui résonnent encore... Tel est le cadre inspirant qui a permis à des étudiants de venir discuter d’Europe et d’en entendre réellement parler. Car comme l’ont rappelé de nombreux journalistes présents, c’est un sujet de niche qui ne devrait pas en être un au vu de son importance dans la vie des citoyens. Pourtant, selon Véronique Auger (France Télévisions), il y a encore trop peu de journalistes spécialistes de l’Europe dans les médias. Partant de ce constat, interroger les étudiants présents a semblé être une nécessité. Nécessité qui révèle une réalité assez contrastée.

Des avis partagés

Parmi les témoignages recueillis, la plupart regrette que l’Europe ne soit pas assez traitée dans les médias. En revanche, les étudiants en journalisme présents ont quant à eux exprimé ne pas se sentir assez impliqués par l’Union européenne, comme en témoigne Basile « Je ne me sens pas Européen, je me sens Français, parce qu’on ne nous a pas appris à l’être à l’école mais aussi parce que les médias n’en parlent pas assez ». Il nous confie également ne pas se sentir impliqué par la politique européenne car "trop lointaine". Avis partagé par Timothée qui nous dit devoir sa culture de l’Europe à ses cours d’université. Des cours très spécifiques donc. Spécifiques comme le profil des autres personnes présentes. Certains écrivent leurs thèses, d’autres sont en Master d’Affaires européennes... Des profils éclectiques comme Alexandra, étudiante en Master d’Affaires Culturelles et passionnée par l’Europe. Elle déclare même « Avant de me sentir Paloise ou Française, je me sens Européenne ». Elle regrette également le manque d’implication des médias français dans l’actualité européenne « La plupart des médias français reprend les dépêches des agences de presse sans creuser ».

Comment lui donner tort alors que même TF1, la chaîne numéro un en France, n’a pas de correspondant à Bruxelles. Jean-Luc Letouzé, directeur de l’IICP, regrette quant à lui qu’il n’y ait pas eu plus d’étudiants en journalisme inscrits aux Journées de la presse européenne. Selon lui « Les Journées de la presse européenne étaient l’occasion rêvée de s’intéresser et s’informer sur l’Europe avec un parterre d’intervenants de très grande qualité ».

Des solutions multiples

Toutes les conditions étaient en effet réunies pour parler d’Europe et de son traitement médiatique. Pourtant, l’Union européenne n’attire pas, même avec les élections européennes prévues dans moins de deux mois. Comment faire pour que l’Europe devienne attractive pour les jeunes ? Plusieurs pistes de réflexion ont été évoquées par les différents intervenants de ces journées et ont d’ailleurs été reprises par les jeunes interrogés. Parmi ces solutions, Alexandra préconise de traiter les sujets européens en partant de la population pour aller vers des sujets plus globaux, ce qui permettrait d’inclure les peuples dans le traitement de l’information européenne.

D’autres témoins estiment que c’est par l’éducation et les programmes scolaire que l’Europe deviendra un sujet incontournable du débat médiatique. L’un d’eux déclare même « C’est quand même plus difficile de s’intéresser à un sujet que l’on connaît peu ou pas et d’autant plus quand c’est un sujet aussi complexe que l’Europe ».

Un avis partagé par une autre étudiante qui ajoute « Si les gens s’intéressent à un sujet, les médias le traite pour avoir plus d’audience, donc s’il y a plus de sensibilisation à l’Europe à l’école, il y aura plus d’intérêt et donc plus de traitement médiatique. »

Les solutions ne manquent pas pour parler plus d’Europe mais elles demandent de la volonté politique et du temps. Du temps qui est compté avant le scrutin européen de mai. prochain Un scrutin auquel seulement 27% des 18/35ans ont participé en 2014...

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